Avranches

Avranches

48° 41′ 06″ N 1° 21′ 20″ W / 48.685, -1.355556

Avranches
Place Patton
Place Patton
Armoiries
Administration
Pays France
Région Basse-Normandie
Département Manche (sous-préfecture)
Arrondissement Avranches (chef-lieu)
Canton Avranches (chef-lieu)
Code commune 50025
Code postal 50300
Maire
Mandat en cours
Guénhaël Huet
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes d'Avranches
Site web www.ville-avranches.fr
Démographie
Population 8 179 hab. (2008[1])
Densité 1 818 hab./km²
Aire urbaine 19 096 hab. (2008)
Géographie
Coordonnées 48° 41′ 06″ Nord
       1° 21′ 20″ Ouest
/ 48.685, -1.355556
Altitudes mini. 7 m — maxi. 108 m
Superficie 4,50 km2

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Voir la carte administrative

Avranches (prononcer /avʁɑ̃ʃ/ ou mieux /avɾɑ̃ʃ/) est une commune française située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie.

Sommaire

Géographie

Localisation

Perspective sur la Sée et le mont Saint-Michel

La ville d'Avranches se situe sur le littoral sud du département de la Manche. Elle a donné son nom à ses alentours, le pays de l'Avranchin.

Elle est limitrophe des communes de Marcey-les-Grèves, Saint-Jean-de-la-Haize, Ponts, Saint-Senier-sous-Avranches, Saint-Martin-des-Champs, Le Val-Saint-Père.

Géologie et relief

Avranches est bâtie sur une colline face à la baie du Mont-Saint-Michel.

Climat

Voies de communication et transports

La ville d’Avranches se situe sur l’axe CaenRennes. Elle est reliée à ces deux villes :

La ville est desservie par plusieurs lignes du réseau de transport manchois Manéo.

Urbanisme

Morphologie urbaine

Logement

Projets d'aménagements

Toponymie

Avranches vient du nom du peuple celte des Abrincates (en latin Abrincatui : formé du mot aber, « estuaire », et catui, « guerriers », ce qui fait des Abrincates « les guerriers des estuaires ») ; la zone littorale que ces Gaulois Abrincates occupent est désignée par le nom Ingena[2]. La ville gallo-romaine est appelée Legedia avant de perdre cette appellation à la fin du Bas-Empire au profit du nom Abrinca issu du peuple dont elle est la capitale ; ce phénomène peut être observé pour de nombreux autres cas : Nantes, Poitiers, Paris, etc.).

Histoire

Antiquité

Le peuple des Abrincates est mentionné très tardivement dans les sources antiques. Pline l'Ancien nomme ce peuple Abrincatui au premier siècle de notre ère[3]. En revanche, un siècle plus tôt, Jules César, dans La Guerre des Gaules, mentionne une tribu celte, les Ambibarii[4], dans le sud de l'actuel département de la Manche.

L'étude archéologique de la ville d'Avranches, menée depuis plus de trente années par l'archéologue Daniel Levalet, laisse apparaître qu'Avranches est bel et bien une création romaine consécutive la conquête de César et, plus particulièrement, à la célèbre bataille remportée par Quintus Titurius Sabinus sur Viridovix, chef gaulois à la tête de la coalition des tribus celtes d'Armorique, en 56 avant J.C.. Certains historiens pensent que cette fameuse bataille eut lieu sur la commune du Petit-Celland, au lieu-dit le Chatellier[5] ; cet oppidum fut fouillé en 1938 et 1939 par Sir Mortimer Wheeler[6], célèbre archéologue britannique. Ces fouilles ont livré la preuve d'une occupation gauloise du site et d'un incendie qui occasionna son abandon. Cette fortification de l'Âge du Fer était ceinte d'un murus gallicus. Toutefois, l'archéologue britannique Colin Wells (en) formule de sérieux doutes concernant le déroulement de cette bataille au Petit-Celland. S'il est d'accord pour faire du camp du Chatellier l'oppidum principal des Abrincates, il est convaincu que le lieu du combat entre Quintus Titurius Sabinus et Viridovix reste à découvrir[7].

La conquête romaine se traduit par la création d'une agglomération nouvelle sur le site actuel d'Avranches : Cette ville porte le nom de Legedia comme l'indique la table de Peutinger. À la fin du IIIe siècle, vers 280, Legedia fut détruite par les pirates saxons qui déferlent alors sur les rivages septentrionaux de l'Empire Romain. Au IVe siècle, la ville accueille un préfet militaire qui dirige une garnison de cavaliers Dalmates, sans doute cantonnée sur la côte, probablement sur le site du Grand Dick[8], au lieu-dit le Camp sur la commune de Vains. Ainsi Avranches participe à la mise en œuvre du litus Saxonicum, système défensif côtier du bas-Empire contre les incursions saxonnes.

Haut Moyen Âge

À la fin du Ve siècle, Avranches devient le siège d'un évêché [9]. D’après la liste dressée au XIIe siècle par Robert de Torigni, alors abbé du Mont-Saint-Michel, vingt prélats se succèdent entre la fin du Ve siècle et l’an Mil. Malheureusement cette liste semble parfois douteuse à l’image du contexte si obscur du Haut Moyen Âge.

Parmi ces évêques, certains semblent purement légendaires comme Léontius, qui inaugure la liste, ou Théodovic qui aurait accueilli Charlemagne sans que rien ne prouve que l’empereur soit venu à Avranches. En revanche, l’existence de certains autres est avérée en raison de leur présence lors de conciles tenus à Orléans, Tours, Reims ou Soissons ; c’est le cas de Népus, attesté en 511. Et puis quelques-uns sont entrés dans l’Histoire pour diverses raisons, comme Paterne d'Avranches qui, venu du Poitou pour évangéliser la région et présent en 557 au concile de Paris, fonde les monastères d’Astériac (entre Couesnon et Sélune) et de Sessiac (à Saint-Pair-sur-Mer). Au VIIe siècle, vient Ragestranus chargé par l’archevêque de Rouen d’affirmer la frontière religieuse de son diocèse face aux ambitions du clergé de Dol. Son successeur, Aubert, 12e de la liste, est sans aucun doute le plus célèbre des évêques d’Avranches : il est l’instigateur du premier sanctuaire à l’origine du Mont-Saint-Michel, après en avoir reçu l’ordre de l’Archange venu le visiter.

Puis, il faut attendre l’an 990 pour qu’apparaisse Norgod, attesté par des sources historiques indiscutables. Certains évêques dont saint Pair, ou encore ses successeurs saint Senier et saint Sever, ont donné leurs noms aux paroisses homonymes.

Dans le contexte troublé des incursions vikings, du milieu du IXe siècle à 933, l'ouest de l'actuelle Basse-Normandie passe sous domination bretonne sans que l'on sache vraiment ce qu'il advint de ce territoire. Seule certitude, plus aucun évêque n'est mentionné à Avranches au cours de cette période ; il est probable que les évêques du diocèse voisin de Dol de Bretagne aient purement et simplement annexé l'Avranchin.

Époque ducale (933-1204)

Un évêque normand, nommé Norgod, apparaît dans les sources vers 990 ; il est installé par le duc de Normandie Richard Ier.

Simultanément, un comte est placé à la tête d'Avranches et de sa région. Mentionné dans quatre chartes du début du XIe siècle, Robert est en quelque sorte le premier « homme politique » connu et attesté par des actes officiels. Il porte le titre de comte et contrôle un territoire dont les contours demeurent assez flous ; seules certitudes : toutes les terres qu’il offre, usurpe ou occupe sont situées entre le littoral de la baie du Mont-Saint-Michel et le Mortainais, et tous ces actes indiquent son omniprésence politique entre 1015 et 1025.

Dans la plus ancienne de ces chartes, rédigée vers 1015, Robert donne aux moines du Mont-Saint-Michel une propriété du nom de « Thesiacum ». Comme la coutume le veut alors, le document précise que Robert concède ce bien pour le salut de son âme, celui des âmes de ses deux épouses (l’une vivante, Asceline, et l’autre décédée, Billehilde) et de ses trois fils, Guillaume, Robert et enfin Richard qui succéda à son père en devenant le deuxième comte d’Avranches. Parmi les co-souscripteurs de ce document très officiel, figure l’évêque d’Avranches Norgod mais aussi une série de témoins dont les noms fleurent bon l’époque romane : Geraldus, Radulfus, Erembertus, Gauterius, Petrus, Niellus, Drogo, Hasgerius, Griphus, Garmundus, Hutbertus, Gosfridus, Osmundus et Rainaldus.

La terre de Thesiacum est facilement localisable : il s'agit d'un petit hameau situé sur la commune de Dragey et aujourd'hui appelé Tissey ; jusqu’à la Révolution, ce village dépendait de la baronnie de Genêts tenue par les moines du Mont.

Trois comtes se succédèrent à Avranches dans la première moitié du XIe siècle[10] : Robert, suivi de son fils Richard, lui-même remplacé par son cousin Guillaume Guerlenc.

C'est certainement dans ce contexte de cette prise en main normande des limites occidentales des anciennes frontières de la province ecclésiastique de Rouen que le donjon d'Avranches fut édifié[11]

Mais, visiblement, ces comtes étaient assez remuants et attirèrent sur eux les foudres de leur duc ; Richard d'Avranches fut contraint de s'exiler, à la façon scandinave, pour ses écarts et notamment pour avoir usurpé deux domaines appartenant à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire[12]. Après la bataille du Val-ès-Dunes, en 1047, Guillaume le Batard transfère le siège comtal d'Avranches vers Mortain. L'objectif du duc est clair : ces premiers comtes ont de fortes ambitions et pourraient être tentés de faire passer leurs propres intérêts avant ceux du duché de Normandie, alors en pleine constitution. Pour éviter que ce comté d’Avranches ne mute en principauté, Avranches est rabaissé au rang de vicomté. Guillaume Guerlenc reste cependant comte et apparaît alors dans les sources avec le titre de comte de Mortain. Cependant, peu après, vers 1050, Guerlenc tombe en disgrâce. Banni par le duc, il est aussitôt remplacé par un nouveau comte, le demi-frère de Guillaume : Robert de Mortain.

C’est alors qu’entre en scène la famille Goz. Vers 1055, Richard Goz est choisi afin de diriger la vicomté d’Avranches. Une nouvelle ère de stabilité et de coopération avec le pouvoir ducal s’ouvre. Le duc Guillaume trouve en cet homme un véritable « serviteur de la cause ducale » qui remplit à merveille son rôle de fonctionnaire du duché. Richard assura aussi, après la Conquête de l’Angleterre à laquelle il participa, le commandement du château de Saint-James.

Richard, de pure ascendance nordique était le fils de Turstain Goz, vicomte de Hiesmois, et petit-fils de Ansfrid le Danois. Et, preuve de ses liens étroits avec la famille ducale, il épousa Emma de Conteville, demi-sœur du Conquérant. De cette union naquit Hugues qui prit la suite de son père à la tête de la vicomté d’Avranches.

Hugues le Loup encore appelé Hugues d'Avranches, fils de Richard Goz, apparaît dans les textes en 1065 lorsqu’il fonde l’abbaye de Saint-Sever. Après la Conquête de l’Angleterre, en 1066, pour avoir fourni soixante navires au duc Guillaume, il obtint du nouveau monarque le comté de Chester, l’un des plus stratégiques d’Angleterre. Ce domaine royal avait en effet la particularité de se situer au contact du pays de Galles alors agité par des révoltes. Assumant pleinement son rôle de représentant du pouvoir anglo-normand, Hugues réprima avec une grande cruauté les agissements de ses turbulents voisins.

Devenu le gardien des frontières nord-ouest du royaume, sa fortune immense le propulsa au sommet de l’aristocratie anglo-normande et lui permit de déployer à sa cour un faste hors du commun, digne d’un grand prince. Orderic Vital, moine de Saint-Evroult, n’hésita pas à dresser un portrait sans concession du comte : « soldat capable et dur », il apparaît comme un des plus sanguinaires barons normands ! Sa cruauté s’exerça non seulement sur ses ennemis, qu’il faisait mutiler ou torturer, mais aussi, parfois, sur ses paysans voire certains membres de sa famille. Orderic le dit également « plus chasseur qu’ami des moines », « adonné à la gloutonnerie et énormément gras », « père de nombreux bâtards ». En 1101, devenu impotent et voyant sa fin proche, il prit l’habit bénédictin de l’abbaye Sainte-Walburge à Chester dont il avait été le bâtisseur. Trois jours plus tard, le 27 juillet, il mourait.

Des intellectuels italiens à Avranches

Les liens entre la Normandie et l’Italie sont à la fois multiples et précoces. Au commencement du XIe siècle, si des chevaliers normands quittent la région à la recherche de nouveaux profits en Méditerranée (c'est peut-être le cas des deux fils aînés de Robert 1er comte d'Avranches), plusieurs clercs italiens arrivent en Normandie afin d’en assurer le renouveau spirituel et intellectuel. À la suite de Guillaume de Volpiano, réformateur du monachisme normand, de nombreux clercs italiens arrivèrent en Normandie dès les premières années du XIe siècle. Vers 1027, ce furent ses disciples qui réformèrent la vie religieuse à l'abbaye du Mont-Saint-Michel : l'italien Suppo (de 1027-1048) joua un rôle capital dans la construction de l'abbatiale romane et dans le développement de la bibliothèque et du scriptorium.

Lanfranc de Pavie, clerc et juriste italien formé à Bologne, se rend à Avranches en 1039. Peut-être venu retrouver son compatriote Suppo, alors abbé du Mont-Saint-Michel, il enseigne jusqu’en 1042 à l'école épiscopale d'Avranches. Le passage de Lanfranc à Avranches marque, au sein de l’évêché, la naissance d’un foyer intellectuel nécessaire à la bonne instruction des futurs évêques et du clergé du diocèse. C’est encore Lanfranc, très proche ami du duc, qui plaida en 1049 la cause de Guillaume et Mathilde, dans le différent lié au mariage de ces derniers, face au pape Léon IX.

Peu de temps après, en 1058, Anselme de Cantorbéry, originaire du Piémont, séjourne lui aussi à Avranches avant de devenir l’élève de Lanfranc, devenu prieur et écolâtre à l'abbaye du Bec-Hellouin. Sous l’impulsion de ces deux hommes, devenus archevêques de Cantorbéry, la Normandie acquit un rayonnement intellectuel international.

De 1069 à 1094, Michel, un autre clerc italien, occupe le siège épiscopal d’Avranches. Présent à plusieurs reprises dans l’entourage proche de Guillaume le Conquérant, lors des événements importants du duché, Michel était réputé pour sa grande instruction.

la pénitence d’Henri II Plantagenêt en 1172

En 1154, Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou, duc de Normandie et d’Aquitaine, devient roi d’Angleterre. La Normandie constitue la clef de voûte d’un vaste domaine territorial qui s’étend de l’Écosse aux Pyrénées. En 1162, afin de restaurer la monarchie, Henri II nomme en toute confiance un de ses proches, Thomas Becket, chancelier d’Angleterre et archevêque de Cantorbéry. Mais, deux ans plus tard, le roi tente de limiter l’autorité de l’Église et Thomas, fidèle à Rome, abandonne ses fonctions politiques et choisit l’exil. Cette dispute véhémente oppose les deux hommes pendant plusieurs années, puis, sur la promesse d’une réconciliation, Thomas rentre en Angleterre ; mais la querelle ne tarde pas à se réveiller. Le roi Henri aurait alors incité quatre chevaliers normands à assassiner l’archevêque dans sa cathédrale de Cantorbéry, le 29 décembre 1170. Ce meurtre secoue l’occident chrétien et le pape Alexandre III n’a d’autre choix que d’excommunier le monarque. Afin de lever l’humiliante sanction, le souverain se soumet à plusieurs pénitences publiques ; l’une d’elles eut lieu à Avranches le 21 mai 1172 : reçu sur le seuil de la cathédrale, le roi déchu fait amende honorable et implore le pardon du pape représenté par Albert et Thédouin, deux légats dépêchés pour l’occasion.

D’un point de vue logistique, la pénitence d’Henri II à Avranches génère quelques questions : une escorte nombreuse, peut-être deux cents personnes, devait accompagner le souverain et dut se loger à proximité, établissant un campement ou occupant des demeures existantes. Situé à quelques pas seulement de la cathédrale, le vaste manoir des Subligny (aujourd'hui appelé Doyenné), tenu à l’époque par Foulque Paisnel et son épouse Lesceline, aurait pu permettre d’accueillir le roi et une partie de sa suite. Gilbert de Subligny, le frère de Lesceline, était un proche d’Henri II Plantagenêt et il est tentant de croire que celui-ci puisse avoir séjourné en ce « manoir » lors de son passage à Avranches[13].

Avranches ville royale

En Normandie, la fin du XIIe siècle est marqué par la volonté constante des monarques anglo-normands d’unir la Bretagne à leur vaste empire. Ce rêve est à deux doigts d’aboutir puisque Ranulf (Ranulph de Blondeville), comte de Chester, vicomte d’Avranches et de Bayeux, devient duc de Bretagne en 1188, par son mariage avec Constance de Bretagne, l’héritière du duché breton. Mais cette union est de courte durée et la Bretagne recouvre rapidement son indépendance. De son côté, Philippe Auguste, le roi de France, ne pense qu’à subtiliser la Normandie aux Plantagenêt.

En 1199, meurt Richard Cœur de Lion, le célèbre souverain du royaume anglo-normand. À la même époque, son neveu Arthur, duc de Bretagne, prête hommage à Philippe Auguste ; furieux de cette alliance, Jean Sans Terre, frère et successeur de Richard, emprisonne Arthur à Rouen avant de la faire assassiner en 1203. C’est alors son beau-père, Guy de Thouars, qui prend les commandes de la Bretagne. Le roi de France, profite de cette nouvelle crise pour convaincre ses vassaux Bretons de l’aider à reconquérir la Normandie occidentale ; en 1204, à la tête de 400 chevaliers et de nombreux fantassins, le duc breton franchit le Couesnon et fait main basse sur l'Avranchin. Le retour du duché de Normandie à l'obédience française, ne se passe pas sans heurts pour Avranches : la cathédrale est saccagée par Guy de Thouars, la ville pillée et les remparts démantelés.

La vicomté d’Avranches est arrachée au comte de Chester impuissant ; comme tous les seigneurs anglo-normands refusant de reconnaître l’autorité nouvelle du roi de France, Ranulf perd toutes ses prérogatives et possessions normandes. De 1226 à 1234, l’Angleterre refuse cette annexion forcée et tente de reprendre pied sur le sol normand en exerçant un harcèlement constant depuis les marches de Bretagne en direction des places fortes de Saint-James et Pontorson. Puis, en 1232, saint Louis obtient de la noblesse du Cotentin, et plus particulièrement la famille Paisnel d’Avranches, qu’elle se ligue contre une Bretagne orientale sous domination militaire anglaise.

En 1236, afin de verrouiller définitivement ce secteur de Normandie et surtout de se prémunir contre d’éventuelles agressions étrangères, le roi de France rachète la vicomté d’Avranches ; le roi, qui séjourne à deux reprises dans la cité en 1256 et 1269, s'attache à lui redonner l’apparence d’une place forte désormais royale en la dotant de nouveaux remparts entourés de fossés.

La guerre de Cent Ans

Époque moderne

Les guerres de religion

Avranches fut dévastée par les huguenots en 1562. À la fin du XVIe siècle, l’évêque François Péricard dirigeait la cité avec son frère Odoard qui occupait les fonctions de gouverneur de la place forte. Originaires de Rouen, les frères Péricard appartiennent à la « Sainte Ligue » et font basculer Avranches dans le camp des catholiques qui refuse de reconnaître le roi Henri IV. Entre les mois de novembre 1590 et février 1591, en plein hiver, la ville est assiégée par les troupes royales. Dirigée par le duc de Montpensier, l’artillerie royale bombarde la vieille ville où la population s’est retranchée ; les dommages causés par ce harcèlement sont tels que la capitulation est inévitable. Tandis que son frère quitte la ville, François Péricard conserve ses prérogatives épiscopales et tente de réorganiser son diocèse.

La révolte de nu-pieds, 1639

La production du sel dans la baie du mont Saint-Michel remontaient à des temps immémoriaux et les salines, petites entreprises réparties sur tout le littoral, faisaient vivre depuis des siècles une grande partie des populations du littoral de l’Avranchin : les « Nu-pieds ». Si leur activité a hélas laissé peu de traces, ces sauniers sont cependant entrés dans l’Histoire lorsqu’en 1639 ils se révoltèrent contre Richelieu.

Sous l’Ancien Régime, l’actuel territoire de la Basse-Normandie n'était pas soumis à la gabelle mais bénéficiait d'un impôt beaucoup plus léger, le quart bouillon : un quart de la production revenait au roi, qui le revendait après l’avoir taxé, les trois quarts restants étaient commercialisés à bon marché par les producteurs puisque dépourvu de taxe.

Au XVIIe siècle, la Normandie est l’une des plus riches provinces de France et la royauté, fortement endettée, soumet ce pays à de fortes et régulières contributions. À chaque nouvelle pression fiscale des troubles se produisent en divers points de l’ancien duché. Depuis le mois de janvier 1639, on ne parle plus que d’une chose dans notre région : le quart bouillon doit être définitivement supprimé et remplacé par la gabelle. Au quotidien cette décision est lourde de conséquences : le prix du sel est multiplié par trois et sa vente intégralement contrôlée par les greniers à sel royaux.

Toutes les catégories sociales de la population confondues, paysans, laboureurs, sauniers, clercs et nobles, s’agitent un peu plus avant de se soulever avec force au mois de juillet ; le 16 de ce mois, Charles Le Poupinel, officier de justice du roi, est assassiné à Avranches car on pense qu’il porte sur lui l'édit de la gabelle. Des barricades s'élèvent dans les faubourgs de la ville. Les Nu-pieds tiennent le pays, conduits par Jean Quétil, membre de la petite noblesse de l'Avranchin.

Rapidement la jacquerie avranchaise prend de l’ampleur et se propage à l’ensemble du territoire bas-normand concerné : Coutances, Saint-Lô, Mortain, Domfront s’enflamment à leur tour. Mais, la répression est impitoyable. L'armée royale envoyée par Richelieu et les troupes en garnison à Avranches, lâchées par le gouverneur Gassion, prennent en tenaille puis massacrent la population.

Les meneurs de la révolte sont pendus ou condamnés aux galères. Une centaine d'Avranchinais, sympathisants de la cause, sont bannis. Cependant les Nu-pieds ne sont pas morts pour rien. Richelieu renonce à imposer la gabelle et maintient le privilège du quart bouillon, qui restera en vigueur jusqu'en 1789.

Époque contemporaine

Seconde Guerre mondiale

Dès le lendemain du débarquement allié du 6 juin 1944, sur les côtes de la Manche et du Calvados, Avranches connaît le sort de dizaines de villes normandes. De violents bombardements, ayant pour but de couper la route aux renforts allemands, plongent la ville dans le chaos. Des tracts alliés ont été lâchés au-dessus de la région d’Avranches quelques jours avant le 6 juin, invitant les habitants « à s’éloigner pendant quelques jours » et à « se disperser dans la campagne, autant que possible », mais sans véritablement convaincre la population.

Le mercredi 7 juin, vers 14 heures 30, une escadrille de six bombardiers alliés déverse sur Avranches son funeste chargement ; dans l’espace d’une heure trois vagues meurtrières anéantissent plusieurs secteurs de la ville : la gare, la rue Louis Millet, la rue d’Orléans, la vieille ville, la rue des Fontaines Couvertes et d’autres encore sont frappées de plein fouet. Des incendies ravagent la ville en divers points et les pompiers, mal équipés, sont impuissants face à l’ampleur des destructions ; les bombes ont éventré les conduites d’eau et très vite les pompes sont inopérantes. Malgré les renforts des pompiers de Ducey et Sartilly, arrivés vers 22 heures, qui parviennent à acheminer l’eau de la citerne des Halles jusqu’à la place Littré, les flammes se propagent d’immeuble en immeuble, inexorablement. Dans la soirée, les toitures de l’église Notre-Dame-des-Champs sont atteintes par l’incendie des maisons de la rue du jardin des plantes.

Immédiatement après les premiers impacts, les secours se sont organisés pour tenter de soigner les blessés. Mais déjà, en fin de journée, on compte plus de 80 victimes civiles. De nouveaux bombardements de produisent les jours suivants augmentant encore un bilan qui ne cessera de s’alourdir jusqu’à la libération d’Avranches à la fin du mois de juillet[14]. Voir aussi Percée d'Avranches.

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Depuis quelques années, la ville d'Avranches est plutôt ancrée à droite.

Administration municipale

Liste des maires d'Avranches sous l'Ancien régime

Chronologie des 18 maires en la ville communauté et bourgeoisie d’Avranches sous l’Ancien Régime D’après l’article de Romain Provost de La Fardinière, intitulé Avranches et ses Maires au XVIIIe siècle, ou L’évolution de la pensée politique et sociale en province au siècle des Lumières, paru dans la Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, t.82, septembre 2005, p.215-388.

1) 1642-1657 : Noble Messire Gilles Vivien, écuyer, seigneur de la Champagne (c.1590-1657), lieutenant général du bailliage, agissant comme « maire-né » (env. 50 ans).
2) 1657-août 1692 : Noble Messire René Vivien, écuyer, seigneur de la Champagne (1628-1693), lieutenant général du bailliage, agissant comme « maire-né » (29 ans).
3) Août 1692–1697 : Noble Me Gédéon Trochon, écuyer, sieur des Landelles (c.1655-1697), élu en l’élection, maire par office (env. 45 ans), décédé en fonction.
4) 1697–juin 1716 : Noble Me Jean Trochon sieur de Chasné, président de l’élection, maire par office (env.55 ans).
5) Juin 1716-mars 1719 : Noble Me Jean Angot, écuyer, sieur du Potrel (1642-1719), lieutenant général du bailliage, agissant comme « maire-né » par intérim de Me Gilles Vivien de la Champagne, (74 ans), décédé en fonction.
6) Mars 1719-novembre 1742 : Noble Messire Jean-René Vivien, écuyer, seigneur de la Champagne (1690-1761), lieutenant général du bailliage, agissant comme « maire-né » (29 ans).
Juin 1734-mars 1738 : Noble Me René Marie Le Masson sieur de la Mazurie, président de l’élection d’Avranches, maire nommé qui n’exerça pas.
Mars 1738-septembre 1740 : Me Roger Bétille, assesseur au bailliage, maire élu qui n’exerça pas.
7) Novembre 1742-janvier 1746 : Me Louis-Joseph Olivier sieur de Préciaux, commissaire enquêteur du bailliage, maire élu.
8) Janvier 1746-mars 1749 : Noble Me René Marie Le Masson sieur de la Mazurie, président de l’élection d’Avranches, maire élu (45 ans).
9) Mars 1749-avril 1752 : Me Nicolas-Robert Guellet sieur de la Bréardière(c.1700-c.1795), lieutenant particulier assesseur criminel du bailliage, maire élu (env. 50 ans).
Avril 1752-mars 1755 : idem. Réélu.
Mars 1755-mai 1758 : idem. Réélu.
10) Mai 1758–mars 1759 : Me René Le Harivel sieur d’Aussais (1699-1773), avocat du roi au bailliage, maire nommé, démis un an plus tard (env. 60 ans).
11) Avril 1759-mars 1762 : Me Jean-Aubin-Hervé Lottin sieur de Beauvallon, avocat du roi au bailliage, maire élu (61ans).
12) Mars 1762-mars 1765 : Noble Me Louis-Ambroise Provost de la Fardinière (1732-1801), avocat du roi au bailliage, maire élu (29 ans).
mars 1765-janvier 1768 : idem, réélu, démissionnaire en 1768.
13) Janvier 1768-août 1768 : Abbé Charles-Colin de Contrisson, grand doyen du chapitre, maire élu, démis six mois plus tard.
14) Septembre 1768-novembre 1771 : Noble Messire Jean-Baptiste Guitton seigneur des Haies-de-Terre, assesseur au bailliage, maire élu.
Novembre 1771-décembre 1771 : idem, réélu, démissionnaire un mois plus tard.
Janvier 1772 : Me Nicolas-Robert Guellet sieur de la Bréardière, lieutenant particulier assesseur criminel du bailliage, maire élu qui n’exerça pas (env. 70 ans).
Janvier 1772-juin 1773 : vacance de maire, intérim de Me Pierre-René Ferrey sieur de Montitier, lieutenant particulier civil et criminel du bailliage (37 ans).
15) Juillet 1773-juin 1776 : Me Nicolas Pierre Le Sourd sieur de l’Aiglerie (c.1713-1776), assesseur au bailliage, maire nommé (env. 70 ans).
Juin 1776-juillet 1779 : idem.
Juillet 1779-février 1782 : idem, décédé en fonction.
16) Mars 1782-mai 1786 : Me Jean-Hervé-Antoine Lottin sieur du Tertre, avocat du roi au bailliage, maire élu (35 ans).
17) Mai 1786-septembre 1787 : Me Claude-Joseph Meslé sieur de la Bretêche (1713-1787), subdélégué en l’élection, maire élu (73 ans), décédé en fonction.
18) Octobre 1787-juin 1790 : Noble Me Jean-Victor Tesnière, sieur de Brémesnil (1763-1811), élu en l’élection, lieutenant général du bailliage, maire élu (24 ans), baron de Brémesnil (anobli en 1809).

Nota : l’âge mentionné se réfère à l’entrée dans la fonction de maire. La liste dénombre près de vingt-huit mandats honorés par dix-huit maires en exercice ; elle a été reconstituée à partir des sources originales et des correspondances des subdélégués, des maires, des intendants et des ministres au XVIIIe siècle.

Les maires d’Avranches dans la tourmente révolutionnaire : Félix Jourdan précise que les anciennes institutions d’Avranches ont été abolies en 1790. Une assemblée des électeurs fut créée pour élire les titulaires à toutes les fonctions administratives ; elle comprenait le maire, les notables de la ville, les gardes nationaux en armes, ainsi que le conseil général de la commune.
Le maire de Brémesnil fut élu président du département, et l’agriculteur Théault des Orgeries président du district. Les juges élus pour le tribunal correctionnel ont été Morin l’aîné, élu président, Le Court Cantilly, Cochery, Rioult de Montbray ; les juges de paix élus ont été Louiche, Provost (Louis-Ambroise, l’ancien maire), Beaumont, Vivien (probablement l’un des fils du dernier lieutenant-général), Dubuisson (Boessel, conseiller du roi au bailliage), et du Bouillon.
Dans le désordre qui régnait les maires se succédèrent rapidement, certains étant déchu le lendemain même de leur nomination. A. Osmond en donne la liste suivante que nous reproduisons sous toute réserve :
1)Février-juin 1790, Jean-Victor Tesnière de Brémesnil, écuyer, maire sortant, dernier lieutenant-général du bailliage, réélu maire le 4 février 1790, démissionna le 27 juin 1790.
2)Juin 1790, Guillaume-Jean Auvray de Beaurepaire, âgé de 61 ans, procureur syndic de la ville depuis 1786, ancien député de la bourgeoisie de Ponts, subdélégué d’Avranches depuis avril 1789, fut élu maire en juin 1790 et démissionna aussitôt.
3)Juin-octobre 1790, Petit, receveur des finances, élu maire le 27 juin 1790, démissionna en octobre.
4)Octobre 1790-février 1791, Louis-Gabriel Boessel du Buisson, âgé de 26 ans, conseiller du roi au bailliage, élu maire d'Avranches le 14 décembre 1790, démissionna le 14 février 1791.
5)Février 1791, Le Chevalier, probablement notaire, élu le 14 février 1791, démissionna le lendemain.
6)Février-novembre 1791, Joseph Frain, âgé de 33 ans, avocat, élu le 15 février, démissionna le 13 novembre 1791. Il devint baron d’Empire, on en reparlera plus loin.
7)Novembre-décembre 1791, Louis-Julien Guérin, médecin, élu le 13 novembre, démissionna le 16 décembre. Il prend prétexte de sa qualité de médecin pour récupérer à des fins d'étude la relique du crâne de saint Aubert au Mont Saint Michel. La paix revenue, il la restitue au clergé avranchinais.
8)Décembre 1791-1793, le citoyen Félix Ebrard fut élu maire le 16 décembre 1791 ; les officiers municipaux qui l’assistaient étaient les citoyens Fleury, Guérin, ancien maire, Burdelot (probablement Jacques-Michel, l’ancien greffier du bailliage), Frault, Varron, Dodeman, Le Hupp, et Porée, procureur de la commune.
9)1792, du Becquet, ex-assesseur au bailliage, quitta la fonction de maire d'Avranches peu de temps après son élection.
10)An II, il n’y a plus de maire à Avranches au temps de la Convention. Le citoyen Isaac Heudrière était président de la municipalité, sous l’autorité dictatoriale de Le Carpentier, ancien huissier surnommé « le bourreau de la Manche », qui était alors le tout puissant représentant du peuple détaché par la Convention à Avranches pour y appliquer le régime de la Terreur.
11)An II-an III, le citoyen Morin (probablement François Morin l’aîné cité plus haut) fut président de la municipalité.
12)An III-an III, un citoyen Olivier fut un temps président de la municipalité.
13)An III-an IV, Jean Rioult de Montbray fut un temps président de la municipalité, puis président du tribunal correctionnel du district d’Avranches en pluviôse an IV.
14)An IV, citoyen Bournhonet, président de la municipalité, assisté des citoyens Flers et La Vallée.
15)An IV-an V, Lemoyne a été un temps président de la municipalité, assisté des citoyens Gauchet, Fleury, Millet, Ebrard, officiers municipaux.
16)An V, François Pierre Lefresne, Allain Fleury et le citoyen Hullin sont également cités. An V-an VI, Louis Blondel du Clis a été élu président de la municipalité après la Terreur ; les administrateurs municipaux ont été les citoyens Pinel, Frault, Lemoyne, Beaubigny ; ils acquirent de nombreux biens nationaux pour leur compte. Le même Louis Blondel fut de nouveau nommé maire d’Avranches en 1811 sous Napoléon après le décès du baron de Brémesnil.
17)An VI-an VII, Pierre Pinel, maire.
18)An VII-an VIII, citoyen Burdelot (probablement Jacques Michel), maire.

Les maires d’Avranches sous l’Empire :

1)Le citoyen Pierre-Louis Pinel, né à Saint-James (1761-1838), a été maire d’Avranches entre 1800 et 1802 sous le Consulat. Ancien administrateur du district d’Avranches, il avait été député de la Convention entre 1792 et l’an IV et vota la mort du roi ; converti au Directoire, membre du Conseil des Cinq-Cents (1795-1799), il racheta l’ancien doyenné d’Avranches en germinal an IV et devint maire d’Avranches le 21 germinal an VIII (1800), conseiller général de la Manche, puis député à la Chambre des Cent Jours (1815).
2)Jean-Victor-Césaire Tesnière, baron de Brémesnil, mort en 1811, ancien maire et dernier lieutenant-général du bailliage, a été nommé à son tour maire d’Avranches en 1802 par Napoléon. Il se démit en 1808 ; il avait pour premier adjoint le notaire Duhamel. Membre du Corps législatif et président du département de la Manche, il fut élevé à la dignité de baron d’Empire en 1809, avant de mourir en 1811.
3)Louis Blondel du Clis, déjà cité plus haut en l’an VI sous le Directoire, lui succéda en 1808 comme maire d'Avranches ; il se démit deux ans plus tard en 1810.
4)Jean-Auguste de Belle-Etoile du Mottet, vice-président du district d'Avranches auprès du président Theault des Orgeries, fut alors nommé par l'empereur maire d'Avranches en 1811; il l’était encore à la chute de l'Empire, et restera en fonction jusqu’en 1830 à la chute de Charles X, après un court intermède de Joseph Frain en 1815[15].

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Guénhaël Huet UMP Député
mars 1989 mars 2001 René André RPR Avocat, député
mars 1983 mars 1989 Fernand Le Prieur - -
1953 mars 1983 Léon Jozeau-Marigné RI Avoué, sénateur, président du CG 50
1945 1953 Victor Bindel - -
1944 1945 Edmond Laquère - -
1941 1944 Jean Simonin - -
1923 1941 Alphonse Briand - -
1902 1923 Maurice Chevrel - -
1902 1902 Léon Oberlin - -
1896 1902 Henri d'Aisy - -
1895 1896 Jean Desdouitils - -
1887 1895 Auguste Lenoir - -
1882 1887 Auguste Gautier - -
1881 1882 Gustave Frémin - -
1878 1881 Hippolyte Barbe - -
1861 1878 Victor Sanson - Docteur
1855 1861 Jean Jacques Lahouge - -
1852 1855 Victor Gauquelin - -
1841 1852 Jules Bouvattier - -
1830 1841 Aimé Anatole Olivier - -
1815 1830 Jean Auguste de Belle Etoile du Molet - -
1815 1815 Joseph Frain - Médecin, député, préfet des Ardennes
1810 1815 Jean Auguste de Belle Étoile du Molet - -
1807 1810 Jean Victor Tesnières de Bremesnil - Député, lieutenant général du bailliage d'Avranches
1800 1807 Blondel Duclis - -
1799 1799 Jean Victor Tesnières de Bremesnil - Député, lieutenant général du bailliage d'Avranches
1798 1799 M. Burdelot - -
1797 1798 Pierre Pinel - -
1796 1797 M. Blondel Duclis - -
1796 1796 M. Hullin - -
1796 1796 Alain Fleury - -
1795 1796 M. Le Moyne - -
1795 1795 M. Bournhonet - -
1794 1795 Jean Rioult de Montbray - -
1794 1794 M. Olivier - -
1793 1794 M. Morin - -
1792 1793 Félix Ébrard - -
1791 1792 Louis Guérin - Médecin
1791 1791 Joseph Frain - -
1790 1791 M. Boissel Dubuisson - -
1790 1790 M. Petit - -
1789 1790 Jean Victor Tesnières de Bremesnil - -
1786 1789 Joseph Mesle de La Bretèche - -
1783 1786 Louis Lottin - -
1773 1783 Pierre Le Sourd de Laiglerie - -
1758 1773 Jean Baptiste Guiton - -
1749 1758 Nicolas Guallet - -
1746 1749 René Le Masson - -
1742 1746 Louis Vivien - -
1736 1742 Jean René Vivien - -
1715 1736 Jean Angol - -

Instances judiciaires et administratives

Politique environnementale

Jumelages

Au 27 novembre 2010, Avranches est jumelée avec :

Par ailleurs, Avranches entretient des relations particulières avec la ville de Saint-Gaudens, dont les habitants à l'automne 1944 sont venus fraternellement lui adresser vêtements et vivres.

Population et société

Démographie

Évolution démographique

D’après le recensement Insee de 2007, Avranches compte 8 226 habitants (soit une diminution de 3 % par rapport à 1999).

La commune occupe le 1 136e rang au niveau national, alors qu'elle était au 1 053e en 1999, et le 7e au niveau départemental sur 601 communes. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Avranches depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint en 1975 avec 10 136 habitants.

Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 5 880 5 413 6 144 6 431 7 269 7 690 8 256 7 965 8 932
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
Population 8 702 8 592 8 642 8 137 8 157 8 057 8 000 7 785 7 845
Années 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
Population 7 384 7 360 7 174 6 597 6 803 6 881 7 130 7 554 8 004
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
Population 8 854 9 775 10 136 9 468 8 638 8 509 8 239 8 226 8 179
Notes, sources, ... Sources : base Cassini de l'EHESS pour les nombres retenus jusqu'en 1962[17], base Insee à partir de 1968 (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006)[18],[19]

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (28,2  %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (25,5 %).

À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (55,2 %) est supérieur de plus de deux points au taux national (51,6 %). La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 44,8 % d’hommes (0 à 14 ans = 16 %, 15 à 29 ans = 24,1 %, 30 à 44 ans = 19,9 %, 45 à 59 ans = 18,6 %, plus de 60 ans = 21,4 %) ;
  • 55,2 % de femmes (0 à 14 ans = 13,1 %, 15 à 29 ans = 18,1 %, 30 à 44 ans = 16,7 %, 45 à 59 ans = 18,4 %, plus de 60 ans = 33,7 %).
Pyramide des âges à Avranches en 2007 en pourcentage[20]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,8 
90  ans ou +
2,9 
8,1 
75 à 89 ans
15,6 
12,5 
60 à 74 ans
15,2 
18,6 
45 à 59 ans
18,4 
19,9 
30 à 44 ans
16,7 
24,1 
15 à 29 ans
18,1 
16,0 
0 à 14 ans
13,1 
Pyramide des âges du département de la Manche en 2007 en pourcentage[21]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,4 
90  ans ou +
1,3 
7,6 
75 à 89 ans
11,8 
14,3 
60 à 74 ans
15,6 
21,7 
45 à 59 ans
20,1 
19,9 
30 à 44 ans
18,7 
17,3 
15 à 29 ans
15,3 
18,8 
0 à 14 ans
17,3 

Enseignement

Avranches est située dans l'académie de Caen.

Établissements scolaires

La ville administre 2 écoles maternelles et 2 écoles élémentaires communales.

Manifestations culturelles et festivités

Santé

Sports

Médias

Cultes

Économie

Revenus de la population et fiscalité

En 2008, le revenu fiscal médian par ménage était de 16 464 €, ce qui plaçait Avranches au 19 884e rang parmi les 31 604 communes de plus de 50 ménages en métropole[23].

Emploi

Entreprises et commerces

Avranches profite dans une large mesure du tourisme, de par sa situation géographique privilégiée — entre autres, sa proximité d’avec le mont Saint-Michel — et grâce aux traces laissées par un riche passé. Elle profite également de l'attraction sur son arrière-pays (commerce, démarches administratives, éducation, médecins et service hospitalier).

Les Avranchinais et Avranchinaises connaissent un taux de chomage de 7,2 %, chiffre inférieur à la moyenne nationale.

Cependant les entreprises continuent de s'installer plus facilement à Coutances ; les conditions d'accueil des nouvelles entreprises y seraient de ce fait moins attractives.[réf. nécessaire]

Culture locale et patrimoine

Monuments et lieux touristiques

Donjon

Courtine et trace du donjon

Le donjon d'Avranches probablement construit au commencement du XIe siècle[24] lors de l'installation d'un premier comte : Robert d'Avranches, fils illégitime du duc Richard Ier. Élevé sur les substructions d'un castellum romain, il n'avait pas de fonction résidentielle vu ses dimensions peu considérables (relevées par le chanoine Pigeon vers 1880-1890). Le donjon a été traversé en 1848 par une rue nouvelle prolongeant la rue d'Office (aujourd'hui rue de la Belle-Andrine), ce qui subsistait du donjon s'est effondré en 1883. Une courtine, située entre le donjon roman disparu et la tour dite du promenoir, et ornée de créneaux au début du XXe siècle, est souvent présentée à tort comme l'ancien donjon[25].

Grand Doyenné

Le Grand-Doyenné (XIIe, XVe et XVIIIe siècles), classé Monument historique depuis le 19 octobre 2007[26].

À l'origine, au milieu du XIIe siècle lors de son édification, ce monument appartenait à la famille de Subligny ; il est clairement désigné par le terme manoir dans les sources. Vers 1170, par mariage de Lesceline de Subligny à Foulques Paisnel cette résidence seigneuriale tombe entre les mains de la famille Paisnel qui la conserve jusqu'en 1273. À cette date, l'évêque Raoul de Thiéville acquiert la résidence des Paisnel pour y loger son doyen. En fait, la grande salle seigneuriale devient probablement salle capitulaire tandis qu'un nouvel édifice est plaqué contre le pignon oriental : ce nouveau bâtiment appelé « petit doyenné » (disparu peu avant la Révolution) constitua alors la véritable résidence des doyens du chapitre cathédral d'Avranches[27].

Cathédrale Saint-André

La cathédrale romane d'Avranches apparaît pour la première fois dans les textes en 1025, au moment de sa reconstruction. Celle-ci s’échelonna sur près d’un siècle ; peut-être même y eut-il deux campagnes de construction. Elle fut consacrée le 17 septembre 1121.

La principale faiblesse de la cathédrale résidait dans sa situation : exposée en première ligne, elle fut la cible de toutes les attaques et, à diverses reprises, dut être consolidée.

En 1798, à la Révolution, la cathédrale fut réduite à une simple église paroissiale. Le 9 avril 1796, la voûte de la croisée s'écroula. Par souci de sécurité, le conseil municipal ordonna d'abattre les derniers murs de la nef et de la tour horloge en 1802. Les deux tours romanes de la façade furent maintenues jusqu’en 1812.

Sur le site de l'ancienne cathédrale Saint-André a été aménagé le square Thomas Becket, à l'entrée duquel se trouve une dalle funéraire située à l'emplacement du portail nord de la cathédrale où Henri II Plantagenêt vint faire pénitence dans l'espoir d'expier le meurtre de Thomas Becket. Aucun vestige de la cathédrale Saint-André ne subsiste in situ.

Église Notre-Dame-des-Champs

Notre-Dame-des-Champs
Notre-Dame-des-Champs, stations du chemin de croix

L’ancienne église Notre-Dame des Champs était située, comme son nom l’indique, à l’extérieur de la ville, au sud. Cette église d’une grande simplicité, connue grâce à une photo et quelques gravures, datait de la fin du XVIIe siècle. Devenue trop petite et des travaux devenant nécessaires, on admit l’idée, vers 1855, de construire un nouvel édifice. Des plans et un devis furent dressés par l’architecte Théberge, « enfant de la paroisse ». Toutefois, il fallut attendre le 12 avril 1863 pour assister à la pose de la première pierre par le préfet de la Manche en présence de Mgr Bravard évêque de Coutances et d’Avranches. Alors, les travaux commencent vraiment tout en suscitant de nombreuses interrogations ; le projet de Théberge est gigantesque et beaucoup se demandent comment le financement du projet sera possible. Le style « néo-gothique » décidé par l’architecte implique la réalisation d’un bâtiment aux proportions audacieuses qui rompent complètement avec celles de la modeste église que l’on souhaite remplacer. Les moyens de la ville et de la paroisse sont insuffisants, d’autant que la reconstruction de Saint-Gervais a coûté fort cher, et, en 1865 Le maire d’Avranches et l’archiprêtre se déplacent à Paris afin de solliciter l’aide financière de l’État. Cette aide longtemps réclamée ne sera finalement octroyée qu’en 1876 et la consécration de l’église, par l’évêque Mgr Germain aura lieu le 13 novembre 1892.

La lente construction de l’édifice fut émaillée de nombreux évènements parfois tragique comme, en 1868, le décès d’un ouvrier maçon âgé de 27 ans tombé de la hauteur de la rosace où il travaillait. L’architecte Théberge, décédé en 1866, fut remplacé par Cheftel. Retardé par la Première Guerre mondiale, qui mobilisa toute la main d’œuvre, les deux tours de la façade sont achevées entre 1926 et 1937 ; à cette époque on installe également les grandes orgues dont la soufflerie bénéficie aussitôt de l’électricité. En juin 1944, l’église est gravement endommagée par un incendie consécutif au bombardement de la ville. Les travaux de restauration se prolongent plusieurs années et la réouverture au culte n’intervient qu’en février 1962.

Église Saint-Saturnin

L’église Saint-Saturnin et ses abords immédiats ont livré quelques traces ténues de leur lointain passé, dont les origines semblent remonter au haut Moyen Âge. En 1961, les vestiges de sépultures à sarcophages sont mis au jour rue Saint-Saturnin et complètent les renseignements apportés par la découverte, en 1959, de tombes mérovingiennes sous le chœur de l'église Notre-Dame des Champs. En 1988, de nouvelles sépultures à l'emplacement de l’actuel Crédit Mutuel, découvertes lors de travaux, ont confirmé la présence d'un site religieux paléo-chrétien dans ce secteur de la ville.

Aujourd’hui, rien n’est visible de cette antique occupation ; et, hormis quelques maisons de l’époque Moderne, le quartier porte principalement l’empreinte des aménagements urbains du XXe siècle.

L’église Saint-Saturnin elle-même est assez tardive puisque reconstruite à la fin du XIXe siècle. Avant cette ultime réfection, l’édifice présentait les caractéristiques de la fin du XVIIe et du commencement du XVIIIe siècle. Cependant, des éléments gothiques du XIIIe siècle, et notamment le porche occidental donnant sur l’actuelle rue Docteur Gilbert, subsistaient et faisaient de cet édifice religieux, aux dires de certains historiens, le plus ancien de la commune.

Un rapport de 1836 fit état de l’excellent état de l’église, « il est solide et promet une longue durée ». Extérieurement comme intérieurement aucun travail d’entretien ni de réparation ne semblait nécessaire. Toutefois, la transformation de l’église fut décidée en raison de ses modestes dimensions ; en effet, le conseil paroissial affirma vers cette époque « que la population avait augmenté d’un cinquième depuis 1789 et que les jours de marché l’église était bondée ». En 1846, l’abbé Caillemer disait de Saint-Saturnin : « l’église ne pouvait contenir la population de la paroisse qui s’était considérablement accrue par suite de nombreuses constructions élevées depuis vingt ans sur son territoire devenu ainsi le plus beau quartier de la ville ». D’importants travaux eurent alors lieu sous la conduite du prêtre. Commencés en mai 1846, les bas-côtés du chœur furent achevés en octobre 1847 ; puis, en 1852, les chapelles nord et sud du transept agrandirent encore l’édifice. En 1865, le chœur fut rehaussé afin de s’harmoniser aux nouveaux aménagements.

En 1876, la commune d’Avranches sollicita de l’État un secours pour la reconstruction d’un clocher. Le projet architectural retenu fut celui de l’architecte Danjoy, ce dernier dut toutefois simplifier une première étude jugée très coûteuse. Comme pour Notre-Dame des Champs, le style néo-gothique fut adopté.

En 1944, l’église ne subit pas de dégâts majeurs et seuls ses vitraux furent soufflés par les explosions ; dès le 8 juin elle était rouverte au culte.

Basilique Saint-Gervais

Basilique Saint-Gervais
Chef de Saint Aubert

L'église Saint-Gervais datait du milieu du XVIIe siècle. Elle attire chaque année de nombreux visiteurs grâce à son « trésor » et à la relique de saint Aubert qui en constitue l’atout principal.

La Révolution française dispersa les richesses accumulées au fil des siècles par le clergé ; les reliquaires et vases sacrés furent fondus, les reliques détruites et la statuaire éparpillée. Au commencement du XIXe siècle, avec le « retour du culte », les paroisses se dotèrent de nouvelles richesses mais, en 1904, lors de la séparation de l’Église et de l’État, celles-ci furent à nouveau confisquées.

À Avranches, le clergé local prit une initiative originale en créant un petit musée paroissial qui allait devenir le « trésor de la basilique Saint-Gervais » ; Prospère Cornille, né à Courtils en 1864, devint Archiprêtre de Saint-Gervais en 1911 et fut le véritable artisan de cette entreprise. Entre 1913 et 1933, ce prêtre passionné rassembla dans une salle au sud du clocher-porche une multitude d’objets, parfois hétéroclites, au côté des pièces d’orfèvrerie liturgique confiées à la ville et n’étant plus indispensable au culte. Rapidement, cette collection devint une référence pour les amateurs d’« antiquités » et le père Cornille, faisant figure de « connaisseur, avisé et habile à réunir bien des objets anciens ou précieux », n’hésitait pas à ouvrir les portes de son antre et à en proposer la visite minutieuse vitrine par vitrine.

Aujourd’hui, les collections amassées par le père Cornille sont sous le contrôle du service de conservation des Antiquités et objets d’Art de la Manche (CAOA), qui inventorie régulièrement les collections et veille à leur bon état de conservation.

Musées

Autres monuments

  • Ancien palais épiscopal, XIVe et XVe siècles
  • Temple protestant
  • Collège datant de 1780
  • Manoir de Malloué, XVIIe siècle
  • Manoir de Beaurepaire, XVIe siècle
  • Château de Changeons, XIXe siècle
  • Ancienne abbaye Sainte-Anne-des-Moutons, aujourd'hui théâtre et centre culturel, fondé en 1635 par Louis XIII

Parcs et espaces verts

Le Jardin des Plantes

La commune est une ville fleurie ayant obtenu trois fleurs au concours des villes et villages fleuris[28].

Sur une colline à l'ouest de la ville, le Jardin des Plantes s'est développé à partir de celui d'un ancien couvent de Capucins. Autour d'une table d'orientation, il offre un large panorama sur le cours de la Sée et la baie du mont Saint-Michel. Cette vue sur la baie est décrite par Guy de Maupassant dans sa nouvelle Le Horla. Site classé depuis le 22 mai 1944, il abrite l'ancien puits de l'abbaye de Moutons, inscrit aux monuments historiques le 24 octobre 1935 et le portail roman de la chapelle Saint-Georges de Bouillé, inscrit le 14 mai 1937.

Le jardin de l'Évêché est site inscrit par arrêté du 22 mai 1944.

Patrimoine culturel

Personnalités liées à la commune

Depuis plus de 170 ans, la Société d’archéologie d’Avranches œuvre pour la connaissance et la sauvegarde de ce que l’on appelle aujourd’hui « patrimoine » et que l’on nommait jadis « Antiquités ». Toujours active en 2009, cette association possède une histoire riche au cours de laquelle se sont illustrés de véritables figures locales.

La Société d’archéologie littérature, sciences et arts d’Avranches et Mortain fut fondée le 16 juillet 1835 avant d’être autorisée le 9 avril 1836. Ses principaux membres fondateurs, émules du caennais Arcisse de Caumont, père de l’archéologie française, avaient pour noms Gustave de Clinchamp, Hippolyte Sauvage, Fulgence Girard ou encore Jacques-François Boudent Godelinière. Motivés par une curiosité sans limites, ces hommes rassemblèrent avec obstination les sources historiques qui aujourd’hui encore constituent un socle d’érudition incontournable pour les deux arrondissements de Mortain et Avranches. Grâce aux mémoires de la Société, dont le premier tome parut en 1842, ces érudits publièrent le résultat de leurs prospections archéologiques ou recherches documentaires. De nombreuses monographies cantonales et communales virent le jour ; des éléments significatifs du patrimoine historique et culturel de la région furent sauvés grâce à une présence assidue sur le terrain : de nombreuses excursions ou conférences permirent peu à peu de lever le voile sur de nombreux monuments sombrés dans l’oubli et menacés de disparaître faute d’être connus.

Édouard Le Héricher, né à Valognes en 1812 et figure emblématique de l’érudition locale, anima la Société dès les années 1840, d’abord comme secrétaire, puis en tant que président jusqu’à son décès, en 1890. Homme charismatique, Le Héricher su attirer à lui élus, magistrats, notaires, négociants, commerçants, rentiers, fonctionnaires, professeurs, médecins, ecclésiastiques, ingénieurs ou encore artisans ; cette grande diversité témoigne d’un bel esprit d’ouverture qui impliquait nécessairement un détachement de chacun vis-à-vis des questions politiques et religieuses. Sous sa présidence, la Société compta près de 180 membres répartis dans l’Avranchin et le Mortainais, mais également plus de 160 correspondants résidants souvent à l’étranger. Pour se convaincre de son succès il suffit de parcourir la presse locale de ces années et de constater à quel point les activités de la Société d’Archéologie rythmaient la vie d’Avranches et de sa région. Véritable « passeur de savoirs », il initiât également plusieurs générations de collégiens du fait de ses fonctions de professeur de « Rhétorique » (la classe de rhétorique correspond à la classe de Seconde de nos jours) et publia de nombreux essais dans des domaines aussi variés que l’histoire, l’archéologie, la philologie, et la botanique ; de tous ses ouvrages l’« Avranchin Monumental et Historique » est incontestablement le plus fameux.

Dans les années 1980, la bibliothèque municipale, devenue intercommunale depuis peu, fut baptisée de son nom.

Naissances

Autres


Comtes d'Avranches

Comte d'Avranches, en portugais, Conde de Avranches (pt) est un titre de noblesse portugais.

Héraldique, logotype et devise

Armes d'Avranches

Voici la façon officielle dont se blasonnent les armes d'Avranches : « D’azur, au château ou porte de ville entre deux tours crénelées d’argent, maçonnées de sable, surmontées d’un dauphin d’or posé en fasce, entre deux croissants d’argent aussi en fasce, avec trois fleurs de lis d’or, une en chef et les autres des deux côtés du château ». La porte ou château renvoie au passé militaire de la ville qui, jusqu’au XVIIIe siècle, demeura une place forte importante ; les trois fleurs de lis d’or évoquent la royauté et le rachat de la ville par saint Louis au XIIIe siècle. L’apparition des croissants sur les armes de la ville remonterait aux guerres de religion, sous le règne d’Henri II, et rappellerait l’appartenance d’Avranches à la Ligue, c’est-à-dire au parti catholique. Le poisson visible sur l’écu est un « dauphin versé », selon la terminologie héraldique ; sa présence a été interprétée comme une allusion à la mer toute proche et aux eaux poissonneuses de l’estuaire de la Sée.

Victor Adolphe Malte-Brun rapporte, dans La France illustrée (tome 3, Jules Rouff éditeur, Paris, 1882), deux blasonnements différents pour les armes d'Avranches :

  • « d'azur, au portail de ville d'argent, accosté de deux fleurs de lis d'or, et sommé d'un dauphin d'or surmonté d'ube fleur de lis du même » ;
  • « d'azur, à trois sautoirs alaisés d'argent posés en bande ».

Notes et références

  1. Populations légales 2008 de la commune : Avranches sur le site de l'Insee
  2. On trouve la même racine gen dans Genêts (jadis Genecium ou Genitium) et Argennes (Jadis Aregenna à Saint-Quentin-sur-le-Homme) que l'on trouve également ailleurs dans Genua (Genova, Genève) et Aregenua, ancien nom de Vieux-la-Romaine et qui est considérée comme celtique sur la base d'un archétype *genu- « bouche » Cf. pluriel breton genou, gallois genau. D'où sa signification toponymique d'« embouchure ». Voir François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard 1986 et Pierre-Yves Lambert, La langue Gauloise, édition errance 1994.
  3. Pline, H.N. IV, 107
  4. César, B.G., 75, 4.
  5. Daniel Levalet, Guerre des Gaules : peut-on localiser le camp de Sabinus ?, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2004, t. 81, p. 207-212
  6. Sir Mortimer Wheeler et K. M. Richardson, Hill-Forts pf Nothern France, dans Society of Antiquaries Research Reports, 1957, t. 19, p. 38-54
  7. Colin Wells, La bataille de Normandie, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2009, t. 86, p. 165-175.
  8. Daniel Levalet, réf. biblio à compléter
  9. Cet évêché est supprimé en 1801, mais le 12 juin 1854, le pape Pie IX restaure par décret apostolique le titre d'évêque d'Avranches qui est conféré aux évêques de Coutances.
  10. Claude Groud Cordray et David Nicolas-Méry, Des comtes aux vicomtes d'Avranches et comtes de Mortain, du début du XIe siècle à 1066, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2007, t. 84, p. 359-374.
  11. David Nicolas-Méry, Le donjon d'Avranches, redécouverte d'un monument médiéval, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2002, t. 79, p. 87-150.
  12. Robert-Henri Bautier et Gillette Labory, (ed.) André de Fleury, Vita Gauzlini abbatis Floriacensis monasterii (Paris, 1969 ; Sources d'histoire médiévale, 2) p. 48-51
  13. David Nicolas-Méry, Le « Grand Doyenné » à Avranches, résidence urbaine des seigneurs de Subligny, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2004, t. 81, p. 135-165
  14. a et b Chroniques historique « il était une fois » par David Nicolas-Méry, paraissant depuis 2006 dans l'édition locale « Avranches » de La Manche libre
  15. Romain Provost de La Fardinière, Avranches et ses Maires au XVIIIe siècle, ou L’évolution de la pensée politique et sociale en province au siècle des Lumières, dans la Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, t.82, septembre 2005, p.215-388.
  16. a, b et c Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures sur Ministère des affaires étrangères. Consulté le 26 novembre 2010
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur site de l'École des hautes études en sciences sociales. Consulté le 26 novembre 2010
  18. Évolution et structure de la population (de 1968 à 2007) sur Insee. Consulté le 26 novembre 2010
  19. Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur Insee. Consulté le 26 novembre 2010
  20. Évolution et structure de la population à Avranches en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 26 novembre 2010
  21. Résultats du recensement de la population de la Manche en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 26 novembre 2010
  22. PLA Handball Avranches - Classements 2010-2011 - Tous les classements. Consulté le 22 juin 2011
  23. CC-Résumé statistique/com,dep,zone empl sur site de l'Insee. Consulté le 6 novembre 2010
  24. Voir l'étude en 2002 par David Nicolas-Méry
  25. Article sur les fortifications d'Avranches par Monique Levalet, Art de Basse-Normandie, n°71.
  26. Notice no PA50000045, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  27. David Nicolas-Méry, Le « Grand Doyenné » à Avranches, résidence urbaine des seigneurs de Subligny, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2004, t. 81, p. 135-165.
  28. Villes et Villages Fleuris

Bibliographie

  • (en) James Hairby, Descriptive and historical sketches of Avranches and its vicinity, Mme Vve Tribouillard, Avranches, 1841, 227 p.
  • Félix Jourdan, Avranches : ses rues et places, ses monuments, ses maisons principales, ses habitants, leurs professions pendant la Révolution, Lafitte Reprints, Marseille, 1977 (1re éd. 1909), 517 p.
  • Loïc Langouet, « La voie romaine Corseul-Avranches et son insertion dans le paysage », dans Les dossiers du Centre Régional Archéologique d'Alet, vol. 22, 1994, p. 47-70
  • Auguste François Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et Avranches, Coutances & C., 1877-78, 2 vol.
  • Édouard Le Héricher, Avranchin monumental et historique, t. 1, Avranches, Tostain, 1845 [lire en ligne], p. 1-69 
  • Édouard Le Hericher, Avranches, ses environs, son histoire et ses fêtes, Avranches, 1861 (2e éd.)
  • Victor Lottin (dir.), Avranches et ses environs. Guide du touriste, Avranches, Syndicat d’Initiative et des Intérêts Locaux, 1923, 72 p.
  • Joseph Toussaint, La Déportation du clergé de Coutances et d'Avranches à la Révolution, Éditions de l'Avranchin, 1979, 284 p.
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, Éd. Publitotal

Voir aussi

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Articles connexes

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