Croix des chemins, Bornes, Chapelles de la Commune de Raon l'Etape

Croix des chemins, Bornes, Chapelles de la Commune de Raon l'Etape

Croix des chemins, chapelles de Raon-l'Étape

Inventaire des croix monumentales (croix de chemins, croix rurales, croix de cimetières), oratoires et chapelles situées sur le territoire de la commune de Raon-l'Étape.

Sommaire

Cadre Historique

Depuis des siècles les croix de chemin, croix rurales, grands crucifix, chapelles, font partie de notre environnement coutumier, à tel point que beaucoup ne les remarquent plus. Témoins de l'histoire de lÉglise, de la foi de nos parents et de nos ancêtres, ils ont traversé le temps, les changements de sociétés, ils en ont subi les vicissitudes. Beaucoup ont disparu ; ceux qui restent sont souvent dans un état dégradé. Certains dentre-eux ont été réparés, d'autres relevés, remplacés. Ils ont été, et sont encore pour le promeneur, des repères dans le paysage, pour le croyant une occasion de recueillement, de prière.

Simple Croix de bois
La Croix Marie

Les monuments que nous pouvons encore contempler dans les environs immédiats de Raon-l'Étape furent essentiellement érigés entre le XVIe siècle et le XIXe siècle. Les croix de bois ont disparu, celles construites en pierre ont subsisté, en plus ou moins bon état. On peut lire dans des textes anciens[1] que de nombreuses croix étaient construites en bois, lesquelles une fois rongées par le temps n'ont plus été remplacées.

L'origine de l'implantation de ces croix, calvaires, crucifix, l'expansion d'une religion nouvelle, venue de Judée : le christianisme.

C'est par l'intermédiaire du monachisme en pleine expansion, de communautés de moines en quête de territoires nouveaux, que le christianisme va se répandre dans nos régions. Dès le VIIe siècle, des moines arrivent et fondent des abbayes dans les vallées de la Meurthe, de la Valdange, du Rabodeau : St Dié, Etival, Senones, Bonmoutier puis Moyenmoutier[2]. Défrichement et déforestation, aménagement de pâtures et de cultures attirent une population de plus en plus importante; fermes, hameaux et villages vont très vite voir le jour et s'agrandir

Ces monastères, (clergé régulier) sont richement dotés, (on dirait à présent subventionnés), par les Rois, les évêques et les grands Seigneurs locaux et régionaux. Partant des villes vers les campagnes, l'implantation de lÉglise (clergé séculier), sous lautorité des Évêques, va suivre, et organiser le territoire, le divisant en diocèses et paroisses.

Pour implanter, fortifier cette nouvelle foi, l'Église va s'efforcer d'effacer les traces des cultes et fêtes de lancien monde «païen». Les cultes de la lumière, des saisons, seront remplacés par de nouvelles commémorations: Noël, Pâques, la Saint JeanLes cultes de leau, du feu, des arbres, des roches datant de lépoque celtique et préceltique seront interdits, «aménagés» ou adaptés[3].
Cela prendra beaucoup de temps à l'Église pour implanter des cultes nouveaux, et malgré cela certaines pratiques « païennes » demeurent encore de nos jours[4].

Effacés également les cultes des dieux, déesses et idoles apportés par les légions romaines, occupant notre région, et que certaines avaient ramenés de leur séjour au Moyen Orient.

Depuis la plus haute Antiquité, le Donon était tout à la fois objet lieu de cultes et de pèlerinages antiques. Cest à cette époque dévangélisation, que lÉglise, les paroisses, commencent à édifier croix, calvaires, chapelles et statues de Saints sur les emplacements «suspects». Ainsi furent christianisés, les lieux sources de pratiques « païennes », dans les villes puis les campagnes. Les forêts, lieux peu fréquentés, sources de crainte, de superstitions, le furent bien plus tard. Pour christianiser les menhirs, dolmens, grottes, roches..., le représentant de lÉglise, selon le site concerné, faisait graver ou poser une croix et pratiquait une cérémonie dexorcisme avec prières et bénédictions.

Ainsi lÉglise est présente aux carrefours des chemins, le long des voies de communication, aux entrées, sur les places des villages et des bourgs, rappelant la précarité de la condition humaine, le sacrifice de Jésus de Nazareth sur la croix, et la promesse de la résurrection, dune autre vie après la mort. A un carrefour, un choix directionnel est à faire par le passant. Une croix élevée à cet endroit, rappelle aussi au voyageur quil nest que de passage sur terre, et que la vraie vie est ailleurs et qu'un choix est à faire aussi pour son salut spirituel. Une croix de chemin est, dans le monde physique comme dans le monde spirituel, une élévation, un lien entre la terre et le ciel.

Les croix et monuments érigés dans les premiers siècles ont presque tous disparus ; nous verrons plus loin que la guerre de Trente Ans, au XVIIe siècle siècle, a détruit énormément de villages et de bourgs, ruinant pour longtemps la Lorraine. Peu de symboles religieux antérieurs ont survécu. Le bois était un matériau bon marché et abondant, donc largement utilisé pour lédification des premières croix et des chapelles. Nous verrons plus avant que pendant la période révolutionnaire dautres exactions seront commises.
Dans le paysage elles étaient pour les habitants, des points de repères, des lieux de rendez-vous ; pour les voyageurs, les colporteurs, allant de village en village, elles leurs servaient à sorienter. Les croyants, ne manquaient pas de se signer en passant ou de sarrêter quelques instants pour se recueillir. Passée la période de christianisation, les raisons pour lesquelles on a continué délever des croix sont multiples.


Ainsi trouve-t-on:

  • les croix comportant un texte appelant au repentir, aux devoirs du croyant, à la prière, et rappelant au chrétien ses devoirs, que son salut passe par le Christ dans sa mort et sa Résurrection : « O crux ave spes unica ».
  • les croix offrant des indulgences en échange de quelques prières récitées par le passant(Ave, Pater).
  • les croix appelant à « prier pour les trépassés ».
  • les croix de Mission.
  • les croix de Jubilé.
  • les croix commémoratives: marquant un événement dramatique (décès, accident, meurtre…).
  • les croix de dévotion faisaient l'objet de commandes auprès d'artisans sculpteurs, par des bourgeois aisés, afin de témoigner de leur foi.
  • les croix votives élevées en reconnaissance pour un vœu accompli.
  • les « croix des morts » [5]

Au temps étaient encore pratiquées les Rogations, les processions de fidèles, répondant aux litanies des saints énoncée par le prêtre, tout au long du parcours dans le village ou le bourg, marquaient une pause devant chaque croix, ou calvaire. A loccasion des fêtes religieuses ces croix étaient fleuries. Elles étaient entretenues bénévolement tout au long de lannée par des personnes particulièrement pieuses.

On y voyait aussi, déposés au pied, des ex-voto: croix de bois, statuettes de la Vierge, de saint, chapelet, objets diversdes graffitis étaient également effectués sur le monument. Ce genre de dévotion se voit de moins en moins, parfois encore en campagne. Malheureusement, croix, calvaires, chapelles, modestes manifestations dune foi populaire et qui font partie du petit patrimoine de nos communes, sont bien souvent dans un état de délabrement avancé.

Le temps accomplit son œuvre dusure, les matériaux se dégradent, des monuments disparaissent lors de travaux, daccidents, mais il faut aussi compter avec un phénomène récent, du moins par son ampleur, et qui parfois peut être encore plus destructif: le vandalisme. Acte purement gratuit et sans aucun autre but que celui dendommager ou de détruire. Ces vandales, ces iconoclastes, qui s'ignorent, détruisent en quelques instants ce que les siècles, la fureur des hommes, et notamment les guerres, avaient épargné jusque .

Remarques préliminaires

Dans le langage courant, le mot « calvaire » est utilisé, dune manière générale, pour désigner toutes les croix que lon rencontre dans notre environnement. En fait, pour être précis, il faudrait plutôt parler de croix rurales ou de croix de chemin, parfois de crucifix ou croix monumentale.

En effet, la différence sur un plan architectural est importante. Le terme calvaire trouve son origine dans le latin « calvarium », de « calva » (crâne chauve) traduction de lhébreu : golgotha. Ainsi le Golgotha, appelé aussi, lieu du crâne, était un endroit réservé aux exécutions ordonnées par le Préfet romain à Jérusalem. Cest sur cette colline que Jésus de Nazareth fut crucifié.

Le calvaire, sensu stricto, représente donc la scène du Christ en croix entouré de personnages se trouvant au pied de celle-ci : Marie, Jean, Marie-Madeleine... Cest un véritable monument qui requiert une technique de sculpture bien plus élaborée que celle utilisée pour réaliser nos simples croix de chemin. Dans notre région ce type de monument est assez rare, on peut en voir, un bel exemple à Biarville, à Denipaire, ou encore dans le cimetière de NompatelizeDautres existent dans la vallée de la Fave. On en trouve en plus grand nombre en Alsace, ou en Moselle. La région les calvaires, parfois de véritables œuvres dart, sont les plus répandus, est la Bretagne. Ce sont souvent des scènes imposantes, généralement implantées à côté des églises et réalisées par des artistes; elles représentent souvent des scènes comportant de nombreux personnages.

Par extension, le mot calvaire est devenu en quelque sorte un synonyme désignant toutes les sortes de croix, élevées à un carrefour, sur une place, le long des chemins, dans les bourgs.

Les textes relevés sur les différents monuments sont reproduits in extenso. Ainsi vous remarquerez quune grande majorité des sculpteurs, qui nétaient souvent que de simples maçons, gravaient les textes dune manière phonétique. Souvent, ils ne tenaient pas de compte de la place disponible pour bien répartir leur épigraphe. Ainsi ils reliaient des mots entre eux, opéraient des césures au milieu des mots, ils les abrégeaient en fin de phrase, et quelquefois même ne finissaient pas celle-ci pour qu'elle puisse tenir dans la surface disponible. Beaucoup ne savaient pas, ou peu écrire, ceci explique aussi les fautes dorthographe et de grammaire. Certaines lettres étaient souvent calligraphiées à l'envers; ainsi le S, le N... Cela se remarque surtout pour des monuments antérieurs au XVIIIe siècle, mais on en trouve encore tout au long du XVIIIe siècle.

  • Méthode de Description des Monuments

Les termes techniques utilisés pour une description des différents monuments recensés, sont pris dans le Glossaire de Termes Techniques[6] propres à larchitecture classique. La croix étant une élévation, comme lors de la construction, la description s'effectuera de bas en haut.

Les colonnes sont de section cylindrique, tandis que celle des piliers est plus ou moins carrée. En revanche tous deux sont classiquement constitués de 3 éléments bien distincts.

  • D'une manière générale, les croix rurales comportent:
    • Un pied ou un piédestal.Il forme le soubassement et repose généralement sur un socle simple ou comportant plusieurs degrés. Ce piédestal est plus ou moins ouvragé, il comporte parfois un texte (épigraphe).
    • Un fût ou partie centrale pouvant débuter par une base.Par analogie avec le tronc dun arbre, c'est la partie principale comprise entre le piédestal et le chapiteau. Le fût peut être dun seul bloc, il est alors dit monolithique, soit composé de plusieurs blocs appareillés. De section carrée ou rectangulaire il est souvent légèrement pyramidal dans sa hauteur. Il peut posséder une base distincte. Cylindrique, il peut être droit, fuselé, cannelé, spiralé….
    • Un chapiteau, un tailloir ou abaque couronne généralement le fût. Il est composé souvent d'une série de moulures. Il peut aussi être absent ou remplacé par une tablette simple.
    • Une croix simple, nue, ou ornementée avec certaines représentations(vierge à l'enfant, ostensoir, soleil rayonnant...), ou encore un Christ en croix surmonte le chapiteau ou le tailloir.
  • Terminologie [6]Moulures de références les plus souvent rencontrées
    1. Cavet: Moulure concave (en creux) représentant un quart de rond.
    2. Congé: Moulure concave réunissant 2 surfaces de largeurs différentes appelé aussi adoucissement.
    3. Doucine: Moulure à double courbure, concave en haut, convexe en bas. Cest un cavet raccordé à un quart de rond. Symétriquement renversée, elle se nomme: Talon.
    4. Bandeau: Moulure horizontale large peu saillante ; appelée anneau sur une colonne.
    5. Filet: Petite moulure plate accompagnant, ou en couronnant une plus grande synonyme de Listel
    6. Tore: Moulure convexe en demi-rond (appelé aussi boudin)
    7. Gorge: Moulure concave en demi-rond
    8. Scotie: Moulure concave reliant deux Tores

Liste d'inventaire

La Croix de L'Avotte (La Votte, Lavotte)

Croix de L'Avotte
  • Situation :

Sur la Place de la Libération, à gauche de la montée de la passerelle qui franchit la Meurthe à cet endroit.

  • Description:

La croix a été réalisée dans un grès jaunâtre; elle est fortement corrodée par le temps. Sa face avant était originalement tournée vers le chemin accédant à la passerelle. Sur un piédestal massif sélève une croix monolithique. Celui-ci, parallélépipédique, comporte sur lavant un cartouche carré surmonté dun demi cercle plus étroit. Le cartouche est souligné par un double trait gravé; aucun texte nest lisible. Le fût est un prisme de section octogonale se rétrécissant vers le haut et terminé par une croix latine aux branches très courtes. Lensemble est dune grande sobriété, dallure médiévale, gothique. Au centre de la traverse se trouve gravé le millésime.

1581

Chaque extrémité de la traverse possède une cavité rectangulaire ; la branche supérieure de la hampe possède sur larrière un curieux bossage ? La base du fût sélargit par un adoucissement de quatre angles sur huit au contact du piédestal. Aux quatre angles du fût, il se raccorde au piédestal, se trouve un bossage arrondi, vaguement en forme de demi sphère, très usé, quil nest plus possible didentifier.

  • Observations :

La maison contre laquelle cette croix était érigée a être reconstruite à la suite dun incendie. Le monument fut démonté et entreposé aux services techniques de la ville, il a été remonté dans le courant de lannée 2003 et implanté au milieu dun terre-plein créé spécialement. La face avant est tournée à présent vers la Place de la Libération. Le piédestal se trouve dorénavant hors sol.

Il sagit de la croix datée la plus ancienne de la ville. A cette époque de lédification de ce monument, il ny avait pas de passerelle ni de pont, et le franchissement de la Meurthe se faisait à gué, ou sur un ponton.

Sous loccupation romaine, (époque gallo-romaine) le village de La Neuveville nexistait pas encore. Une voie (bretelle de la voie Langres- Strasbourg ?) franchissait la Meurthe à cet endroit, le chemin arrivait sur la rive gauche en pente douce, franchissait le cours deau puis continuait vers le Nord par un tracé passant sous la côte, remontant la rive gauche de la Plaine recoupant ainsi la Via salinaria[7](liaison Lorraine-Alsace). La surélévation des berges à cet endroit date sans doute de lépoque du flottage du bois, le port était proche, et lendiguement des berges nécessaire.

Ce gué était donc important, dès lantiquité. Un article récent[8] semble établir que le franchissement de la Meurthe par la voie Langres-Strasbourg aurait pu se faire à cet endroit, plutôt que vers les Châtelles. Connaissant bien le terrain, cette hypothèse me paraît, bien plus vraisemblable.

En 1595, le village de La Neuveville situé sur le territoire appelé Ban de lAbbaye dEtival ne sétendait pas jusquà ce passage. Il ne comprenait alors que quelques maisons situées des deux côtés dune courte rue parallèle à la Meurthe, vers le seul pont existant. Peut-être le gué était-il encore utilisé ?

Le toponyme de «Avotte», «La Votte»… que lon trouve sur des cartes anciennes caractérise un lieu humide, marécageux. Sur la carte reproduite dans larticle de M. Cabasse[9] On peut voir le vocable « Avotte » situé sur la Plaine à sa confluence avec la Meurthe. Aucun document, aucune carte ne prouve que cette croix, à son origine, ait été implantée à cet endroit; elle a pu aussi être déplacée.

La grande croix « Notre Dame » que lon trouve dans le cimetière rive droite et qui date denviron 1600 possède elle aussi une colonne de section octogonale, forme géométrique couramment utilisée dans lart médiéval, gothique, et prérenaissant.

Il est remarquable que cette croix ait été préservée et quelle ait pu franchir sans dommage les destructions de la Guerre de Trente Ans et de la période révolutionnaire.

Récapitulation des données techniques
Hauteur socle Hauteur piédestal Hauteur fût+croix Hauteur totale Altitude Matériaux Époque
enterré
900 mm
1 930 mm
2 830 mm
284 m
Grès jaune
XVIes.

La Croix du Pâquis

  • Situation :

Sur la Place de la Libération, adossée contre langle nord de lancienne Usine Amos, devenu actuellement le magasin « Magasold »

  • Description :

Le monument est dans un état de dégradation avancée. La pierre utilisée, également un grès jaunâtre, est particulièrement poreuse, gélive et se délite facilement. La pollution atmosphérique joue également un rôle important sur ce type de roche. Le monument se compose dun appareil très classique. Un piédestal parallélépipédique sommaire est surmonté dune corniche rudimentaire, légèrement débordante au profil en doucine inversée, finissant par un bandeau. Le tout est très altéré, la face avant est de couleur vive ce qui prouve que lérosion de la pierre est toujours en cours. Au-dessus du piédestal sélève un fût prismatique de section rectangulaire surmontant une base et supportant dans sa partie haute un chapiteau. La base est quadrangulaire composée dun bandeau, suivi dune moulure en ½ rond. Le fût débute par quelques moulures : filet, gorge, listel, ½ rond. La face avant du fût est ornée de différents motifs. Dans la partie médiane se trouve un médaillon en mi-relief largement débordant, de forme ovale. Une épigraphe sy trouve gravée dans un cartouche en léger retrait. Le pourtour est souligné par une épaisse bordure.


O CRUX
AVE SPES
UNICA[10]

Ce médaillon est relié à la base du chapiteau par un motif traité en bas-relief représentant un entrelacs de cordelettes dont chaque extrémité est terminée par un gland. Sous le médaillon, un cartouche en retrait comprend un bas relief représentant le triangle divin[11] avec un œil au centre, le tout sur un fond rayonnant.

Croix du Pâquis

Le chapiteau comporte plusieurs moulures:listels, bandeau, filets, le tout est fortement endommagé. La croix latine récente, est en pierre blanche, avec un christ en bas relief ; la hampe et la traverse sont chanfreinées. Elle a remplacé la croix dorigine, détruite par la manœuvre dun camion, il y a une vingtaine dannées. Le responsable sest occupé de la réfection. Aucune date nest visible; peut-être se trouvait-elle sur le piédestal corrodé.

  • Observations :

Le style général de cette croix est semblable à celui de la croix du cimetière en rive gauche (1811), ou à celui de la croix Boura(1859, on peut la dater sans trop de risque derreur de la première moitié du XIXéme siècle.

Détail du Crucifix

Le Pâquis[12], toponyme encore couramment employé par les anciens habitants lorrain rappelle que la place de la Libération fut par le passé une pâture située à la confluence dun ruisseau descendant de la Haute Neuveville : le Bresselot[13], et du canal du Moulin dérivé à la Haute Neuveville depuis le ruisseau du Grandrupt[14]. Ce canal alimentait deux scieries à la Haute Neuveville puis, en aval, la retenue deau du moulin MELLEZ. Ce moulin se trouvait sur les terrains, dont M. Frédéric Amos se rendra acquéreur pour construire une usine de chaussons à partir de 1873. Le Moulin appartenait à une certaine Mme Mellez.
Ces deux rus confluent et se jettent dans la Meurthe à lAvotte; ils passent à présent sous la place. Cette croix se trouvait peut-être initialement non loin du moulin, une forte humidité environnante pourrait aussi expliquer létat de dégradation avancée de cette croix.
Le patronyme MELLEZest gravé sur le haut du médaillon. Sur le côté droit du fût quelques croix votives gravées (x4) ainsi quun autre patronyme abrégé : POIR ?

Récapitulation des données techniques
Hauteur socle Hauteur piédestal Hauteur fût Hauteur croix Hauteur totale Altitude Époque
néant
910 mm
1980 mm
850 mm
3740 mm
284 m
XIXes.

La Croix du Jubilé

Croix du Jubilé
  • Situation :

Après le passage à niveau, au sud de la ligne SNCF, près du carrefour de la route de Raon lÉtape à Rambervillers (rue Gl Sarrail) et la rue de la Grande Belle Orge.

  • Description :

Cette croix est taillée dans un grès jaune, très altéré par le temps. Du calvaire dorigine, qui était constitué dun appareil classique, seul reste le piédestal au 3/4 enterré, ainsi que le fût. Il serait opportun de dégager le piédestal pour le rendre visible. Un socle existe peut-être. Le piédestal est un parallélépipède simple comportant sur lavant un cartouche légèrement en retrait, rectangulaire aux quatre angles rentrants en quart de cercle. Lépaisse et très rustique corniche dont il est surmonté, sélargit par un profil appelée talon. Dans le prolongement vertical du fût, fixé sur larrière de la corniche, une croix latine en ciment moulée sans aucune fioriture; le chapiteau a disparu. La base du fût est constituée dun large bandeau surmonté dune moulure en tore, puis dun rétrécissement en doucine sur le fût. Sur lavant, la partie médiane du fût, comporte un cartouche en relief vers le bas et en retrait vers le haut. Il est de forme rectangulaire prolongé par un demi-cercle centré sur le haut et sur le bas. Il comporte une inscription simple gravée en lettres capitales.

JUBILÉ DE 1826

Une petite croix latine gravée, à une date ultérieure, se trouve en dessous du texte. La face avant du fût comporte un cartouche en retrait ou figure un bas relief représentant un assez joli motif finement stylisé dinspiration végétale. Ce qui reste du monument original a reçu des impacts de projectiles (balles, éclats dobus) sans doute lors des combats des 25, 26 août 1914 ; une compagnie du 21e Bataillon de chasseurs à pied[15], protégeait le long de la ligne de chemin de fer, la retraite du Bataillon vers la Chipotte.

  • Observations:
« On dira ce quon voudra, le jubilé se fera »[16]

Le Pape Léon XII qui vient de succéder à Pie VII, veut contrecarrer lesprit laïque Révolutionnaire (nous sommes encore proches du Ier Empire et de la Révolution) restaurer la foi et la religion, revenir au texte de la Bible latine et condamner les sociétés bibliques alors en plein essor.
Par la bulle du 3 mai 1824 il décide dune Année Sainte pour Rome. En 1825, Léon XII décide détendre ce Jubilé à toute la chrétienté et envoie cette bulle notamment aux Evêques de France sans la faire viser par le Roi, ce qui était contraire aux accords passés. Lordonnance royale autorisant la publication de la bulle ne sera délivrée quen 1826.
Ce « Jubilé de la Restauration » sera la seule Année Sainte du siècle. A cette occasion beaucoup de croix furent érigées par les paroissiens montrant ainsi leur attachement à lÉglise. On en rencontre dautres dans notre région.
Cette croix na pas été déplacée car elle se trouve signalée à cet endroit, sur le cadastre de La Neuveville de 1845, avant létablissement de la voie ferrée (1864) au carrefour de la route de Raon, Rambervillers, avec le chemin venant du Pâquis et celui montant vers la Hounotte. De plus, une petite portion de terrain, entourée de barrières, a été réservée sur lemprise de la SNCF.

Sur le cadastre de 1845, tout un espace au nord de cette croix portait le toponyme de: « à la Croix Jaune ».

Récapitulation des données techniques
Hauteur socle Hauteur piédestal Hauteur fût Hauteur croix Hauteur totale Altitude Pierre Époque
néant
420 mm
1260 mm
950 mm
2630 mm
291 m
Grès jaune
XIX{e}s.}

La Croix Hanry (Henry ?)

  • Situation :

A l'angle de la Rue Paul Langevin, (ancienne route dÉtival) et du chemin qui va vers le pont Bailey franchissant la Meurthe au terrain de camping, se dresse une croix en grès rose, encore en bon état. Elle est placée devant le pignon dune maison.

  • Description :

Sur un socle de grès repose le piédestal parallélépipédique plus haut que large. La pierre est de couleur très pâle. La corniche, simple et abîmée, qui le surmonte sélargit par une doucine. Sur lavant du piédestal, se trouve un cartouche rectangulaire échancré aux quatre angles en quart de cercle, simplement souligné dun trait gravé, sans aucune inscription ou motifs.

Croix Hanry

Au centre de la corniche sélève le fût en forme de pyramide tronquée de section rectangulaire commençant par une base presque cubique. Le raccordement de la base et du fût seffectue par une moulure en tore. La base possède sur lavant un cartouche rectangulaire traité légèrement en retrait et contenant une épigraphe dont le texte corrodé est difficilement lisible. Un trait gravé encadre le texte.


CETTE CROIX
A ETE POSEE PAR
M.CHARLOTTE
HANRY POUR
LE REPOS DE BL ?
FERRY SON EPOUX[17]

Un listel sépare le fût de la base. Au dessus de la base, un motif en bas-relief représente certains des instruments symbolisant la Passion : échelle, marteau, tenailles, linge. Un peu plus haut un second motif représente sur un fond de nuages rayonnants en bas-relief, trois têtes dangelots ailés, traités eux en demi-relief[18].

Détail du crucifix

Le haut du fût se termine par un tailloir, il est surmonté dun crucifix dont la hampe se rétrécit en congé. Le Christ sculpté en haut-relief est de belle facture, il est très travaillé avec un périzonium largement débordant du corps tenu par une cordelette. Les pieds sont croisés ; l'extrémité du pied droit a disparu. La tête du Christ est surmontée de la couronne d'épines. Le millésime «1804» est gravé sur le bas du crucifix. Sur le haut de la hampe se trouve sculpté en bas-relief un phylactère avec l'inscription latine "INRI"[19].

  • Observations:

Cette croix, comme beaucoup d'autres, a été reconstituée avec des éléments datant de différentes époques. Le socle, le piédestal sont taillés dans un grès fin de couleur pâle, tandis que la partie supérieure est en grès rouge. Le fût, ainsi que le crucifix de même style, sont datés (1804) ; cest donc la date de la réfection du monument. Le socle et le piédestal très sobres sont dun âge plus ancien. Marie Charlotte Henry a sans doute fait relever cette croix en mémoire de son mari Basile FERRY, cinq ans après le décès de celui-ci.

Cette croix a peut-être subi, comme nombre de ses semblables en rive droite, la fureur antireligieuse de lAn II de la République. Contrairement à Raon l'Étape, nous n'avons pas de documents écrits sur des destructions éventuelles dans le village de La Neuveville. Par contre plusieurs des croix de cette commune ont été réparées au début du XIXe siècle, mais rien ne prouve qu'il sagisse dactes organisés. Ce monument, malgré tout resté élégant et demanderait une protection périmétrique empêchant les véhicules de se garer trop près. Quelques plots de fonte ou quelques blocs de pierre devraient suffire.

Récapitulation des données techniques
Hauteur socle Hauteur piédestal Hauteur fût Hauteur croix Hauteur totale Altitude Pierre Époque
180 mm
950 mm
1470 mm
1160 mm
3760 mm
284 m
Grès rose
XVIIIe et XIXes.

La Croix Jean Rimbaut (Rimbault, Rebart...)

  • Situation:

La Croix Jean RIMBAUT, appelée encore Reimbart, Rebart… (suivant les différentes sources écrites) se dresse en rive droite de la Meurthe au carrefour formée par l'avenue du Gl de Gaulle et la rue de Viombois. A lépoque de son édification elle se trouvait sans doute isolée à ce carrefour entre la voie principale menant à Baccarat, Lunévilleet un chemin se dirigeant vers la « maladrie », ou « maladrerie ». En ce lieu, lors des épidémies, essentiellement de la peste, les malades incurables, étaient regroupés. On venait leur apporter quelques provisions, peu survivaient; aucun remède nexistait.

  • Description :
    Croix Jean Rimbaut

Le piédestal se trouve pris dans le muret qui entoure la propriété se trouvant dans la pointe de ce carrefour. Le muret a dailleurs été aligné à la hauteur du piédestal.

Cette "croix de chemin" est formée de deux parties d'âge différent. En effet la partie inférieure se compose d'un piédestal simple de forme parallélépipédique, légèrement pyramidal surmonté d'un tailloir massif taillé en biseau sur lavant et débordant largement, le tout dans un grès rose grossier. Ce piédestal repose sur un socle plus large, actuellement recouvert par le bitume, mais que l'on remarque sur d'anciennes photos. Sur la face avant une date semble avoir été gravée elle est à présent illisible.

Détail croisillon

La partie supérieure est une croix que l'on peut qualifier de «croix stèle» monolithique; elle débute par une base rectangulaire simple, se raccordant au fût par deux quarts de rond. Le fût de section rectangulaire se termine par une croix légèrement potencée; à l'intersection de la hampe et de la traverse se trouve une sculpture en haut-relief représentant deux têtes d'angelots ailés sur un fond de nuages rayonnants. Cette partie a été réalisée dans un grès pâle à grain fin. Il ny a aucune inscription ni date, des graffitis existent sur le haut du fût.

  • Observations :

On sait que cette croix fut détruite, comme la plupart de celles existant sur le territoire communal rive droite, en l'an II de la République (1794) sur ordre du Maire particulièrement zélé, Christophe Dussourd[20]. La partie supérieure, par la nature du motif, doit dater du XIXe siècle, tandis que le piédestal, sobre, plus «rural» est antérieur à la Révolution. Les archives communales notent en effet:

"Jean Rimbault fait élever une croix en pierre. Cette croix se trouve à l'extrémité de la ville vers Bertrichamps en 1550"

Dans un des deux mémoires (factures) daté du 27 Fructidor an II , présentés à la municipalité par Jean Baptiste Valentin[21], tailleur de pierre, recensant ses travaux de démolition des croix et emblèmes religieux, (an II de la République), il est noté entre autres:

"Avoir démolie celle dite « Champrébaze » sur la route de Lunéville pour dix livres..."

S'agit-il de cette croix ? Dans le mémoire aucune croix démolie ne porte le nom de «Reimbart» ou un nom approchant ; il est même fait mention d'une autre croix située également sur la route de Lunéville:

"Avoir otez celle qui étoit posée sur la route allant à Lunéville, pour quatre livres"

Un doute subsiste quant au nom exact de cette croix. Lors de la réparation du monument et de la pose de la nouvelle croix, deux broches métalliques ont été mises en place afin de renforcer la liaison entre les parties supérieure et inférieure.

Récapitulation des données techniques
Hauteur socle Hauteur piédestal Hauteur Croix stèle Hauteur totale Altitude Pierre Époque
enterré
1030 mm
1700 mm
2730 mm
288 m
Grès gris-rose
XVIIIe et XIXes.

La Croix Chapelier

  • Situation :
Croix Chapelier

Sur le côté gauche de la route montant vers la Criquette, dans le vallon appelé « la Maix » peu avant le café-restaurant. *Description: Cette ancienne croix rurale a sans nul doute été brisée comme les autres par Jean Baptiste Valentin; le fût et la croix ont disparu. Reste le piédestal grossièrement cubique, surmontée dun tailloir rudimentaire débordant, massif, sans aucune moulure. Lensemble repose sur un socle. La pierre utilisée est un grès grossier altéré par le temps, couvert de lichens. Lensemble indique une origine ancienne, ce qui se vérifiera plus loin. Un texte venant heureusement nous apporter des précisions. La base de lancien fût est toujours en place et forme à présent une sorte de dosseret. Pas de cartouche, ni de motifs, mais un texte gravé dans le bas de manière rudimentaire. Il est pratiquement illisible aujourdhui. Le patronyme paraît être CHARRIER, CHERRIER, CHARLIER, CHAPELIER ?

CET- CROIX
-ETE. –EP.
LA C ---ION
P-----
CH---IER
EN 1??5

Au centre, sur lancien abaque du piédestal, une croix en fer forgé y a été scellée. La hampe et la traverse sont confectionnées de 2 profilés en fer de section carrée, soudés entre eux. A chaque extrémité se trouve encore un rivet qui devait fixer un petit motif, peut-être une fleur comme on le voit souvent sur des crucifix de métal (roses stylisées?) dont il reste quelques morceaux à la pointe de la hampe. A lorigine un Christ, devait y être fixé. La base de la croix sélargit en une petite base comportant un léger renflement sur le dessus. Aux quatre angles intérieurs formés par la hampe et la traverse, se trouve une double volute légèrement asymétrique, en fer plat. Un petit médaillon en fer de forme ovale est fixé sur lavant de la partie inférieure de la hampe. Un texte y est gravé rappelant sans doute la date de la pose de cette croix.

22 Juillet 1899
  • Observations:

Auguste Mathieu, dans son manuscrit, nous apporte une précision:

« Il est probable que cest pour commémorer cette épidémie quun nommé Chapelier éleva une croix dans le vallon de la Maladrie (maladrerie) dans cette vallée étroite qui sétend vers la forêt les pestiférés de Raon la Tape[22] étaient séquestrés. »
« Jehan -t-ein mouri et let Maix » (Jean va-ten mourir à la Maix)

La Maix[23] est la dénomination du vallon de la Maladrie en 1617 (Pied terrier[24] C.C.) Au début du siècle dernier, lorsque A. Mathieu écrivait ses lignes, linscription devait être nettement plus lisible. Cette croix a donc été élevée peu après les épidémies, et abattue par Jean Baptiste Valentin en 1794:

«Avoir démolie celle dite à la Maladrie sur le chemin de Neufmaisons »

puis restaurée en 1899 sous la IIIe République par un inconnu.

En 1994, le piédestal de ce monument a été brisé verticalement en deux parties (accident de voiture, chute dun arbre, débardage ?) puis réparé par le Club Vosgien et les Services techniques de la Ville de Raon-l'Étape.

Récapitulation des données techniques
Hauteur socle Hauteur piédestal Hauteur Fût Hauteur Croix Hauteur totale Altitude Pierre Époque
100 mm
660 mm
disparu
670 mm
1430 mm
301 m
Grès rose
XVIIe et XIXes.

La Croix Blanche

  • Situation
Croix blanche

La croix se dresse au carrefour de la rue Stalingrad (route de Badonviller) et de la rue du Charmois dans un jardin privé. Une haie en bordure la rend à présent difficilement visible.

  • Description

Ce monument est entièrement taillé dans un grès blanchi et très altéré par le temps. Il repose sur un socle totalement enfoui. Le piédestal massif, parallélépipédique, est surmonté dune tailloir massif lui aussi et sans fioritures, débordant, sélargissant par en biseau et finissant en un épais bandeau, sans moulures. Langle gauche cassé du tailloir, a été réparé. Lensemble est dune facture très rustique. La face avant du piédestal est ornée dun cartouche en retrait dont les quatre angles sont échancrés en quart de cercle. Une inscription simple, deux initiales et le millésime, y sont gravés.

P.B.
1758

Sur larrière du tailloir se dresse une «croix stèle» dont la base sélargit en congé, formant une croix au fût très court comportant une niche à fond plat et au sommet arrondi. Celle-ci voit son pourtour souligné par un léger renflement. Une petite grille devait protéger la statuette d'un Saint, ou d'une Vierge; les quatre trous de fixation sont toujours visibles. La face avant de la base comporte un curieux cartouche circulaire trité en léger retrait sans inscription visible. Cette croix a peut-être été déplacée du croisement des anciennes voies, lorsque a été traçée la nouvelle route de Badonviller et l'aménagement du carrefour ont été réalisés. Mais aucun document ne le prouve. Elle ne figure pas sur le cadastre de 1846 de Raon, comme aucune des autres croix.

  • Remarques

Ce monument se trouvait à un croisement de voies importantes. Carrefour de la voie venant du Ban de Raon et partant vers Badonviller, et la voie allant vers Vèzeval (ancien village situé sur le ban du même nom ayant pour origine un ermitage de labbaye de Moyenmoutier détruit pendant la guerre de Trente Ans.) La croix cassée était de forme latine. Elle avait été posée sur le fût il y a encore une dizaine dannées, elle est à présent disparue ; la dégradation de ce monument est très avancée. Datant davant la Révolution, il a été relevé avec tous ses éléments à une date indéterminée, peut-être sous le Ier Empire, comme beaucoup dautres. « P » étant le prénom, « B » signifie peut-être « BLANCHE » nom de celui ou celle ayant fait ériger cette croix ? Dans notre région on nomme souvent les croix, les lieux, de cette façon : croix Bretzner, croix Boura, croix Brignon... Lorsquil sagit dun qualificatif, comme la couleur par exemple, celui-ci est placé devant le nom : le Rouge Vêtu, les Noirs Colas, les Rouges Eauxvieille influence sans doute, de la syntaxe de notre passé germanique. Jean Baptiste Valentin dans son mémoire, écrit:

« avoir détruit la Blanche Croix...et non la Croix Blanche

ce qui ferait pencher pour la 1ère solution. Cette croix est bien blanche dapparenceUne tradition orale dit aussi que cette croix était peinte en blanc. On peignait souvent les croix en grès ainsi que les linteaux et entourages de porte, de fenêtre, qui étaient aussi fait en grès. Sur la pierre, les traces de peinture demeurent généralement très longtemps, mais , je nen ai pas retrouvées. Remarquons également que cette pierre est très blanchâtre

  • Observations

On trouve un certain Pierre BLANCHARD (PB), le 30 décembre 1721 censier à la Trouche ; il avait 37 ans lors de lédification de ce monument. Des recoupements ultérieurs, la découverte dautres documents apporteront peut-être des éléments complémentaires.</brk>

Tableau récapitulatif
Hauteur socle enterré Hauteur piédestal Hauteur Croix stèle Hauteur totale Altitude Pierre Époque
630 mm
1140 mm
1400 mm
3170 mm
297 m
Grès blanchi
XVIIes.

La Croix de Vèzeval

  • Situation:

Sur la gauche de la route menant du carrefour de la Croix Blanche à la Trouche. La croix aurait été élevée sur lemplacement de lancienne église Saint Léger du village de Vèzeval (à lorigine un ermitage de lAbbaye de Moyenmoutier Xe siècle). Au cadastre le lieu-dit se nomme «lErmitage». Le hameau a été entièrement détruit pendant la guerre de Trente Ans. Vèzeval se trouvait en rive droite de la Plaine, au débouché de la voie venant de Lorraine et qui, traversant la rivière, coupait la voie de Langres à Strasbourg et continuait via Saales vers lAlsace.

  • Description:

Le monument est entièrement réalisé dans un grès rose. De bas en haut on peut voir : un socle composé de 2 dalles de grès superposées. Vient ensuite le piédestal lui-même, débutant par un petit piètement composé dun bandeau auquel succède un rétrécissement en biseau. Le piédestal est un parallélépipède dont les quatre faces sont galbées. Il se termine dans la partie haute par un évasement en biseau. Une corniche massive couronne le piédestal. Sobre, elle comprend de bas en haut : un élargissement en cavet, un large bandeau, puis elle se rétrécit par un autre cavet inversé.

Croix de Vèzeval

La colonne est portée par une base parallélépipédique composée de 2 bandeaux dont le second est très haut, surmontés dune moulure convexe en ½ rond. Le fût est un prisme cylindrique qui débute par un piétement à quatre faces se rétrécissant. Sur la face avant et au centre du piétement se trouve une petite niche à fond plat qui devait contenir la statuette dun saint. Deux trous de section carrée situés au dessus de cette niche indiquent quil existait à lorigine une protection (petite grille ou barreaux …) La colonne a un diamètre de 300 mm, elle samincit légèrement vers le haut se trouvent quelques moulures simples : un bandeau plat associé à un listel forment. Le chapiteau (ou le tailloir) est sans doute disparu. La croix qui surmonte le monument est sobre, petite, disproportionnée par rapport à celui-ci. Ce nest sans doute pas la croix taillée par François Yocom. Elle devait sans doute être plus travaillée, avec des dimensions plus importantes. L'actuelle est une croix latine avec pied, simple, sans Christ. Le haut de la hampe possède un phylactère comportant linscription INRI . Sur la face avant du piédestal une inscription est gravée.

FAITTET POSEZ
PAR F. YOCOM
TAILLEUR DE
PIERR DANS
SON VIVA EN 1823 AGE
DE 46 ANS POSE
ALINTENTION
DE LENCIENNE
EGLISSE DE VEUZE
VALLE
  • Observations:

A son emplacement existait avant la Révolution une autre croix, commémorative, détruite par Jean Baptiste Valentin et dont il ne reste rien. François Yocom a peut-être repris le texte qui se trouvait sur celle-ci en ce qui concerne « l'ancienne église de Vèzeval» ? Cette croix commémorative est unique, par son style, sur le territoire la commune de Raon l'Etape et dans les environs immédiats: un piédestal convexe sur ses 4 faces, ainsi quun fût constitué dune colonne avec niche. En revanche, linscription gravée, simple, rudimentaire, sans cartouche, dénote par rapport à l'ensemble. La famille YOCOM est originaire du Tyrol ; un ancêtre Hans YOCOM baptisé à Missich en 1654 est arrivé à La Neuveville comme tailleur de pierres. Il a sans doute fait partie de ces populations immigrantes appelées sous Louis XIV et le Duc Henry IV à repeupler la Lorraine dévastée par la guerre de Trente Ans et les épidémies. Il sest marié en 1689 ou 1690 avec Marguerite MAUBRE. Il est décédé en 1710. Dans sa descendance on trouve des maçons tailleurs de pierres, dont un François YOCOM baptisé en 1776 et décédé en 1843 à Raon lEtape. Il sagit sans doute du sculpteur auteur de la Croix de Vèzeval ; en 1823 il avait 46 ans.

Tableau récapitulatif
Hauteur socle Hauteur piédestal Hauteur Fût Hauteur Croix Hauteur totale Altitude Pierre Époque
200 mm
1280 mm
1650 mm
800 mm
3980 mm
293 m
Grès rose
XVIIIes.

La Croix Boura

  • Situation:

En rive gauche du ruisseau du Charmois, dans les marais ensablés, créés par le cours deau. Un ancien chemin dexploitation venant du Banbois (Bois du Ban) passe à gué rejoignant une ancienne voie venant de la «Chapelle du Bon Dieu». La croix a été élevée à ce carrefour. A la limite des communes de Raon lÉtape (88) et Neufmaisons (54).

  • Description: (état en 1996)

Lensemble du monument est taillé dans un grès de couleur blanchâtre. Lappareil est très géométrique, taillé finement. La croix a disparu de longue date, il reste en place le socle comportant trois degrés sur lequel repose un piédestal parallélépipédique (600x510x630 mm) Sur la face avant un texte y est gravé, difficilement lisible aujourdhui.

IL EMPORTE -- --- REGRETS
DES PERSONNES
(QUI ?) LONT CONNUS


Croix Boura

Le piédestal est surmonté dune corniche (760x720x130 mm) composée de bas en haut dun bandeau étroit, dune doucine inversée, puis dun second bandeau plus large. Le fût de section rectangulaire (340x330 mm) débute par une base surmontée dune gorge fine, dune moulure convexe en ½ rond, puis dun listel suivi dun léger rétrécissement. Le fût est un prisme légèrement pyramidal, se terminant dans sa partie haute par un listel, surmonté dun chapiteau simple (ou tailloir) composé dun cavet et dun bandeau. Demeure au centre du chapiteau, la broche de fixation verticale en métal, sur laquelle venait se placer la croix. Sur la face avant du fût se trouve un médaillon rectangulaire imposant et débordant en largeur. Des entrelacs de ruban gaufré, sculptés finement en bas-relief relient ce médaillon à la moulure supérieure. Au centre de celui-ci se trouve un cartouche rectangulaire souligné dans son pourtour par une fine moulure convexe. Au centre une épigraphe y est gravée.

CE MONUMENT
RAPELE
LA MORT SUBITE
DE CPHE BOURA
DU 30 XII 1859
AGE DE 39 ANS
  • Observations:

Il sagit sans doute de Christophe Boura en 1820, père de Clément Boura en 1840 à Angomont. Cest donc une croix commémorative, élevée sur lemplacement cette personne est décédée. Ce monument sest hélas, effondré. Le fût est à présent tombé, fracturé en deux parties, seul le piédestal (avec la base du fût) est encore en place. Il est encore possible de relever ce qui reste, mais il y a urgence car lhumidité du lieu ne se prête pas à une bonne conservation des éléments à terre.

Etat Actuel (2005)
Récapitulation des données techniques
Hauteur Socle
Hauteur Piédestal
Hauteur Fût
Hauteur Croix stèle
Hauteur Totale
Altitude
Pierre
Époque
400 mm
730 mm
1380 mm
néant mm
2510 mm
311 m
Grès fin
XIXes.

La Croix Bretzner

  • Situation:

A droite sur la D53 (Avenue du 21e BCP) en direction de Celles-sur-Plaine, 100 m après le magasin Leclerc, ou se trouvait lentrée des anciennes casernes du 21e BCP.

  • Description:
Croix Bretzner

Hormis la croix en fer forgé, lensemble du monument est taillé dans une pierre grise, blanchâtre, sans doute un grès à grain très fin. Le piédestal parallélépipédique, sans ornementation, est posé sur un socle composé dune dalle lourde et épaisse. Ce piédestal est surmonté dune corniche débordante sélargissant par quelques moulures: cavet, listel, doucine et bandeau. Sur la face avant se trouve un texte en lettres capitales profondément gravé.

CETTE CROIX
A ETE POSEE PAR LES SOINS DE
CHARLES BRETZNER
ET DE
CATHERINE HACQUART
SON EPOUSE
EN LAN DE GRACE 1804

Le pilier ou fût, de style classique sélève au centre de la corniche ; cest un prisme de section carrée, nettement pyramidal, aux quatre faces lisses, sans ornementation. Il est surmonté dun chapiteau imposant et fortement mouluré. Se succèdent de haut en bas : un listel, une moulure convexe en ½ rond, un bandeau sélargissant en congé, deux listels, un élargissement en ¼ de rond, un bandeau étroit, une doucine et un filet. Ce chapiteau est profondément fendu verticalement et un angle est prêt à tomber. La croix métallique est un crucifix imposant (H =1400 mm). La hampe verticale et la traverse sont ajourées et constituées de profilés en fer de section carrée formant le cadre de la croix. A chaque extrémité des branches supérieures se trouve soudé un ½ cercle en tôle. La hampe et la traverse sont traversées dun bout à lautre par un motif fait de perles métalliques disposées régulièrement sur un fer rond. A chaque angle intérieur de la croix un motif en forme de cœur, en tôle, y est fixé. Le Christ est en métal moulé, le périzonium largement débordant. La tête est fortement inclinée vers la droite, les bras sont étirés presque à la verticale, les mains «clouées» sur la traverse. Les deux pieds reposent côte à côte sur une tablette de métal ; en dessous se trouve une jolie rose avec une tige fixée sur le bas de la hampe. Le pied de la croix est un feuillard plat, épais, scellé au centre du chapiteau. Quatre doubles volutes asymétriques verticales et inversées, en fer plat, scellées sur le chapiteau et formant un angle de 90° lune par rapport à lautre, entourent et renforcent le pied.

  • Observations

Ce monument est dun style très sobre et aux lignes géométriques, assez représentatif du style du Ier Empire. Cest une croix de dévotion ou votive, coûtant déjà un certain prix car réalisée par un sculpteur professionnel. Les croix métalliques commençaient à se répandre à cette époque. Le chapiteau nécessiterait une intervention rapide car il est très endommagé, le reste du monument est en bon état. La croix métallique nécessiterait un décapage suivi dune remise en peinture. Charles BRETZNER et Catherine HACQUART tenaient un commerce à Raon ; leur tombe se trouve au cimetière de la Haute Chapelle. Sur le cadastre le secteur porte le nom de «La croix Bretzner»

Récapitulation des données techniques
Hauteur Socle
Hauteur Piédestal
Hauteur Fût
Hauteur Croix stèle
Hauteur Totale
Altitude
Pierre
Époque
200 mm
1000 mm
1900 mm
1400 mm
4500 mm
296 m
Grès fin
XIXes.

La Croix de la Poterie

  • Situation:
Croix et Fût

Cette croix sélève dans la pointe dune propriété située à lembranchement des routes menant à Saint-Blaise (ancienne route de Saint-Dié) et de celle menant à Chavré. «La Poterie» est le toponyme de cet endroit. (carte IGN de 1966).

  • Description:

Le piédestal parallélépipédique voit sa face avant ornée de trois cartouches emboîtés les uns dans les autres; de lextérieur vers lintérieur : un premier rectangle souligné dun trait gravé ; un deuxième rectangle gravé vient entourer de près le cartouche central, les deux cotés verticaux se confondant. Le cartouche central est formé dun rectangle possédant deux demi-cercles accolés en haut et en bas, sans texte apparent. Il est traité en léger bas-relief. Les quatre angles du cartouche intérieur sont ornés dun motif en courbe concave puis convexe (doucine) les raccordant au rectangle extérieur. Cette croix peut être datée du XVIIIe siècle. Aucune date nest visible. Le piédestal est surmonté dune corniche largement débordante, composée dun large bandeau, surmonté dune doucine. Sur celui-ci sélève le fût commençant par une base quadrangulaire surmontée dune moulure convexe en ½ rond puis dun filet. Sur lavant de la base, un cartouche rectangulaire souligné par un cadre gravé ; à lintérieur une épigraphe y est inscrite:

CETTE CROIX A
ETEZ RELEVEE
PAR Me CATHE
RINE MICHEL
ET Me THERESSE
BIRKER X.I.B.M.

Le fût est un prisme de section rectangulaire samincissant vers le haut. Dans le tiers inférieur un cerclage en feuillard métallique a été posé pour le renforcer. Au centre, un motif traité en bas-relief symbolise les instruments de la Passion : marteau et tenailles croisées sur une échelle, avec un linge posé sur un barreau de celle-ci. Un rameau dolivier vertical sentrelace dans cet ensemble. Le tout est relié par un entrelacs de ruban gaufré.

Détails du bas-relief de la Croix et du Fût

Le crucifix qui surmonte le fût a été réparé ; un chapiteau existait peut-être originellement. Le Christ est sculpté en haut relief, les bras étirés presque à lhorizontale ont été réparés. Les pieds sont croisés. Les reins sont ceints dun linge (périzonium). La tête, assez expressive, porte une longue chevelure et une barbe courte. Le tout est dune facture assez archaïque. Les extrémités du croisillon sélargissent par deux filets carrés (croix potencée). Linscription latine INRI figure sur un phylactère en haut de la hampe. Plusieurs variétés de grès sont utilisées, ce qui prouve la réparation de cette croix. Le piédestal avec sa corniche, ainsi que la croix sont dans un grès très clair, éléments provenant sûrement de la croix originale datant davant la Révolution. Le fût, sans chapiteau, en grès rouge a été refait lors du relèvement.

  • Observations:

Jean Baptiste Valentin, a abattu cette croix en 1794 , Elle a été relevée par Mmes Michel et Birker comme lindique lépigraphe, sans doute au début du XIXe siècle. En 1939 elle était toujours en place car Jean Marie Janot en parle dans sa monographie . Cette croix, retrouvée brisée dans le caniveau de la route, a été une seconde fois réparée et remontée par les soins de Mr et Mme CHIRON lors de la construction de leur maison. Ils la connaissaient sous le nom de «Croix des Compagnons». Le monument apparaît sur le cadastre de 1846, sur le côté gauche de lancienne route de Saint-Dié, quelque 30 m plus loin.

Récapitulation des données techniques
Hauteur Socle
Hauteur Piédestal
Hauteur Fût
Hauteur Croix stèle
Hauteur Totale
Altitude
Pierre
Époque
200 mm
1000 mm
1900 mm
1400 mm
3170 mm
296 m
Grès Fin
XIXes.


La Croix du Cimetière de l'ancien Village de La Neuveville[25]

  • Situation:
    Croix du cimetière Rive gauche

Cette croix se trouve dans le cimetière rive gauche de Raon lÉtape, ancien village de la Neuveville. Elle se dresse face à lentrée principale. A lorigine le cimetière se trouvait derrière léglise saint Georges; en application de lordonnance du 9 avril 1823 (Louis XVIII) il fut déménagé du centre du village pour cet endroit situé, à cette époque à lextérieur du bourg. La croix étant de 1811 on peut donc supposer quelle provient de lancien cimetière.

  • Description:

La face avant du piédestal parallélépipédique, est ornée de deux cartouches emboîtés ; de lextérieur vers lintérieur : un rectangle simple légèrement en retrait, un deuxième rectangle sinscrit à lintérieur du premier. Le cartouche central est formé dun rectangle aux deux angles supérieurs échancrés en quart de cercles, sans texte apparent. Une lourde et sobre corniche épaisse va en sélargissant par une doucine classique.

Au centre de cette tablette sélève un fût, prisme de section carrée qui samincit vers le haut et comporte une base parallélépipédique surmontée dune série de moulures classiques ; de succèdent de bas en haut : tore, filet, cavet, filet, tore.

Détail Médaillon


La face avant de ce fût possède sur toute sa hauteur un cartouche en retrait terminé dans le haut par un demi cercle concave. Deux motifs en relief viennent enjoliver ce fût. Au-dessus de la base du fût le premier motif est un bas-relief très stylisé composé dune feuille dacanthe enroulée et surmontée verticalement de trois palmettes superposées sur le même axe. Une sorte de cadre en relief, de forme géométrique, entoure la moitié inférieure de ce bas-relief.
Dans le milieu, se trouve un médaillon en demi-relief, ovale et débordant dans sa largeur. Celui-ci possède un cartouche ovale en léger retrait, souligné à lintérieur par un listel en demi-rond. Au centre, un texte y est gravé.


PRIEZ
POUR LES
TRÉPASSÉS
1811

Les mots « PRIEZ » et « POUR » ont disparu, emportés par des impacts de balles, ou des éclats dobus . Le médaillon se trouve relié au tailloir par un entrelacs de ruban gaufré Un filet associé à un ½ rond termine le fût et souligne le tailloir. Celui-ci est lui-même composé dune succession de moulures : filet, deux quarts de rond superposés, bandeau étroit.

La croix posée sur le chapiteau est une croix latine potencée. Elle semble plus récente que le monument lui-même. Plus haute que large, lextrémité des trois branches se termine par un élargissement mouluré. Un bossage termine chacune delles. La base de la hampe sélargit en congé. Un Christ en fonte moulé est fixé sur la croix. Le bandeau «INRI », également en fonte, est posé sur le haut de la hampe.

Meneau d'entrée
  • Observations Complémentaires:

Les deux meneaux qui encadrent le portail dentrée du cimetière sont très intéressants. Très large (600 mm) leur pourtour est souligné par une bordure moulurée. Les deux meneaux symétriques possèdent des sculptures traitées en demi-relief à vocation symbolique. Chaque meneau est surmonté dun demi-cercle symbolisant le ciel ; en dessous un sablier ailé rappelle le temps qui senfuit, (memento mori). Les deux flambeaux, flammes vers le bas : symbolisent la possibilité, lattente dune autre vie. La flamme dressée est toujours, du moins en Occident, un symbole de vie.

Récapitulation des données techniques
Hauteur Socle
Hauteur Piédestal
Hauteur Fût
Hauteur Croix
Hauteur Totale
Altitude
Pierre
Époque
100 mm
910 mm
2140 mm
1100 mm
4250 mm
290 m
Grès jaune
XIXes.

La Croix monumentale de l'ancien cimetière Notre Dame

Croix monumentale

Cette croix, monumentale, d'une hauteur totale de 4,20 m avec le socle, se trouvait à l'origine dans le cimetière de la Chapelle Notre-Dame, attenant à l'hôpital du même nom. Ce dernier existait depuis le Moyen Âge, hors les murs de la ville de Raon. L'hôpital, la chapelle et le cimetière se trouvaient dans le territoire limité par la boucle que fait la rivière la Plaine avant sa confluence avec la Meurthe, à lemplacement seront construites, seront édifiées vers 1830, les écoles de garçons. Dans ce même espace, il existait également un couvent, tenu par des Cordeliers. XVe siècle.

LEnvironnement historique

  • Une charte du Moyen-Âge

Dans une charte datée de 1279 et signée conjointement entre le Duc de Lorraine Ferry III et Alexandre abbé de Moyenmoutier; dans ce document, une phrase fait déjà mention d'un hôpital:

« ...la maison de Ravon entièrement, les jardins et les meises et le propris et l'ospitaul de Ravon, le clos et le siège dou leu entièrement…»

Dans cet acte, d'une grande importance pour l'avenir de Raon, le Duc et l'Abbé créent une seigneurie en indivision. La ville appartient pour moitié aux deux signataires, chacun désignant pour un an, et à tour de rôle, le maire et les institutions de justice.
Au Duc de Lorraine le Château de Beauregard, qui devient propriété du duché, le droit de pâturage sur toutes les terres du Ban de La Neuveville, le droit d'usage dans les bois du Ban pour l'entretien du château, des "fauchées de pré" mais après le prélèvement de celles dues à l'Abbé. Le Duc devient ainsi l'avoué du Ban de Raon, en plus des avoueries du Ban de Vèzeval et du Ban d'Étival...
Quant au monastère de Moyenmoutier, il garde le village de Vèzezal, les vallées, le droit de pâturage pour les bovins et les porcs, ainsi que le droit d'usage dans les bois du Ban, et des « fauchées »...L'abbaye a bien entendu l'autorité spirituelle, et s'occupe de l'église, de la chapelle du château, elle en touche les droits et les dîmes et garde dans la ville une maison, les jardins et les enclos ainsi que l'hôpital :

Aucun autre document (connu à ce jour) ne vient apporter de précisions supplémentaires concernant cet hôpital, avant 1436. Il semblerait que cet édifice ait disparu au cours du XVIe siècle ou ait été abandonné ou détruit. Une période de peste et de famine règne jusqu'au milieu du siècle. Un conflit oppose l'évêque de Metz, Adhémar et le Duc de Lorraine Raoul, la conséquence est que chaque partie s'efforce de ravager les territoires de l'autre. Une bataille oppose les armées des deux seigneurs près de Bertrichamps. Les constructions situées hors l'enceinte de la ville ont pu souffrir de ce conflit.

  • Amincus de Sprès : création de la Chapelle Notre Dame et dun cimetière

En 1433, deux femmes de Raon rétablissent cet hôpital. L'Abbé nomme Amincus de Sprès à la tête de l'établissement. Celui-ci crée une chapelle Notre-Dame ainsi qu'un cimetière. L'hôpital, la chapelle, ainsi que le cimetière sont respectivement approuvés, consacrés et bénis par une bulle du Pape Eugène IV le 9 mars 1437.
Le Duc de Lorraine René 1er ou (René d'Anjou), dans «le Règlement pour les Hôpitaux de Lorraine», daté du 28 juin 1438, parle de lHôpital de Ravon, lui donnant:
« ...un demi muid de sel le prendre et avoir chacun an à toujours mais perpétuellement en nos salines de Dieuze ».
Ainsi le cimetière Notre-Dame existe, et sans doute, comme le veut la coutume religieuse, une grande croix est érigée, a une date indéterminée, au milieu des sépultures. Une autre question est de savoir sil sagît de la croix que nous pouvons encore contempler aujourdhui.
Voyons les causes qui concourent pour une origine plus récente, car deux périodes de lhistoire de la ville vont être fatales à bien des constructions, et notamment à ce qui se rapporte à lÉglise, ses emblèmes et à son patrimoine. La ville vit alors une période de prospérité économique : développement des métiers liées à l'exploitation du bois : bûcheronnage, sciage, flottage du bois sur la Meurthe et ses affluents; création de métiers, dateliers : four, moulin banal, un battant à écorces[26], verrerie, un foulant ou moulin foulon), brasserie... La taxation (la Tappe) des produits de commerce qui transitent par Raon rapporte beaucoup dargent. Raon devient une ville prospère, bourgeoise.

  • La Guerre de Trente Ans

Toute cette activité florissante va malheureusement, en quelques décennies, se trouver totalement réduite à néant. Les populations de La Neuveville et de Raon vont pratiquement disparaître. Le village de Vèzeval, dont lorigine est antérieure à Raon, sera ruiné et jamais rebâti.

A partir de 1618 commence ce que lon a appelé la Guerre de Trente Ans. Ce conflit, au départ dordre religieux, suite à la réforme protestante, va enflammer les états germaniques. Il dégénère vite en conflits politiques et va petit à petit gagner toute lEurope. Autriche, Hongrie, Bavière, Palatinat, Saxe, Danemark, Pays-Bas et Provinces Espagnoles, Suède, et pour finir la France vont se trouver entraînés dans cette guerre, chacun y voyant ses intérêts. Le Duché de Lorraine, depuis 962 est fief du St Empire, en 1048 avec Gérard dAlsace, il devient Duché héréditaire. Il est en conflit régulier avec le Royaume de France qui aimerait créer un passage libre vers le Rhin. Les Ducs se considèrent comme Princes du Saint Empire. Charles IV soutient lEmpereur germanique. A partir de 1631 les Français occupent la Lorraine de manière permanente.
En 1635 la région de "Ravon" est tour à tour occupée par les troupes suédoises et françaises. Une bataille se déroule même sous les murs de la ville en 1636. Un malheur narrivant jamais seul, sur une population affaiblie, affamée, plusieurs épidémies de peste viennent s'ajouter à ce triste cortège. Le constat est lourd en pertes humaines et en destruction. Chacun des belligérants détruisant tout ce qu'il peut sur son passage pour ne rien laisser à son ennemi. Cest la politique de la «terre brûlée».

Les terribles bandes de la Guerre de Trente Ans vivent sur le pays et le mettent à sac, les Français et leurs alliés les Suédois, aussi bien que les soldats lorrains eux-mêmes. Le pillage, la débauche, sont les récompenses de la bataille, tous les excès sont tolérés.»

Dans cette tourmente l'hôpital disparaît définitivement, la chapelle et le cimetière sont détruits. Le château de Beauregard est brûlé, ainsi que les industries et les principaux commerces. Il parait très difficile de croire que cette grande croix, un emblème religieux de cette taille, en soit sortie indemne... On peut bien sûr supposer qu'elle fut abattue et les morceaux récupérés et remontés ultérieurement. Mais cette croix, assemblage de plusieurs parties, est intacte. Une chute brutale laurait fracturée en de multiples morceaux inégaux. Lexamen actuel ne montre rien de tel. Aurait-t-elle été démontée et cachée, en attendant des jours meilleurs ?

En 1697 au Traité de Ryswick la Lorraine redevient indépendante et Léopold[27] en devient le Duc. entre 1733 et 1736 la France occupe de nouveau la Lorraine. Stanislas Leszcynski devient Duc de Lorraine en 1737, tandis que Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière en est le chancelier et le garde des sceaux. A la mort de Stanislas le rattachement de la Lorraine, et du Barrois à la France est définitive.

Raon va retrouver une ère de prospérité. Avec un repeuplement, commencé sous Louis XIV (en favorisant limmigration dartisans, de métiers en rapport avec le bâtiment) un programme de grands travaux (routes, ponts, reconstruction des villages et des bourgs...) mené de front avec un allégement des impôts, vont permettre au commerce de reprendre assez rapidement, et à Raon, de renaître. Toute cette "réanimation" de la région va continuer une fois la Lorraine rattachée définitivement à la France. Que deviennent le cimetière et la chapelle Notre Dame ?
En 1716, Didier BUGNON, géographe du Duc Léopold parcourt la Lorraine et dresse les plans des villes principales. De Raon il ne fait que quelques relevés rapides, mais néanmoins suffisant pour se faire une représentation de la ville et de ses fortifications. Sur ce plan léglise Notre Dame entouré de son cimetière apparaît.

En 1729, sous Léopold 1er, la réfection de léglise Notre Dame est entreprise à la place de celle demandée pour léglise St Luc qui se trouve, elle, dans la ville (accolée à lHôtel de Ville). Refonte est faite des trois cloches ainsi que lachat dune quatrième. Léglise est dotée dune tour de 2,60 m x 2,60 m et d'une hauteur de 2,50 m , elle-même surmontée dune flèche de 6,00 m de hauteur. La croix du cimetière aurait-elle été commandée à ce moment- ? Aucun texte connu à ce jour ne le mentionne.
Sur le cadastre de 1766 léglise et le cimetière figurent en bonne et due place. La Révolution est proche, et même si pour Raon les événements ne furent pas très violents, cette période fut importante pour l'histoire des croix et des emblèmes religieux de notre cité.

  • La Révolution Française

17 Brumaire An II de la République suite à larrêté (pris à Strasbourg, par les représentants du peuple) précisant entre autres, que « tout signe extérieur dopinions religieuses quelconques disparaîtraient des rues, des places et des chemins publiques », Christophe Dussourd, alors maire de Raon, sempresse dordonner la destruction des croix de chemin ainsi que des armoiries de lHôtel de ville, de l'aigle et de la couronne situés sur la grande fontaine, enfin de tout ce qui peut rappeler aux citoyens, l'ancien régime et surtout la religion. La liste de ces destructions, confiées à un maçon, Jean Baptiste Valentin a été conservée dans les archives communales; c'est un mémoire, une facture adressée à la commune de Raon. Aucune mention n'est faite au sujet de cette grande croix.

La plupart des croix démolies, furent relevées ultérieurement, une fois les passions retombées. Dans le cimetière Notre-Dame, 40 petites croix furent détruites.

«De plus avoir arrachés quarante petites croix en pierres dans le cimetière de Raon à vingt sous l'une fait somme de quarante livres».

Il s'agit, sans erreur possible de croix de sépultures. Ce Christ en croix aurait donc, pour des raisons inconnues été épargné ? Je pense qu'il devait être tentant d'abattre cette croix monumentale et de facturer au juste prix, sans nul doute plus de 20 sous !

Raymond Picard[28] dit:

«...épargnée au moment de la destruction des croix en l'An II de la République,...»

Sur quoi se fonde-t-il ? Sans doute tire-t-il également sa conclusion de la lecture du mémoire du citoyen Jean Baptiste Valentin qui nen fait pas mention, et de l'examen du monument qui ne montre pas de traces de fractures, hormis celles dues du temps ?

LAn IV, suite à la loi du 7 vendémiaire, dautres destructions ont lieu : ainsi disparaissent la chapelle sainte Barbe et celle de saint Quirin, toutes deux situées sur la route de Saint Dié, puis léglise Notre-Dame. Ne reste plus alors que le cimetière entourant lédifice.

  • Du début du XIXesiècle à nos jours.

Une nouvelle église est construite en 1832. En 1822 le conseil municipal décide de choisir un autre emplacement pour le cimetière de la ville, le cimetière Notre-Dame devenant trop exigu. Une parcelle est achetée lieu-dit « la Haute Chapelle » se trouvait la Chapelle Saint Quirin. Le déménagement a lieu en 1827. Enfin une certitude ! Cette croix a été photographiée dans le nouveau cimetière. Louis Sadoul, écrit:

«Cette église, fort ancienne, fut démolie à la fin du XVIIIe siècle et remplacée par une chapelle qui disparut à son tour, quand on supprima le cimetière Notre-dame et quon transporta en 1827, les ossements dans le cimetière actuel, ainsi que la vieille croix que lon voit encore au cimetière entre deux thuyas. »

Depuis cette date, on peut admirer cette « Croix monumentale» qui se trouve dans le cimetière Rive Droite, sur la droite en remontant depuis l'entrée principale. Pourquoi na-t-on pas replacé cette magnifique croix au centre du nouveau cimetière ? Sans doute la municipalité de cette époque voulait-elle une croix plus «moderne». Une délibération du conseil municipal de Raon lÉtape du 17 août 1828 autorisait la pose dune nouvelle grande croix. Elle est toujours en place dans l'allée centrale, elle n'a aucun intérêt artistique.

Description de la Croix

Cotes générales
  • Les cotes de la Grande Croix (en mm)

Ce grand crucifix est un assemblage fait de diverses parties ; il a sans doute été fabriqué non loin du lieu dextraction de la matière première, (pierre calcaire), puis transporté et assemblé sur le lieu de son implantation : le cimetière Notre Dame. Dautres croix de ce style artistique et de ce construction) doivent sans doute exister par ailleurs. Il sagit dune technique très élaborée, nayant rien à voir avec nos croix rurales.

Composition du monument de bas en haut
  • Le socle: largeur = 700 mm - hauteur = 600 mm

Cette masse imite la rocaille ? Avec deux crânes sculptées une vers lavant, lautre située sur le côté gauche). Également deux «tibias». Ce symbolisme peut représenter: le mont Golgotha , lieu dexécution utilisé par les Romains et avaient lieu à Jérusalem les crucifixions, qui étaient la forme d'exécution utilisées par l'autorité romaine pour les condamnés à mort. Mais également le royaume des morts

  • Le piédestal: (ou plutôt la base du fût)

Celui-ci est court (hauteur = 300 mm), mouluré, commençant par un bandeau (hauteur = 120 mm) surmonté dune gorge, se rétrécissant par un congé. Une moulure vient souligner le haut de cette partie. Quatre agrafes de fer, une sur chaque face, rattachent le piédestal au socle.

  • Le fût: ou (hampe), vertical prismatique, régulier de section octogonale, forme géométrique très employée depuis lépoque gothique.

Il est lui-même divisé en trois parties:

    • Le tronçon inférieur: (hauteur = 1200 mm):

Celui-ci commence par une série de moulures. Aux quatre angles de cette base (H : 300 mm) un motif sculpté en « cul de lampe » inversé. Le fût se prolonge sans aucun motif. Dans la partie terminale, un motif est sculpté à chaque angle avant de la colonne.

    • le tronçon central: (hauteur = 1200 mm):

Cest la partie la plus ouvragée puisquelle comprend le corps du Christ (des pieds jusqu'à la tête) sculpté en haut-relief, formant un seul volume avec la hampe, le tronc en largeur étant limité aux épaules. La tête est volumineuse par rapport au reste du corps. Le corps est maigre. La poitrine est marquée par le relief du diaphragme ; sur le côté droit du torse, la cicatrice du « coup de lance » donné par le soldat romain. (évoqué dans les Évangiles).
Les deux pieds croisés sont « cloués » sur le fût vertical par un clou en fer forgé, pied droit sur pied gauche.

    • le tronçon supérieur: (hauteur = 700 mm):

Cest un prisme octogonal prolongeant et terminant la hampe de la croix. Sur la face avant un bandeau disposé en diagonale, en haut-relief (le phylactère), porte gravé les 4 lettres « INRI ».

  • La branche transversale (ou traverse):

Cest également un prisme octogonal (largeur = 1550 mm). Chaque côté, droit et gauche comporte lavant bras et le bras se raccordant aux niveaux des épaules du corps du Christ. La pièce horizontale se raccorde avec le fût dans un assemblage de type tenon-mortaise tout a fait particulier. Chaque main est transpercée par un long clou, une broche, en fer forgé.

Conclusion
  • Classement au titre du Patrimoine historique

Il s'agit d'une œuvre réalisée par un artiste ; bien loin des représentations habituelles : croix des chemins, croix rurales que l'on peut voir dans la région ; et qui sont taillées dans du grès. La pierre dans laquelle est sculptée cette crucifixion, ne semble pas être locale. Daprès un morceau détaché du fût vertical (sans doute par cryoclastie) que jai recueilli, il sagit de calcaire. Une analyse de cet échantillon par un géologue permettrait de déterminer la provenance exacte de ce calcaire, et par , la carrière d' il a pu être extrait. Ce monument est fissuré à plusieurs endroits ; notamment au niveau des agrafes métalliques qui relient les divers tronçons, et il serait grand temps de le renforcer. De plus, des lichens crustacés couvrent une grande partie de la surface des éléments, fragilisant la pierre.

Au sujet de l'intérêt que représente cette croix monumentale.

Je cite, M. Daniel Sautai Conservateur Régional des Monuments Historiques dans un courrier adressé à M. Blanc, Architecte des Bâtiments de France en 1998 :

«La croix est intéressante pour son fût octogonal aux congés et culs de lampe prismatiques qui rappelle lart de la première moitié du XVI° siècle. Mais le socle avec les crânes et le piédestal avec sa mouluration (….) paraissent plutôt référer à la fin du XVIe siècle, ou au début du XVIIe siècle»

«une protection au titre des objets serait une solution plutôt satisfaisante»

La Réunion de la Délégation Permanente de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites a eu lieu, à Metz, le 25 janvier 2007. La réponse est attendue. Cette croix fait partie du patrimoine historique, religieux de notre ville; de par son style, son histoire, elle doit être classée et restaurée, méritant dêtre connue des Raonnais, des touristes de passage et des amateurs dart. Suite à une délibération du conseil municipal de Raon l'Étape, et dans le cadre de la Communauté de Communes de la Vallée de la Plaine, les crédits ont été votés, cette croix va pouvoir être démontée et restaurée. Elle sera ensuite réimplantée dans un terre-plein engazonné, à droite de lentrée principale du cimetière, ainsi les visiteurs pourront admirer ce chef-dœuvre enfin sorti de loubli.

  • Un fait nouveau

En septembre 1999, Mr Michel Humbert, maire de Raon lÉtape, me signalait avoir reçu de son homologue de Bertrichamps une carte postale représentant une croix qui lui rappelait fortement celle du cimetière Notre-Dame. Je me rendis dans le cimetière de cette commune. Très vite m'apparut une copie conforme de la Croix Notre-Dame. Examinant en détail le monument, je ne pouvais que conclure : un même artiste, (ou un même «atelier») avait réalisé ces deux grandes croix. Tout était semblable : le fût, le piédestal, le socle, le christ. Lallure générale du monument donne une impression d'être plus trapu, cela est du à une hauteur du fût et à une largeur de la traverse moindres. Le visage, le périzonium, les motifs du tronçon inférieur (culs de lampe) sont également légèrement différents. Un détail supplémentaire de grande importance vient apporter une preuve sur la date dédification du monument. Sur le côté droit de la base du fût, à lintérieur dun petit cartouche rectangulaire, se trouve gravé le millésime : 1600. Ainsi, une incertitude dimportance se trouve levée. La croix du cimetière Notre-Dame date bien de cette période: fin du XVIe siècle. A quelques années près... Un document sur la croix de Bertrichamps que lon ma transmis, vraisemblablement écrit par un connaisseur, (document hélas non signé), conclut que cette crucifixion est de style gothique flamboyant, du XVe siècle, il précise plus loin que ce style était encore exécuté localement, par certains sculpteurs, tout au long du siècle suivant.

La Croix Litaize (appelée aussi Jean Bouquot)

La Croix Litaize
  • Situation:

Cette croix de sépulture se trouve encastrée dans le mur qui longe la rue Aristide Briand, quelque 10 mètres après lentrée principale du cimetière rive droite limite de la propriété de Mme MEYER. La croix, taillée dans un grès très clair, dépasse le sommet du mur denceinte.

  • Description:

Petite croix légèrement potencée la hampe sélargissant vers le bas de manière à former un cartouche au pourtour souligné par un petit bourrelet. Au centre du croisillon sont disposés, en léger éventail, trois clous symboliques. Lextrémité des trois branches est garnie de palmettes traitées en bas relief. Dans le cartouche, une épitaphe y est gravée dont le texte est devenu pratiquement illisible.


« CI GIT LE CORPS DE RICHARDE BOUQUOT VIVANT EPOUSE AU Sr FRANCOIS LITAIZE BOURGEOIS DE CETTE VILLE DECEDEE LE 14 7bre 1751 AGEE DE 32 ANS. PRIE DIEU POUR SON AME »


Sur la face postérieure de la croix un autre cartouche contient une autre épitaphe : celle de Jean BOUQUOT.


« CI GIT LE CORPS DE Sr JEAN BOUQUOT VIVANT ANCIEN MAIRE ET RECEVEUR DE CETTE VILLE. A DECEDE LE 8 Janvier 1758 AGE DE 78 ANS. PRIE DIEU POUR SON AME »


Jean BOUQUOT a été maire successivement en 1723, 1724, 1727 et 1729.

Le crépi ayant disparu vers le bas du mur, une partie du fût et du piédestal, en grès jaune apparaît. A droite de ce monument, se trouve un ancien cartouche de belle facture, scellé également dans le mur, dune forme identique à celui de la croix précédente. Même époque, autour de 1750, et concernant la même famille bourgeoise de Raon.

La Croix Litaize

« CI GIT LE CORPS DE BARBE MAR ? BALAND VEUVE DU Sr SEBAST ? LITAIZE VIVAN BOURGEOIS A RAO ? DECEDEE LE ? JANVIER 175 ? - requielcar[29] in pace »


  • Observations:

Ces quelques éléments sont sans doute ce qui reste des « 40 croix » détruites dans lancien cimetière Notre Dame en 1794.

« de plus avoir arraché quarante petites croix dans le cimetière de Raon à vingt sous lune fait somme de quarante livres »

Mais Jean Baptiste VALENTIN parle dans son mémoire dune autre croix, distincte des 40 croix détruites dans lancien cimetière de Raon ?

«…avoir démolie la croix de pierres, dite la Croix LITAIZE, pour douze livres »

Pourquoi JB VALENTIN, dans son mémoire différencie la croix Litaize et les « quarente petites croix en pierres dans le cimetière de Raon » qui se trouve alors au centre du bourg.

Les appellations Jean BOUQUOT et croix LITAIZE ne désignent peut être quune seule et même croix, la confusion venant des deux patronymes, différents, gravés sur les cartouches des deux faces de cette croix ?

JM JANOT, dans son article déjà cité plus haut, pense que la croix Litaize a été relevée et a été renommée croix de la Poterie. Il parle bien plus loin, de la croix encastrée et dépassant le mur denceinte mais il ne cite aucune épitaphe ?

La Croix "encastrée"ou croix du Pont sous la Côte ?

  • Situation:

Au début de la rue Stalingrad, au N°29 exactement, se trouve une croix en grès encastrée dans le muret de moellons de la terrasse de la maison.

  • Description:

La croix de forme latine est simple, se résumant au croisillon. Aucune sculpture ou gravure n'est apparente.

  • Observations:

D provient-elle ? Cest sans doute une réutilisation, comme on le constate souvent un peu partout, dune ancienne croix de chemin démolie et dont on a récupéré la croix. On peut dailleurs voir ici ou des calvaires remontés avec des parties disparates provenant de divers monuments : socle, fûts, chapiteaux, croixde styles différents La face avant "paraît" avoir été burinée, une vague silhouette semble se profiler, destruction du christ existant à la démolition du calvaire par JB. Valentin ? JM Janot ne semble pas avoir connu cette croix encastrée.

JM Janot cite dans son article « une croix encastrée dans le mur de la maison Gilot, 12, rue du Port (rue Victor Brajon) Hauteur avec son fûth=1m85 » ? La propriétaire ma assuré que cette croix était toujours en place mais masquée par le crépis de la façade qui a été refait après 1939. Voici la description quil en fait :

«croisillon prismatique de section carrée, aux bras courts, orné dun christ en haut relief dont il subsiste la silhouette (…) soigneusement bûché par JB Valentin » peut faire supposer quil sagit de ce qui reste de la croix qui se dressait près du pont sous la côte»

Le pont cité être pourrait être celui qui franchit la Plaine au bas et qui fait communiquer la rue Ch. Clavières à la Place des Martyrs de la Résistance. Au cadastre le lieu-dit « Sous la Côte » représente la portion de terrain qui va de la place jusquau bas de la rue Stalingrad.

La Croix du Cimetière de la Haute Chapelle (en rive droite)

Crucifix sommital
  • Situation:

Cette grande croix se trouve dans lallée centrale est-ouest au centre du cimetière rive droite. Très haute, environ 7,00 m elle surplombe les tombes et les monuments. Le cimetière ayant été transféré en 1827, la construction de cette nouvelle croix fut décidée lors dune réunion du conseil municipal le 17 août 1828 et approuvée par le préfet des Vosges le 28 août de la même année.

  • Description:

Sur un socle fait de pavés de grès rose et comportant trois degrés, une grosse dalle de 200 mm dépaisseur également en grès rose sert de base au piédestal. Celui-ci est massif de couleur blanchâtre, parallélépipédique, sobre, sans ornementions ni texte.Débordante par une doucine puis surmontée dun bandeau, une corniche vient couronner le piédestal. La base du fût comporte quelques moulures classiques: bandeau, listel, demi rond, filet. Le fût, lui-même, est un long prisme de section carrée allant en se rétrécissant vers le haut. Il prend naissance sur la corniche par un léger rétrécissement en congé.

Fût et chapiteau

Le haut du fût se termine par un chapiteau simple composé de divers éléments classiques. Tout dabord un bandeau très épais, aussi haut que large, puis successivement, un filet légèrement en relief, une moulure saillante à profil en demi rond, un autre bandeau, un listel ; puis un quart de rond un bandeau et un listel viennent coiffer le tout débordant très largement la base du chapiteau. Celle-ci, fissurée dans les deux sens, a été renforcée par deux cerclages de métal. Dans le haut du fût, qui se fissure, deux cerclages de renfort sont en place également.
Lensemble de la croix du cimetière est taillé dans une pierre blanchâtre, à grains fins, couverte de lichens.Le crucifix qui se trouve sur le chapiteau est en fer forgé. La croix latine supporte un Christ petit, le corps arqué, aux bras verticalement étirés ; au dessus, un phylactère. A lintersection des branches se trouve un soleil rayonnant. Les extrémités de la hampe et de la traverse se terminent par une fleur de lys stylisée. Peut-être est-ce au fait que sa construction est réalisée sous le règne de Charles X (18241830) ? Le pied du crucifix est fixé sur le chapiteau, renforcé par quatre fers plats enroulés en forme de doubles volutes asymétriques inversées.

Socle, piédestal et corniche
  • Observations

La croix de lancien cimetière Notre-Dame, fut déménagée également mais réimplantée à lécart, la municipalité de lépoque nayant pas jugé bon de la replacer au centre du nouveau cimetière. Avril 2008, la commune de Raon-l'Étape a entrepris la restauration de cette grande croix, faisant ainsi apparaître la belle couleur jaune de ce grès. Il est à noter également que le fût a été légèrement raccourci. Les mesures qui suivent ont été faites sur le monument restauré.

Récapitulation des données techniques
Hauteur socle
Hauteur piédestal
Hauteur base fût
Hauteur fût+corniche
Hauteur croix
Hauteur totale
Altitude
Pierre
Époque
360 mm
1330 mm
320 mm
3100 mm
1900 mm
7010 mm
302 m
Grès jaune
XIXes.
  • Étant donné la hauteur de ce monument, les mesures du chapiteau et de la croix sommitale, ont été estimées par trigonométrie.

L'Oratoire du Bon Dieu

  • Situation :

Cet oratoire se trouve sur le territoire de la commune de Neufmaisons (54), juste en limite Vosges/Meurthe et Moselle, en rive gauche du ruisseau le Charmois, non loin de lancienne maison forestière[30] disparue.

Oratoire du Bon Dieu
  • Description :

Cest une petite chapelle construite en moellons dont louverture est encadrée par deux pilastres décoratifs surmontés de chapiteaux angulaires, comportant chacun un rétrécissement dans la partie inférieure. Le linteau est voûté en arc de cercle, légèrement mouluré.Une porte ou une grille de protection existait à lorigine, comme sur beaucoup doratoires, car sur les deux meneaux verticaux on trouve des anneaux en métal, et à dautres endroits des encoches. Le fronton surmontant le linteau est de forme classique, triangulaire.
La croix de forme latine qui surmonte, à lavant, le toit de pierres de loratoire, porte gravé sur sa base le millésime 1787, date de son édification. Construite deux ans avant la Révolution, elle aura donc échappé aux destructions.
Au fond, contre le mur se trouvent 2 tablettes superposées.
sur celles-ci se trouvent déposés de nombreux objets pieux: Statuettes, croix, médailles, photos, fleurs en plastique, souvenirs de pèlerinages à Lourdes, chapeletsCertains sont sans doute déposés tel des Ex-voto.

  • Observations :

Cet oratoire de plus de 200 ans d'âge, est relativement en bon état et doit être régulièrement entretenu par de « bonnes âmes », car lorsqu'il m'arrive de passer sur le site, je constate certains changements dans les objets déposés; mais lendroit reste toujours propre

Récapitulation des données techniques
Hauteur Bâtiment
Largeur Bâtiment
Longueur Bâtiment
Hauteur Croix
Hauteur Maximum
Altitude
Pierre
Époque
1850 mm
1500 mm
1650 mm
520 mm
2370 mm
337 m
Grès fin
XVIIIes.

La Chapelle des Pestiférés

  • Situation, description & observations :

Sur le territoire de lancienne commune de La Neuveville, au dessus de la Haute Neuveville. Les ruines de la chapelle sont situées en lisière d'un bois sur un pré descendant vers un ruisseau coulant en contre-bas. Tout le secteur porte le toponyme de "À pestiféré"[31]

Chapelle dans les années 80
Croisillon de la croix

Ces photos sont déjà anciennes et ne sont plus dactualité. Jusqu'aux années soixante dix l'ouvrage était entretenu et en relatif bon état. De la chapelle des Pestiférés, il ne reste plus à présent que quelques murs effondrés que la végétation envahi au fur et à mesure que les années passent. La croix est disparue, il y a une vingtaine d'années. On peut voir sur cette ancienne photo, le croisillon avec, gravé au centre le millésime :

1631

Le toit à l'origine était à quatre pans, et recouvert de tuiles . Il fut d'ailleurs, à différentes époques remis en état, par des associations de bénévoles: Scouts, Club Vosgien...
Les murs construits en moellons de grès. Une ouverture tournée vers louest, était fermée par une porte composée de planches verticales épaisses.
Sur celle-ci, à droite dans le tiers supérieur, on pouvait voir une tête dange ailée en fonte moulée sous laquelle se trouvait une ouverture protégée par des barreaux métalliques verticaux. Dans le tiers inférieur, une ouverture ronde dun diamètre denviron 25 cm. Une clenche en fer, simple, permettait de fermer la porte. Cette dernière imitait celle qui devait fermer originellement le baraquement abritant les malades.
La croix date de 1631, les premières épidémies de peste eurent lieu, en Lorraine, en 1610, 1623, 1625 et 1629 ; elles ont été très intenses en 1630, 1631 puis de 1633 à 1636. A La Neuveville comme à Raon, les ravages furent énormes, comme dans la plupart des villages lorrains. Les malades étaient mis à lécart des agglomérations ; la plupart décédaient et étaient enterrés sur place. La paroisse a sans doute fait élever ultérieurement une croix sur ce cimetière. La chapelle fut construite plus tard englobant la croix. Celle-ci avait une hauteur d'environ 2,00 m (je cite de mémoire) construite en grès rose, elle se trouvait à lintérieur au centre du petit bâtiment. Elle comportait à la base du fût, et au dessus du piédestal un bénitier.

Oratoire et Grotte de la Vierge Marie (Grotte de Lourdes)

Chapelle et Grotte de la Vierge Marie

Peu après les apparitions de Lourdes, dans bien des villages, bourgs et villes de France, les autorités religieuses ou les fidèles eux-mêmes, par souscriptions, ont fait édifier des oratoires imitation de la célèbre grotte se sont déroulés des apparitions de la Vierge Marie.

Situation

  • L'ensemble est situé rue Émile Marande (anciennement appelé Haut-Chemin) dans un terrain entouré de jardins au pied de la Côte Beauregard.
  • Le terrain étant en élévation on y accède par un escalier de quelques marches fermé par une porte métallique actuellement fermée pour cause de vandalisme.

Description & historique

  • La famille Job, propriétaire du terrrain, y a fait construire une chapelle-oratoire de forme circulaire en 1842[32].
  • Le chanoine Jean Baptiste Hilaire[33] a fait l'acquisition du terrain en 1895. La grotte et les rocailles ont été réalisées cette même année par Monsieur Joseph Claudel, (1846-1940), jardinier paysagiste. Les années passant de très nombreuses plaques[34] (Ex-votos) ont été accrochés sur les parois de la grotte. Une grille en fer forgé ferme l'entrée de la grotte dans laquelle se trouve un autel. Une statue de la Vierge se trouve dans une cavité en haut à droite de la paroi. Des bancs ont été installés dans l'espace situé devant la chapelle et la grotte.
  • Il y a encore quelques années des fidèles y allaient individuellement et des processions étaient organisées chaque année depuis l'Église paroissiale, notamment à l'Assomption.

Statue de Notre Dame de la Libération

Le 18 septembre 1949 eut lieu l'inauguration solennelle en présence d'une foule importante.

  • La statue de la vierge d'une hauteur d'environ 3 m se trouve au sommet d'un piédestal composé de moellons de grès vosgien. Celui est en forme d'une pyramide tronquée à base circulaire. Le tout est posé sur un socle circulaire. La hauteur totale du monument est d'environ 6,60 m.
  • La Vierge est entièrement de couleur blanche, les bras légèrement écartés vers l'avant. Ses pieds foulent le serpent tenant dans sa gueule une pomme[35].

On accède au pied du monument par une suite de deux escaliers parallèles comportant 10 degrés, puis par un seul de 6 degrés, placés de face. Le haut du piédestal se termine par un bandeau comportant un texte gravé en lettres dorées:

« AVE MARIE GRATIA PLENA MCMXLIX[36] »
  • Un cartouche placé à la base du piédestal comporte un texte gravé:
« A MARIE
LA PAROISSE RECONNAISSANTE
NOVEMBRE 1944
 »

La Vierge du Haut Port

Les croix disparues

La Croix "Collé"

Malgré des recherches répétées sur le terrain, je nai pu retrouver de traces tangibles, de cette croix ayant été élevée à la Trouche.
Grâce au mémoire de Jean Baptiste Valentin, on sait que la Croix Collé connut un sort identique aux autres monuments religieux de Raon l'Étape, et quelle fut donc détruite en 1794. Mais ce monument ne fut pas relevé, et les débris sans doute disparurent. JB Valentin ne précise pas si elle était en bois ou en pierres. Le prix facturé pour sa démolition, me porte à penser quelle était en pierre.

« Plus avoir démolie celle au dessus de la Troche allant à Celles pour dix livres »

Auguste Mathieu[37], secrétaire de Mairie, dans son manuscrit, parle de la Croix Collé, brièvement page 114, mais en précisant son nom dorigine.

« …Collé ou plutôt Colin Nicolas, natif de Ste Croix , était censier à la Trouche. Colin fut tué un peu au delà de la Trouche ; sur lemplacement laccident était survenu on éleva une croix, appelée vulgairement : "Croix Collé»

Cétait donc une croix commémorative, élevée suite à la mort accidentelle de Nicolas COLIN ce que me confirme Jacques POIREL.

« Au baptême à Raon le 28 juillet 1680, Jean Baptiste Colin est mentionné : fils à Nicolas Colin, de Ste Croix, et Catherine Parisot, mariés le 24 octobre 1679. Il fut tué au bois peu avant la Trouche au lieu lon voit une croix sur la route, appelée à cause de lui la Croix Colin ou comme on dit vulgairement « la Croix Collé »

Aucun document connu actuellement, napporte donc suffisamment de précisions quant à la situation exacte de cette croix et sur la date de son édification. Peut-être se trouvait- le long de la route reliant Raon à Celles, à savoir lancienne route, qui passait à lintérieur du Hameau (et non la D.392a actuelle) d lemploi par Valentin de la locution adverbiale « au-dessus » Mais « au-dessus », peut également signifier : en amont de la Trouche, A. Mathieu dit « au-delà » ce qui confirmerait cette dernière hypothèse.
Etayant également cette hypothèse, un chemin pénétrant dans la Forêt vers le sud-est et montant vers la Basse des Meules à la sortie de la Trouche, est appelé : « chemin de la croix Collé », sur le plan daménagement de 1952 de la forêt communale de Raon lEtape.

  • Cette croix a donné lieu à la formation de quatre toponymes tous situés sur un même axe nord/sud:
    1. le chemin de croix Collé, part de la route de Celles en sortie de la Trouche vers le SE.
    2. le Pré de la croix Collé situé entre le pré Blazy et le pré du Garde à droite du chemin 1.
    3. croix Collé : secteur forestier surplombant le chemin 1.
    4. le col de croix Collé : situé sur la crête du massif, à la verticale du chemin 1.

La croix Collé sélevait-elle au carrefour de la route de Celles et du chemin forestier 1 partant vers le SE ? à langle nord du pré portant son nom ? De toute évidence elle se trouvait à proximité de la sortie du hameau. Plus de précisions nécessiteraient de trouver dautres documentsAu col de croix Collé, une croix en bois récente est fixée sur un arbre cela na rien à voir avec la croix Collé, ni (nous le verrons plus loin) à 300 m sur la crête au sud du col, la première des croix templières gravée dans un rocher. Cette dernière a, été appelée à une époque, Croix Collé ce qui était également une erreur. La véritable croix Collé, est définitivement disparue. Quelques croix citées dans divers documents

  • «dans le mur de lavenue du 21ème BCP, on remarque un Christ en croixprovenant avec certitude dune croix de cheminque lon peut dater du XVIIè » Jean Marie Janot[38] parle de cette croix que je nai pu retrouver

Autres croix et chapelles disparues

  • Sur la route de Lunéville Jean Baptiste Valentin[21]parle de trois croix détruites :
    • Celle dite de la Maladrerie (sans-doute la Croix Chapelier)
    • Celle qui était posée sur la route allant à Lunéville (Croix Jean Rebart)
    • Celle dite « Champrébaze » sur la route de Lunéville (non relevée)
  • Chemin de la croix (rebaptisé ruelle Saint Blaise): croix vraisemblablement en bois disparue.
  • Croix de bois devant Bellevue (lieu-dit sur la route menant à Saint Blaise).
  • Trois croix de bois sur la route allant à Celles. Endroit inconnu.
  • Croix de bois sur le chemin allant à Badonviller au Chaufour. Un lieu dit du cadastre porte toujours ce toponyme. (Chaudfour)

Les Croix de bois, nombreuses au début de la christianisation, et que lon remplaçait par de nouvelles, lorsquelles étaient en trop mauvais état, ont fini par ne plus être refaites. Par la suite, la quasi totalité des croix furent édifiées en pierre.

    • Chapelle Sainte-Barbe
    • Chapelle Saint-Quirin (appelée Haute Chapelle)

Notes et références

  1. voir plus bas
  2. Cette abbaye est située à distance équivalente d'Etival et de Senones, d' ce nom de « Moyen-moutier »
  3. Ces cultes simples dans les pratiques et en rapport avec la nature, avaient été transmis de génération en génération, depuis des millénaires et subsistaient dans l'inconscient collectif.
  4. On peut citer simplement comme exemple la coutume qui consiste à jeter des pièces de monnaies (ex-votos) les sources, les fontaines ayant rapport avec un(e) saint(e). Les feux de la saint Jean, en rapport avec le solstice d'été.
    Article détaillé : Néopaganisme.
    :
  5. Croix placées le long des chemins menant depuis les fermes, hameaux éloignés, jusqu'à l'église du village avait lieu la cérémonie religieuse de l'enterrement. Ces emplacements servaient de halte de repos et comportaient parfois un reposoir en pierres au pied de la croix, ou taillé dans la roche en place, ce qui permettaient d'y déposer le cercueil, souvent porté à dos d'hommes, et aux porteurs de se reposer.
  6. a et b Glossaire de Termes Techniques,dom Melchior de Vogüé, Éditions du Zodiaque, 4° Édition, La Nuit des Temps
  7. "Voie du sel", également citée comme « Via Sarmatorum » ou voie des Sarmates, dans les textes anciens
  8. SPV Mémoire des Vosges, N°11-La Voie Romaine de Langres à Strasbourg,Gérard Grau.
  9. Cabasse, P. - Notes Historiques et Topographiques sur la Commune de Raon lEtape - Epinal, 1877
  10. "Salut ô Croix,unique espérance"
  11. Symbole de la Trinité: Père, Fils, Esprit
  12. Les Appellatifs dans les Cadastres de l'Arrondissement de Saint-Dié (Vosges)-Marc GEORGEL - Imprimerie Loos - Saint Dié - 1958
  13. Ruisseau, coulant au début du XXes. à ciel ouvert, et canalisé depuis sous la place de la Libération
  14. Ce ruisseau sert de limite entre les communes de Raon l'Étape (88)et Thiaville (54)
  15. Arrivé le 10 octobre 1913, le 21e BCP tenait ses Quartiers à la sortie de la ville, sortie vallée de la Plaine, dans des baraquements qui n'étaient pas encore terminés..
  16. Phrase prononcée par Léon XIII
  17. Marie Charlotte HENRY se marie avec Basile FERRY à La Neuveville le 4 janvier 1795. D'après Jacques Poirel, généalogiste, le corps de Basile FERRY a été retrouvé le 24 décembre 1799, ce qui fait penser à une mort brutale. Marie Charlotte HENRY est décédée le 24 février 1842
  18. La sculpture en mi-relief est une technique située entre celle du bas-relief et du haut-relief
  19. Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum: Jésus le nazaréen roi des Juifs.
  20. Maire de Raon-l'Étape, (1791-1794), suite au serment prêté par du Directoire des Vosges le 14 avril 1793 puis à l'arrêté du 26 avril 1793 sur «...la disparition dans la huitaine des images, noms et inscriptions qui peuvent rappeler...la royauté, la féodalité et la superstition.», est le premier à prêter ce serment.
  21. a et b Jean Baptiste Valentin, tailleur de pierre résidant à Raon-l'Étape et auteur sur ordre du Maire Christophe Dussourd, de la destruction des croix et emblèmes religieux de la ville en 1794.
  22. Une des appellations anciennes de la ville de Raon l'Etape
  23. Ce toponyme désigne toujours un secteur marécageux, tourbeux
  24. Ou « Terrier »: registre des obligations et redevances attachées aux terres relevant d'une même seigneurie ecclésiastique ou civile.
  25. Le village de La Neuveville (paroisse de saint Georges) était situé en rive gauche de la rivière La Meurthe face au bourg de Raon-l'Etape, (paroisse saint Luc) en rive droite. Les deux communes ont fusionné en 1947.
  26. Écrasant les écorces il servent à obtenir des tanins uilisés dans le traitement du cuir.
  27. fils de Charles V.
  28. Ouvrage cité
  29. « requiescat in pace » Expression latine courante sur les épitaphes de sépultures: Qu'il repose en paix
  30. Maison Forestière dite du Bon Dieu
  31. Cadastre de Raon l'Étape - section C - Feuille 4
  32. Ces renseignements proviennent d'une notice manuscrite (non publiée) par Madame Richard (née Creusat)
  33. Curé de Raon-l'Etape de 1875 à 1909
  34. Beaucoup ont été détruite par vandalisme.
  35. Le serpent dans la symbolique biblique et chrétienne représente le Péché originel. ainsi Marie foulant le serpent de la Genèse signifie qu'elle est exempte de ce péché.
  36. Le texte est le début la prière à la Vierge Marie: «Je vous salue Marie pleine de grâce ». En chiffres romains: 1949. Un éclat dans la pierre à emporté le dernier chiffre (X)
  37. Auguste Mathieu (1856 - 1940) secrétaire de Mairie de Raon l'Étape au début du XXe siècle. A partir des archives communales il a réalisé une histoire de la ville de ses origines à 1913. Le manuscrit comporte en tout 972 pages. Il n'a jamais été publié.
  38. In L'Enlèvement des emblèmes religieux et féodaux de Raon l'Étape (voir bibliographie)

Biographies

  • Paul Cabasse ( - ), ancien pharmacien de Raon-l'Étape; membres des Sociétés Savantes des Vosges, il a été le premier à travailler sur l'histoire de Raon; ses manuscrits ont été remis, ainsi que son immense bibliothèque, à la Bibliothèque de Nancy.
  • Auguste Mathieu (1856-1940, secrétaire de Mairie au début du XXe siècle; il a mené des recherches basées sur les archives communales de Raon-l'Étape. Il a réalisé ainsi une histoire de la ville de ses origines à 1913. Son manuscrit, jamais publié, comprend 709 pages d'historique de la cité; 24 pages de documents annexes; enfin 239 pages il présente les origines des principales familles raonnaises.
  • Louis Sadoul (1870-1936), à Raon-l'Étape. Sa carrière se passa dans la magistrature, il fut Président de la Chambre de la Cour d'appel de Nancy en 1928. Co-directeur avec¨Pierre Marot de la revue le Pays Lorrain, il est l'auteur de nombreux livres et publications, sur l'histoire locale et régionale concernant essentiellement les XVIIIe, XIXe et XXe siècles.

Bibliographie

  • MELCHIOR DE VOGÜÉ (Dom), Glossaires de Termes Techniques, Collection Zodiaque, La nuit des temps, 1989, 554 p. ISBN 2-7369-0164-9
  • SCHNEIDER (Michel), RAON L'ÉTAPE des Origines au XVIIIe siècle, Kruch Éditeur, 1990, 134 p.
  • SADOUL (Louis), Histoire d'une petit Ville vosgienne, Raon l'Étape de ses Origines à 1918, Éditions du Syndicat d'initiatives de Raon l'Etape, 1934, 375 p.
  • MATHIEU (Auguste), Au Pays des Flotteurs - Histoire anecdotique et démocratique d'une ville vosgienne - Raon l'Étape, 1913,(Manuscrit non publié).
  • CABASSE (Paul), Notes Historiques et Topographiques sur la Commune de Raon l'Étape, Imprimerie Collot,Epinal, 1877.
  • CABASSE (Paul), Quelques documents relatifs aux anciennes fortifications de Raon l'Étape in « Bulletin de la Société Philomatique des Vosges », p.54-82, 2e année, Typographie et Lithographie L. Humbert, Saint-Dié, 1877.
  • IDOUX (Abbé M.C.), La Voie Romaine de Langres à Strasbourg et de Corre à Charmes in Bulletin de la Sociéte Philomatique Vosgienne, Volume XXXIII.
  • Archives Départementales Vosgiennes, Clergé Régulier Abbaye de Moyenmoutier, série H, Tome I, Etival tome II.
  • PARISSE (Michel), La Lorraine Monastique, Service des Publications de Nancy II, 1981, 141 p.
  • PARISSE (Michel), GABER (Stéphane), CANINI (Gérard), Grandes Dates de l'Histoire de la Lorraine, Service des Publications de l'Université Nancy II, 85 p., (ISBN 978-2864801344).
  • GEORGEL (Marc), Les Appellatifs dans les Cadastres de l'Arrondissement de Saint-Dié, Imprimerie Loos, 1958, 357 p.
  • PICARD (Raymond), Histoire Religieuse de Raon l'Étape, Imprimerie Fetzer, 1987.
  • SCHNEIDER (Michel), La Révolution au jour le jour à Raon l'Étape, Les Cahiers d'Archipel, Volume 3, 1989.
  • GOSSELIN (Pierre), LHOMME (Véronique), Étude Historique - (ZPPAU), 1989.
  • REY (Alain), Dictionnaire Historique de la Langue Française, Le Robert, Tomes I & II, 1992.
  • BOGDAN (Henry), La Lorraine des Ducs - Sept siècles d'Histoire, Perrin, "Pour l'Histoire", 2005, 291 p. ISBN 2-262-02113-9.
  • BENOÎT (Michèle), MICHEL (Claude), La Lorraine et ses Noms de Lieux - Meurthe & Moselle, Éditions Serpenoise, 2006, 174 p. ISBN 2-87692--705-5.
  • JANOT (Jean Marie), Enlèvement des emblèmes religieux et féodaux à Raon l'Étape, Extrait de « La Révolution dans les Vosges », in Bulletin du Comité Départemental des Vosges, 27e année, n° 3 & 4, Épinal, Imprimerie Fricotel, 1939.
  • BONNET (Serge), Le Patois des Croix, Imprimerie Christian Lacour, Nîmes, 1996, 27 p.

Liens internes

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