Empire russe

Empire russe

Empire russe
Россійская имперія ru

17211917

Drapeau
Blason

Drapeau et armoiries

Devise : Съ нами Богъ !
(« Dieu est avec nous ! »)

Hymne : Molitva russkikh (de 1816 à 1833)
Hymne des tsars (de 1833 à 1917)

Accéder aux informations sur cette image commentée ci-après.

Étendue de l'Empire russe en 1914

Informations générales
Statut Monarchie absolue de droit divin
Capitale Saint-Pétersbourg
Langue Russe
langues régionales : Polonais, Suédois, Finnois
Langue secondaire : français
Religion Christianisme orthodoxe
Monnaie Rouble
Démographie
Population 181 537 800 hab. (1916)
Superficie
Superficie ~21 800 000 km² (1916)
Histoire et évènements
7 mai 1682 (CG)
27 avril 1682 (CJ)
Intronisation de Pierre Ier
22 octobre 1721 (CG)
11 octobre 1721 (CJ)
Proclamation de l'Empire
26 décembre 1825 (CG)
14 décembre 1825 (CJ)
Décabrisme
3 mars 1861 (CG)
19 février 1861 (CJ)
Abolition de la féodalité
Janvier-décembre 1905 Révolution de 1905
23 avril 1906 Constitution
15 mars 1917 (CG)
2 mars 1917 (CJ)
Révolution de février
7 novembre 1917 (CG)
25 octobre 1917 (CJ)
Révolution d'octobre
Tsar de Russie
Premier tsar
1721 - 1725

Pierre Ier
Dernier tsar
1894 - 1917

Nicolas II



Douma

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'Empire russe continua à utiliser le calendrier julien (CJ) jusqu'à sa chute ; les dates indiquées ci-dessus le sont à la fois dans ce calendrier et le calendrier grégorien (CG)

L'État russe fut officiellement appelé « Empire russe », nom également traduit par « Empire de Russie », de 1721 sous le règne de Pierre le Grand jusqu'à la déposition de Nicolas II, le dernier tsar, au début de la Révolution de 1917. Sa capitale était Saint-Pétersbourg (nom russifié en Petrograd, pour éviter sa consonance allemande, au début de la Première Guerre mondiale).

À la fin du XIXe siècle, la taille de l'empire était d'environ 21 800 000 kilomètres carrés (presque 1/6e des terres émergées du globe), et seul l'Empire britannique pouvait rivaliser avec cette immensité. En plus des territoires de l'actuelle Fédération de Russie, la Russie comptait les États de la Baltique, la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, une partie de la Pologne, la Bessarabie (actuelle République de Moldavie), le Caucase, le Grand-duché de Finlande et une partie importante de l'Asie centrale, sans compter la colonisation russe des Amériques essentiellement l'Alaska, vendue aux États-Unis en 1867, et la ville fortifiée de Port-Arthur, cédée par la Chine en 1894.

En 1914, l'Empire russe se subdivisait en 81 goubernias ("gouvernements" ou "gouvernorats") et 20 régions (oblasts). Les vassaux et les protectorats de la Russie comptaient le khanat de Boukhara, le khanat de Khiva et après 1914 Touva. En supplément de la Russie elle-même, l'Empire comprenait les monarchies constitutionnelles du Royaume de Pologne (1815-1863), placé sous le patronage de la Russie par le congrès de Vienne et le Grand-Duché de Finlande (1809-1917).

Si l'on se réfère au recensement de 1897, l'Empire comptait à cette date environ 128,2 millions d'habitants, dont les neuf dixièmes (93,4 millions) vivaient en Russie d'Europe. Plus de 100 groupes ethniques différents vivaient sur le territoire de l'Empire (les Russes représentant 45 % de la population). Il s'agissait du pays le plus peuplé du monde occidental (68 millions d'habitants dans l'Empire allemand, 95 millions aux États-Unis d'Amérique) avec une croissance démographique forte, au recensement de 1913, on comptait 159 millions d'habitants.

L'Empire russe était une autocratie dirigé par un empereur, appelé le plus souvent Gosoudar (souverain), ou tsar dans les campagnes, mais sa dénomination officielle est Imperator. Il est issu de la dynastie des Romanov. Le christianisme orthodoxe était la religion officielle de l'Empire, et était contrôlée par le souverain au travers du Saint-Synode. Les sujets de l'Empire étaient séparés en ordres (classes) comme le dvorianstvo (noblesse, [Note 1], clergé, marchands (en plusieurs guildes, suivant leurs revenus), petits commerçants ou artisans (mechtchantsvo), cosaques et paysans, libres, d'État, ou de la noblesse. Les sujets nés en Sibérie et en Asie centrale étaient officiellement enregistrés comme inorodtsy (« autre genre »), une autre classe[réf. nécessaire].

Sommaire

Histoire

XVIIIe siècle

Au cours du XVIIIe siècle, Pierre le Grand (1682-1725), au prix d'une longue guerre avec la Suède, obtient un accès à la mer Baltique ; il fait construire Saint-Pétersbourg qui devient à compter de 1712 la nouvelle capitale, symbolisant ainsi l'ouverture du pays vers l'Europe. Une puissante industrie métallurgique, la première d'Occident à l'époque, est édifiée dans l'Oural et permet de soutenir l'effort de guerre. Le 2 novembre 1721, Pierre prend le titre d'« Empereur de toutes les Russies », qui remplaça le traditionnel titre de Tsar qui lui était jusque-là accordé. Catherine II de Russie (1762-1796), autocrate éclairée, achève la conquête des steppes situées au bord de la mer Noire après avoir défait l'empire ottoman et le khanat de Crimée et repousse vers l'ouest les frontières de l'empire russe grâce au partage de la Pologne. L'actuelle Ukraine et la Russie blanche (Biélorussie) sont désormais entièrement en territoire russe. Durant toute cette période, les cosaques occupent progressivement la Sibérie et atteignent l'océan Pacifique en 1640. Irkoutsk au bord du lac Baïkal est fondé en 1632, la région du détroit de Béring et l'Alaska sont explorés dans les années 1740.

Un code édicté en 1649 lie désormais le paysan et ses descendants à la terre et à son propriétaire généralisant le servage, à contre-sens de l'évolution du statut du paysan en Europe occidentale. En contrepartie, les propriétaires terriens sont astreints à servir leur souverain. Catherine II confirme et renforce ces dispositions. Le mécontentement des paysans et d'une classe naissante d'ouvriers, exploités par leurs propriétaires et lourdement taxés par la fiscalité d'un État en pleine croissance déclenchent au XVIIe et XVIIIe siècles de nombreuses révoltes paysannes dont la plus importante, menée par le cosaque Pougatchev, parvient à menacer le trône avant d'être écrasée (1773). L'Église à l'époque joue un rôle essentiel dans la société russe et possède plus des deux tiers des terres[réf. nécessaire]. La réforme du dogme orthodoxe russe par le patriarche Nikon (1653) est à l'origine du schisme des vieux-croyants sévèrement réprimé.

Pierre le Grand puis Catherine II font venir un grand nombre de colons allemands (par exemple les Allemands de la Volga) d'artisans et de savants occidentaux souvent allemands, pour moderniser le pays, édifier des industries et jeter les fondements des établissements d'enseignement et de diffusion du savoir. Les bases de la langue littéraire russe sont définies par Mikhaïl Lomonossov. Les premiers journaux sont publiés à cette époque. La noblesse russe s'occidentalise, surtout sous l'influence de la philosophie allemande et de la langue française, parlée par la noblesse, et certains de ses membres s'enthousiasmeront pour les idées des Lumières, et parfois même de la Révolution française.

Première moitié du XIXe siècle

L'empire russe joue un rôle décisif durant les guerres napoléoniennes qui vont la transformer en puissance européenne de premier plan. Mû comme tous les souverains européens par une idéologie conservatrice et donc hostile aux idées de la Révolution française, l'empereur participe à deux coalitions contre Napoléon et essuie des défaites coûteuses. Alexandre Ier choisit alors par renversement d'alliance le camp du Premier Empire lors du traité de paix de Tilsitt et l'entrevue des deux empereurs, mais la paix ne durera que cinq ans (1807-1812). Il profite de cette pause pour attaquer la Suède et annexer la Finlande. En 1812, les hostilités reprennent. Lors de la campagne de Russie, la Grande Armée de Napoléon parvient au prix de combats acharnés à s'emparer de Moscou mais doit en repartir chassée par l'incendie de la ville. Les armées russes harcèlent alors un ennemi décimé par la faim et le froid et, en 1814, elles occupent Paris, avec l'armée prussienne. Alexandre joue un rôle majeur dans la Sainte-Alliance qui veut gérer le destin de l'Europe post-napoléonienne : il s'oppose à la reconstitution de l'État polonais et envoie des troupes à la demande de l'empereur d'Autriche après les soulèvements de 1848. Elles stationnent en Hongrie sans intervenir (1849), au contraire des troupes autrichiennes. Les grandes puissances européennes sont la Russie, l'Autriche et la Prusse. La France est marginalisée et l'Angleterre occupée par ses conquêtes coloniales.

Expansion de l'Empire vers le sud

L'empire russe en 1866 ; en vert clair les territoires sous influence.

L'empire russe poursuit, sous son règne et celui de ses successeurs, son expansion dans le Caucase et vers les bouches du Danube, au détriment des empires perse et ottoman. La Géorgie rejoint volontairement l'empire en 1801. La partie orientale de la Principauté de Moldavie (vassale de l'Empire ottoman) est annexée en 1812 et forme la goubernia de Bessarabie. L'Arménie, le Daghestan et une partie de l'Azerbaïdjan sont annexés en 1813 au terme d'un conflit de quatre ans avec l'empire perse. Au décès d'Alexandre (1825), des officiers réformistes, les décembristes, se soulèvent en vain pour demander une réforme de la monarchie dans un sens constitutionnel. Cette tentative de soulèvement d'officiers issus de l'aristocratie va servir aussi de modèle à de nombreux intellectuels russes au cours du siècle suivant, inspirés par la philosophie de Hegel ou de Kropotkine. En 1829 l'Empire russe se fait céder par l'Empire ottoman les Bouches du Danube, ce qui marque le début du processus d'indépendance des populations chrétiennes de la région. Nicolas Ier bénéficie d'une bonne croissance économique, mais renforce l'appareil répressif. Il écrase violemment un soulèvement armé de la Pologne (1831). Le déclin de l'empire ottoman, qui attise les convoitises des puissances européennes, est à l'origine d'un conflit entre la Russie et les autres puissances européennes, Grande-Bretagne en tête, et France qui revient en scène: la Guerre de Crimée. Défait à Sébastopol (1856), Alexandre II, le successeur de Nicolas, doit céder le sud de la Bessarabie avec les Bouches du Danube, et perd les droits de passage entre la Mer Noire et la Méditerranée. Un dernier conflit victorieux avec l'Empire ottoman (1878) lui permet de retrouver un accès au Danube et parachève la conquête du Caucase. La Russie obtient aussi la création dans les Balkans d'un royaume de Bulgarie, et la reconnaissance par les Ottomans de l'indépendance de la Serbie et de la Roumanie. Cet accroissement d'influence ravive l'hostilité de la Grande-Bretagne (Le Grand Jeu) et provoque la méfiance de l'Autriche-Hongrie, qui craignait le réveil des Slaves du sud dans ses territoires, et qui elle-même s'étendait dans les Balkans.

De nombreuses jacqueries contre l'aristocratie terrienne endettée et attachée de ce fait au système du servage, ont lieu durant cette période. L'industrie se développe surtout dans les mines et le textile mais reste très en retrait par rapport à l'Angleterre et à l'Allemagne (environ 600 000 ouvriers vers 1860). Une nouvelle classe de commerçants et de petits industriels - souvent d'anciens serfs libérés par rachat - apparaît, mais ses effectifs sont relativement peu nombreux.

L'enseignement se répand dans les classes les plus aisées et de nombreuses écoles supérieures sont fondées. La littérature russe connaît un second[Note 2] épanouissement avec des écrivains majeurs comme Tourgueniev, Pouchkine ou Gogol qui témoignent des tourments de la société russe. Cet essor culturel s'étend également à l'architecture et à la musique (Glinka).

Tentatives de réforme

Alexandre II tente de tirer les leçons de la défaite de la guerre de Crimée. Le pays, qui s'étend désormais sur 12,5 millions de km² et compte 60 millions d'habitants, est handicapé par son fonctionnement archaïque. Des réformes structurelles sont mises en train par le tsar : la mesure la plus importante est l'abolition du servage (1861) qui inclut l'attribution à l'ancien serf d'une terre, souvent trop petite pour le nourrir, au prix d'un endettement à long terme vis-à-vis de l'État. Des conseils locaux élus au suffrage censitaire – les zemstvos – sont créés à compter de 1864 : dotés de pouvoir leur permettant de gérer les affaires locales et de construire routes, écoles et hôpitaux, ils peuvent lever des impôts pour les financer. Ce type de structure est étendu par la suite aux villes (douma urbaine). Enfin le code juridique introduit les procédures d'accusation et de défense et crée une justice théoriquement indépendante du pouvoir jusqu'à l'échelon du district. Le régime conserve malgré tout un caractère autocratique et fortement policier. Les réformes vont d'ailleurs attiser la violence de groupes d'intellectuels nihilistes et Alexandre finira par être assassiné par l'un d'entre eux (1881). Sous son règne, l'empire a poursuivi son expansion coloniale en Asie centrale : après l'annexion des terres des kazakhs achevée en 1847, les trois khanats du territoire ouzbek (Kokand, Boukhara et Khiva) sont conquis au cours des trois décennies suivantes puis annexés ou placés sous protectorat (1876). Cette avancée place les limites de l'empire russe aux portes de l'Empire britannique aux Indes qui poursuivait aussi son expansion à l'est plus au sud. La tension (Grand Jeu) entre les deux pays va rester très vive jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé en 1907 (convention anglo-russe). La Pologne se soulève sans succès en 1863.

Industrialisation

Alexandre III, lorsqu'il monte sur le trône en 1881, mène en réaction à l'assassinat de son père une politique de contre-réformes. Les dispositions autoritaires sont maintenues ou renforcées : les partis politiques et les syndicats sont interdits, le droit de circulation est limité, la presse est censurée. Sur le plan économique l'industrie se développe rapidement grâce, entre autres, aux investissements étrangers et à la construction d'un réseau ferroviaire qui atteint 30 000 km en 1890. De nouvelles régions s'industrialisent (Ukraine) tandis que certaines renforcent leur caractère industriel comme la région de Saint-Pétersbourg et surtout celle de Moscou. Mais la main-d'œuvre abondante dégagée par l'abolition du servage et la croissance démographique ne trouve pas entièrement à s'employer dans l'industrie (3 millions d'ouvriers en 1913). De nombreux paysans viennent coloniser les terres vierges de l'empire situées dans le Sud et l'Est (vallée inférieure de la Volga, Oural, Sibérie) de l'empire. Le Transsibérien, dont un premier tronçon est réalisé entre 1891 et 1901 pour désenclaver les immenses territoires de la Sibérie, facilite cette migration, tandis que parallèlement à l'Alliance franco-russe le financement de l'industrialisation se fait principalement par les emprunts russes venus surtout de France. L'agriculture a toujours un poids écrasant : en 1897 la Russie compte 97 millions de paysans pour une population totale de 127[réf. nécessaire] millions d'habitants. Ceux-ci ne possèdent généralement pas les terres qu'ils cultivent (25 % seront propriétaires en 1914). Le taux d'alphabétisation est très faible et la mortalité infantile est élevée (environ 180 pour 1000). L'excédent démographique est absorbé par les villes dont le nombre croît rapidement : à la veille de la Première Guerre mondiale, la population citadine dépasse les 25 millions d'habitants. La Russie continue d'accroître son aire d'influence : en Chine et en Corée elle se heurte aux intérêts japonais. La guerre russo-japonaise qui s'ensuit se termine par une défaite complète (1905 à Tsushima) : la modernisation du Japon a été sous-estimée et l'éloignement du champ de bataille a créé d'énormes contraintes logistiques.

La révolution de 1905

Cette défaite déclenche le premier soulèvement généralisé de la population russe contre le régime. La révolution de 1905 est d'abord un mouvement paysan qui touche essentiellement la région des terres noires et des côtes de la Baltique. Les ouvriers se joignent au mouvement par la suite. La loyauté des forces armées va sauver le régime. Nicolas II, qui est monté sur le trône en 1894, est obligé de donner des gages d'ouverture. Une assemblée (douma) élue est dotée de pouvoirs législatifs. Mais les élections de deux doumas successives donnent une large majorité à l'opposition. La loi électorale est alors modifiée pour obtenir une chambre des députés favorable au pouvoir.

Première Guerre mondiale et révolution russe

Le dernier drapeau de l'Empire russe entre 1914 et 1917.

La Russie entre en guerre contre l'Allemagne et l'Empire austro-hongrois en 1914 pour venir en aide à la Serbie, son alliée. L'empire russe déclenche sur le front de l'Est une offensive en Pologne orientale mais est sévèrement battue. Les troupes russes doivent abandonner la Pologne. Début 1917 éclatent des mouvements sociaux, suscités par le poids de la guerre sur l'économie, les pertes sur un front réduit à une stratégie défensive, l'instabilité des dirigeants et la défiance vis-à-vis du tsar. Le refus des troupes de réprimer les manifestations et la lassitude des classes dirigeantes obligent l'empereur Nicolas II à abdiquer ; ainsi éclate la Révolution de février 1917 et la Russie devient une république. Un gouvernement provisoire est alors constitué, présidé par Alexandre Kerenski. Tout en esquissant des réformes, celui-ci tente malgré tout de respecter les engagements de la Russie vis-à-vis de ses alliés en poursuivant la guerre. L'impopularité de cette dernière mesure est exploitée par le parti des bolcheviks qui, le 25 octobre 1917, renverse le gouvernement à Pétrograd (alors capitale de la Russie) par les armes (Révolution d'octobre). La paix séparée est signée avec les Allemands (à Brest-Litovsk, en Biélorussie actuelle) au prix d'énormes concessions territoriales (Pologne, partie de l'Ukraine, pays baltes, etc., soit environ 800 000 km²). Une guerre civile va opposer pendant près de cinq ans les « blancs » (républicains ou monarchistes), assistés par les puissances occidentales, aux bolcheviks. Après leur victoire, le 22 décembre 1922, les bolcheviks instaurent l'Union des républiques socialistes soviétiques ; la Russie devient une des républiques de l'Union (République socialiste fédérative soviétique de Russie).

Géographie

Extension de l'Empire

Administration territoriale

Démographie

Démographie en 1897

Article connexe : Recensement de l'Empire russe.

D'après le recensement de 1897, la population totale répartie selon les langues parlées était de 122 666 000 habitants. La Russie impériale était au XIXe siècle, l'état le plus peuplée du monde occidental, devant les États-Unis et l'Allemagne. D'après les chiffres du recensement de 1897 concernant les nationalités de l'Empire, la population se montait à 122 666 000 habitants dont 44,32 % de Russes, 17,81 % d'Ukrainiens, 6,71 % de Polonais, 10,82 % de turcophones, 4,03 % de Juifs, 2,78 % de Finnois, 2,46 % de Lituaniens et de Lettons, 1,46 % d'Allemands, 1,34 % de populations caucasiennes, 1,07 % de Géorgiens, 0,93 % d'Arméniens, 0,62 % d'Iraniens, 0,28 de Mongols et 0,73 de diverses autres populations[1].

Carte ethnique de la Russie Européenne avant la Premiere Guerre Mondiale.
Nationalités  %
Russes 44,32
Ukrainiens 17,81
Polonais 6,71
Peuples turcophones 10,82
Juifs 4,03
Finnois 2,78
Lituaniens et Lettons 2,46
Allemands [Note 3] 1,46
Montagnards du Caucase 1,34
Géorgiens 1,07
Arméniens 0,93
Iraniens 0,62
Mongols 0,28
Divers 0,73

Démographie en 1913

La population augmente rapidement durant cette période et elle est estimée à 159 millions en 1913.

Le taux de natalité est alors de 45,5 ‰ et le taux de mortalité de 29,4 ‰.

La population urbaine a augmenté de 70 % entre 1897 et 1913 et représente alors 18 % de la population totale.

Moscou et Saint-Pétersbourg ont 2 millions d'habitants, Kiev a 500 000 habitants, Kharkov et Bakou 300 000 et une vingtaine de villes dépassent les 100 000 habitants.

Économie

Réparation d'une ligne de chemin de fer, peinture de (en) Konstantin Savitsky exécutée en 1874.

La révolution industrielle démarre tardivement en Russie mais l'industrialisation progresse énormément à partir de la fin du XIXe siècle et ce pays devient la 5e puissance industrielle du monde à l'aube de la Première Guerre mondiale.

Le gouvernement tire les capitaux nécessaires au développement de l'impôt qui frappe essentiellement les paysans.

Le capital français entre à 80 % des emprunts d'États à l'étranger, et dans plus de 30 % des investissements privés.

Pour la décennie des années 1890, Richard Pipes rapporte que « la productivité industrielle russe s’est accrue de 126 %, le double du taux de croissance allemand et le triple de celui des États-Unis »[2].

La production entre 1890 et 1913 de minerai de fer est multiplié par cinq (9,2 millions de tonnes en 1913), celui de charbon par huit (29,1 millions de tonnes en 1913), celui de l'acier par cinq (4,2 millions de tonnes en 1913).

La densité du réseau ferré double entre 1892 et 1903, le Transsibérien construit à cette époque est l'exemple le plus fameux de ce développement. On compte 18 000 locomotives en 1913 transportant dix millions de tonnes de marchandises par an ; les pertes provoquées par la guerre font qu'en janvier 1918, on ne compte plus que sept à huit mille locomotives pour un transport de trois millions de tonnes de marchandises.

La classe ouvrière, qui comptait trois millions de personnes à temps plein en 1917 et trois millions de saisonniers, baissa à 1,5 million en 1920 suite à la guerre civile russe[3] .

Politique

Empereurs et impératrices

Article détaillé : Liste des monarques de Russie.

Nom et date de règne :

Institutions

Emblèmes

Blason

Lesser Coat of Arms of Russian Empire.svg

Blasonnement :
Le blason de la Russie était l'aigle bicéphale chargé en son cœur de l'écusson de la Moscovie, saint Georges terrassant le dragon. Son hymne national était « Dieu, garde le tsar » (russe : Bozhe, tsaria khrani).

Drapeaux

Hymnes

Symboles du pouvoir

Notes et références

Notes

  1. Littéralement personne de la cour (dvor = Hof en allemand), ce qui accentue le rôle de service de cet ordre.
  2. Le premier ayant eu lieu au XVIIIe siècle.
  3. Il existait plusieurs populations d'origine allemande en Russie : les Germano-Baltes, les Allemands de la Volga, les Allemands de Bessarabie, etc.

Références

  1. (ru) Résultats du recensement de 1897.
  2. La Révolution russe, op. cit., p. 72.
  3. Héléne Carrère d'Encausse, L'Union Sovétique de Lénine à Staline (1917-1953), Éditions Richelieu, 1972 

Annexes

Lien externe

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