Duché de Bourbon

Duché de Bourbon
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Duché de Bourbon

Borbonés (occitan)

13271531

Drapeau
Blason

et

Accéder aux informations sur cette image commentée ci-après.

La France en 1477

Informations générales
Statut Duché
Capitale Moulins
Histoire et évènements
1327 Création
1531 Dissolution

Entités précédentes :

  • Sirerie de Bourbon

Entités suivantes :

Le Duché de Bourbon ou Bourbonnais est un duché entre le XIVe siècle et le XVIe siècle, qui correspond à l'actuel département de l'Allier, ainsi qu'à une partie du département du Cher (arrondissement de Saint-Amand-Montrond).

Sommaire

Histoire

Son premier seigneur connu fut Adhémar (ou Aymar), au Xe siècle. Il acquit le château de Bourbon (aujourd'hui Bourbon-l'Archambault) qui donna son nom à la famille, ou Maison de Bourbon.

La première maison des Bourbon prit fin en 1200 avec la mort d'Archambault VIII. Il ne laissa qu'une héritière, Mahaut de Bourbon qui devint Dame de Bourbon. Elle épousa Guy II de Dampierre, ajoutant ainsi Montluçon aux possessions des seigneurs de Bourbon, étendues vers les rives du Cher au cours des XIe et XIIe siècles. Guy releva alors le nom de Bourbon.

La seconde maison de Bourbon commença en 1218 avec Archambault IX, fils de Guy II de Dampierre et Mahaut de Bourbon, et s'acheva avec Archambault X, leur petit-fils. Ce dernier mourut à Chypre en 1249 au cours d'une croisade.

En 1272, Béatrix de Bourbon (1258-1310), dame de Bourbon, épousa Robert de France (1256-1318), comte de Clermont, dernier fils du roi Louis IX (Saint Louis). Ce dernier abandonna son nom de France pour celui de Bourbon. Ce fut le début de la grande maison des Bourbons (la troisième) qui donna les rois de France à partir de Henri IV.

Gouvernement de Bourbonnais à la veille de 1789

Les Bourbons de tout temps furent serviteurs du trône, qu'ils cotoyaient depuis le mariage de Robert de France, ils étaient des conseils des rois, avec le titre de chambriers, et furent même régents et connétables de France. La position géographique du Bourbonnais, situé entre le domaine royal et les duchés d'Aquitaine et d'Auvergne, intéressait particulièrement le pouvoir royal. Cette alliance, ainsi que le mariage de Béatrix de Bourbon et Robert de France, facilitèrent l'essor et la prospérité du Bourbonnais. En 1327, il fut d'ailleurs érigé en duché-pairie par le roi Charles le Bel. Le duché de Bourbonnais était né. Déjà dauphins d'Auvergne, le duché d'Auvergne leur fut rapidement donné en garde.

En 1531, le duché de Bourbonnais est rattaché à la Couronne de France, suite à la défection du connétable de Bourbon, Charles III de Bourbon. Ce territoire est alors transformé en gouvernement, dont Moulins devient le siège.

En 1790, le duché de Bourbonnais fut remplacé par le département de l'Allier, diminué de la région du Saint-Amandois (Saint-Amand-Montrond, rattaché au Cher) ; il gagna quelques enclaves auvergnates (Cusset, Saint-Pourçain-sur-Sioule), mais perdit plus de surface au bénéfice du département de la Nièvre et de la Saône-et-Loire.

Avec la création des régions en 1982, le Bourbonnais est rattaché à la région Auvergne.

Les Ducs de Bourbon

  • Louis Ier (1280-1342), dit « le boiteux » : fils de Robert de Clermont, il fut le premier duc du Bourbonnais. Il portait également les titres de comte de Clermont et de la Marche. Il épousa en 1310 Marie de Hainaut (?-1354).
  • Pierre Ier (1311-1356) : fils aîné et successeur de Louis Ier, il épousa en 1337 Isabelle de Valois (1313-1383).
  • Louis II (1337-1410), dit « le bon duc bâtisseur » : fils de Pierre Ier, il revint d'Angleterre où il était captif en 1366. Après avoir reconquis son duché sur les Anglais, il fit reconstruire en l'agrandissant le château de Moulins. Puis il étendit ses possessions en regroupant autour du Bourbonnais, l'Auvergne, le Berry, la Marche, la châtellenie de Thiers, Château-Chinon, la Combraille, le Beaujolais et le Forez, notamment grâce à son mariage en 1371 avec Anne d'Auvergne (1358-1417), comtesse de Forez. Il accepta que le duché revienne à la couronne en l'absence d'un héritier masculin. C'est lui qui fit de Moulins, en 1379[réf. nécessaire], la capitale du duché.
  • Jean Ier (1381-1434) : fils de Louis II, marié en 1400 à Marie de Berry (1367-1434), duchesse d'Auvergne et comtesse de Montpensier, il fut fait prisonnier à Azincourt et mourut à Londres en 1434. Il fut inhumé à Souvigny.
  • Charles Ier (1401-1456) : fils de Jean Ier, il épousa en 1423 Agnès de Bourgogne (1407-1476), fille de Jean Sans Peur.
  • Jean II (1426-1488) : fils de Charles Ier, il épousa en 1447 Jeanne de France (1430-1482), fille du roi Charles VII. À sa mort en 1488, et après l'abdication de son frère Charles II (1434-1488), cardinal et archevêque de Lyon, c'est son frère Pierre de Beaujeu qui lui succéda.
  • Pierre II (1438-1503) : seigneur de Beaujeu, il devint duc de Bourbon et duc d'Auvergne en 1488. Il épousa en 1473 Anne de France, fille du roi Louis XI, vicomtesse de Thouars, plus connue sous le nom d'Anne de Beaujeu. Ils eurent deux enfants : Charles (1476-1498) et Suzanne (1491-1521). À la mort de Louis XI en 1483, ils furent régents de France et dirigèrent le royaume durant la minorité du roi Charles VIII, frère d'Anne. À la mort de Pierre II en 1503 et en l'absence d'un héritier masculin (son fils Charles était mort en 1498), le duché aurait dû revenir à la couronne comme l'avait accepté le duc Louis II. Mais Anne de France avait obtenu une dérogation du roi. Sa fille Suzanne de Beaujeu, duchesse de Bourbon et d'Auvergne (1503), comtesse de Clermont, de la Marche, de Forez et de Gien put épouser à Moulins, en 1505, son cousin Charles de Bourbon-Montpensier qui deviendra le duc Charles III de Bourbon.
  • Charles III (1490-1527) dit « le connétable de Bourbon » : il fut le huitième et dernier duc de Bourbon avant le rattachement du Bourbonnais à la couronne en 1527. Comte de Montpensier en 1501, il devint duc de Bourbon et duc d'Auvergne en 1505 par son mariage avec Suzanne de Beaujeu.

Succession du duché de Bourbon

La monarchie avait consenti, à plusieurs reprises, que les Bourbons conservassent leurs apanages malgré des défauts d'héritiers. Jean II de Bourbon, mort sans enfants, avait ainsi réussi à transmettre l'intégralité de ses biens à ses deux frères Charles puis Pierre. Ce dernier avait également obtenu de la monarchie le droit de transmettre ses biens à sa fille Suzanne. Dans les premières années du XVIe siècle, une nouvelle série de conventions entre les différentes branches de la maison et la couronne avait fait de Suzanne et de son mari Charles de Montpensier, futur connétable de France, les héritiers de l'ensemble des biens de la maison. Charles était, dès la mort de Pierre de Beaujeu, désigné comme co-héritier de sa femme et pouvait donc succéder à cette dernière si par hasard elle devait mourir sans postérité. Suzanne ajouta une précaution supplémentaire en le désignant explicitement comme légataire universel dans son testament.

Dès la mort de Suzanne, en 1521, la succession fut pourtant contestée. Deux questions se posaient. Il fallait, d'une part, déterminer si les conventions passées entre les Bourbons-Beaujeu, les Bourbons-Montpensier et la couronne, sous Louis XII, allait être respectées par son successeur François Ier. Dans l'hypothèse d'un retour des apanages à la couronne, il fallait d'autre part établir la distinction entre les terres formant l'apanage des ducs et celles qui formaient leur patrimoine. A ces questions qui ne concernaient que que la transmissibilité des biens des Bourbons, et notamment de leurs apanages, s'ajouta le problème de l'héritier. La mère du roi, Louise de Savoie, intenta en effet au connétable un procès devant le parlement de Paris pour être désignée comme héritière des biens de la maison de Bourbon, en qualité de plus proche parente de la défunte (elles étaient cousines germaines). C'est finalement la défection du connétable qui entraîna la liquidation de tous les biens des Bourbons, apanages et patrimoine : Charles de Bourbon fut déchu de ses titres pour trahison et lèse-majesté[1]. Seul le comté de Montpensier fut rendu à sa sœur, Louise de Montpensier, en 1539, après avoir été érigé en duché.

Blasons et Armoiries

Armoiries anciennes : d'azur semé de fleurs de lys d'or et à la bande de gueules
Armoiries modernes : d'azur aux trois fleurs de lys d'or et à la bande de gueules

Les premiers seigneurs de Bourbon à porter des armoiries furent ceux de la famille de Dampierre qui blasonnaient  : d'or au lion de gueules accompagné de huit coquilles d'azur.

Les armoiries actuelles du Bourbonnais sont celles de Robert de France, comte de Clermont et dernier fils de Saint-Louis, qui brisa les lys de France en ajoutant une bande de gueules. Il épousa l'héritière de la terre de Bourbon, et son fils devint duc de Bourbon et conserva le blason paternel qui devint ainsi celui du duché de Bourbon.

À la fin du XIVe siècle, le roi de France Charles V simplifia ses armes et remplaça le semé de fleurs de lys par seulement trois fleurs de lys. Plusieurs princes de sang, dont Jean Ier l'imitèrent, donnant ainsi les armoiries modernes.

Langues

Le Bourbonnais se trouve au point de rencontre des trois grandes aires linguistiques qui occupent la majeure partie de la France: les domaines d'oïl, d'oc et franco-provençal.

  • Le français ou langue d'oïl, sous une forme dialectale, se parle dans les deux tiers nord, au-dessus d'une ligne Montluçon - Saint-Pourçain - Lapalisse. Il est également parlé dans la région de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher (zone anciennement bourbonnaise). Ce dialecte est originaire du "triangle des Bourbons" Moulins, Bourbon l'Archambault et Souvigny.
  • L'occitan ou langue d'oc, dans sa variété auvergnate (altérée), se parle dans le tiers sud, vers Montluçon, Gannat et Vichy. Il s'agit des parlers du Croissant, occupant le sud du Bourbonnais et le Nord du Limousin: ils connaissent des traits de transition vers le français mais leur caractère occitan reste dominant.
  • Au sud-est, dans la Montagne bourbonnaise, l'occitan reçoit des influences du francoprovençal.

Le terme de bourbonnais est ambigu : il peut désigner aussi bien les parlers occitans (parfois appelés bourbonnais d'oc) que les parlers français du Bourbonnais (bourbonnais d'oïl). Il est néanmoins généralement utilisé pour désigner les parlers d'oïl.

Sources

  • Achille Allier, L'Ancien Bourbonnais, 4 vol., réédition de l'édition de 1833, et annotée de 1934, Moulins, Crépin-Leblond.
  • Chanoine J.-J. Moret, Paroisses bourbonnaises (4 vol.), Imp. bourbonnaise, Moulins, 1902, 1912, 1913, 1920.
  • Louis Caillet, Les ducs de Bourbonnais et la ville de Lyon, Crépin-Leblond, Moulins, 1912.
  • Max Fazy, Le Bourbonnais symbole de l'unité Française, Impr. du Progrès de l'Allier, 1929.
  • Maurice Duportet, Topobibliographie de la France (vol. Allier), 1937.
  • Augustin Bernard, Camille Gagnon, Le Bourbonnais, NRF, 1954.
  • Georges Rougeron et autres, Bourbonnais : Cadre naturel, Histoire, Art, Littérature, Langue, Économie, Bonneton, 1984.
  • Guy Crouzet, Aspects insolites de la vie en Bourbonnais aux XVIIe et XVIIIe siècles, Charroux, Éditions des Cahiers bourbonnais, 1996.
  • Marcel Génermont, Bourbonnais, douce province au cœur de France, Charroux, Éditions des Cahiers bourbonnais, 1974.
  • René Germain, Les Campagnes bourbonnaises à la fin du Moyen Âge (1370-1530), réimpr., Clermont-Ferrand, Publications de l'Institut d'études du Massif central, 1997.
  • Jean-Charles Varennes, Anne de Bourbon, roi de France, Perrin, 1978.
  • Jean-Charles Varennes, Les très riches heures du Bourbonnais, Perrin, 1975.
  • Jean-Charles Varennes, Le Pays bourbonnais, Presses du Massif central, 1955.
  • André Leguai, Histoire du Bourbonnais (coll. « Que sais-je ? »), PUF, 1974.
  • Jacques Château, Les Bourbons avant Henri IV, Éditions des Cahiers bourbonnais, 2002.
  • Max Fazy, Marcel Génermont, Pierre Pradel, Jacques Dupont et al., Millénaire du Bourbonnais : 955-1955, Moulins, Société d'émulation du Bourbonnais, 1955.
  • Le Duché de Bourbon des origines au Connétable, suivi d'un extrait du 'Désastre de Pavie' de Jean Giono, Actes du colloque des 5 et 6 octobre 2000 organisé par le musée Anne-de-Beaujeu de Moulins, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Bleu autour, 2001. (ISBN 2-912019-16-8)
  • Wolfgang Dahmen (1985), Étude de la situation dialectale dans le Centre de la France : un exposé basé sur l’“Atlas linguistique et ethnographique du Centre”, Paris, CNRS, 1985.
  • Simone Escoffier (1958), La rencontre de la langue d’oïl, de la langue d’oc et du franco-provençal entre Loire et Allier : limites phonétiques et morphologiques, Paris, Les Belles Lettres, 1958, coll. Publications de l’Institut de Linguistique romane de Lyon, vol. 11.
  • Simone Escoffier (1958), Remarques sur le lexique d’une zone marginale aux confins de la langue d’oïl, de la langue d’oc et du francoprovençal, Paris, Les Belles Lettres, coll. Publications de l’Institut de Linguistique romane de Lyon, vol. 12.
  • Jules Ronjat, Grammaire istorique [sic] des parlers provençaux modernes, 1930-1941, 4 vol. rééd. Marseille, Laffitte Reprints, 1980, 2 vol.

Liens internes

Liens externes

Notes et références

  1. On peut à propos de la question des biens des Bourbons se référer aux nombreux écrits sur le procès du connétable de Bourbon. Pour ne prendre que le plus récent : Denis Crouzet, Charles de Bourbon, connétable de France, Paris, Fayard, 2003

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