Pathé cinéma

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Pathé

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Création 1896
Fondateur(s) Charles Pathé, Emile Pathé
Siège social Paris
Drapeau de la France France
Direction Jérôme Seydoux, Eduardo Malone
Activité(s) Producteur de cinéma, Distribution de film, Exploitation de salles de cinéma
Filiale(s) EuroPalaces (66 %)
Site Web www.pathe.fr
Principaux concurrents
MK2, Kinepolis Group, Cinéville, CGR, UGC

Pathé est une société de cinéma française. Pathé ou Pathé Frères est le nom des entreprises de l'industrie cinématographique fondées et initialement dirigées par les frères Charles et Emile Pathé en France. Pour les activités relevant de l'industrie musicale, reportez-vous à l'article Pathé Records.

Sommaire

Histoire

Pathé disque

A l'origine, en 1896, les quatre frères Pathé avaient mis en commun leurs économies (8.000 francs chacun) pour créer une société de vente d'appareils phonographiques. Deux des frères ayant abandonné, ce seront les deux frères Charles et Émile Pathé qui vont promouvoir ce qui va devenir la plus grosse société de phonographie puis de cinéma du monde. Le principal artisan du succès de l'activité cinématographique est Charles Pathé qui avait aidé à l'ouverture d'un magasin de gramophones en 1894 et par la suite implanté une fabrique de phonographes à Chatou dans la banlieue ouest de Paris. Son succès industriel amorcé, il entrevoit les opportunités offertes par les nouveaux divertissements et tout particulièrement par l'industrie balbutiante du cinéma. Ayant pris la décision d'étendre les activités de son entreprise à la fabrication de matériel pour le cinéma, Charles Pathé préside à la croissance rapide de sa société. Il reçoit le concours décisif d'un investisseur, Grivolas, qui va apporter un capital d'un million de francs, ce qui permettra l'expansion de la société

Construction d'un empire

À l'origine, simples revendeurs de matériels achetés en Grande-Bretagne, les deux frères vont construire un véritable empire :

  • Des studios de cinéma, à Joinville-le-Pont et à Montreuil, qui vont produire un très grand nombre de films sous le label Pathé ou celui de firmes associées (SCAGL, Film d'Art, etc...) et qui vont conquérir le monde entier.
  • À cet effet, ils vont créer près de deux cents succursales ou filiales dans le monde. Celles-ci sont tenues d'acheter l'intégralité de la production des films Pathé et de les diffuser. À titre d'exemple, la première succursale américaine est tenue d'acheter cent copies de chaque film, ce qui suffit à les amortir. La firme Pathé en France substituera à la vente des copies le système de location, malgré les protestations des forains, qui étaient à l'origine leurs principaux clients.
  • Les frères Pathé encourageront la formation de quatre sociétés qui construiront des salles destinées uniquement à la projection de films cinématographiques. Ces salles, baptisées "Pathé", auront l'exclusivité de la production Pathé qu'elles seront tenues de programmer. Pathé participera au capital de l'une de ces sociétés mais, contrairement à la légende, elle n'acquérera aucune de ces salles.
  • Associé à la société Continsouza qui conçoit et fabrique, Pathé sera premier dans la production des appareils de prise de vue et de projection professionnels, mais aussi dans une première mouture d'appareils de salon (au format réduit de 28 mm), baptisés Pathé Kok.
  • Les frères Pathé construiront à Vincennes une usine de fabrication de films vierges qui détrônera en Europe le monopole détenu par l'américain George Eastman.

Vers 1904, Pathé distribue 30 à 50% des films projetés en Europe et aux États-Unis, mais la création de nombreuses firmes nationales en Suède, en Grande-Bretagne, en Italie et surtout aux États-Unis va entraîner un déclin relatif.

Dans un premier temps, Charles Pathé va s'efforcer de développer ses affaires américaines en y aménageant des studios dans le New-Jersey. Il va s'associer pour cela avec le milliardaire Hearst malgré la réputation de germanophilie et de gallophobie de celui-ci.

Un démantèlement progressif

En 1918, les frères Pathé se sont convaincus de la suprématie de l'industrie cinématographique américaine et qu'il est illusoire de vouloir s'y opposer. Il s'agit alors de céder dans les meilleures conditions les différentes branches de leur trust.

À cet effet, la branche phonographique et l'usine de Chatou sont détachées de l'ensemble et continueront à fonctionner sous la direction d'Émile Pathé, qui abandonne ainsi toute activité dans la branche cinéma. En 1924, Émile Pathé prendra sa retraite et cédera ses intérêts à Marconi : la société s'appellera désormais "Pathé Marconi" bien que Pathé n'ait plus de participation dans l'affaire.

La branche cinématographique deviendra "Société Pathé Cinéma" et sera animée par Charles Pathé exclusivement.

À remarquer que Charles Pathé a prévu par contrat de percevoir 10% des sommes reçues pour chaque cession d'une affaire.

  • En 1920, Charles Pathé va céder à une nouvelle société baptisée "Pathé consortium cinéma", mais dans laquelle Pathé s'est gardé d'investir, les studios de Joinville et l'appareil de distribution. En contrepartie la nouvelle société devra verser une redevance de 10% de son chiffre d'affaires, ce qu'elle n'arrivera pas à assurer, d'où des litiges incessants.
  • Charles Pathé va liquider à des conditions que nous connaissons mal les différentes succursales étrangères, notamment la branche américaine baptisée "Pathé Exchange".
  • Il va céder à Eastman la prospère usine de films vierges de Vincennes pour la somme de 150 millions de francs. Cette cession sera présentée comme une collaboration entre Eastman et Pathé, puisque la nouvelle société s'appelle "Kodak-Pathé", mais en réalité la quasi totalité des actions (995.000 sur un million) et le pouvoir sont dévolus au trust américain.

En même temps qu'il liquide les actifs principaux, Charles Pathé va cependant créer deux activités annexes intéressantes. Il imagine en 1922 le Pathé Baby ou "Cinéma chez soi", appareil de format réduit (sur film 9,5 mm) conçu par Continsouza pour les particuliers et qui connaîtra un succès tel que l'usine Continsouza aura du mal à fournir. Charles Pathé ne veut pas investir des fonds importants dans cette activité. Il va donc créer une "Société du Pathé Baby" au capital de 10 millions de francs dans laquelle il participe à hauteur de un million de francs. La nouvelle société est tenue d'acheter exclusivement les bandes positives de format réduit à Pathé Cinéma, ce qui représente des rentrées financières appréciables et sans risques.

Dans le même ordre d'idées, Charles Pathé va s'efforcer dès 1923 de promouvoir le Pathé Rural, appareils de projection et films de format réduit (sur film de 17,5 mm) destinés à la petite exploitation rurale et aux salles de patronage et concurrent du film 16 mm qui vient d'apparaître aux États-Unis. Mais comme il n'arrive pas à trouver d'investisseurs, ce projet subit de grands retards. Finalement Charles Pathé se résigne à le lancer lui-même en 1928.

Façade d'un cinéma Pathé avec l'emblème du coq, Montpellier

Charles Pathé était le "Directeur technique " et incontestablement l'animateur des activités prodigieuses de la firme, mais il ne possédait pas un nombre appréciable d'actions qu'il aurait pu céder. Désireux de se retirer, il fait créer en 1928 50.000 actions "à vote plural" (payées 25 francs) réservées aux cinq membres du Conseil d'Administration. Ces actions à vote plural permettent théoriquement le contrôle de la Société. En 1929, les cinq membres du Conseil d'administration vont vendre pour la somme de cinquante millions de francs les actions qu'ils ont payées un million deux cent cinquante mille francs l'année précédente.

La période Natan

L'acquéreur, Natan Tanenzapf dit Bernard Natan, est peu connu du grand public. Il avait fondé dès 1910 une société cinématographique "Cine-actualités" puis "Rapid-film", entreprise de tirages de films, qui vont connaître une expansion constante. Il avait fait construire dans les locaux de la rue Francœur deux studios ultramodernes et s'était mis à produire des films sous le nom de "Productions Natan".

Bernard Natan, passionné par le cinéma, va s'efforcer de reconstituer l'empire Pathé démantelé.

  • Il va acquérir un circuit de plus de 60 salles en France et en Belgique auxquelles il va associer une centaine de salles "associées" qui, selon Charles Pathé, furent la source initiale de pertes importantes.
  • Il va racheter à Sapène la société "Cinéromans", ce qui lui apportera les 7 studios de Joinville et l'appareil de distribution de Pathé Consortium. Il va construire à Joinville deux nouveaux studios, ce qui, joint aux deux studios de la rue Francoeur, lui permet de reprendre la production et la distribution de films.
  • Il développera le Pathé Rural, qui deviendra également parlant, la production de films éducatifs et s'efforcera d'être présent dans tous les domaines de l'industrie cinématographique : il va acquérir les brevets "Baird" de télévision et ceux du professeur Henri Chrétien (l'hypergonar, futur cinémascope). Il acquérera la station de radio Vitus-Ile de France.
  • Il va relancer le "Pathé Journal" , créé en 1908 par Pathé et abandonné en 1926 comme peu rentable. Pathé Journal deviendra parlant.

En dix-huit mois, "Pathé Cinéma", devenu "Pathé Natan", devient la plus importante firme cinématographique française, loin devant la GFFA (née de la fusion de Gaumont, Aubert Franco Film et Continsouza).

Pour financer ces réalisations, Bernard Natan va être amené à accepter le concours des banques Conti-Gancel et surtout Bauer & Marchal. Il sera amené à augmenter considérablement le capital de la Société qui passera de 54 millions à 160 millions (dont cinquante ne seront jamais souscrites malgré les promesses des banquiers). Il va créer pour financer l'acquisition des salles cent millions d'obligations (là aussi, il n'y en aura que cinquante millions de souscrites).

La crise économique, qui ne commencera en France qu'en 1932 et la suprématie des films américains entraîneront la déconfiture de la plupart des sociétés cinématographiques françaises, en premier lieu la GFFA, en faillite dès 1934 avec 300 millions de passif, mais aussi de Osso, Haïk, etc... La société américaine Paramount qui avait créé à Saint-Maurice (Val-de-Marne) de splendides studios destinés à produire des films dans les différentes langues européennes va cesser son activité avec 200 millions de pertes.

Pathé Natan résiste mais subit les contrecoups de la crise, aggravés par une campagne de presse qui débutera dès 1931, campagne de presse violemment xénophobe puis antisémite à partir de 1934. Certains prétendent que ces campagnes sont organisées par un "syndicat" de banquiers et industriels qui désirent acquérir les actifs de Pathé mais aussi de GFFA.

Un "syndicat de défense des actionnaires de Pathé Cinéma" créé par un certain Dirler et relayé par le journal "Le Jour" (de Léon Bailby) va entretenir un climat délétère qui entraînera la chute du cours des actions. Finalement un expert est nommé en 1935 par le tribunal de Commerce de Paris. Celui-ci s'empressera de déclarer que la "Société de gérance des Établissements Pathé" (qui possède les salles de cinéma) ne peut pas régler les annuités des obligations, qu'elle est en conséquence déclarée en faillite et par extension la Société Pathé Cinéma qui est caution. Cette décision prononcée le 2 décembre 1935 sera confirmée en appel le 23 juillet 1936. L'arrêt précise que la société est hors d'état d'apurer son passif colossal.

En réalité, l'activité de la Société se poursuit normalement (en dehors de la production de films qu'une société déclarée en faillite n'a pas le droit d'assumer). Au bout de deux ans, les syndics publient leur rapport d'activités : ils précisent qu'ils ont pu continuer l'activité sans aucun appel de fonds extérieurs et que les résultats des deux ans d'activités sont bénéficiaires. Les syndics se défaussent alors sur une "Société générale de cinématographie", créée en octobre 1939, qui deviendra le 28 novembre 1940 la "Société d'exploitation des Etablissements Pathé Cinéma". Cette Société qui reprend les actifs est animée par un syndicat de repreneurs constitué par la Société Thomson-Houston, la Compagnie des compteurs, le groupe électrique Mercier, la société Péchiney, etc...

Celui-ci va se trouver opposé au groupe constitué par Dirler qui a réussi à rassembler un grand nombre de pouvoirs de petits actionnaires. Le syndicat repreneur est soutenu par le gouvernement de Vichy qui craint la mainmise des occupants si le contentieux s'éternise. Le gouvernement de Vichy va même offrir sans aucune contrepartie 125.000 actions Pathé, extorqués au banquier suédois Aschberg au groupe qui a ses préférences.

Finalement une solution est trouvée. Une nouvelle expertise indique que l'actif est supérieur au passif et que par conséquent la société se retrouve "in bonis" après avoir réglé le passif avec les indemnités de retard. Une nouvelle société baptisée "Société nouvelle Pathé Cinéma" est créée qui récupérera les actifs. Cette société est dirigée par Adrien Rémaugé, un employé de la Société Thomson-Houston, mais les autres membres du Conseil d'administration sont aussi des employés des différents repreneurs.

Rappelons pour mémoire que Bernard Natan et son frère Émile Natan avaient repris dès 1936 sur des bases plus modestes leurs activités dans l'industrie cinématographique. Émile Natan a créé la "Société les Films modernes" qui produisent deux films par an en moyenne (Le Roi, Mayerling, etc...). Bernard Natan a acquis la gérance des anciens studios Paramount de Saint-Maurice et assume la coproduction des films tournés dans ces studios. Fin décembre 1938, Bernard Natan est arrêté. Immédiatement une campagne de presse de la presse de droite, mais aussi d'information, stigmatise l'"évadé des ghettos" qui a ruiné l'entreprise créée par "de bons français". Il est condamné à quatre ans de prison, porté à cinq ans en appel, c’est-à-dire au maximum prévu par la loi. On annonce un nouveau procès qui pourra enfin révéler les détournements fantastiques effectués par lui et qui aurait ruiné une société prospère. Ce procès aura effectivement lieu sous l'Occupation et donnera lieu à une nouvelle campagne de calomnies et d'affirmations que rien ne vient étayer. Bernard Natan sera déchu de la nationalité française, ce qui facilitera sa livraison aux allemands qui le déporteront à Auschwitz le 23 septembre 1942. Il y mourra, vraisemblablement en octobre 1942.

La Société nouvelle

Au fil des années, l'activité de la Société nouvelle connaît de nombreux changements dont la production de programmes pour l'industrie florissante de la télévision. Pendant les années 1970, l'exploitation des salles de cinéma remplace la production de films en tant que principale source de revenus. Lorsque l'activité tombe sous le contrôle de Giancarlo Paretti et Max Théret, celui-ci installe Pierre Vercel à la direction. Propriétaire des studios américains Cannon, il les renomme Pathé Communications Corporation (PCC) alors qu'il n'y a pas de lien entre ces deux sociétés. C'est via PCC et non Pathé qu'il achètera MGM/UA à Kirk Kerkorian, le tout entièrement financé par le Crédit lyonnais de Rotterdam (CLBN), qu'il ne remboursera jamais.

En 1990, Chargeurs, un conglomérat français dirigé par Jérôme Seydoux, prend le contrôle de la société. En conséquence de la libéralisation du marché des télécommunications en France, en juin 1999, Pathé fusionne avec Vivendi, le ratio d'échange pour la fusion étant fixé à trois actions Vivendi pour deux actions Pathé. Le Wall Street Journal estime alors la valeur de l'opération à 2,59 milliards de dollars. Suite à la conclusion de la fusion, Vivendi conserve les intérêts de Pathé dans British Sky Broadcasting (BSkyB) et CanalSat mais revend tous les actifs restants à Fornier SA, l'entreprise change alors son nom pour Pathé. Claude Berri aura une influence déterminante sur le groupe Pathé.

Activités

Les activités de Pathé sont :

  • la production de film ; Liste des films produits par Pathé
  • la distribution en salle et en vidéo ;
  • la vente à l'international et la gestion d'un catalogue de plus de 500 films ;
  • l'exploitation de salles de cinéma ; le groupe Pathé possède 31 cinémas en France :

Par ailleurs, Pathé est l'un des principaux actionnaires de Libération et possède un tiers de l'Olympique lyonnais.

Pathé est adhérent du syndicat professionnel Uniciné.

Bibliographie

  • C. Pathé, De Pathé Frères à Pathé Cinéma - Imprimerie de l'Éclaireur, Nice, 1940
  • J.Kermabon & all, Pathé, premier empire du cinéma - Éditions du Centre Pompidou, 1994 - (ISBN 2-85850-793-7)
  • André Rossel-Kirschen, Pathé-Natan, La véritable histoire - Pilote24 Éditions/les Indépendants du Ier siècle, 2004 - (ISBN 2-912347-40-8)

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