Immortalité

Immortalité
Fountain of Eternal Life à Cleveland (Ohio), aux États-Unis[1].

L' immortalité désigne le fait d’échapper à la mort et d’exister pour une période de temps indéfinie, voire éternelle. On ne sait pas aujourd'hui (2011) déterminer si l'immortalité humaine serait ou non réalisable, biologiquement ou même juste psychiquement (le changement se cumulant dans une vie, quand un individu est-il "le même" ou "un autre" ? Par ailleurs que faire quand l'expérience acquise finit par demander davantage que nos capacités maximales de mémorisation ?). Les formes biologiques ont des limites qu'on peut ou non espérer surmonter par des interventions médicales, ou d'ingénierie, ou encore un rajeunissement cellulaire[2] ou reprogrammation cellulaire[3]. Une sélection naturelle a cependant développée une immortalité biologique chez au moins une espèce, la méduse Turritopsis nutricula[4].

Quelques scientifiques, futuristes et philosophes, tels Ray Kurzweil, soutiennent que l'immortalité humaine peut être obtenue à partir des premières décennies du 21e siècle, alors que d'autres maintiennent que l'extension de vie est un but plus raisonnable à court terme. L'absence d'âge peut préserver une immortalité humaine biologique, mais ne protège pas contre une mort causée par traumatisme psychologique, ni ne résout le problème de la capacité de mémoire nécessaire à se rappeler indéfiniment les nouveaux éléments appris au cours de cette vie étendue.

Sommaire

Historique

Selon les points de vue, l'immortalité peut être entendue comme concernant l'âme, le corps ou encore les deux. On peut la considérer dans son sens figuré (posthume) ou propre (terrestre). L'origine de ce concept n'est pas certaine, mais on peut remonter progressivement le temps à la recherche de points de repère :

Au XIXe, le spiritisme développe une doctrine uniquement basée sur l'immortalité de l'Esprit et affirme communiquer avec les esprits des morts. Bertrand Russell ne rejette pas a priori le phénomène, mais indique[5][réf. souhaitée] que si le phénomène était averé, "il indiquerait que nous survivons, mais en aucun cas que nous survivons éternellement".

Le Moyen-Âge européen et Byzantin s'aligne sur le symbole de Nicée (premier Credo, établi par le concile de Nicée en 325 - modifié par la suite) qui mentionne « Je crois à la résurrection de la chair ». Cette affirmation de Nicée innovait par rapport à la religion gréco-romaine promettant tout au plus une existence posthume chez Pluton (Hadès), qui ne laissait en principe aucun membre de ses effectifs revenir sur Terre. Seuls avaient le droit de le faire ses « visiteurs occasionnels » (Orphée, Télémaque) et, six mois par an, son épouse Proserpine (Perséphone).

D'après le philologue Ernest Renan, la majorité du peuple hébreu adore le Dieu de ses pères sans espérer la moindre récompense dans l’au-delà, ni même l’existence d’un au-delà. S'il n’est certes pas pour autant interdit d’y croire, non plus qu'à une résurrection physique (vision de Daniel Chapitre 12), la religion elle-même ne s'engage pas à ce sujet. L’Ecclésiaste, par exemple, déclare que les morts ne voient rien et ne sentent rien. Les Pharisiens croient cependant plus tard à l'immortalité de l'âme, selon l'historien Flavius Josèphe. Le livre de Tobie (IIe siècle avant notre ère) évoque une vie après la mort, bien que celui de Job mentionne juste aux épreuves de celui-ci une consolation de son vivant. Si les morts n'espèrent plus en la vie ici-bas, il est jugé concevable de les réveiller et les interroger, car le Dieu de l'Ancien Testament interdit explicitement à ses fidèles de le faire.

Au IVe siècle av. J.‑C., Platon rédige ses propos sur l’immortalité de l’âme (cf. Phédon).

Les briques ayant servi à construire la tour de Babel (Etemenanki) - en fait une ziggourat - aux VIe siècle av. J.‑C. portent l’inscription suivante, qui était gravée dans leur moule : « J’ai, Nabuchodonosor, fils de Nabopolassar, fait ériger cette tour en hommage au dieu Mardouk. Seigneur Mardouk, accorde-nous la vie éternelle ». Dans la même sphère culturelle, l'Épopée de Gilgamesh décrit la quête d'un héros recherchant l'immortalité suite à la mort de son ami Enkidu. Il ne l'obtiendra pas, seuls les dieux étant immortels, et sera condamné à mourir lui aussi, et à se coucher dans le sommeil de la mort.

L’Égypte des pharaons avait depuis longtemps son Osiris, pesant le bien et le mal de la vie du mort pour déterminer où l’orienter; nous n’avons pas d’élément permettant d’affirmer que cette immortalité était promise à la totalité de la population. (à vérifier)

Une des plus anciennes mentions de l'immortalité (amrita) (entre 5000 et 1500 av. J.C.) se trouve dans le 10e mandala du Rig Veda[6]

Plus loin encore, les hommes de Cro-magnon et même de Néandertal enterraient leurs morts avec des fleurs ou des outils[7], et la présence d'ocre dans leurs sépultures a été constatée. Rien ne permet de déterminer si on plaçait ces objets pour usage dans un éventuel au-delà ou bien s'il s'agissait plus simplement de marques posthumes d’affection au même titre que nous fleurissons les tombes de nos morts. Dans tous les cas, cela dénote néanmoins un rituel d'ensevelissement.

Traditions religieuses

Article principal : Vie après la mort.

Jusqu'au plus tard du 20e siècle, il n'existait aucune preuve scientifique concernant l'obtention de l'immortalité physique.

Bouddhisme

Le bouddhisme enseigne qu'il existe un cycle de naissance, de mort et de re-naissance agissant en fonction des actions d'un individu.

Le Dalaï Lama expliqua cependant simplement dans une interview au Figaro dans les années 1990 que "si la science venait à démontrer que la réincarnation est impossible", alors le bouddhisme abandonnerait tout simplement cette croyance"[8].

Vision moderne

Il existe des êtres vivants dont la structure biologique très simple et le mode de reproduction particulier, permettent de les considérer comme immortels. Du plus simple au plus complexe incluant les bactéries, certains types de levures, l'Hydre et certaines méduses très primitives comme Turritopsis nutricula ou Turritopsis dohrnii qui est actuellement le seul être pluricellulaire connu ayant un cycle de vie réversible.

Cas particuliers: l'être pluricellulaire animalier le plus résistant à toute forme de destruction extérieure terrestre ou non est pour l'instant considéré comme étant le tardigrade, embranchement d'espèce à part entière. Les arbres les plus vieux du monde peuvent espérer vivre quant à eux durant cinq millénaires individuellement. L'animal le plus âgé dépasse les 400 années, certains reptiles les 190. L'être humain a officiellement dépassé les 120 ans d'espérance de vie en 1995, grâce à un seul -et unique- représentant d'espèce, Jeanne Calment. Enfin, certains animaux atteints de néoténie (ou syndrome de Peter Pan) meurent sans avoir physiologiquement vieilli, tel l'axolotl, le phénomène inverse se traduisant par une progéria).

Turritopsis nutricula échapperait au processus de vieillissement habituel des cellules, et inverserait même son processus de croissance (ce qui est concevable, la structure d'une méduse étant bien moins complexe que celle d'un vertébré)

« Évoluant souvent en eaux profondes, et puisqu’elles ne peuvent peu ou pas mourir, ces méduses sont en train de développer leur présence dans les eaux du monde entier, et non plus seulement dans les eaux des Caraïbes où elles étaient à l’origine. Et le Docteur Maria Miglietta de l’institut marin tropical de Smithsonien d’expliquer « Nous attestons à une invasion silencieuse mondiale »[9].

Vision d'auteurs

Alexis Carrel

Le prix Nobel de médecine 1912 Alexis Carrel réussit à maintenir vivant in vitro un cœur de poulet pendant une durée dont les estimations varient, selon les sources, de 28 ans à 37 ans[10]. Or la durée de vie typique d'une poule est de 5 ans. Cette expérience a amené à se demander si la longévité d'un organisme n'était vraiment limitée que par celle de ses composants ou s'il fallait rechercher une autre cause, interne, au processus de mortalité.

Jean Rostand

Le biologiste Jean Rostand (1894-1977) déclare dans une interview que « nous ne savons pas si l’homme est une fleur ou une chaise » et s’explique de ce propos provocateur : la chaise est potentiellement éternelle dès lors qu’elle est traitée avec soin et réparée régulièrement. La fleur, au contraire, porte déjà en elle le programme de sa propre destruction. Dans les deux cas, les hommes peuvent espérer découvrir un jour l’immortalité physique : un entretien est en général simple affaire de technique et de discipline ; un programme, lui, peut sans doute s’altérer au niveau du gène. Pour Rostand, « le plus urgent est d’y voir plus clair afin de savoir dans laquelle des deux directions travailler ».

Au soir de sa vie, Rostand se dira persuadé que « si l’on avait consacré aux recherches en biologie toutes les sommes consacrées aux budgets militaires de tous les pays, la question de l’immortalité ou au moins de la jouvence éternelle serait déjà réglée ».

Limite de Hayflick

En 1961, le biologiste Leonard Hayflick découvre que certaines cellules spécialisées ne semblent pouvoir se diviser qu’environ 50 fois successivement. Mieux : si ils se divisent 30 fois, puis qu'ils sont ensuite mis au repos pendant un temps élevé, une reprise des reproductions les limitera à 20 divisions successives : ces cellules semblent donc posséder une sorte de compte à rebours interne. Ses pairs lui donnent le nom de limite de Hayflick. Il est par la suite découvert que cette limite est due à une reproduction incomplète des extrémités du brin d’ADN (télomères). Or cette reproduction est complète en ce qui concerne les cellules sexuelles. Des agents inhibant ces télomérases sont découverts. Toutefois, en rendant des cellules immortelles, il faut prendre garde à ne pas en faire des cellules cancéreuses (voir Henrietta Lacks et sa Lignée cellulaire HeLa de « cellules immortelles »). Par ailleurs se pose le problème de traiter la totalité des cellules d’un organisme vivant.

Étienne-Émile Baulieu et la DHEA

Spécialiste des hormones stéroïdes, il est mondialement connu pour la mise au point en 1981 de l'anti-progestérone RU 486, ou pilule abortive.

Mais il est également connu, dès 1963, pour ses travaux sur la DHEA sécrétée par les glandes surrénales, et a mis en évidence certaines de ses propriétés, notamment par rapport à certains aspects secondaires du vieillissement (amélioration cutanée, augmentation de la densité osseuse et de la libido chez la femme ménopausée).

La DHEA est un androgène qui est réputé pour ses effets antivieillissement. L'efficacité de la DHEA reste controversée. Elle a été établie le plus souvent grâce à des études animales ou des études effectuées par comparaison avec un placebo (notamment l'étude DHEAge). La DHEA n'est actuellement (2011) pas en vente libre en France, les autorités sanitaires Française (AFSSAPS) ayant décidé de poursuivre son évaluation avant de donner son autorisation de mise sur le marché. Il est en revanche possible de se la procurer par prescription médicale ou sur Internet dans des pays comme les États-Unis (sans garantie de pureté) où elle est commercialisée depuis les années 1990 en tant que simple complément alimentaire.

Robert Ettinger

En 1964, Robert Ettinger publie son livre intitulé L’homme est-il immortel ?. Ce livre[11] contient quatorze expériences de pensée sur le thème de l’identité. Sa préoccupation est de cerner quelles sont les transformations d’un individu qui nous paraissent acceptables (cryogénisation comprise) pour considérer qu’il est toujours lui-même. La question se pose avec une acuité plus grande encore si une copie à distance d’un individu est créé (expérience de pensée) : « peut-on alors sans problème de conscience détruire l’original et considérer que l’individu a simplement été téléporté ? »

Les idées d'Ettinger ont donné naissance à des sociétés assurant la conservation d'organismes - parfois de simples cerveaux - humains par la cryogénie. Un article de 1986 des professeurs Goldanskii et Vitalii[12] , laisse craindre toutefois que même à la température de l'azote liquide des réactions chimiques par effet tunnel continuent à se produire au fil des mois, endommageant de plus en plus les organismes concernés.

Gamow et Hofstadter

Dans M. Tompkins s’explore lui-même (ouvrage non-réédité), le physicien George Gamow s’interroge sur la question de savoir où se localise le "moi" dans un individu. Il imagine par la pensée une population de clones à l’esprit conservé vierge (peu importe comment) et dans lesquels il pourrait être transféré par un procédé donné toutes les connaissances et habitudes d’un individu ainsi que ses goûts. Une fois l’esprit transféré dans le nouvel individu « peut-on considérer que la personne « a changé de corps » et simplement se débarrasser de l’ancien ? » Il est difficile de répondre à cette question, voisine de la précédente.

Douglas Hofstadter et Daniel Dennett, passionnés par cette question de la cognition et de l’identité, décident pour établir une sorte d’état de l’art de créer une compilation des plus intéressants articles, d’après eux, écrits sur le sujet. Ce sera The mind’s I, traduit en français sous le nom "Vues de l’esprit". Beaucoup d’expériences de pensée, dont une qui permet de penser que le "moi" peut fort bien être "délocalisé en plusieurs endroits" si les communications suivent (« Where am I? ») (voir aussi l’article noosphère).

Gordon Bell et le projet Mylifebits

Dans l'immédiat, Gordon Bell estime que l'on[Qui ?] doit pouvoir stocker une très grande partie du vécu d'une personne sur un ou plusieurs téraoctets, et y avoir accès de façon directe par le procédé d'hyperliens imaginé par Vannevar Bush. Il s'agit surtout ici d'une mémoire auxiliaire et en principe parfaite, mais si la mémoire constitue le fondement de l'identité, alors peut-être y aurait-il dans cette sorte de backup de quoi reconstituer de façon au moins virtuelle un individu. Achevé en 2007, ce projet MyLifeBits (en) de recherche a été financé par la société Microsoft[13]. Le résultat de cette expérience est relaté dans le livre de Jim Gemmel et Gordon Bell intitulé Total Recall publié en janvier 2011 chez Flammarion[14]. Sur cette base, les transhumanistes envisagent le téléchargement de la personnalité d'un individu sur un support numérique non biologique grâce au « mind up-loading »[15].

Kurzweil

Kurzweil[16] reprend l'exemple de substitution progressive également exposé par Bruno Marchal[17] dans sa thèse :

  • Si UN neurone est remplacé par son équivalent fonctionnel, le comportement de l'individu va être en tous points semblable.
  • En les remplacant tous un par un, le résultat serait un individu complet, identique fonctionnellement au précédent, sous forme électronique. Pour Kurzweil, telle est la voie par laquelle l'homme a le plus de chances d'atteindre, sinon à l'immortalité, du moins à une espérance de prolongation de sa vie consciente d'un facteur 10, voire 100… tant que la stabilité politique et économique permet d'assurer la maintenance des machines et de payer leur facture d'électricité. Ce thème est repris par l'auteur de Greg Egan dans son roman La Cité des permutants (Permutation City).

Sur le plan pratique, le problème se présente pour Kurzweil en trois phases :

  1. Il faut dans un premier temps radiographier le cerveau non pas avec une résolution du dixième de millimètre comme le permettent les procédés d’imagerie médicale par résonance magnétique nucléaire, mais bel et bien aller chercher l’information sur chaque cellule là où elle se trouve. Kurzweil rappelle qu’il y a quelque chose « qui passe partout » dans le cerveau : le flux sanguin. Son pari raisonné est que quelques millions de microscopiques machines issues de la nanotechnologie pourraient partir à la découverte du terrain, transmettre immédiatement l’information (qu’elles ne pourraient stocker), et celle-ci être collationnée par ordinateur
  2. Le processus ne saurait être instantané, et il se peut qu'il ne soit pas complet. Nous ne savons pas quelle durée aurait un scan (probablement entre quelques dizaines d’heures et quelques années), et dans l’intervalle nos opinions sur une quantité de sujets auraient changé, ainsi que notre « moi ». Kurzweil ne s’inquiète pas outre mesure de la question : au cours d’une nuit de sommeil, notre « moi » change légèrement aussi[18], sans que nous nous en angoissions particulièrement (excepté les très jeunes enfants, alors en pleine phase d’apprentissage); par ailleurs il nous arrive au cours de notre vie d’oublier quelques connaissances anciennes ou récentes sans grand dommage pour notre intégrité mentale
  3. Plus complexe sera la reconstitution de l’état mental scanné (avec de très fortes redondances puisqu’un endroit sera analysé au cours du temps par des quantités de microcapteurs), la représentation de chaque neurone et cellule gliale, et enfin la gravure du tout dans le silicium ou sa reconstitution sur des machines de traitement de l’information d’un type ou d’un autre. Toutefois cette troisième phase peut se faire attendre si besoin plusieurs décennies, les deux premières seules ayant à être réalisées du vivant de l’intéressé.

Il est important de se rappeler que tout cela reste pour le moment spéculatif, en d’autres termes théoriquement envisageable, mais nullement certain.

La société Imagination engines (start-up créée par des anciens du Massachusetts Institute of Technology - MIT) affirme travailler sur un projet de ce genre nommé InItsImage qui est détaillé sur son site.

Aubrey de Grey

Le projet SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence (2002))[19] a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine (et de la jeunesse) au moyen de procédures médicales créées afin de contrer les dysfonctionnements de l'organisme.

Par exemple le sous-projet ambitieux et novateur WILT prévoit de bloquer la réparation des télomères dans l'organisme en interdisant la synthèse de télomérase (afin de rendre le cancer impossible) tout en repeuplant périodiquement l'organisme à l'aide de cellules souches saines (les télomères de ces cellules souches étant intacts, la limite de Hayflick n'est plus un problème).

La stratégie de financement repose sur le Methuselah Mouse Prize (prix de la Souris Mathusalem). William Haseltine, le pionnier du séquençage du génome humain, a déclaré à ce sujet : « Il n'y a aucun effort comparable à celui-ci, et il a déjà significativement contribué à la prise de conscience que la médecine régénérative est une réalité très proche, pas une hypothèse ».

Professeur Skulachev

En septembre 2010, le professeur Vladimir Skulachev, de l'université de Moscou (en Russie), annonce avoir stoppé le vieillissement chez des souris au moyen d'un anti-oxydant[Lequel ?] pénétrant tout l'organisme et inoffensif pour ses organes vitaux. L'oxygène est normalement transformé en eau par les processus vitaux, mais un petit pourcentage tourne en radicaux libres dangereux pour l'ADN et ce sont eux que cette pilule est censée stopper. Le prix Nobel 1999 Günter Blobel confirme le caractère sérieux de cette découverte, et Aubrey de Grey s'est rendu à Moscou pour examiner ces candidates au projet de souris Mathusalem.

Cette revendication est dans la lignée d'une similaire par un laboratoire britannique[20] quelques mois plus tôt et, au début des années 90, de l'annonce des effets bénéfiques de la DHEA par le professeur Beaulieu. Il ne s'agit cependant que d'annonces et quelques années seront nécessaires à confirmer ou infirmer leur efficacité d'une part, leur réelle innocuité et leur généralisation possible au grand public d'autre part.

Points de vue

  • Paul Valéry estime dans Tel Quel que « de même que les hommes ont besoin de changer de vêtements, les idées ont besoin de changer d'hommes » : le renouvellement des générations évite à son avis que la société ne se sclérose.
  • Georges Wolinski, dans un épisode de La Vie compliquée de Georges le tueur, répond indirectement aux préoccupations d'immortalité de Cavanna en expliquant qu'« un immortel remet éternellement au lendemain ce qu'il n'a pas envie de faire », et que donc c'est dans l'ensemble la certitude (ou presque) de la mort qui pousse l'homme à agir.
  • Robert Ettinger mentionne l'avis généreux des personnes qui refusent l'immortalité parce qu'il faut faire de la place aux générations futures, tout en trouvant cette philanthropie suspecte quand elle émane de personnes « qui ne donnent même pas aux œuvres de charité le 1% déductible de leur revenu ».
  • Albert Camus dans La Peste estime que « [...] puisque l'ordre du monde est réglé par la mort, peut-être vaut-il mieux pour Dieu qu'on ne croie pas en lui et qu'on lutte de toutes ses forces contre la mort, sans lever les yeux vers ce ciel où il se tait ».

Média

Personnalités historiques

Littérature

  • 1845 : Eugène Sue : Le Juif errant : l’immortalité peut-elle être une calamité pour qui en est doté ? Cette idée sera reprise dans Highlander
  • 1862 : Edmond About, L’Homme à l’oreille cassée : la réanimation sous le Second Empire d’un grognard gelé pendant la retraite de Russie, et quelques problèmes afférents.
  • 1891 : Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray (The Picture of Dorian Gray) : dans l'Angleterre victorienne, un homme conserve sa jeunesse tandis que son portrait vieillit à sa place.
  • 1939 : Aldous Huxley, Jouvence ("After Many Summer"), essai sur la jeunesse éternelle
  • 1946 : Simone de Beauvoir, Tous les hommes sont mortels : roman sur un homme, le comte Fosca qui, une fois devenu immortel, se rend compte à ses dépens que l'immortalité tue... l'esprit, la volonté, l'amour, l'envie de vivre...
  • 1947 : Jorge Luis Borges, L'immortel : une nouvelle sur la vanité de la quête de l'immortalité puisque le moteur qui motive chacun de nous est de se savoir mortel. Un Romain qui a servi dans les armées de César trouve un fleuve qui lui donne l'immortalité, puis passera des siècles à chercher le ruisseau qui pourra le rendre à nouveau mortel.
  • 1973 : René Barjavel, Le Grand Secret : Jeanne et Roland s'aiment mais un jour Roland disparaît subitement. Jeanne découvrira qu'il se trouve sur une île protégée où se trouvent seulement des humains atteints du virus de l'immortalité.
  • 1976 : François Cavanna, Stop-crève : essai sur l’absence officielle d’intérêt des pouvoirs publics sur le sujet.
  • 1976 : Anne Rice, Entretien avec un vampire
  • 2005 : Michel Houellebecq, La Possibilité d'une île : il aborde le sujet du clonage et de la création artificielle d'une nouvelle espèce tout en poursuivant la réflexion de l'auteur sur la société contemporaine, en particulier sur les relations entre les hommes et les femmes.
  • 2007 : Dans harry potter et les Reliques de la Mort , si quelque un reunit les reliques de la mort il deviendra le maitre de la mort , ce qui signifie une immortalité ou plutôt une invulnérabilité .
  • 2009 : Herbot Lothey, Guide pratique de l'immortalité, trucs infaillibles et histoires vraies pour passer à coup sûr à la postérité, Pearson, Paris 2009.
Science-fiction

Cinéma et télévision

Arrêt du vieillissement
  • Peter Pan, plusieurs films depuis 1924.
  • L'homme qui trompait la mort, 1959
  • Le Tambour, 1979.
  • Le Grand Secret : Jeanne et Roland s'aiment mais un jour Roland disparaît subitement. Jeanne découvrira qu'il se trouve sur une île protégée où se trouvent seulement des humains atteints du virus de l'immortalité. 1989
Rajeunissement
Retour à la vie

Bandes-dessinées

Jeu vidéo

Dans de nombreux jeux, il existe un code de triche permettant de rendre le joueur immortel et ainsi l'aider à terminer le jeu plus facilement.

Notes et références

  1. (en) Marshall Fredericks, GCVM History and Mission, Greater Cleveland Veteran's Memorial, Inc., 2003 [lire en ligne (page consultée le 14 septembre 2009)] 
  2. http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20101117.OBS3097/rajeunissement-cellulaire.html
  3. http://www.universcience.fr/fr/science-actualites/enquete-as/wl/1248100298723/reprogrammation-cellulaire-enquete-sur-une-revolution-scientifique/
  4. (en) Gilbert =Scott F., « Cheating Death: The Immortal Life Cycle of Turritopsis », 2006. Consulté le 14 septembre 2009
  5. Bertrand Russell, Science et Religion, Folio
  6. Extrait du Rig Veda
  7. Avec des instruments de musique uniquement chez Néandertal
  8. En expliquant avec bonne humeur que sa profonde différence de caractère avec le précédent Dalaï Lama s'expliquerait ainsi fort bien, mais qu'il préférait pour le moment y voir une manifestation de l'humour cosmique
  9. Une méduse serait le seul animal immortel, 10 mars 2010. Consulté le 1er octobre 2011
  10. À partir de 1912 d'après cette source, qui précise que l'expérience aurait été arrêtée en 1946, c'est-à-dire deux ans après la mort de Carrell lui-même [1]
  11. Robert Ettinger, L'homme est-il immortel ?, Denoël, 1964 (préface de Jean Rostand)
  12. Quantum Chemical Reactions in the Deep Cold, Scientific American, 254:46, février 1986.
  13. Projet Mylifebits
  14. (en) Bell, Gordon; Gemmell, Jim (2009). Total Recall: How the E-Memory Revolution Will Change Everything. Penguin Group. ISBN 9780525951346.
  15. Catherine Ducruet, Rendre l'esprit éternel, Les échos, 19 mai 2011, page 2
  16. Page Kurzweil AI
  17. IRIDIA. Repris dans cet article plus récent : http://iridia.ulb.ac.be/~marchal/publications/M&PI_15-MAI-91.pdf
  18. Le bon sens populaire l'avait constaté de longue date avec un proverbe comme La nuit porte conseil
  19. site officiel
  20. Sur la piste d'une pilule pour vivre trente ans de plus sur Le Parisien, 1er juillet 2010. Consulté le 1er juillet 2010

Annexes

Bibliographie

  • Jacques Bergier, chapitre Les Immortels parmi nous, dans Visa pour une autre Terre, 1974, éd. Albin Michel
  • Jacques Bergier, Les Maîtres secrets du Temps, 1974, éd. J'ai Lu

Articles connexes

Lien externe


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