Calcul numérique d'une intégrale

Calcul numérique d'une intégrale

En analyse numérique, il existe une vaste famille dalgorithmes dont le but principal est destimer la valeur numérique de lintégrale définie sur un domaine particulier pour une fonction donnée (par exemple lintégrale dune fonction dune variable sur un intervalle).

Ces techniques procèdent en trois phases distinctes :

  1. Décomposition du domaine en morceaux (un intervalle en sous-intervalles contigus).
  2. Intégration approchée de la fonction sur chaque morceau.
  3. Sommation des résultats numériques ainsi obtenus.


On appelle formule de quadrature une expression linéaire dont lévaluation fournit une valeur approchée de lintégrale sur un morceau typique (lintervalle [0, 1] par exemple). Une transformation affine permet de transposer la formule sur un morceau particulier. La formule de quadrature fait intervenir des valeurs pondérées de la fonction (et parfois également celles de sa dérivée) en certains nœuds : les coefficients de pondération et les nœuds dépendent de la méthode employée. Ces formules de quadrature sont en effet obtenues à laide de la substitution de la fonction par une approximation, cest-à-dire par une fonction proche dont lintégrale peut être déterminée algébriquement.


Une indication grossière de lefficacité dune formule de quadrature est son ordre qui, par définition, est la plus grande valeur entière m pour laquelle la valeur approchée de lintégrale soit exacte pour tout polynôme de degré inférieur ou égal à m.

Cependant, la précision du résultat obtenu dépend à la fois de lordre de la formule de quadrature, de la taille des morceaux et de la régularité de la fonction. Dautre part, il est généralement inutile dappliquer une formule de quadrature dordre m si la fonction nest continûment dérivable jusquà lordre m + 1.

Sommaire

Méthode de calcul d'intégrale à une dimension

Généralités

Considérons une intégrale définie I = \int_a^b f(x) \, dx dont on cherche à estimer la valeur numérique.

Hypothèses et traitements préalables

Supposons que a et b soient finis : dans le cas contraire, il est conseillé deffectuer un changement de variable permettant de satisfaire cette hypothèse[1].


Supposons également que la fonction f à intégrer ne comporte pas de singularité. Par exemple, la fonction f(x) = x α avec 0 < α < 1 est intégrable sur [0,1] et I = 1 / (1 α). Bien que f soit parfaitement régulière sur (0,1], la singularité en 0 et limpossibilité de la prolonger par une fonction continue cause de grandes difficultés à toutes les méthodes dintégration numérique, en particulier pour celles qui utilisent explicitement f(0)[2].

Dans une telle situation, il convient de soustraire à f une fonction g dont lintégrale est connue et qui soit telle que f g ne soit plus singulière, puis dintégrer numériquement cette différence.

Mise en œuvre

Considérons une formule de quadrature associée à [0,1] du type I_{[0, 1]}(g) = \sum_{i=0}^p \alpha_i \, g(x_i) les pondérations αi et les nœuds xi sont donnés.

Partant dune décomposition régulière de [a, \, b] en n sous- intervalles de longueur h = (b a) / n, soit les intervalles J_k = [a + k h, \, a + (k+1) h] pour 0 \leq k < n, lapplication de la formule de quadrature précédente à chaque Jk seffectue à laide dune transformation affine, permettant ainsi dobtenir une approximation In(f) de I qui sécrit :

I_n(f) = h \sum_{k=0}^{n-1} \sum_{i=0}^p \alpha_i \, f(a + h (k + x_i)).

Cette relation est la formule composite associée à une formule de quadrature générale. Lordre du calcul des termes de cette double somme et certains arrangements permettent le plus souvent de réduire le nombre dopérations (évaluations de f(.) et multiplications par αi). Cette question est développée plus loin pour quelques formules de quadrature particulières.

Si la formule de quadrature comporte des termes du type \sum_{j=0}^{p'} \beta_j \, g'(y_j) faisant intervenir la dérivée ou du type \sum_{j=0}^{p''} \gamma_j \, g''(z_j) impliquant la dérivée seconde, la transformation affine fait apparaître des facteurs h ou h2, ceci conformément à la relation suivante :

I_n(f) = h \sum_{k=0}^{n-1} \left( \sum_{i=0}^p \alpha_i \, f(a + h (k + x_i)) + h \sum_{j=0}^{p'} \beta_j \, f'(a + h (k + y_j)) + h^2 \sum_{j=0}^{p''} \gamma_j \, f''(a + h (k + z_j))\right).

Ordre de la formule de quadrature et convergence

Si m est lordre de la formule de quadrature et si f(x) est de classe \mathcal{C}_I^{m+1}([a, \, b]) (soit lespace des fonctions m + 1 fois dérivables dont la dérivée m + 1 est continue par morceaux), notons

M = \sup_{x \in [a, b]} |f^{m+1}(x)|.

Dans ce cas, il existe une constante C indépendante de f et de [a, \, b] telle que

|I - I_n(f)| \leq C M (b-a) h^{m+1}

Ce résultat conforte les recommandations suivantes :

  • Si fm(x) nest pas continue sur [a, \, b], une formule de quadrature dordre m (ou plus) présente peu dintérêt.
  • Si f(x) est régulière par morceaux, il vaut la peine de décomposer [a, \, b] en sous-intervalles correspondant aux morceaux de régularité, puis dappliquer une formule composite de quadrature sur chaque morceau.
  • La même approche peut se révéler opportune pour intégrer une fonction régulière, mais dont la variabilité est très dissemblable dune zone à lautre. Lintérêt se manifeste toutefois principalement sur le volume des calculs.

Formules simples

Ces méthodes utilisent linterpolation des fonctions à intégrer par des polynômes dont la primitive est connue.

Formules du rectangle et du point milieu

La surface en rouge représente la valeur de lintégrale estimée par la méthode du point milieu.

Cest la méthode la plus simple qui consiste à interpoler la fonction f à intégrer par une fonction constante (polynôme de degré 0).

Si ξ est le point dinterpolation, la formule est la suivante :

I(f) = (b-a) f(\xi)\,

Le choix de ξ influence lerreur E(f) = I - I(f)\, :

  • Si \xi = a\, ou \xi = b\,, lerreur est donnée par
E(f) = \frac{(b-a)^2}{2} f'(\eta), \quad \eta \in [a,b].
Cest la méthode du rectangle qui est dordre 0.
  • Si \xi = (a+b)/2\,, lerreur est donnée par
E(f) = \frac{(b-a)^3}{24} f''(\eta), \quad \eta \in [a,b]\,.
Il sagit de la méthode du point milieu qui est dordre 1.


Ainsi, le choix du point milieu améliore lordre de la méthode : celle du rectangle est exacte (cest-à-dire E(f) = 0) pour les fonctions constantes alors que celle du point milieu est exacte pour les polynômes de degré 1. Ceci sexplique par le fait que lécart dintégration de la méthode du point milieu donne lieu à deux erreurs dévaluation, de valeurs absolues environ égales et de signes opposés.


Formule du trapèze

La surface en rouge représente la valeur de l'intégrale estimée par la méthode des trapèzes.

En interpolant f par un polynôme de degré 1, les deux points d'interpolation (a, \ f(a)) et (b, \ f(b)) suffisent à tracer un segment dont lintégrale correspond à laire dun trapèze, justifiant le nom de méthode des trapèzes qui est dordre 1 :

I(f) = (b-a) \, \frac{f(a) + f(b)}{2}

Lerreur est donnée par

E(f) = - \frac{(b-a)^3}{12} f''(\eta), \quad \eta \in [a,b]

Conformément aux expressions de lerreur, la méthode des trapèzes est souvent moins performante que celle du point milieu.

Formule de Simpson

La surface en rouge représente la valeur de l'intégrale estimée par la méthode de Simpson.

En interpolant f par un polynôme de degré 2 (3 degrés de liberté), 3 points (ou conditions) sont nécessaires pour le caractériser : les valeurs aux extrémités a, b, et celle choisie en leur milieu x1 / 2 = (a + b) / 2. La méthode de Simpson est basée sur un polynôme de degré 2 (intégrale dune parabole), tout en restant exacte pour des polynômes de degré 3 ; elle est donc dordre 3 :

I(f) = \frac{(b-a)}{6} [ f(a) + 4 f(x_{1/2}) + f(b) ]

Lerreur globale est donnée par

E(f) = - \frac{(b-a)^5}{2880} f^{(4)}(\eta), \quad \eta \in [a,b]

Remarque : comme la méthode du point milieu qui caractérise un polynôme de degré 0 et qui reste exacte pour tout polynôme de degré 1, la méthode de Simpson caractérise un polynôme de degré 2 et reste exacte pour tout polynôme de degré 3. Il sagit dune sorte danomalie se produisent des compensations bénéfiques à lordre de la méthode.

Généralisation

La fonction f peut être interpolée à laide de son évaluation en m points équidistants (comprenant les deux extrémités si m > 1, méthode du point milieu si m = 1) par un polynôme de degré m 1 issu dune base de polynômes de Lagrange et dont lintégrale est fournie par les formules de Newton-Cotes. Ce procédé permet ainsi une généralisation des résultats précédents. Avec m points, il en découle une méthode

  • dordre m si m est impair (anomalie),
  • dordre m 1 si m est pair.

On notera ici NC-m la méthode basée sur m points :

  • NC-1 est la méthode du point milieu
  • NC-2 est la formule du trapèze
  • NC-3 est la formule de Simpson

Pour des questions dinstabilité numérique provenant en particulier du phénomène de Runge, il est cependant préférable de limiter le degré m du polynôme d'interpolation, quitte à subdiviser l'intervalle en sous-intervalles.

Formule faisant intervenir la dérivée

Formule NC-m-m'

Il sagit dune généralisation des formules NC-m dans lesquelles interviennent non seulement la fonction évaluée en m points équidistants, mais également la dérivée de la fonction évaluée en m' points équidistants ; malgré labus de langage, on notera ici NC-m-m' une telle formule.

On se limitera ici à m' = 2 correspondant aux deux extrémités a et b.

Peu connues (et donc rarement présentées dans les cours), ces méthodes permettent de gagner deux ordres de convergence par rapport à la méthode correspondante sans la dérivée, ceci en nécessitant très peu de calculs supplémentaires : en effet, les coefficients de f'(a) et de f'(b) sont opposés et ainsi, dans la formule composite (dont il est question ci-dessous), les dérivées aux extrémités de deux intervalles adjacent se simplifient.

Si xi désigne les points dévaluation de f (i entre 0 et m 1:

  • Formule NC-1-2 : basée sur un polynôme de degré 2, elle est dordre 3 :
I(f) = \frac{(b-a)}{24} \left[ 24 f \left(\frac{b-a}{2}\right) + f'(a) - f'(b) \right]
  • Formule NC-2-2 : basée sur un polynôme de degré 3, elle est dordre 3 :
I(f) = \frac{(b-a)}{12} \left[ 6 (f(a) + f(b)) + f'(a) - f'(b) \right]
  • Formule NC-3-2 : basée sur un polynôme de degré 4, elle est dordre 5 :
I(f) = \frac{(b-a)}{60} \left[ 14(f(a) + f(b)) + 32 f(x_1) + f'(a) - f'(b) \right]
  • Formule NC-4-2 : basée sur un polynôme de degré 5, elle est dordre 5 :
I(f) = \frac{(b-a)}{240} \left[ 39 (f(a) + f(b)) + 81 (f(x_1) + f(x_2)) + f'(a) - f'(b) \right]
  • Formule NC-5-2 : basée sur un polynôme de degré 6, elle est dordre 7 :
I(f) = \frac{(b-a)}{3780} \left[ 434 (f(a) + f(b)) + 1024 (f(x_1) + f(x_3)) + 864 f(x_2) + f'(a) - f'(b) \right]


Concernant lerreur globale dune formule de quadrature linéaire dordre p, elle est donnée par

E(f) = C (b-a)^{p+2} f^{(p+1)}(\eta), \quad \eta \in [a,b]


Ce procédé permet ainsi une généralisation des formules de Newton-Cotes. Avec m points pour la fonction et 2 points pour sa dérivée, il en découple une méthode

  • dordre m + 2 si m est impair (anomalie),
  • dordre m + 1 si m est pair.

Formule NC-m-m'-m"

La notation indique que la dérivée seconde intervient également en m'' points équidistants. Mentionnons uniquement une formule particulièrement remarquable qui présente une double anomalie :

  • Formules NC-4-2-2 : basée sur un polynôme de degré 7, elle est dordre 9 :
I(f) = \frac{(b-a)}{6720} [ 1173 (f(a) + f(b)) + 2187 (f(x_1) + f(x_2)) + 78 (f'(a) - f'(b)) + 2 (f''(a) + f''(b)) ]
Les coefficients de f'(a) et de f'(b) sont opposés, ce qui permet des simplifications dans la formule composite. Par contre, ce nest pas le cas pour f''.

Remarques :

  • Une méthode NC-1-1-...-1 nest autre que lintégration dun développement de Taylor.
  • Dans une formule NC-m-m'-m", m doit être positif afin de tenir compte dune translation sur f'.
  • Tout triplet dentiers (m, m', m") ne conduit pas nécessairement à une formule de quadrature. Cest le cas pour les triplets du type (2 p, 2 q +1, r), ainsi que quelques cas du type (2 p + 1, 2 q, 2 r +1) [3].
  • Les triplets du type (2 p +1, 2 q, 2 r), (2 p +1, 2 q + 1, 2 r + 1) et (2 p, 2 q, 2 r +1) présentent une anomalie dans le sens la formule est basée sur un polynôme de degré m + m' + m" - 1 (nombre de degrés de liberté) alors quelle est encore vraie pour un polynôme de degré m + m' + m".

Formules composites

Pour chacune des méthodes précédentes, le terme derreur dépend dune puissance de b-a. Cette imprécision étant le plus souvent trop importante, lerreur peut être réduite en découpant simplement lintervalle [a, b] en n sous-intervalles (supposés de longueurs égales), ceci dans le but de déterminer une valeur approchée de lintégrale sur chacun deux, en application de la méthode choisie. Lintégrale sur [a, b] est estimée par la somme des valeurs ainsi calculées.

On appelle formule composite lexpression caractérisant cette estimation.

Notons k lindice des n sous-intervalles, h = (b a) / n la longueur de chacun deux, xk = a + kh la borne inférieure et mk = a + (k + 1 / 2)h le point milieu, ceci pour k entre 0 et n 1. La formule composite sont les suivantes :

  • Méthode du point milieu dordre 1 :
 I(f) = \frac{(b-a)}{n} \sum_{k=0}^{n-1} f( m_k )
  • Méthode des trapèzes dordre 1 :
I(f) = \frac{(b-a)}{n} \left( {f(a) + f(b) \over 2} + \sum_{k=1}^{n-1} f ( a + k h) \right)
  • Méthode de Simpson dordre 3 :
I(f) = \frac{h}{6} \left( f(a) + f(b) + 2 \sum_{k=1}^{n-1} f(x_k) + 4 \sum_{k=0}^{n-1} f(m_k)  \right)

Pour les formules de quadrature faisant intervenir des dérivées, donnons deux exemples, les autres cas se déduisant par analogie (ici xk,i = a + kh + iΔ Δ = h / (m 1), m étant le nombre de points dun sous-intervalle:

  • NC-3-2 dordre 5 :
I(f) = \frac{h}{60} \left( 14 (f(a) + f(b)) + h (f'(a) - f'(b)) + 28 \sum_{k=1}^{n-1} f(x_{k, 0}) + 32 \sum_{k=0}^{n-1} f(x_{k, 1})  \right)
  • NC-4-2-2 dordre 9 :
I(f) = \frac{h}{6720} \left( 1173 (f(a) + f(b))+ 78 h (f'(a) - f'(b)) + 2 h^2 (f''(a) + f''(b)) + 2346 \sum_{k=1}^{n-1} f(x_{k, 0}) + 2187 \sum_{k=0}^{n-1} (f(x_{k, 1} + f(x_{k, 2})) + 4 h^2 \sum_{k=1}^{n-1} f''(x_{k, 0}) \right)

Concernant lerreur finale dune formule de quadrature linéaire dordre p, elle est donnée par la relation

E_h(f) = C h^{p+1} (b-a) f^{(p+1)}(\eta),\quad \eta\in [a,b]

Méthode de Romberg

Article détaillé : méthode de Romberg.

Sagissant de choisir une méthode dintégration numérique, cette méthode ne doit pas être négligée, en particulier lorsque la fonction est régulière. Après n itérations, elle conduit à une méthode dordre de 22n + 1 avec une erreur en O(h2n + 2) pour des fonctions de classe \mathcal{C}_I^{2n+2}, ceci avec une grande économie du nombre dévaluations de la fonction (précisément 2n + 1 évaluations).

Tirages aléatoires

Article détaillé : Méthode de Monte-Carlo.

Pour intégrer une fonction f sur un intervalle [a,b], la méthode de Monte-Carlo est ici mentionnée à titre "presque anecdotique: sa performance reste en effet très limitée et son coût de traitement élevé à cause du grand nombre dévaluations de f qui sont nécessaires pour espérer obtenir un résultat significatif.

Lestimation de lintégrale I de f est fournie par Iq(f) = (b a)Mq(f)) Mq(f)) est la moyenne arithmétique des f(ui), les ui étant q tirages aléatoires indépendants et distribués uniformément sur [a,b].

Cette méthode est dordre 0 puisquelle donne un résultat exact pour toute fonction constante (même avec un unique tirage).

Cependant, ne sagissant pas dune formule de quadrature, lerreur ne peut pas être majorée avec certitude par une quantité décroissante avec le nombre de tirages. En fait, à chaque groupe de q tirages correspond une estimation particulière de lintégrale, c'est-à-dire une réalisation dune variable aléatoire Iq(f) dont la distribution dépend de f, de [a,b] et de q. On peut alors assurer que son espérance est égale à lintégrale de f et préciser une borne de lécart type de lerreur.


Les résultats suivants permettent de caractériser la distribution de lerreur et son écart type :

  • Lorsque q augmente, lerreur Eq(f) = I Iq(f) samenuise statistiquement. Plus précisément :
Soit σ lécart type dun tirage qui est défini par la relation
\sigma^2 = \frac{1}{b - a} \int_a^b f^2(x) \, dx - \left( \frac{I}{b - a} \right)^2 .
Alors la distribution de \frac {\sqrt{q}}{(b - a) \sigma} \, E_q(f) converge vers celle de la loi normale centrée réduite, soit \mathcal{N}(0,\, 1). En dautres termes, Eq(f) est essentiellement distribué comme une loi normale \mathcal{N}(0,\, \frac {(b - a)^2}{q} \sigma^2.
  • Si f est une fonction bornée quelconque (la borne est notée \|f\|_\infty), alors \sigma \leq \|f\|_\infty et ainsi
\sigma (E_q(f)) \leq \frac {(b-a)}{\sqrt{q}} \, \|f\|_\infty.
  • Si f est de classe \mathcal{C}^1([a, \, b]) (dérivable et à dérivée continue, en particulier bornée[4]), alors \sigma \leq \frac{b - a}{\sqrt{3}} \|f'\|_\infty et ainsi
\sigma (E_q(f)) \leq \frac {(b-a)^2}{\sqrt{3 q}} \, \|f'\|_\infty.
  • Si f est de classe \mathcal{C}^1([a, \, b]), que [a,b] est décomposé en n intervalles de longueur h avec nh = b a, que le nombre total q de tirages est réparti à parts égales dans chaque intervalle, alors
\sigma (E_q(f)) \leq (b-a) \, \frac {h}\sqrt{{3 q}} \, \|f'\|_\infty.

Remarque :

Le dernier résultat justifie le comportement relativement médiocre de la méthode de Monte-Carlo. Supposons en effet que le nombre q de tirages soit imposé (limitation de leffort de traitement). Dans ce cas et afin de réduire σ(Eq(f)), il convient de choisir le plus petit h possible, soit un tirage par intervalle (n = q) pour obtenir

\sigma (E_q(f)) \leq \sqrt {\frac{(b-a)}{3}} h^{3/2} \, \|f'\|_\infty.

Autant choisir la méthode du point milieu si la fonction est dans \mathcal{C}^2([a, \, b]).

Tableau comparatif

Le tableau suivant résume les performances théoriques de chaque méthode :

Nom de la
Méthode
Degré du
polynôme
Nombre de
points
Degré
dexactitude
(ordre)
Degré
derreur globale
Degré
derreur finale
Rectangle 0 1 0 2 1
Point Milieu 0 1 1 3 2
Trapèze 1 2 1 3 2
Simpson 2 3 3 5 4
NC-5 4 5 5 7 6
NC-1-2 2 1+2 3 5 4
NC-3-2 4 3+2 5 7 6
NC-5-2 6 5+2 7 9 8
NC-4-2-2 7 4+2+2 9 11 10
Romberg (n) 2n+1 2n+1 2n+1 - 2n+2


Signification des titres des colonnes :

  • Degré du polynôme : degré des polynômes sur lesquels se base la formule.
  • Nombre de points : sur chacun desquels la fonction est évaluée.
  • Degré dexactitude : degré maximal des polynômes pour lesquels la formule est exacte (cest lordre de la méthode).
  • Degré derreur globale : la puissance du facteur b a dans lerreur pour une application globale de la formule sur lintervalle.
  • Degré derreur finale : la puissance du facteur h dans la formule composite.

Exemple numérique

Performances comparatives de quelques méthodes dintégration : résultats tirés dun exemple.

Afin dillustrer par un exemple les résultats numériques obtenus avec les diverses méthodes, considérons le cas particulier de la fonction f(x) = x \, \sin(x^2) et son intégrale sur lintervalle [0, (\pi)^{\frac{1}{2}}]. Puisque F(x) = - \frac{1}{2} \, \cos(x^2) est une primitive de f(x), il est facile de déterminer la valeur exacte de lintégrale qui vaut I = 1.

En application des formules composites des diverses méthodes, le graphique ci-contre présente le nombre de chiffres significatifs exacts (soit - \log_{10}\left(\left|\frac{E(f)}{I}\right|\right)) obtenus en fonction du nombre n de sous-intervalles de la décomposition.


Remarques :

  • Le comportement de la fonction choisie étant bien régulier, les diverses courbes croissent très uniformément avec le nombre de sous-intervalles (hormis celles issues de la méthode de Monte-Carlo). Cette apparence est trompeuse : avec une fonction plus chaotique, les courbes seraient beaucoup plus erratiques.
  • Pour la méthode de Monte-Carlo, le nombre q indiqué entre parenthèses comme suffixe de la légende (MC (q)) correspond au nombre de tirages réalisés sur chaque sous-intervalle.
  • Dans les calculs, la méthode de Romberg na pas été traitée dans le cadre elle présente ses meilleures performances théoriques. Afin de permettre une comparaison avec les autres approches, elle a en effet été appliquée sur chacun des n sous-intervalles utilisés par les autres méthodes[5]. Toutefois, il savère que, dans le cas particulier de cet exemple, les deux approches conduisent à des résultats semblables.

Autres méthodes de quadrature numérique

Méthode de calcul d'intégrale à plusieurs dimensions

Méthode de calcul d'intégrale de forme particulière

Notes (et références)

  1. Tronquer lintervalle pour le rendre fini est une mauvaise idée car la contribution du morceau amputé nest jamais négligeable.
  2. Imposer des bornes à la fonction est aussi une mauvaise idée : la contribution élaguée nest pas négligeable et la régularité est partiellement perdue.
  3. Les cas singuliers de ce type sont les suivants : (1, 0, r), (1, 2, {1,3,5}), (3, 0, {1,3,5}), (3, 2, {1,3}) et (5, {0,2}, {1,3}).
  4. Toute fonction continue sur un compact est uniformément continue et bornée.
  5. Pour le résultat déterminé avec n = 2p, on aurait pu appliquer la méthode sur lintervalle global, mais en effectuant p itérations supplémentaires.

Voir aussi

Articles connexes



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