Bèze

Bèze
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47° 28′ 00″ N 5° 16′ 00″ E / 47.4666666666667, 5.26666666666667

Bèze
Vue sur le village
Vue sur le village
Administration
Pays France
Région Bourgogne
Département Côte-d'Or
Arrondissement Dijon
Canton Mirebeau-sur-Bèze
Code commune 21071
Code postal 21310
Maire
Mandat en cours
Serge Combacon
2008-2014
Intercommunalité Communauté de Communes du Mirebellois
Site web Site officiel de Bèze
Démographie
Population 709 hab. (2006)
Densité 30 hab./km²
Gentilé Bèzois
Géographie
Coordonnées 47° 28′ 00″ Nord
       5° 16′ 00″ Est
/ 47.4666666666667, 5.26666666666667
Altitudes mini. 201 m — maxi. 305 m
Superficie 23,4 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Bèze est une commune française située dans le département de la Côte-d'Or et la région Bourgogne.

Sommaire

Géographie

Bèze se situe à 30 km au nord-est de Dijon et à 30 km au sud de Langres. Le bus n°34 de la société Transco passe 3 fois par jour (le 1er nous emmène à Dijon à 7h, 2 bus se croisent à Bèze à 13h (l’un nous emmène à Dijon, l’autre à Gray), enfin le dernier nous ramène à Bèze à 19h).

Histoire

Les origines de Bèze

Bèze, qui vient du latin bezua, doit son nom à sa situation près de la source d’une rivière éponyme, la Bèze. Ce lieu était appelé par les celtes BEZV, ou BEDW, ce qui signifie « source » ou « rivière à sa naissance ».

On ignore si ce lieu était habité avant l’antiquité. Des Gaulois vinrent s’installer dans la région.

La conquête romaine amena la création de routes importantes. La "voie Agrippa", construite au Ier siècle après Jésus Christ, reliait Langres à Genève. Des médailles d’Hadrien, de Faustine et de Constance ont été découvertes dans les environs. Néanmoins, on ne sait pas si les Romains ont habité Bèze.

Les invasions barbares

En Bourgogne, le déclin des Romains attira des « barbares » venus de Germanie dont « les Burgondes », qui ont laissé leur nom à la Bourgogne.

Le site de Bèze était habité et florissant à l’époque gallo-romaine, mais il fut dévasté et ruiné par les incursions des barbares (alamans, vandales…)

L’Empereur romain Constance Chlore, après avoir battu vers l’an 300 les Alamans venus jusqu’aux portes de Langres, décida d’installer une partie des vaincus de guerres précédentes, les Francs Hattuaires, sur les bords de la Saône, de la Seine, de la Tille, de la Bèze et de la Vingeanne. Le but de cette installation était de repeupler et de cultiver le vaste pays compris entre ces rivières

La fondation

L’histoire écrite de Bèze commence à la fondation de l’Abbaye dite de Bèze-Fontaine. L’histoire du village et de l’abbaye sont alors intimement liées.

En 628, Dagobert Ier devient roi de Bourgogne et de Neustrie à la mort de son père Clotaire II. Conseillé par Saint Eloi, Saint Ouen et Saint Didier, il décide de rétablir l’autorité royale et vient en Bourgogne pour affirmer son pouvoir. Il est surnommé « le bon roi » par le peuple. Mais pour asseoir son autorité, il demande à trois grands seigneurs, les ducs Amalgaire, Arnebert et Willibaud d’assassiner Burnulfe, l’oncle de son demi-frère, qui avait contesté le partage des terres franques entre les deux frères. Une fois rentré à Paris, le roi Dagobert regrette son action et pour racheter ses péchés auprès de Dieu, il décide de la création de l’abbaye de Saint Denis. Par ailleurs, il récompense royalement les trois seigneurs qui ont effectué l’assassinat qu’il avait décidé. Chacun d’eux reçoit de vastes terres[1].

Entre autres propriétés, le duc Amalgaire de Bourgogne reçoit la terre de Fons Besua et afin de racheter ses fautes, il décide d’y bâtir un monastère. Il est fondé sous le vocable de saint Pierre & Saint Paul, l’an 616 (suivant Mabillon), ou en 630 (suivant le P. Le Cointe), par cet Amalgaire, duc « bénéficiaire » de Bourgogne (titre non héréditaire), et Aquiline, sa femme. Waldalène, l’un de ses trois fils, est nommé premier abbé de Bèze.

Bèze est la quatrième abbaye mérovingienne créée dans le diocèse de Langres. Dès sa création, elle est dotée de biens considérables. Elles possède et a sous son autorité les villages de Viévigne, Beire, Treige, Spoy, Oisilly, Blagny, Crimolois. Elle a 12 pièces de vignes à Marsannay la Côte et d’autres vignes à Couchey et Beaune. Elle possède également des terres à Dijon, Longvic, Chenôve, Prenois, Daix et un grand vignoble à Gevrey avec serfs et serviteurs. En 655, l’abbaye possède une école monastique.

En 634, Amalgaire dote à nouveau l’abbaye en lui donnant les fiefs de Jancigny, Talmay et des terres à Heuilley-sur-Saône (bois de Chy), Perrigny-sur-l'Ognon et Pontailler-sur-Saône où l’abbaye fait construire une chapelle au vocable de Saint Hippolyte. Ces terres de Talmay et Heuilley vont rester propriétés de l’abbaye jusqu’en 1234, date à laquelle elles seront données par l’évêque de Langres à Guillaume II de Champlitte-Pontailler, malgré l’opposition des moines de Bèze. Se considérant spoliée, l’abbaye recourut alors à l’abitrage du pape Innocent IV… qui lui donna raison, par écrit, en 1245. Ce qui n’empécha pas Guillaume II de garder ces terres, avec l’accord de l’évêque de Langres.

La vie des moines au haut Moyen Âge

Prière et travail : la vie entière des moines est rythmée par cette cadence. Sept offices commandent la journée et les moines ont fort peu de sommeil.

En hiver (de novembre à Pâques), ils se lèvent à deux heures du matin pour chanter les nocturnes puis remontent achever leur nuit. Ils se lavent au lavoir puis gagnent leur stalle dans le chœur. Ils ont deux heures de lecture puis travaillent 7 heures d’affilée. Ensuite a lieu le repas suivi de lectures.

En été (de Pâques à novembre) ils travaillent dur de 6 heures du matin à 10 heures. Ils ont ensuite deux heures de lecture et leur repas. Puis ils vont faire une sieste ou de la lecture puis retournent travailler jusqu’au repas du soir qui a lieu avant la nuit.

Leur travail : Ils cultivent les champs ou les vignes. Ils entretiennent les jardins, les vergers ; ils réparent, construisent et aménagent les locaux. Ils labourent, moissonnent, conduisent le bétail aux prés et les pourceaux à la glandée. Ils étaient fermiers, bûcherons, meuniers, boulangers et maçons.

L’abstinence et la sobriété étaient le fondement de la règle de Saint-Benoit et la viande était réservée aux malades.

Ils se nourrissaient de bouillie d’orge ou d’avoine, de légumes, de purée de pois ou de fèves et de fruits. Ils avaient aussi droit à du cresson, du sel, du pain et un demi-litre de vin par jour.

Les rations étaient doublées les jours de fête et agrémentées d’œufs, de poissons et de fromages.

Les vêtements : ils portaient une tunique en laine qui allait jusqu’à mi-jambe et portaient par-dessus la coule qui était une robe large et flottante qui allait jusqu’aux pieds et avait des manches longues. L’abbé leur distribuait leurs vêtements avec un mouchoir, un peigne de bois, un couteau, une aiguille, du fil, un stylet et une tablette pour écrire.

Ils dormaient tout habillé avec un drap de serge, une couverture et un oreiller.

Le silence était de rigueur absolue. Ces bénédictins sans barbe avaient la tête rasée à l’exception d’une couronne de cheveux au-dessus des oreilles.

Les punitions étaient sévères pour ceux qui désobéissaient et étaient même corporelles.

L’abbé élu avait autorité sur tous.

Fléaux et calamités de 660 à 937

Malgré ses richesses, la vie dans le monastère de Bèze est précaire et laborieuse. Les moines doivent assainir les sols marécageux et endiguer la rivière pour se préserver des inondations. Mais les moines ne sont pas au bout de leurs peines car entre 660 et 937 l’abbaye est détruite 7 fois. Entre 655 et 660, le duc Amalgaire meurt. Les terres de l’abbaye sont dévastées, des nobles francs contestant la proprié de terres que l’abbaye possède. L’abbaye est mise à sac. Afin de la protéger, Waldalène obtient l’appui du roi Clotaire III qui signe en 664 une ordonnance de restitution des terres spoliées. Grâce à l’action énergique du duc de Langres, Silchelme, l’abbaye retrouve ses biens dès 666.

En 676, l’abbaye est dévastée une seconde fois par une armée austrasienne appelée par le duc des Attuariens, Aldaric, pour l’aider dans des querelles avec Ebroïm, le maire du palais des royaumes francs de Neustrie et Bourgogne. Cette armée de soudards—commandée par le roi Dagobert II --- est vaincue et le duc Aldaric qui l’avait fait venir est dépouillé de ses biens. Ceux-ci furent donnés à l’abbaye. Vers 731, les Sarrasins atteignent Bèze. Le monastère ainsi que la région sont dévastés. Autun est détruite la même année. Charles Martel les arrête à Poitiers. En 752, Pépin le Bref donne à son demi-frère Rémi, âgé de 18 ans, plusieurs abbayes en Bourgogne. Rémi, qui mêne une vie de débauché, finit par confier l’abbaye de Bèze à sa favorite Angla. Elle continue à dépenser les richesses de l’abbaye et la ruine. Puis l’abbaye est désertée à cause d’une épidémie de peste ou de choléra.{Grâce à sa haute naissance, vers 762, Rémi est nommé archévëque de Rouen où sa conduite est exemplaire, ce qui lui valut d’être canonisé}

En 888, c’est l’invasion normande. Les cinq moines, un prêtre et un enfant restés sur place pour défendre l’abbaye sont tués. Les Normands dévastent, saccagent et ravagent tout sur leur passage. La vieille grotte sert d’abri aux hommes du village et aux moines qui s’y sont cachés. Une terrible famine a lieu après le départ des Normands car leur armée avait anéanti les récoltes. L’abbaye est désertée.

En 900, l’abbaye est restaurée, elle s’entoure de fortifications. En 935-936, les Hongrois entrent en Bourgogne, ils mettent le feu à l’abbaye en passant. En 937, les Hongrois reviennent et incendient à nouveau l’abbaye qui est détruite de fond en comble. Une immense famine succède à la ruine générale. L’abbaye restera déserte pendant 51 ans.

Renaissance et apogée

En 988, l’abbaye est dévastée et envahie par les herbes. Le moine Guillaume de Volpiano trouve un mécène en la personne de Raoul le Blanc, vicomte de Dijon qui consacre son immense fortune pour la reconstruction du monastère. Il oblige les moines à étudier. L’abbé Guillaume part à Rome et revient avec une équipe d’artistes spécialisés en tous genres. Des écoles de peinture, de sculpture, d’architecture, d’ébénisterie ainsi que des écoles de lettres et de scribes s’ouvrent à Bèze. La bibliothèque, détruite par les Normands, commence à se reconstituer et à s’enrichir.

C’est à cette époque que la chapelle Saint-Prudent est construite. Guillaume de Volpiano meurt en 1025. En 1033, le duc de Bourgogne, Robert Ier, essaye de s’approprier les richesses de l’abbaye avec l’accord tacite du nouvel évêque de Langres, Hugues de Breteuil. L’abbé de Bèze, Olger, qui s’oppose à cette spoliation est emprisonné. Le duc essaye alors de faire transférer à Dijon en cachette les trésors de l’abbaye, avec la complicité de quelques moines. Ce stratagème est démasqué et les villageois font appel à leur seigneur de tutelle, le comte de Beaumont-sur-Vingeanne pour venir s’opposer aux hommes du duc. La garnison du château de Beaumont, aidée par de centaines de serfs et vilains des villages voisins, empéche le transfert et libére l’abbé Olger.

Le nom de Fontaine de Bèze disparaît pour celui de Saint- Pierre de Bèze.

Le 18 février 1107, le pape Pascal II, après avoir consacré la cathédrale Saint Bénigne de Dijon, visite Bèze où une marée humaine assite à la messe, en présence du duc de Bourgogne Hugues II et de nombreux cardinaux, évêques, comtes et seigneurs. À cette époque, l’église Saint-Rémi est entièrement reconstruite et l’abbaye augmente son patrimoine grâce à de nombreuses donations. Des foires ont lieu à Bèze et ont un grand succès. En 1198, l’abbaye flambe ainsi qu’une partie du bourg.

En 1209, l’abbaye s’entoure de murailles avec fossés et pont-levis. Le monastère est appelé le château. Mais l’abbaye s’endette et doit vendre ses vignes du clos de Bèze. Le peuple est écrasé sous les dîmes, les cens, et les innombrables tailles et corvées. Par contre, la bourgeoisie s’est enrichie grâce au commerce et s’est instruite dans les écoles fondées par le monastère. L’école du monastère prend une grande expansion. Comme les enfants confiés dès 11 - 12 ans troublaient le silence monastique, les moines décident d’en transférer une partie à l’extérieur. Une école instruisant les enfants qui n’étaient pas destinés à l’Église est construite. De nombreuses industries sont créées ou développées : des tanneries de foulon d’écorces ou de draps, des fourneaux, des huileries, des moulins, des tuileries.

En 1250 Bèze possède une léproserie mais les malades sont trop nombreux. Alors les moines s’engagent à régler la dette de la léproserie et prennent en charge à perpétuité son entretien.

La Guerre de Cent Ans

Le roi Charles IV de France mort sans héritier, Philippe VI de France et Edouard III d'Angleterre prétendent au trône. À partir de 1337, la France et l’Angleterre s’opposent en un long conflit fait de périodes violentes et de périodes de paix : la guerre de Cent Ans (1337-1453).

En 1347, la peste noire fait son apparition et ravage la France pendant trois ans. En 1350, Jean II le Bon succède à son père Philippe VI. Il est fait prisonnier à la bataille de Poitiers en 1356 et est obligé de livrer un tiers de la France aux Anglais par le traité de Brétigny en 1360.

En 1364, Charles V de France succède à son père. Il reprend presque toutes les terres données aux Anglais. La Bourgogne est mise à mal par les grandes compagnies, bandes d’aventuriers et d’étrangers licenciés en 1360 par le roi Edouard d’Angleterre. Ce n’est qu’en 1369 que Du Guesclin parvient à s’en débarrasser.

En 1379, à la reprise de la guerre, la population de Bèze ne compte plus que 111 hommes et femmes. L’abbaye s’endette. Les vieilles fortifications sont devenues inefficaces. La pauvreté s’installe.

C’est la grande époque de la chevalerie[Quand ?]. Des fossés sont creusés avec douves et pont-levis. Les tours carrées sont remplacées par des tours rondes couronnées de machicoulis et de créneaux. Elles sont aménagées en prison et percées de meurtrières. Les vieux souterrains sont remis en état. Bèze est alors réputé invulnérable. Une garnison y réside en permanence et le guet est fait jour et nuit. De cette forteresse, il ne reste que deux des grosses tours d’angle des remparts, la « tour d’Oysel » et la « tour de chaux ».

En 1437, les écorcheurs apparaissent en Bourgogne et s’arrêtent à Bèze. Le bourg fortifié est envahi mais on ignore s’ils ont pénétré dans l’abbaye. En 1445, les écorcheurs reviennent. Le bourg est réduit à 47 feux.

Décadence de l’abbaye

Les abbés ne sont plus élus par leurs moines mais nommés par le roi. En 1535, le roi François Ier traverse la Bourgogne et passe à Bèze.

Vers 1547, le protestantisme fait des adeptes. Chazeuil, Fontaine-Française, Is sur Tille, Mirebeau et Gemeaux comptent de nombreux partisans de la religion réformée.

En 1560, le trésor de l’abbaye s’amoindrit car les moines sont obligés de financer les guerres que mène le roi Charles IX pour la défense de la religion catholique.

Malgré la peste, la disette et les épidémies qui sévissent au XVIe siècle, Bèze est un site industriel réputé. Il y a des forges, des tuileries, des poteries, un moulin à écorces pour le tannage, des tanneries. Des artisans travaillent la pierre, le bois. Il y a aussi des maçons et un maréchal-ferrant. On cultive beaucoup de chanvre et deux moulins à farine fonctionnent. Les foires de Bèze ont lieu quatre fois par an et les paysans et les artisans viennent vendre leur production au marché qui a lieu une fois par semaine sous les halles. Mais en 1586, le duc Charles de Mayenne s’empare de Dijon et de plusieurs autres villes de Bourgogne. Des mercenaires passent et repassent à Bèze. Les forges tombent en ruine.

En 1589, Henri IV est reconnu roi, mais Bèze se retrouve au centre de la guerre civile qui oppose le comte de Tavannes qui est favorable au roi et le Vicomte de Tavannes qui est pour la Ligue. Bèze subit les assauts des ligueurs. La région est ravagée car les troupes sont mal payées et les pillages les dédommagent. L’abbaye est dévastée et ne compte plus que 6 moines et 2 novices. En 1595, Henri IV est victorieux de Charles de Mayenne et des espagnols à la bataille de Fontaine-Française. Mais la peste et la famine continuent à sévir. Le village de Viévigne est réduit à 8 familles.

En 1603, une papeterie s’installe à Bèze. Quelques réparations sont entreprises. Malgré les traités de neutralité, la guerre est à nouveau aux portes de Bèze. En 1636, le comte de Gallas ravage la vallée de la Vingeanne, passe à Noiron puis à Mirebeau. Viévigne est dévasté, Bèze est incendié. L’armée royale arrive et cause à son tour de nouvelles dégradations. Les soldats contaminent les habitants de la peste. En 1644, tout n’est que ruine. Sur 95 maisons détruites, 37 seulement appartiennent à des hommes vivants. Les fourneaux sont détruits. Les dépendances de l’abbaye sont inhabitées et ruinées.

En 1662, 12 religieux de Saint-Maur viennent s’installer à Bèze pour y rétablir la discipline et la régularité. Les foires reprennent en 1665. Les tours n’ont plus rien de défensif : celle du Nord-Est devient un pigeonnier et prend le nom de tour d’Oysel et celle du nord-ouest de tour aux choues (chouettes). Le vieux bourg n’est plus qu’un misérable village de 120 habitants dont la moitié sont des pauvres maneuvres, des veuves, des mendiants et le reste des laboureurs, des vignerons et des artisans.

En 1696, l’église Saint Rémi est fermée car son entretien n’est pas fait. En 1709, l’hiver est terrible, c’est la famine et les épidémies se développent. 1712, les halles de Bèze disparaissent. 1714, naissance de François Clément. Il est le fils du sieur Claude Blaise Clément, bailly des Terres et des Seigneureries dépendant de l’abbaye de Bèze et de demoiselle Didière Moniot. Le jeune François passe son enfance dans la maison paternelle au pied de la chapelle Saint Prudent. Il est envoyé à Dijon pour y faire ses études chez les jésuites du fameux collège des Godrans.

1724, l’abbaye est sans abbé et devient un simple couvent.

La Révolution

1789 : Du 23/12/88 au 14/01/89 la Bèze ne coule plus, l’eau dans le trou est gelée. Les temps sont durs et la révolte gronde. Lors de la nuit du 4 août 1789, la féodalité est abolie. Le 26 août, l’assemblée abolit les privilèges et rédige la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

La légende dit qu’un jour « ceux de la Vingeanne » arrivèrent aux portes de l’abbaye armés de bâtons, de fourches et d’instruments divers en criant et en vociférant contre les moines. Ces derniers eurent juste le temps de s’enfuir dans un souterrain pour échapper au massacre. » Cette véritable émeute révolutionnaire est la seule qui semble avoir eu lieu contre les moines barons de Bèze. Il n’y eut ni gens tués, ni bâtiments incendiés et ce simple épisode de la « grande peur » faisait peut-être partie des nombreuses fausses nouvelles semées dans les campagnes pour y jeter la terreur.

La loi du 2 novembre 1789 met à la disposition de l’État tous les biens du clergé. Elle déclare ne plus reconnaître les vœux religieux et rend la liberté à tous les cloîtrés.

L’Assemblée Constituante assure en même temps un « salaire » aux curés et l’abbé Guelaud, curé de Bèze, est un des premiers à applaudir ces décrets et à confisquer tous les biens des moines, contre lesquels il avait toujours lutté depuis son arrivée à Bèze, en soutenant les habitants contre leur seigneur.

En février 1790, l’abbé Guelaud est élu maire. L’inventaire des biens de l’abbaye est fait en mai 1790. Il y a 4 175 livres dans la bibliothèque.

À partir de janvier 1791, les biens de l’abbaye sont mis en vente : des terres, la tuilerie, un moulin, des maisons dans Bèze, la chapelle Saint-Prudent, le four banal, la chapelle de Notre Dame des Groisses sont vendus pour 209 410 livres. La commune, d’après la loi, garde le 1/16e de la somme. Tous les objets précieux, vases sacrés et reliquaires doivent être versés au trésor public.

En 1793, Louis XVI est guillotiné et Robespierre est au pouvoir. C’est la Terreur, la création des comités de salut public, le gouvernement révolutionnaire, la loi des suspects, le culte de l’être suprême et de la déesse raison. La France est couverte d’échafauds.

Les premiers coups de pics sont donnés aux bâtiments monastiques. La tradition rapporte que pour avoir sans peine et à moindre frais le plomb recouvrant la toiture de l’église (pour le vendre aux armées), l’église fut remplie de fagots et entièrement brûlée.

1795, l’église du monastère est rasée. Tout le centre de la grande maison conventuelle, longue de 113 mètres, tombe à son tour. Là se trouvaient les salles de réception, la galerie cloître, l’escalier en fer à cheval, les galeries menant du dortoir à l’église.

Le bâtiment servant aux moines de pressoir, la cuverie, est racheté 12 000 livres par la commune pour y installer la mairie et l’école.

L’ère de l’abbaye s’arrête, mais l’histoire de Bèze continue…

Économie

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2007 en cours Serge Combacon - -
2001 2007 Roland Aguilon - -
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Les habitants de la commune s’appellent des Bèzois ou des Bèzoises[2].

Évolution démographique
(Source : INSEE[3] et Cassini[4])

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
883 903 969 975 1031 1107 1226 1210 1173
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1151 1135 1098 1001 1045 1022 1086 1025 1026
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1007 942 870 762 720 721 664 659 585
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006    
568 495 484 526 569 632 709[5]    

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments

La commune est un Village fleuri avec deux fleurs.

Les grottes de Bèze

Ces grottes se visitent de mai à septembre tous les jours, ainsi qu’en avril et en octobre tous les week-ends. En effet, elles sont remplies d’eau jusqu’au plafond pendant le reste de l’année. Pendant la période de visite, ces grottes se visitent à pied et en barque. Connue, dans sa partie initiale, depuis le moyen âge, la Grotte de la Crétane servait de refuge aux moines et aux villageois en cas d’invasion du bourg.

Lac qui se déverse à l’air libre par un siphon de type "vauclusien" dont le débit peut atteindre 20 m³ / seconde. Aménagée en 1970, puis restaurée en 1990, la grotte et le lac sont éclairés.

L’existence de la première grotte est très ancienne. Les habitants utilisaient cette cavité pour se cacher lors des invasions ou lors des nombreux pillages et destructions vécus dans le village. Ils auraient même utilisé cette cavité pour y déposer ce qu’ils avaient de plus précieux puis rebouché l’entrée.

La seconde grotte fut découverte le 16 septembre 1950 par les membres du spéléo-club de Dijon. Cette cavité occupée par une rivière souterraine est ouverte au public du printemps à l’automne. Sa visite s’effectue en barque et est commentée.

La résurgence de Bèze

Promenade autour de la résurgence à Bèze

C’est par hasard, en 1954, que des spéléologues découvrirent d’autres boyaux, et finalement le lac souterrain.

Le 5 mars 2006, de fortes précipitations de neige se sont abattues dans le département (40 à 50 cm de neige pendant le week-end), ce qui a eu pour effet de faire monter le niveau de la rivière 5 jours plus tard.

Le parcours de la Bèze est de 31 kilomètres. Elle se jette dans la Saône près de Vonges. Au début du siècle, la source était jaillissante. Elle formait deux bouillons séparés importants, plus ou moins élevés d’après le débit (pouvant atteindre 2 mètres). À côté de ces deux sorties d’eau se trouvait un troisième petit bouillon. Par suite des dégradations effectuées par les troupes allemandes, de la découverte de la grotte et de la rivière souterraine, son exploration, sans oublier l’érosion naturelle produite par le passage de l’eau, ces bouillons ont disparu.

La tour des Francs

Cette ancienne tour datant du IXe siècle faisait partie des fortifications entourant le village au Moyen Âge. Elle est presque totalement détruite. Elle est appelée tour des Francs parce qu’elle était occupée et défendue par des francs-tireurs. Elle servait de tour d’alerte et de guet pour les villageois.

La cure

Ce bâtiment carré à la toiture bourguignonne fut la demeure du chanoine Kir qui, de 1910 à 1924, fut curé de Bèze.

L’école monastique

École monastique

L’abbaye de Bèze fut une des premières à posséder une école monastique, dès 655. Celle-ci se trouvait dans l’enceinte de l’abbaye afin d’éduquer les jeunes moines. Plus tard, elle reçut des enfants des seigneurs et des nobles désirant s’instruire.

Pour faire face à son succès grandissant, une école extérieure fut fondée en 1280. En 1380, elle accueillait 40 garçons et 20 filles. Sa façade a été plusieurs fois remaniée. On peut remarquer des tripodes (trèfles) au-dessus des fenêtres, des têtes sculptées et des arcades de style gothique. En 1872 « l’hôtel du vieux monastère » s’y installa, puis une épicerie et la gare des autobus reliant Dijon à Gray.

La façade a failli partir pour les États Unis en 1913. Ce bâtiment fut sauvé de la démolition et il obtint son classement par les Beaux-arts en 1914.

Le four banal

Four banal

On voit encore la voûte de la halle du four, maintenant murée. Au premier étage, deux fenêtres accolées avec des arcades tréflées sont celles de l’ancien logis du moine chargé de son fonctionnement. Dans le logis, on voit encore une pièce avec alcôve, aux moulures en stuc d’époque Louis XV, une cheminée de la même époque, très bien sculptée et polie avec plaque de foyer à armoiries datant de 1738.

Les habitants du village étaient obligés d’y faire cuire leur pain. Ce four cessa de fonctionner le 15 octobre 1780 en échange d’une « redevance annuelle basée sur la situation de chacun. »

Le grenier à grains

Grenier à blé

C’est la plus ancienne maison de Bèze. Le premier étage servait de grenier à grains pour le monastère. En face, on voit une maison à colombage très ancienne elle aussi.

La chapelle Saint-Prudent

A la jonction de la rue Dom Clément et de la ruelle Saint Prudent, on aperçoit un toit en pointe. Celui-ci abritait le chœur de la chapelle dédiée à Saint-Prudent. Cette chapelle, construite entre le XIe et le XIIe siècle, abritait les reliques de Saint-Prudent. Ces reliques auraient fait plus de 20 miracles et elles étaient très vénérées. La chapelle fut vendue à la Révolution comme bien national et transformée en logement.

La promenade de la source

L’aménagement de la promenade de la source (classée monument historique) remonte au XVIIIe siècle. Les arbres ont entre 250 et 300 ans.

La tour d’Oysel

La tour d’Oysel

C’est la deuxième tour des fortifications de l’abbaye. Elle servait de colombier au XVIIIe siècle. Les murs ont 1,75 mètre d’épaisseur. Accolé à cette tour, il y a le « lavoir des sœurs ». L’école primaire Claude Monet est installée dans le grand bâtiment qui part de cette tour. Cette partie était l’ancienne cuverie des moines.

La maison Dom Clément

La tour de Chaux

Tour des Chaux

C’est vers l’an 900 que le monastère s’est entouré de fortifications. Cette tour en est l’un des vestiges. Elle est appelée ainsi depuis le XVIIe siècle. Cela proviendrait soit de la situation d’un trou de chaux près de sa base, soit de la présence de chouettes dans les combles. Elle a trois étages et ses murs ont environ 2 mètres d’épaisseur.

L’église Saint-Rémi

Église Saint-Rémi

La première chapelle paroissiale remonterait au VIIe siècle. La première église fut construite en 960 par les villageois et placée sous le vocable de Saint-Rémi (un tableau à l’intérieur de l’église illustre cet événement).

Saint Rémi fut l’évêque qui baptisa Clovis et 3000 de ses soldats à Reims en 498. Cette église fut reconstruite de nombreuses fois car elle fut, comme le village et l’abbaye, détruite et incendiée 7 fois dans son histoire.

En 1119, Joceran de Brancion, évêque de Langres, consacra l'église.

L'église est reconstruite en 1209.

Elle est détruite pour la dernière fois en 1636 par Matthias Gallas.

En 1768, son état était tel qu’il nécessita une reconstruction presque totale sous la direction du curé Guelaud qui fut le premier maire de Bèze, en 1790.

Une restauration totale de l'extérieur et de l'intérieur a été faite de 1995 à 1997 par la municipalité et une association de bénévoles.

À l’extérieur, on peut voir une statue en pierre sur un piedestal qui représente le Christ au lien (ou le Dieu de pitié). Il est appelé ainsi parce qu’il a les mains jointes. Ses amputations de la tête et de la jambe gauche sont sans doute l’œuvre de vandales. À côté est érigée une croix qui faisait partie de l’ancien cimetière.

Personnalités liées à la commune

Le buste du chanoine Kir
  • Félix Adrien Kir, (dit le chanoine Kir), affecté à Bèze en 1910. En 1914, il part en guerre pour rejoindre une unité médicale aux armées. Il quitte Bèze en 1924 car il est nommé à Nolay (Côte-d'Or). Sa mère repose au cimetière de la commune.
  • Saint Prudent : Archidiacre et martyr de Narbonne. Un des événements importants de l’histoire de l’abbaye de Bèze et peut-être la cause première de sa célébrité, est la possession des reliques de Saint-Prudent. Ses différents miracles imputés à ses reliques ont été relatés par le moine Thibault.
  • Edouard Persin, champion cycliste, "lanterne rouge" du Tour de France 1928, est né à Bèze le 29 mars 1902.

Notes et références

  1. Montenay Solange, l’abbaye bénédictine Saint-Pierre de Bèze (1960)
  2. Habitants.fr, « Nom des habitants des communes françaises ». Consulté le 10 août 2008
  3. Bèze sur le site de l’Insee
  4. Cassini.ehess.fr : Population par commune avant 1962 (résultats publiés au journal officiel ou conservés aux archives départementales)
  5. Enquête provisoire annuelle de l’INSEE

Voir aussi

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