Force maritime d'autodéfense japonaise

Force maritime d'autodéfense japonaise
Force maritime d'autodéfense japonaise
Naval Ensign of Japan.svg

Pavillon de la marine japonaise

Période 1er juillet 1954
Pays Drapeau du Japon Japon
Type Marine de guerre
Effectif 1er avril 2 010 : 45 518 personnes
Fait partie de forces japonaises d'autodéfense

La force maritime d’autodéfense japonaise (海上自衛隊, Kaijō Jieitai?), fréquemment mentionnée sous le sigle JMSDF issu de la traduction anglaise de son appellation Japan Maritime Self-Defense Force, est l’arme navale des forces japonaises d'autodéfense (Japan Self-Defense Forces en anglais), chargée de la défense sur mer du Japon. Cette marine a été formée avec l'ensemble des autres armes le 1er juillet 1954 à la suite de la dissolution de la marine impériale japonaise à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

Sommaire

Histoire

Formation de la force maritime d’autodéfense japonaise

Le Yamato est le navire emblème de la marine impériale japonaise jusqu’en 1945.

À la suite de la défaite du Japon dans la Seconde Guerre mondiale, la marine impériale japonaise est dissoute par l’acceptation de la déclaration de Potsdam. Les navires sont désarmés, et certains d'entre eux, tel le Nagato qui avait été le navire amiral de la flotte lors de l’attaque de Pearl Harbor en 1941, sont confisqués par les Alliés au titre des réparations. Les bateaux restants servent au rapatriement des soldats japonais stationnés hors de l'archipel, ainsi que pour le déminage des eaux japonaises. La flotte de dragueurs est finalement transférée à la toute nouvelle agence de sûreté maritime, qui contribue à maintenir les ressources et l’expertise de la marine.

La constitution du Japon, adoptée en mai 1947 dispose en son article 9 que le « peuple japonais renonce pour toujours à la guerre en tant que droit souverain de la nation et à la menace ou l'usage de la force comme moyens de règlement des différends internationaux. » Cet article n’interdit toutefois pas la préservation de moyens militaires destinés à la défense du pays. En raison de la naissance de la Guerre froide, les États-Unis ne sont pas mécontents de voir le Japon prendre en main sa propre défense, plutôt que de compter sur le soutien des seules forces américaines.

En 1952, la Force de sûreté côtière est mise sur pied par l’agence de sûreté maritime, incorporant les dragueurs de mines et d’autres navires militaires, pour l’essentiel des destroyers, cédés par les États-Unis.

En 1954, la Force de sûreté côtière est divisée et donne naissance à la Force maritime d'autodéfense japonaise, branche navale des Forces japonaises d'autodéfense, à la suite du vote de la loi de 1954 sur les forces d’autodéfense.

Le Harukaze, premier des deux navires de la classe Harukaze construit entre 1954 et 1955. Ne pas confondre avec le navire du même nom de la classe Kamikaze lancé en 1922.

Les premiers navires versés dans la nouvelle marine sont d’anciens destroyers de la marine des États-Unis, transférés sous contrôle japonais en 1954. En 1956, la marine japonaise prend livraison des premiers destroyers construits par l'industrie de l'armement japonaise depuis la Seconde Guerre mondiale, le Harukaze. En raison de la menace que représente l’importante flotte de sous-marins de la marine soviétique, la marine japonaise se voit prioritairement assignée une rôle de lutte anti-sous-marine.

L’après-guerre froide

Avec la fin de la guerre froide, en 1991, le rôle de la marine japonaise change considérablement. À partir de 1993 et une première mission au Cambodge, la marine a été engagée dans un grand nombre de missions de maintien de la paix conduites par l’organisation des Nations unies dans toute l’Asie. En 1993, le Japon admet au service actif son premier destroyer équipé du système de combat Aegis, le DD173

Tir d'un RIM-161 Standard Missile 3 depuis un des quatre destroyers de la classe Kongo.

Par ailleurs, les tensions avec la Corée du Nord ayant augmenté à la suite du tir d’essai en 1993 du missile Nodong-1 et du tir d’essai en 1998 du Taepodong-1 au-dessus du Japon septentrional, la marine a renforcé son rôle dans la défense anti-aérienne. Un système de missiles anti-ballistiques RIM-161 Standard Missile 3 est testé avec succès le 18 décembre 2007 et a été installé à bord des destroyers équipés de systèmes Aegis. La marine, de conserve avec la garde côtière du Japon, héritiers de l’agence de sûreté maritime, s’est également montrée active dans la lutte préventive contre les infiltrations nord-coréennes, allant jusqu’à engager et couler un navire nord-coréen dénoncé comme navire-espion au cours du combat d'Amami-Ōshima en décembre 2001.

Missions

La marine japonaise compte une flotte importante — parmi les cinq premières au monde en termes de tonnage[1], au 4e rang à partir de 2012[2] — capable de mener des opérations à longue distance.

Le rôle de celle-ci est essentielle pour la sécurité de cette archipel d'un millier d'îles. Vue la géographie du Japon, l'immense majorité de sa population est concentrée autour de ses côtes, sa zone économique exclusive d'environ 4 530 000 km² à des contentieux territoriaux avec l'ensemble de ses voisins (Îles Kouriles occupés par la Russie, îles Senkaku revendiqué par les deux Chines et rochers Liancourt coréens revendiqué par le Japon), l'économie du Japon dépend quasi entièrement du transport maritime et son taux d'autosuffisance alimentaire n'est, dans les années 2000, que de 42 %.

L’article 9 de la constitution japonaise[3] assigne à la marine comme aux autres composantes des forces armées une stricte mission de défense, interdisant toute mission offensive ; la composition de la flotte reflète cette mission par l’absence de tout moyen de projection offensif. Les opérations principales de la marine consistent à maintenir le contrôle des routes maritimes du Japon et à patrouiller les eaux territoriales. La marine a également renforcé sa participation dans les opérations de maintien de la paix conduites par les Nations unies ou dans les opérations d’interdiction maritime.

Organisation

Quartier général de la Force maritime d'autodéfense japonaise dans la base navale de Yokosuka.
Organisation territoriale de la JMSDF.

Son quartier général se situe au nord de la base navale de Yokosuka, ses coordonnées géographiques sont 35°18′40″N 139°38′10″E / 35.31111, 139.63611. Cette base étant également le siège de la Septième flotte américaine.

À l’étranger

La lutte contre la piraterie autour de la Corne de l'Afrique a incité plusieurs pays à utiliser Djibouti comme base logistique pour leurs flottes dont le Japon depuis 2008. En avril 2010, on annonce la construction de la première base permanente des Forces japonaises d'autodéfense à l'étranger dans la ville de Djibouti.

Cette base navale de douze hectares, dont la construction débute durant l'été 2010, a couté 4,7 milliards de yens (42 millions d'Euro en janvier 2011)[4],[5]. Elle est inaugurée le 7 juillet 2011, elle accueille à cette date 180 personnes et deux avions de patrouille maritime et son effectif final sera d'environ 600 personnes. Deux frégates sont également déployées à cette date sur zone[6].

Ordre de bataille

Trois sous-marins dans la base navale de Kure.
Le JS Hyuga (DDH 181) entré en service en 2009. Avec ses 197 m, les 2 navires de cette classe sont en 2010 les plus grand navires de guerre japonais depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu'à l'arrivée programmé de 2 portes-hélicoptères de la classe 22DDH de 248 m dans les années 2010[7].

La marine japonaise compte officiellement, en 2007, 46 000 personnels, et opère quelque 110 navires de guerre principaux, y compris deux porte-hélicoptères, dix-huit sous-marins, quarante-sept destroyers et frégates (il n'y a pas de distinction entre ces catégorie dans la terminologie japonaise), vingt-neuf bateaux dédiés à la guerre des mines, neuf patrouilleurs et neuf navires amphibies, le tout totalisant un déplacement d’environ 432 000 tonnes)[8]. Son parc comprend alors également 179 avions et 135 hélicoptères ; l’essentiel de ces aéronefs est destiné à la lutte anti-sous-marine et à la guerre des mines[9].

Fin 2010, devant la montée en puissance de la marine chinoise, il a été annoncé que la sous-marinade japonaise pourrait dans le cadre du 2011-2015 Defense Policy Guidelines monter à 22 unités en 2016. Il n'y aura pas augmentation de la cadence de production mais un temps de service poussé à 24 ans[10]. L'augmentation de la durée de service de destroyers et d'avions P-3 Orion est également officiellement annoncée[11].

Préfixe des navires

Le préfixe des navires de la force maritime d’autodéfense est JDS (Japanese Defense Ship) pour tous les bateaux entrés en service avant 2008. À partir de cette année-là, les navires n’utilisent plus que les lettres JS (Japanese Ship) pour marquer la promotion de l’agence japonaise de Défense en ministère de la Défense.

Liens externes

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Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article en anglais intitulé « Japan Maritime Self-Defense Force » (voir la liste des auteurs)

  1. (fr) Les Japonais veulent construire deux grands porte-hélicoptères
  2. (fr) La Royal Navy boit le bouillon, Mer et marine, 17 décembre 2010. Consulté le 27 décembre 2010
  3. (en) Traduction anglaise de la Constitution du Japon de 1946, article 9.
  4. (fr) Piraterie : des soldats japonais s’installent à Djibouti, RFI, 25 avril 2010
  5. (en) Japan Constructs Large Military Base in Djibouti: Japanese Media, PanOrient News, 15 novembre 2010. Consulté le 20 janvier 2011
  6. Philippe Chapleau, « Le Japon a officiellement ouvert sa nouvelle base de Djibouti », Ouest-France, 9 juillet 2011. Consulté le 10 juillet 2011
  7. (en)22DDH Class, Global Security. Consulté le 21 janvier 2011
  8. (en) Defense of Japan, Ministère japonais de la Défense, 2007. Consulté le 2008-02-11
  9. (en) Japan Maritime Self Defense Force, Globalsecurity.org. Consulté le 2006-04-12
  10. (en) Bradley Perrett, « Japan Boosts Its Submarine Fleet », Aviation Week, 22 octobre 2010. Consulté le 19 janvier 2011
  11. (en)National Defense Program Guidelines (Dec. 17, 2010), Ministère japonais de la Défense, 17 décembre 2010. Consulté le 21 janvier 2011

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Force maritime d'autodéfense japonaise de Wikipédia en français (auteurs)

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