Arabes

Arabes
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Arabes
arabe : عرب
Arab infobox.jpg
Populations
Population totale 180 millions (langue maternelle)[1]
Populations significatives par régions
 Monde arabe 230 millions
Autre
Langue(s) Arabe
Méhri
Religion(s) Islam
Christianisme
Judaisme
Groupe(s) relié(s) Sémites

Les Arabes sont un groupe ethnique nomades sans territoires composé dindividus anthropologiquement différents les uns des autres, qui sidentifient par des liens entre autres linguistiques ou culturels, répartis sur une vaste zone qui sétend dOman à la Mauritanie. Ce groupe englobe à la fois les descendants danciennes tribus dArabie, et les ethnies arabisées au long des siècles, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Les Arabes font partie des Sémites. La diaspora arabe est une diaspora mondiale estimée à entre 30 et 50 millions de personnes réparties sur tous les continents et presque tous les pays du monde. Les régions avec des concentrations élevées sont lEurope occidentale, lAsie occidentale et lAmérique du Nord.

Sommaire

Étymologie

Aux portes de Pétra.

Lorigine du mot Arabe demeure obscure, malgré les nombreuses recherches[2].

Le mot arabe peut dériver de la racine sémitique Abhar « se déplacer ». Mais létymologie arabe considère que le mot arabe dérive du verbe « exprimer »[2].

Le mot Aribi a été trouvé dans une inscription assyrienne qui date de 853 avJ.-C. Le roi Salmanazar III relate une rébellion du prince Gindibou lAribi[3]. Vers 530 avJ.-C., le mot Arabaya est transcrit dans plusieurs documents persans. Le nom de lieu Arabia est transcrit en grec par Hérodote. Par la suite tous les écrivains grecs ou latins élargissent le sens en désignant lendroit et les habitants par le mot arabique[3].

Ou il désigne « lhomme du désert » ou encore « lhomme qui a traversé le désert » ; dans cette acception, il représenterait lidentité bédouine, au sens strict, cest-à-dire lensemble des tribus nomades vivant de pastoralisme en Arabie[réfnécessaire]. Ce radical pourrait également désigner « le lieu le soleil se couche » (cf. Érèbe, la ténèbre), cest-à-dire lOccident. Arabe et Europe pourraient provenir du sémitique ereb, qui signifie « coucher du soleil » (donc occident) ; cette hypothèse nest aujourdhui plus retenue [réfnécessaire].

Définitions du terme

En bleu : pays membres larabe est langue officielle.

Lidentité arabe peut reposer sur un ou plusieurs critères.

  • Généalogie. Est arabe celui qui situe ses ancêtres dans lune des tribus dArabie. Cétait la définition utilisée à lépoque médiévale, par exemple par Ibn Khaldoun
  • Nationalité. Est arabe un citoyen dun des 22 pays membres de la Ligue arabe. Cette définition recouvre environ 350 millions de personnes[4], mais exclut la diaspora. Elle englobe des minorités linguistiques (Coptes, Syriaques, Berbères) dont les langues sont enseignées dans la langue officielle (arabe standard moderne) de lÉtat.
  • Langue. Est arabe une personne dont la langue maternelle est larabe. Les parlers locaux, appelés arabe dialectal, ne se comprennent pas entièrement eux. Cette définition réduit considérablement le nombre darabophones. Selon le linguiste Mohammed Benrabah, certaines personnes arabophones ne se reconnaissent pas dans ces définitions.

Selon Sati al Housri, un des pères du nationalisme arabe, « est Arabe celui qui parle arabe, qui se veut Arabe et qui se dit Arabe. »

Par extension, le terme se rapporte à nimporte quelle personne originaire dune ethnie qui a adopté cette langue sémitique. De telles personnes peuvent navoir aucun autre lien avec lArabie, que de vivre dans un pays qui fut annexé pendant lexpansion arabe (Syrie, Liban et Palestine) ou vivre dans un État membre de la Ligue arabe, laquelle comporte des États à majorité non-arabe, comme Djibouti, ou à majorité non-arabophone comme la Somalie, les Comores et Djibouti, ou à majorité arabophone mais il existe de fortes minorités non-arabes comme le Soudan.

Les Arabes d'Indonésie constituent sont recensés comme tels, mais les recensements ont montré que la majorité dentre eux ne parlent pas larabe ou ne la connaissent que comme langue liturgique et non comme langue usuelle.

Les ethnies arabisées

Après lexpansion de la religion musulmane au VIIe siècle, certains territoires sarabisent petit à petit. La culture arabo-musulmane se propage au détriment de la langue grecque ou syriaque notamment au Proche-Orient (Liban, Syrie, Palestine, Jordanie et Irak) et aussi en Afrique du Nord (Égypte, Maghreb et Soudan).

Les populations locales parlent un arabe, décliné en groupes de dialectes.

Par exemple, les Maltais parlent le maltais, une langue qui au départ est un dialecte arabe proche des dialectes tunisiens, mais ils ne se considèrent pas comme arabes. En effet, le mouvement nationaliste maltais, au XIXe siècle, a construit une origine mythique phénicienne à la langue et à la nation maltaises pour contrer les partisans de lannexion de Malte à lItalie en processus dunification, ces derniers utilisant notamment pour argument que larabe était la « langue des musulmans ».

Il existe également des Juifs arabophones pour lesquels lappellation « Arabes juifs » nest pas utilisée, sauf parfois pour désigner des tribus arabes de confession juive à lépoque antéislamique ou au début de lère islamique (hégire), ou dans un sens idéologique, pour désigner par exemple des Juifs non-sionistes se considérant comme judéo-arabes, par exemple Abraham Serfaty au Maroc ou Ilan Halévi, membre de lOrganisation de libération de la Palestine.

Nombre de Somaliens et de Djiboutiens ont pour seconde langue larabe qui est langue officielle dans leur pays.

Parmi les populations berbères des pays dont larabe est la langue officielle, il existe des mouvements identitaires berbéristes (Parti démocrate amazigh au Maroc, Mouvement pour lautonomie de la Kabylie et Mouvement citoyen des Aarchs en Kabylie, Algérie) qui militent pour la reconnaissance de lidentité berbère. Les populations berbères dAfrique du Nord, de cultures distinctes et de langues propres (tamazight, chleuh…) ne sont pas considérées comme arabes. La langue arabe est dailleurs fortement rejetée par une partie des populations berbérophones qui la considèrent comme une langue doppression politique et culturelle[5][réfinsuffisante].

Peuplement arabe

Famille arabe chrétienne de Ramallah, en 1905.
Portrait de femmes des ouled Nail, tribu arabe dAlgérie.

Le peuplement originel de lArabie et du désert sétendant de la Mésopotamie jusquen Syrie est de souche sémite, mais son origine ethnique même est sujette à de nombreux débats. De fait, la présence de ces populations bédouines est très ancienne, puisquon retrouve mention de leurs existences dans des textes assyriens et babyloniens datant du IXe siècle avJ.‑C. mais aussi dans la Bible. Selon celle-ci, ils seraient issus dune scission des fils dAbraham, leur ancêtre mythique étant Ismaël, frère dIsaac ancêtre mythique des Hébreux.

Lhistorien Marc Bergé écrivit :

« Les Arabes font leur première apparition dans lhistoire en 854 avant Jésus-Christ : larabe Gindibu soutint Bin Idri de Damas (le Ben Hadad II de la Bible) en lui amenant mille chameliers du pays dAribi à loccasion de la bataille de Qarqar […] Peut-être le camp de Gindibu était-il situé au sud-est de Damas. Il est certain que les éléments bédouins de la péninsule arabique - quon appelait probablement indifféremment Aram, Eber ou Haribu - devaient être installés à lorigine, dans la région qui sétend entre la Syrie et la Mésopotamie et qui fut, avec la Syrie le berceau le plus ancien des Sémites[6]. »

Présents dans la péninsule Arabique et le désert arabo-syrien jusquau VIIe siècle, ils ont alors connu une expansion vers le reste des Proche et Moyen Orients, vers lAfrique du Nord et la péninsule Ibérique portés par leur foi en lislam qui sest transmise jusquen Andalousie.

Origine

Dans la mythologie de la péninsule arabique, les arabes du sud ont pour ancêtre Qahtan et les arabes du nord ont pour ancêtre Adnan.

Récits antiques et médiévaux

Selon Ibn Khaldoun, les Arabes sont formés de quatre groupes distincts, les Ariba, les Mostaâriba, les Tabia lil âarab et les Mostaâdjem[7]. Daprès lui[8], les généalogistes arabes séparent les tribus de leur nation en deux catégories. La première descend de Qahtan et lautre dIsmaël[9]. Khehlan et Himyer sont de la 1re catégorie. Moder et Rebia b Nizar appartiennent à la 2e catégorie.

Selon Tabari, un historien musulman, Ève habitait à Djeddah et Adam demeurait seul à Serândib dans une montagne. Cette montagne a été identifiée par Ibn Battuta et porte maintenant le nom de pic dAdam[10], il fut envoyé la première fois dans lHindoustan. Adam et Ève sont passés par lactuelle Arabie saoudite. Adam faisait son pèlerinage et il retournait à sa nouvelle demeure, qui est La Mecque actuelle[11].

Tabari fait remonter Ismaël, en passant par Abraham et Noé, à Adam.

Les psaumes et préceptes dAdam ont été écrits en arabe et ils sont conservés au Vatican. Une autre version est en syriaque[12].

Dautres philosophes musulmans se plaisent à dire que la langue dAdam était larabe, mais cela a été contesté par Ibn Jinni au Xe siècle[13].

La mère dIsmaël est Agar, une Égyptienne[14]. Le père dIsmaël était Abraham[15]. Le roi égyptien avait quatre cents femmes, dont Agar. Il offre à Sarah lépouse dAbraham de choisir deux jeunes filles parmi ces femmes. Sarah choisit une seule dentre elles, Agar qui occupait un rang plus élevé que celui des autres et qui se prit daffection pour Sarah[16].

Aspect scientifique

Lhomo sapiens immigre en Arabie vers 60e millénaire avJ.‑C. et devient sédentaire dans la région de lArabie heureuse[17].

Cest au Proche-Orient, dans les régions du croissant fertile que la période néolithique apparaît. Lhomme devient sédentaire vers 13e millénaire avJ.‑C. et développe lagriculture et fabrique des instruments. Les premiers villages au monde voient le jour en Arabie. Ils sappellent Mallaha[18] et Mureybat[19].

Histoire

Articles détaillés : Histoire du Soudan, Histoire de lÉgypte, Histoire de la Tunisie, Histoire de lAlgérie, Histoire du Maroc, histoire de la Libye et Mauritanie.

Mythologie

Selon les textes bibliques ou le Coran, Ibrahim (selon les musulmans) et Abraham (selon les chrétiens, les hébreuxetc.) est lancêtre du peuple arabe, il a eu Ismaël comme fils qui est considéré comme étant le deuxième patriarche des Arabes. Ibrahim a pour aïeul Sem fils de Noé.

Antiquité

Daprès Ctésias, au temps des Phéniciens, les Béroses étaient composés de Chaldéens et dArabes. Le roi arabe à cette époque était Ariée, il faisait la guerre contre Ninus, chef de Babylone et de Ninives[20]. Selon Ferd Hoefer, une dynastie arabe avait occupé Babylone en 1400 avJ.-C. Cusan - Risataim, un madainite (tribu qui appartient aux ismaélites) était le roi de la Mésopotamie. Plusieurs peuples (phéniciens, hébreux) étaient soumis à ce roi. Les ismaélites occupaient une partie de la Mésopotamie et une grande partie de lArabie. La guerre éclate entre les Hébreux et Cusan - Risataim à cause de Yahweh (dieu du Proche-Orient). Les Hébreux ont dénigré ce dieu et se sont mis à adorer Baalim et Astratoh. À la fin, les Hébreux offrent leur soumission à Cusan- Risataim durant huit ans[21].

  • Au Sud

La langue du Sud est différente du nord de la péninsule de lArabie. Le Sud était en plein déclin, après la chute successive du Royaume de Saba qui a duré des millénaires. Les Himyarites sont les derniers souverains de cette région. Dhu Nuwas fut le dernier roi de la dynastie à la fin du Ve siècle, il se convertit au judaïsme et punit les chrétiens à cause de la persécution des Byzantins. Les Éthiopiens, en majorité chrétiens, prennent la région. Vers 575, les Perses font une incursion. La domination des Éthiopiens et des Perses a été éphémère. La société était très développée par rapport aux autres. Les habitants sont sédentaires, habiles dans la construction de digue et lagriculture. Ils produisaient et exportaient les épices, la myrrhe, lencens, les aromatesetc., à une partie du monde. Les routes étaient prospères pendant le temps de la paix (accord signé entre les Arabes et les Romains à lépoque de lempereur romain et arabe Philippe lArabe). Le Yémen était une société monarchique et la religion était polythéiste. Plusieurs inscriptions découvertes dans la région laissent penser quune partie de la population savait écrire[22][réfinsuffisante].

  • Le centre et le Nord

Ces régions étaient influencées par la culture araméenne hellénisée. Les pistes commerciales étaient établies. Les Nabatéens fondent leur royaume et la ville de Pétra fut la capitale. Trajan concrétise une province romaine au nord de la Nabatène. De 244 à 249, Philippe lArabe dirigeait toute la province. Au sud la Syrie était connue sous le nom de Palmyre, Odenathus (« Udhayna ») était le premier souverain puis sa femme Zénobie (« Zayneb ») le remplaça. Aurélien prend la région puisque presque la totalité de la population était semi-nomade ou nomade. Lhistoire demeure sombre au sujet des autres dynasties Lihyan et Thamud. Des inscriptions relèvent lexistence des deux pays. Le Coran mentionne Thamud. En 384, le traité de paix entre les Sassanides et les Romains fait arrêter les guerres dans la région. Cette paix durera jusquen 502. Les Byzantins et les Perses pratiquaient les routes de la région qui étaient sûres[23][réfinsuffisante].

Entre le IVe siècle et le VIe siècle siècle, la région se dégrade. Les Byzantins et les Sassanides sen sont désintéressés. La société arabe demeure tribale. Lélevage était important pour la survie, parfois les Bédouins attaquent les caravanes des Arabes sédentaires. Les tribus arabes avaient un chef élu et avaient un conseil formé de membre de la même famille (Ahl al Bayt) (les gens de la maison). La religion des tribus était le polydémonisme[23][réfinsuffisante].


  • La Mecque

La ville réunissait les grands marchands de la tribu des Quraychites. Ces derniers concluaient des traités avec les Byzantins, les Éthiopiens, les Sassanidesetc. La Mecque était une ville marchande. Ses notables dirigeaient tout par lintermédiaire dun conseil (Madjles)[23][réfinsuffisante].


Moyen Âge

Conquêtes arabo-musulmanes

LAlhambra, vue partielle depuis le Mirador de San Nicolas, elle fut construite par les Nasrides.
Toile de Gustave Boulanger Un cavalier arabe.
Article détaillé : Histoire de lexpansion de lislam.

Avant le début de la conquête musulmane, les tribus arabes étaient donc essentiellement nomades, à lexception notable de quelques régions les Arabes avaient développé des civilisations urbaines, comme au sud de la péninsule Arabique, en Mésopotamie, sur le territoire araméen, ils avaient créé autant de petits royaumes (Palmyre, Pétra, Hatra, royaume Lakhmide de Al-Hira, royaume Ghassanideetc.).

Cest à Yathrib, la future Médine, que lislam commence à établir son pouvoir (voir Tribus musulmanes et juives de Yathrib.

Carte de lHistoire de lexpansion de lislam.
La Grande Mosquée de Kairouan, élevée par le conquérant arabe Oqba Ibn Nafi à partir de 670, est la première mosquée de lOccident musulman. Elle est située à Kairouan en Tunisie.

Après la conquête de la péninsule Arabique par lislam, les Arabes ont conquis aux VIIe et VIIIe siècle les régions voisines du Proche-Orient, lAsie mineure, lAfrique du Nord dans laquelle ils fondent Kairouan première cité musulmane du Maghreb[24]etc.

Après une conversion rapide à lislam, une armée amazighet et arabes conquit lEspagne pour le compte du calife omeyyades de Damas par voie maritime dans la partie de lactuelle lîle de Gibraltar. Toutes les villes tombaient au pouvoir des Omeyyades. Les Amazigh étaient plus nombreux que les Arabes et les Juifs en Andalousie. Plusieurs dynasties se sont maintenues, mais elles finissaient par tomber. La seule dynastie qui a pu survivre est la dynastie arabe des Nasrides à Grenade, elle fut la dernière à tomber en 1492. En même temps, la découverte de lAmérique fut entamée.

Les musulmans ont régné près de huit siècles (de 711 à 1492) en Andalousie. Ils conquirent aussi une partie du Portugal. Les maures furent expulsés de la péninsule ibérique en 1609 sous Philippe III[25][réfincomplète]. Une partie dentre-eux sinstalle en France[réfnécessaire] et plusieurs deviennent chrétiens. Le reste revient en Afrique du Nord[26][réfincomplète]. Certains pouvoirs en Andalousie sentendaient avec les trois communautés religieuses chrétienne, juive et musulmane. À partir de 1492, les Espagnols diffusent en Amérique des techniques et des denrées empruntées à la culture maure (les techniques dirrigation, le sucre, le caféetc.)[27].

Une tête de pont musulmane se maintient en Provence dans le massif des Maures, dans le Sud de la France, jusquà la fin du Xe siècle[28].

La Sicile fut également sous domination musulmane pendant près de 250 ans et la majeure partie de ses habitants se convertirent à lislam jusquà ce que les armées chrétiennes et normandes ne récupèrent lîle, fondant le royaume de Sicile. Cette islamisation et cette arabisation furent dautant plus radicales quune immigration berbère importante suivit les famines qui ravagèrent lAfrique du Nord de 1004-1005 à 1040[29].

Les Hilaliens, une tribu de Quraych, qui venaient dÉgypte envahissent le Maghreb au milieu XIe siècle[30].

Le Proche-Orient et le Maghreb seront conquit par plusieurs dynasties et empires étrangers (Ottomans, Espagnols, Portugais, Anglais, Françaisetc.) par la suite.

Religions

Articles détaillés : Jahiliya, Paganisme, Monothéisme, Christianisme et Islam.
Préhistoire

Les Arabes étaient des sociétés adoptant le totémisme de certains animaux[31].

Antiquité

Yahweh (dieu du Proche-Orient) était le dieu pour la dynastie arabes des Ismaélites à Babylone en 1400 avJ.-C.

Le paganisme arabe existait depuis longtemps. Il y avait plusieurs religions préislamiques chez les Arabes[32]. Les spécialistes soulignent trois groupes importants dans lArabie méridionale, centrale et septentrionale. Le Coran révèle plusieurs divinités de cette époque (Allat, Hubel, Quzeh, Al Lât (femme), Al Ozzâ, Wadd (Amour), Amm, Yagût, Nasretc.[32] Les Arabes étaient des païens. Il y avait le culte des morts chez les Arabes, mais il est mal connu. Le culte des anciens était assez répandu chez les Arabes sédentaires. Les Arabes faisaient des visites aux tombeaux et faisaient des rites[32]. Le plus important, cest que la Kaaba faisait partie des visites et des rites sacrés chez les Arabes avant Mahomet[32].

Certains chercheurs parlent dArabes animistes[33]. Certains Arabes étaient chrétiens avant lapparition de lislam. Dimportantes communautés juives vivaient dans la région et, sous leur influence, quelques tribus arabes se judaïsèrent et étaient éparpillés dans la région. Ils étaient notamment à Yathrib (Médine) et étaient des agriculteurs et des artisans[22][réfinsuffisante].

Moyen-Âge

Lislam est une religion monothéiste professée par le prophète Mahomet en Arabie au VIIe siècle dont les fidèles sont appelés musulmans. Après la mort de Mahomet, il y eu quatre califes qui ont commandé les croyants. Par la suite, trois grands empires (khilafa) arabes voient le jour, les Omeyades, les Abbassides et les Fatimides cette dernière étant de secte chiite ismaéliens, contrairement aux deux autres qui sont de secte sunnite. Après laffaiblissement puis la disparition des Abbassides qui était la dernière Khilafa arabe, une autre khilafa voit le jour celle des turcs Ottomans.

Époque actuelle

La plupart des Arabes ont embrassé la religion musulmane sunnite. Les Arabes sont minoritaires dans la population musulmane. Les six pays non-arabes les plus importants, en termes de population majoritairement musulmane, sont lIndonésie, le Pakistan, le Bangladesh, le Nigeria, la Turquie et lIran.

Il existe également près de quinze millions dArabes chrétiens dans laire géographique arabo-musulmane : en Égypte (de 8-16 %), en Syrie (5,4-9,4 %), au Liban (34-41 %), en Palestine (6 % (11 % avant la diaspora palestinienne)), en Israël, en Jordanie (3-4 %), en Irak (2,7-3,5 %) et en Iran (0,1-0,6 %)[34].

Parmi les Arabes du Brésil qui constituent environ 7 % de la population[35]. La communauté arabe en tout compte 8 millions[27], les chrétiens de la Grande Syrie sont venus au Brésil en 1837. En tout, il y a 17 millions dArabes en Amérique Latine[27].

Aux États-Unis, la communauté arabe compte environ 3,5 millions de membres, dont environ 63 % sont chrétiens et 24 % musulmans[36]. Leur communauté qui sest installée dès le début du XXe siècle en provenance de Syrie, du Liban et dÉgypte, regroupe une population peu nombreuse mais très bien assimilée, avec de nombreux exemples de réussites personnelles, tels John Sununu et Ralph Nader dans la politique, Bobby Rahal dans le sport, ou Paul Anka et Frank Zappa dans la musique. Ces dernières années un certain nombre de nouveaux immigrants sont arrivés depuis lIran, lAfghanistan et lIrak.

Héritage et transmission du savoir classique

Il est communément admis que ce sont des chrétiens syriaques qui ont traduit la majorité des textes des auteurs grecs en arabe et que les versions commentées dAristote, de Platon ou dautres sont parvenues en Europe avec des annotations des penseurs musulmans qui ont ainsi contribué dune certaine manière au mouvement des idées sans en avoir été pour autant les importateurs exclusifs. La latinisation du nom de ces commentateurs montre leur prestige auprès des savants européens[37] : Ibn Rushd est devenu Averroès, Ibn Sina Avicenne, Ibn Tufayl Abubacer, Ibn Bajjah Avempace, Hunayn ibn Ishaq Johannitius

Lislam a rapidement conquis la Perse sassanide et la majeure partie de la chrétienté orientale chrétiens et Juifs reçoivent le statut de dhimmi soumis à limpôt. Les conquérants exigent également de leurs tributaires une contribution intellectuelle qui nourrira cette civilisation naissante en puisant dans les trésors de la pensée antique. La Syrie deveint le principal centre de la pensée hellénique, après que Justinien ait fermé les écoles dAthènes. À lexception de quelques œuvres traduites directement du grec en arabe, les ouvrages grecs étaient traduits en syriaque, une forme tardive daraméen, dans un mouvement qui samplifia après la conquête musulmane[38].

Les califes abbassides créent au début du IXe siècle un atelier de traduction appelé Bayt al Hikma (Maison de la sagesse) à Bagdad et envoient des caravanes à Byzance pour acquérir les manuscrits grecs à prix dor. Ce mouvement de traduction inclut des ouvrages de tant de médecine, de logique ou de philosophie grecques que de littérature persane ou dastronomie indienne qui, synthétisées à travers lislam, font émerger une nouvelle culture philosophique et scientifique arabe appelée ladab, imprimant un essor nouveau aux savoirs en général et à la science en particulier[39].

Parmi les traducteurs fameux, on peut mentionner au IXe siècle le médecin Hunayn ibn Ishaq[40] qui transcrit les corpus médicaux dHippocrate et de Galien, qui serviront de base au Canon de médecine dAvicenne qui sera lui-même traduit en latin et fera autorité durant cinq siècles. Dautres personnalités dimportance sont à mentionner tels al-Farabi[41] qui donne une interprétation dAristote et de Platon harmonisant les deux philosophies ou encore le savant al-Biruni[42], qui décrit lhistoire de lUnivers dans la tradition grecque. Enfin, lœuvre dAverroes, philosophe, théologien et savant musulman du XIIe siècle[43], commentateur des œuvres dAristote, soulève des débats passionnés qui trouvent autant de partisans que de détracteurs et aura une influence telle dans loccident médiéval quon parle daverroïsme.

Les traductions dAristote et dautres auteurs antiques gagnent lEspagne sarrasine et la Sicile lon traduit activement les œuvres de larabe en latin. Tolède, reprise aux Arabes en 1085, devient un lieu de contacts féconds entre culture arabe et monde chrétien : de 1130 à 1150, larchevêque Raymond dAgen emploie des médiateurs juifs qui, en plus de lhébreu savent larabe, le castillan, le latin ou encore des savants chrétiens comme Gérard de Crémone. Ainsi les auteurs anciens et les commentaires arabes pénètrent en occident influençant profondément la pensée des auteurs chrétiens comme Albert le Grand et des Thomas dAquin[44][réfinsuffisante].

Cette théorie est aujourdhui partiellement contestée par des historiens comme Jacques Heers ou Sylvain Gouguenheim[45][réfinsuffisante] qui, allant à contre-courant de la recherche contemporaine[46], explique dans un ouvrage fort critiqué par ses pairs, Aristote au Mont-Saint-Michel[47], quà côté de la transmission arabe il aurait existé une filière directe de traductions du grec au latin, dont le Mont-Saint-Michel aurait été le centre au début du XIIe siècle, grâce à Jacques de Venise[48]. Lhistorien confirme néanmoins la reprise arabo-musulmane de nombreux éléments de la culture ou du savoir grecs mais considère que la pensée dAristote ny eut pas dinfluence dans les secteurs de la politique et du droit, du moins du VIIIe au XIIe siècle[49].

Pour Gabriel Martinez-Gros, professeur à luniversité de Paris X, « si le Moyen Âge occidental minimise lapport des Arabes, cest quil cherche avant tout à renouer avec un patrimoine antique quil tient pour sien ; lIslam médiéval quant à lui exalte une Grèce antique sans parenté avec lEmpire byzantin »[50].

Filiations traditionnelles

Selon les traditions biblique et coranique, les Arabes sont un ensemble de tribus de souches sémite (cest-à-dire descendant de Sem), et chamitique.

Certaines descendent de Qahtan (Yoktan), fils dÉber, appelés « al-ʿArabul-ʿAriba », (cest-à-dire « les Arabes arabes » ou « Purs Arabes ») ou « mutʿarib ». Les poèmes arabes préislamiques évoquent différentes tribus arabes. Cest par ces poèmes qui ont traversés les siècles grâce à la tradition orale que lon connaît aujourdhui les deux grandes tribus fondatrices de la culture arabe :Abs et Doubian. Dautres tribus, présentes plus tardive, les Ismaélites - d sont issus les Banu Quraych selon la tradition arabe, descendent dIsmaël, le fils aîné du patriarche Abraham, qui sinstalla dans le pays. Sa mère Agar lui procura une épouse égyptienne (descendant donc de Cham par Mistraïm, selon la Bible). Ils furent appelés par les premiers « mustʿarib » (مستعرب), cest-à-dire « arabisants ».

La tradition affirme lexistence danciennes tribus arabes disparues à lépoque des deux précédentes, appelés « Al-Arabul-Baida », cest-à-dire « les Arabes disparus ».

Notes et références

  1. (en)Arabic Language, Encarta.
  2. a et b Les Arabes dans lhistoire, Bernard Lewis, page 15, édition Flammarion, (ISBN 978-2-08-081362-6).
  3. a et b Les Arabes dans lhistoire, Bernard Lewis, page 16, édition Flammarion, (ISBN 978-2-08-081362-6).
  4. Ined : Institut National dÉtudes Démographiques, Bulletin no 458, Juillet 2009 (www.ined.fr).
  5. Mohamed Benrabah, opcit.
  6. Marc Bergé, Les Arabes, p. 20.
  7. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, traduction de William McGuckin de Slane, page 1,  éd. Berti, Alger, 2003, p. 1, partie Tribus Arabes de lAfrique septentrionale, note de bas page (ISBN 9961-69-027-7).
  8. Le traducteur du livre dIbn Khaldoun, nous réfère au livre de M. Caussin de Perceval : Essai sur lhistoire des Arabes pour comprendre Ibn Khaldoun.
  9. Fils dIbrahim pour les musulmansetc., et Abraham pour les chrétiens et les Hébreuxetc.
  10. Revue scientifique. Publié par Germer Bailliére, 1884. Notes sur larticle : année 21:sem.1 (1884:janv.-juin). Le pic dAdam à Ceylan. De M.E. Haeckel, page 243.
  11. Tabari, La chronique, Histoire des prophètes et des rois.V1. Édition Sindbad, (ISBN 978-2-7427-3317-0), chap.  : De la création à David, page 83.
  12. La Sainte Bible : texte de la vulgate, traduction française en regard avec commentaires … : introduction générale. De lAbbé Trochon, H -J Crelier, Charles Trochon. Collaborateur Antoine Bayle. Publié par Lethielleux, 1886. Notes sur larticle : v.1. Page 481. version du livre en ligne
  13. Slimane Zeghidour, La poésie arabe moderne entre lIslam et lOccident, Karthala Éditions, 1982 (ISBN 2-86537-047-X) [lire en ligne], p. 35 .
  14. Histoire universelle de lÉglise catholique. De René François Rohrbacher, Franz Hülskamp, Hermann Rump. Publié par Lardinois, 1842, page 210.
  15. Tabari, La chronique, Histoire des prophètes et des rois.V1. Édition Sindbad, (ISBN 978-2-7427-3317-0), chap.  : De la création à David, page 137.
  16. Tabari. La chronique, Histoire des prophètes et des rois.V1. Édition Sindbad, (ISBN 978-2-7427-3317-0), chap.  : De la création à David, page 139.
  17. Hommes voilés et femmes libres : les Touareg, par Marcel Baudin, publié par LHarmattan, (ISBN 978-2-296-05688-6) Version du livre en ligne.
  18. Ktèma Par Université des sciences humaines de Strasbourg Centre de recherche sur le Proche-Orient et la Grèce antiques, Université des sciences humaines de Strasbourg Groupe de recherche dhistoire romaine Publié par Université des sciences humaines de Strasbourg, Centre de recherches sur le Proche-Orient et la Grèce antiques, Groupe de recherche dhistoire romaine., 1986, page 101.
  19. LAnthropologie Par ScienceDirect, Publié par Masson, 1974, Notes sur larticle : v.78 1974 version du livre en ligne.
  20. LUnivers : histoire et description de tous les peuples, Ferd Hoefer. Publié par F. Didot frères, 1852. Notes sur larticle : ser.3 v.9. p. 107 version du livre en ligne.
  21. LUnivers : histoire et description de tous les peuples, Ferd Hoefer. Publié par F. Didot frères, 1852. Notes sur larticle : ser.3 v.9. p. 108.
  22. a et b Les Arabes dans lhistoire, Bernard Lewis, édition Flammarion, (ISBN 978-2-08-081362-6).
  23. a, b et c Les Arabes dans lhistoire, Bernard Lewis, édition Flammarion, (ISBN 978-2-08-081362-6).
  24. (en) Hans Kung, Tracing the Way: Spiritual Dimensions of the World Religions,  éd. Continuum International Publishing Group, 2006, p. 248.
  25. Œuvres complètes. De François Marie Arouet de Voltaire. Publié par [Qui ?], 1878, page 33 Version du livre de Voltaire en ligne.
  26. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte na été fourni pour les références nommées books.google.fr.
  27. a, b et c Les Relations entre lAmérique du Sud et le Moyen-Orient : Un exemple de relance sud-sud. De Élodie Brun, Préface de Guillaume Devin. p. 22. Publié par LHarmattan, 2008. (ISBN 978-2-296-05561-2) Livre en ligne.
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  29. Henri Bresc, La Sicile musulmane, in Clio.fr, 12/2002, article en ligne.
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  32. a, b, c et d Identités et stratégies politiques dans le monde arabo-musulman. De Laurent Chabry, Annie Chabry. LHarmattan, 2001 (ISBN 978-2-7475-0905-3). Page 32.
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  37. Maurice-Ruben Hayoun, Quelles sont les racines culturelles de lEurope ?, in Tribune de Genève, 17 mai 2008, article en ligne.
  38. Jean-François Monteil, La Transmission dAristote par les Arabes à la chrétienté occidentale, in Entre deux rives, trois continents.,  éd. Maison des Sciences de lʼHomme dʼAquitaine, 2004.
  39. Annie Vernay-Nouri (coord. Scientifique), Dossier pédagogique de lexposition al-Idrîsî, la Méditerranée au XIIe siècle, dossier en ligne.
  40. Connu en occident sous le nom de Johannicius, cétait un nestorien arabe.
  41. 872 - 950.
  42. 973 - 1048.
  43. ~1126 - 1198.
  44. Jean-François Monteil, La Transmission dAristote par les Arabes à la chrétienté occidentale, opcit.
  45. Aristote au Mont Saint-Michel. Les racines grecques de lEurope.,  éd. Seuil, Paris, 2008.
  46. AA.VV., Oui, lOccident chrétien est redevable au monde islamique, in Libération, 30 avril 2008, article en ligne.
  47. Pascal Riché, Baston chez les médiévistes autour de lapport de lislam, in Rue89, 2 mai 2008, article en ligne.
  48. Selon le conservateur des manuscrits médiévaux des traités dAristote à Avranches, cette théorie relève du « roman », les renseignements sur Jacques de Venise étant pratiquement inexistants et le Mont-saint-Michel traversant une période troublée à cette époque ; cf. Jérôme Cordelier, Les mystères du Mont-Saint-Michel, in Le Point, 31 juillet 2008, article en ligne.
  49. Cité par Rue89, 2 mai 2008.
  50. Qantara no 71, printemps 2009.

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Bibliographie

  • Les Arabes dhier à demain, Jacques Berque, Paris, Seuil, 1960
  • La pensée arabe, Mohammed Arkoun, Paris, PUF, 1975
  • Histoire des Arabes, Dominique Sourdel, Paris, PUF (collection « Que sais-je ? », no 915), 1976
  • Les Arabes, Maxime Rodinson, PUF, 1979
  • Les Arabes du message à lHistoire, sous la direction de Dominique Chevalier et André Miquel, Fayard, 1995
  • Rôle culturel des chrétiens dans le monde arabe, Samir Kh. Samir, Beyrouth, CEDRAC, 2003
  • Chrétiens du monde arabe : un archipel en terre dIslam, Bernard Heyberger, Paris, 2003, (ISBN 978-2-7467-0390-2)
  • (de)Die Geschichte der »reinen Araber« vom Stamme Qaḥṭān. Aus dem Kitāb našwat aṭ-ṭarab taʾrīḫ ǧāhiliyyat al-ʿArab des Ibn Saʿīd al-Maġribī. Manfred Kropp (Ed.), dans : Heidelberger Studien zur Geschichte und Kultur des modernen Vorderen Orients. Volume 4, Francfort-sur-le-Main et al., Lang, 1982, (ISBN 978-3-8204-7633-0)
  • Alfred SchlichtDie Araber und EuropaStuttgart 2008


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