Mer d'Aral

Mer d'Aral
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Mer d'Aral
Mer d'Aral vue de l'espace, image satellite de la NASA.
Photo satellite : 1989 et 2008
Administration
Pays Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan
Drapeau d'Ouzbékistan Ouzbékistan
Géographie
Latitude
Longitude
45° Nord
       60° Est
/ 45, 60
45° N 60° E / 45, 60 
Type Endoréique
Origine Naturel
Superficie 17 160 km2(2004)
28 687 km² (1998)
68 000 km² (1960)
Hydrographie
Alimentation Amou-Daria
Syr-Daria

La mer d'Aral est un lac d'eau salé d'Asie centrale, située entre 43° et 46° de latitude nord et entre 58° et 62° de longitude est. Elle est partagée entre le Kazakhstan au nord et l'Ouzbékistan au sud. Dans les années 1960, le lac d’Aral, communément appelé « Mer d’Aral » était le 4eme lac du monde avec une superficie de 66 458 km2.

Cinq pays se partagent le bassin du lac d’Aral : Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizistan, Turkménistan, Ouzbékistan. Alimenté par deux affluents principaux, l’Amou Daria et le Syr Daria, le bassin-versant de ce lac d’eau salée compte 17 752 glaciers pour une superficie d’environ 1 549 000 km2([1])

En 1960, encore alimentée par les puissants fleuves Amou-Daria et Syr-Daria, elle couvrait 68 000 km2 et était la quatrième surface d'eau salée intérieure du monde. En 2000, cette superficie était divisée par deux. Cet assèchement, dû au détournement des deux fleuves, est une des plus importantes catastrophes environnementales du XXe siècle.

Sommaire

Assèchement

Un bateau à l'abandon dans la zone asséchée de la mer d'Aral

L'assèchement de cette mer fut planifié dès 1918[2]. Au début des années 1960, les économistes soviétiques décident d’intensifier la culture du coton en Ouzbékistan et au Kazakhstan. Les fleuves Amou-Daria et Syr-Daria sont détournés pour irriguer les cultures (Canal du Karakoum). Ainsi en 1960 entre 20 et 60 km3 d'eau douce sont détournés. Le manque d'apport en eau assèche alors peu à peu la mer dont le niveau baisse de 20 à 60 cm par an. Elle a perdu 50 % de sa surface depuis 1960, 14 mètres de profondeur et 60 % de son volume[réf. souhaitée];en 2005 elle a perdu les 3 quarts de sa superficie , ce qui a augmenté la salinité de l'eau et tué quasiment toute forme de vie[3]. On peut retrouver des épaves de bateaux dans les plaines.

La séparation entre Petite mer au nord et Grande mer au sud date de 1989. L'évolution a d'abord laissé présager la disparition totale de la seconde à l'horizon 2025, avant que des travaux d'aménagement ne soient opérés. En 2007, on constate que le niveau de la petite mer d'Aral (nord) remonte spectaculairement, plus vite que ne l'espéraient les experts chargés du dossier[4].

Zavialov [5]décèlerait un lien entre la hausse de la mer Caspienne et l’abaissement de la mer d’Aral ; pour Chilo, académicien russe, ce sont les fonds des mers (Caspienne et Aral) qui seraient très friables.... et un historien Bunyatov[6] démontre que ce lac aurait déjà agonisé quatre fois au cours des siècles. Allant dans ce sens, des analyses contradictoires sur la mort programmée pour 2025 de la Mer d’Aral ont été publiées récemment ; des signes d’espoir sont même apparus dernièrement depuis que la digue séparant les 2 lacs est terminée (2005) ; l’eau remonte progressivement et la pêche a repris depuis 2006[7]


Conséquences biologiques et biomédicales

Aujourd’hui, les 24 espèces endémiques de la mer d’Aral ont disparu. Seul subsiste une espèce de raie importée, et sélectionnée pour survivre à de tels taux de salinité. Sa survie à long terme n’est pas assurée, même dans la petite mer. Depuis 2003, la mer d’Aral a perdu approximativement 75% de sa superficie et 90% de son volume. Les quantités gigantesques de pesticides et d’insecticides qui, jadis, avaient été charriées par les deux fleuves de la mer et s’étaient déposées au fond du bassin de l’Aral ainsi que le sel laissé par les eaux se retirant, se sont retrouvées, au fur et à mesure que l’évaporation progressait, à l’air libre, provoquant le taux de mortalité infantile le plus élevé du monde, les taux de cancers et d’anémies directement reliés à l’exposition par des produits chimiques furent confirmés par l’OMS.


Tentatives de sauvetage

Animation de l'assèchement de la mer d'Aral entre 1960 et 2008.

Pour empêcher cet assèchement total, de multiples projets ont été évoqués, dont le creusement d'un canal depuis la mer Caspienne ou le détournement des fleuves de Sibérie.

Construction d'une première digue

Une seule tentative couronnée de succès à ce jour fut la construction d'une digue au sud de l'embouchure du Syr-Daria, pour barrer un détroit entre la Petite mer (Maloïé), ancienne mer bordière au nord de l'ancienne mer d'Aral, et la Grande mer (Bolchoïé, ce qui reste du sud de la grande mer). Le maire de la ville d'Aralsk, Alachibaï Baïmirzaev a fait construire en 1995 une digue de vingt-deux km de long en sable et roseaux. Achevée en 1996, elle permit immédiatement d'éviter que les eaux du fleuve ne se perdent dans le delta entre Petite et Grande mer et de faire remonter le niveau de la Petite mer. Un semblant de vie renaquit autour de la mer, qui avança de plusieurs kilomètres : roseaux, oiseaux, rongeurs et renards, et même quelques poissons. Une tempête a détruit cette digue en 1999, et le niveau de la mer a reperdu partiellement ce qui avait été gagné.

Barrage de Kok-Aral

La Banque mondiale a décidé de financer la construction du barrage en béton de Kok-Aral ainsi qu’une série de digues en vue d’éliminer l’excès de sel par des déversoirs et de faire remonter le niveau de l’eau. Ce projet controversé dont les travaux ont débuté en 2003 devrait permettre à terme à la Petite mer de regagner environ 500 km2, mais il risque également de condamner la Grande mer à un assèchement encore plus rapide, même si une vanne située au-dessus du barrage prévoit de reverser le trop-plein d’eau dans la Grande Aral, située pour une bonne part en Ouzbékistan.

Ainsi le barrage qui permet à la vie de revenir dans la Petite mer est une pomme de discorde entre le Kazakhstan qui en profite et l'Ouzbékistan dont la gestion désastreuse de l'Amou-Daria a détruit toute vie dans la Grande mer.

Au Kazakhstan, un espoir renaît avec les projets du président Noursoultan Nazarbaïev. Il est en effet question de rehausser le niveau de la petite mer de 6 m, ce qui permettrait à l'industrie de la pêche de renaître, et à la ville d'Aralsk de redevenir un port. Ce projet estimé à 120 millions de dollars (98 000 000 euros) serait financé principalement par les revenus du pétrole du Kazakhstan. Ce projet prévoit également le creusement d’un canal de jonction entre les deux bassins et la construction de nouvelles structures pour exploiter l’énergie hydroélectrique.

Depuis le début des travaux, la profondeur moyenne de la Petite Aral est passée de moins de 30 m à 38 m, le niveau de viabilité étant estimé à 42 m. Alors que les spécialistes de la Banque mondiale avaient prévu que l’eau ne remonterait pas avant trois ans – d’autres hydrologues ayant même décrété que la mer d’Aral était irrémédiablement perdue –, la petite mer a déjà regagné 30 % de sa superficie, ce qui représente plus de 10 milliards de mètres cubes d’eau. Cependant, pour certains responsables kazakhs, il ne faut pas se réjouir trop tôt car il faudra probablement des décennies pour résoudre les problèmes.

Depuis la fin de la construction du barrage en 2005, on a constaté en 2009 que le niveau de la partie nord de la mer d'Aral était remonté de six mètres[8].

Plantations de Saxoul

L’Ouzbékistan a planté 300’000 hectares de Saxaoul (arbuste), qui produisent 167 000 tonnes d’oxygène en absorbant 2,3 tonnes de CO2. Commencé dans les années 1980, ce programme n’a pu reprendre qu’en 2008, faute de financement. Ces plantes ne sont pas seulement une aide contre l’érosion, elles jouent également un autre rôle essentiel : selon le Prof. Zinovi Novitsk, elles permettent de réduire l’effet de serre. Mais parallèlement à ce type de projet, l’Ouzbékistan reste le 2e exportateur mondial de coton en 2011 -2 millions d’hectares de coton y sont encore cultivés- ; or l’irrigation reste incontrôlée puisque le coton est une culture hautement demandeuse d’eau, accentuant ainsi les phénomènes naturels d’assèchement[9].

Installation d'une base de fabrication d'armes biologiques sur l'île de Vozrozhdeniye

Articles détaillés : Île de Vozrozhdeniya et Kantubek.

En 1948, un laboratoire d'armes biologiques top-secret a été établi sur l'île de Vozrozhdeniya située au centre de la mer d'Aral qui est maintenant disputée entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan. L'histoire exacte, les fonctions et le statut actuel de ce centre n'ont pas encore été divulgués. La base a été abandonnée suite à la désintégration de l'URSS. Les expéditions scientifiques ont prouvé que cela avait été un site de production, d'essai et, plus tard, de fabrication d'armes pathogènes. En 2002, à travers un projet organisé par les États-Unis et avec l'assistance de l'Ouzbékistan, 10 sites d'enfouissement d'anthrax ont été décontaminés. En accord avec le Kazakh Scientific Center for Quarantine and Zoonotic Infections, tous les sites d'enfouissement ont été décontaminés[10].

Bibliographie

Philip Micklin et Nikolay Aladin, Le sauvetage de la mer d'Aral, Pour la Science, 374 (déc. 2008) 78-84

Aral, R.Letolle & M. Mainguet, Springer-Verlag, 1993

La mer d'Aral, R.Letolle, L'harmattan, 2008

Notes et références

  1. plateforme d'information sur le développement durable: http://cms2.unige.ch/isdd/spip.php?article238
  2. http://observers.france24.com/fr/content/20090827-mort-mer-aral-ouzbekistan-kazakhstan-urss-environnement
  3. Terra Nova : Mer d’Aral
  4. LeMonde.fr : La mer d'Aral est de retour
  5. Zavialov,P.O., GEOPHYSICAL RESEARCH LETTERS, VOL. 30, 1659, 4 PP., 2003, Hydrographic survey in the dying Aral Sea
  6. (Ziya Bunyatov : http://www.cawater-info.net/library/eng/agency_gef_en.pdf)
  7. plateforme d'information sur le développement durable http://cms2.unige.ch/isdd/spip.php?article238
  8. La renaissance de la mer d'Aral
  9. [>http://www.cawater-info.net/library/eng/agency_gef_en.pdf & http://cms2.unige.ch/isdd/ecrire/?exec=statistiques_visites&id_article=238]
  10. http://www.nti.org/d_newswire/issues/newswires/2002_11_20.html

Sources

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes


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