Hugues Quieret

Hugues Quieret
Blason quieret.jpg Hugues Quieret
Buste d’Hugues Quieret par Charles Émile Seurre
Buste d’Hugues Quieret par Charles Émile Seurre

Naissance 1290
Picardie
Décès 24 juin 1340 (à 50 ans)
Décès 24 juin 1340 (à 50 ans)
Bataille de l'Écluse
Mort au combat
Origine Blason pays fr FranceAncien.svg France
Arme
Grade
Années de service 1305 - 1340
Conflits
Commandement La grande armée de la mer
Faits d'armes
Autres fonctions
Famille Quieret

Hugues Quieret est né vers 1290 et prisonnier blessé, il est décapité pendant la bataille de l'Écluse, le 24 juin 1340.

Hugues Quieret est chevalier, seigneur de Tours-en-Vimeu et de Hamicourt, en Picardie. Après avoir été conseiller, chambellan, maître d'hôtel du roi, il est nommé sénéchal de Beaucaire et de Nismes en 1324. Il est amiral, puis capitaine de Tournay. Fait amiral de France, après plusieurs victoires, il commande la flotte française lors de la bataille de l'Écluse, où il est blessé, fait prisonnier et décapité par les Anglais[1].

Sommaire

Sa famille

Blason des Quieret

Hugues Quieret est le fils d’un autre Hugues, chevalier, seigneur de Douriez et de Fransu. Les Quieret étaient avant lui des seigneurs picards, dont les généalogistes seront incapables de produire un arbre généalogique. Les Quieret portent : D'hermines, à trois fleurs de lys au pied nourri de gueules support: 2 lions[2].

Son mariage avec Blanche d'Harcourt en 1312 est certainement à l’origine de ses charges très importantes. Le grand-père de sa femme, Jean II d'Harcourt, dit le Preux († 1302), était maréchal de France en 1283 et l’un des premiers amiraux de France en 1295.

Ils ont plusieurs enfants qui servent à leur tour les rois de France à la cour et sur les champs de bataille.

Biographie

Hugues Quieret occupe des fonctions de plus en plus importantes à la cour : conseiller, chambellan, maître d'hôtel du roi.

Sénéchal de Beaucaire et de Nîmes (1324)

Hugues Quieret est nommé sénéchal de Beaucaire, un port de galères important à cette époque, mais aussi de Nîmes.

Hugues Quieret, seigneur de Tours-en-Vimeu, sénéchal de Beaucaire et de Nismes, eut ordre de conduire la comtesse de Blois au château de Corbeil, de Montpellier où elle se trouvait alors, et qu'il y vaqua depuis le mercredi après les brandons 1324 jusqu'au 18 mai 1325. Si l'assertion est vraie, la course fut lente[3].

Il se trouve à la guerre de Gascogne en 1326[4].

Une sentence d'Hugues Quieret, sénéchal de Beaucaire et de Nîmes, datée du 8 de mai de l'an 1332, porte suppression de la foire de Montagnac.

Amiral (1335)

Hugues Quieret obtient sa dignité d’amiral, le 7 décembre 1335. Quieret n'est pas, d'ailleurs, dès sa nomination, chef suprême des flottes françaises. Il a, au-dessus de lui, un connétable de France, capitaine général dessus et devant tous les autres de l'armée de la mer. Mais ce connétable de France, le comte Raoul d'Eu, n'existe jamais vraiment beaucoup. Et Hugues Quieret est un des bons organisateurs de la flotte de Philippe VI. Sa part est grande dans la mise au point des arsenaux de Leure (à côté d'Harfleur) et du Cloes des Galées. Mais il est meilleur administrateur que marin[5].

Projet d’invasion de l’Angleterre (1338)

Édouard II d'Angleterre (Histoire de l'Angleterre de Cassel, 1902).

Les provinces promettent des navires pour envahir l’Angleterre. Le but est de les réunir à ceux du roi, et de transporter 4.000 hommes d'armes en Angleterre. C’estla grande armée de la mer. Les préparatifs de cette expédition se firent dans les ports d'Harfleur et de Leure[6] témoin le mandement, du 8 novembre 1338, par lequel l'amiral Hugues Quieret charge Thomas Fouques, garde du clos aux Galées du roi, à Rouen, de racheter, à quelque prix que ce soit, les armes que les soudoyers de l'armée réunie à Leure et à Harfleur avaient vendues à des marchands, et que ceux-ci se proposaient de porter à l'étranger. Mais le document le plus important sur ces préparatifs, c'est sans contredit la quittance, du 2 juillet 1338, qui prouve l'emploi sur la flotte de la poudre à canon, et fixe d'une manière certaine le commencement de l'artillerie moderne en France[7].

L’amiral Quieret, va au secours du comte de Flandres en 1336, avec ses galères du Levant[8].

Southampton ravagée et pillée (octobre 1338)

Philippe VI de France

Si très tôt que messire Hugues Quier et ses compagnons qui se tenoient sur mer entendirent que les défiances étoient et la guerre ouverte entre France et Angleterre, ils vinrent un dimanche au matin au havre de Hantonne (Southampton), entrementes (pendant) que les gens étoient à messe ; et entrèrent les dits Normands et Génois en la ville, et la prirent, et la pillèrent, et robèrent tout entièrement, et y tuèrent moult de gens, et violèrent plusieurs femmes et pucelles,dont ce fut dommage, et chargèrent leurs nefs et leurs vaisseaux de grand pillage qu'ils trouvèrent en la ville, qui étoit pleine, drue et bien garnie, et puis rentrèrent en leurs nefs[9].

Ce port n’est pas le seul à être attaqué par les navires français :

... vous conterons du roi Philippe de France qui étoi tre traist (retiré) vers Paris, et avoit donné congé à tout son grand ost (armée), et fit durement renforcer sa grosse navie (flotte) qu'il tenoit sur mer, dont messire Hugues Quieret, Bahuchet et Barbevaire étoient capitaines et souverains. Et tenoient ces trois maîtres écumeurs grand' foison de soudoyers (soldats) Génois, Normands, Picards et Bretons; et firenten cet hiver plusieurs dommages aux Anglois, et venoient souvent courir jusque à Douvres et à Sandwich, à Winchelsea, à Rye et là environ sur les côtes d'Angleterre; et les ressoingnoient (redoutoient) durement les Anglois, car cils (ceux-ci) étoient si forts sur mer que plus de quarante mille soudoyers (soldats) étoient en leur compagnie ; et ne pouvoit nul issir (sortir), ni partir d'Angleterre, qu'il ne fut vuet sçu, et puis pillé et robé (volé) ; et tout mettoient à mort[10].

Quieret a brûlé les navires anglais de Bristol à Plymouth[11].

La bataille d'Arnemuiden (septembre 1338)

La bataille d'Arnemuiden est livrée le 23 septembre 1338, au début de la guerre de Cent Ans. Elle oppose, près d'Arnemuiden, port de l'île de Walcheren aux Pays-Bas une vaste flotte française, commandée par les amiraux Hugues Quiéret et Nicolas Béhuchet à cinq grandes nefs anglaises, transportant un énorme chargement de laine, destinée aux Flamands, alliés d'Édouard III, roi d'Angleterre. Écrasés sous le nombre et ayant une partie de leurs équipages à terre, les navires anglais se défendent avec une grande vaillance, en particulier le Christofer sous les ordres de John Kingston, chef de la petite escadre. Il ne capitule qu'après une journée de lutte et après avoir épuisé tous ses moyens de défense. Les Français s'emparent de la riche cargaison et intègrent les cinq nefs à leur flotte mais ils ternissent leur victoire payée au prix fort, par le massacre des prisonniers. Deux ans plus tard, Quiéret et Béhuchet paieront de leur vie cet acte de cruauté : à l'issue de la bataille de l'Écluse le premier sera décapité, le second pendu. Cette bataille est la première de l'histoire lors de laquelle les belligérants utilisèrent de l'artillerie. Le Christofer était équipé de trois canons de fer et d'un canon à main.

Si conquirent ces dits mariniers au roi de France en cet hiver maint grand pillage, et par spécial ils conquirent la belle grosse nef qui s'appeloit Christophe, toute chargée d'avoir et de laines que les Anglois amenoient en Flandre, laquelle nef avoit coûté moult d'avoir au roi Anglois à faire faire: mais ses gens la perdirent sur ces Normands, et furent tous mis à mort[12].

Hugues Quieret est capitaine de Tournay en 1339.

La bataille de l'Écluse

Article détaillé : Bataille de l'Écluse.
Lles chroniques du XIVe siècle de Jean Froissart (miniature de la bataille)

Encore renforça grandement le roi de France l'armée qu'il tenoit sur mer, et la grosse armée des écumeurs, et manda à messire Hugues Quieret, à Barbevaire et aux autres capitaines qu'ils fussent soigneux d'eux tenir sur les mettes (limites) de Flandre, et que nullement ils ne laissassent le roi d'Angleterre repasser, ni prendre port en Flandre; et si par leur coulpe (faute) en demeuroit, il les feroit tous mourir de male mort[13].

Le 24 juin 1340, lors de la bataille de l'Écluse, (Sluis en Flandre zélandaise), le roi anglais Édouard III, prétendant à la couronne de France, anéantit la flotte de son rival, le roi de France Philippe VI de Valois, devant l'estuaire du Zwin, ce bras de mer (de nos jours ensablé) qui mène à Bruges.

C'est la première bataille d'importance de la guerre de Cent Ans. Outre une quarantaine de galères méditerranéennes, navires nerveux et maniables, avec des équipages génois expérimentés, menés par le mercenaire génois Barbavera, les Français disposent d'une vingtaine de grandes cogues embarquant 200 hommes d'armes, et environ 130 navires de commerce ou de pêche sur lesquels prennent place chacun une cinquantaine de soldats, soit un total d'environ 30 000 hommes. Mais les deux commandants, l’amiral Hugues Quieret et Nicolas Béhuchet, ne sont pas des marins mais des administrateurs chargés en principe d'assurer le transport d'une armée. Ils ont reçu pour ordre d'empêcher le débarquement de l'armée d'Édouard et ont transformé la flotte en barricade sur trois rangs enchaînée d'une rive à l'autre, sauf quatre nefs et les Génois.

Le matin du 24 juin les 250 navires anglais avec 15 000 hommes plus les équipages apparaissent. À midi, avec la marée et le vent portant, l'armada de la Perfide Albion attaque. Du côté français les arbalétriers ont l'initiative mais rapidement ils sont dominés par la vitesse de tir des archers gallois. Après l'abordage les combats furieux se font sur les ponts. Quieret et Béhuchet parviennent à investir le bateau d'Édouard, La Thomas, et à blesser ce dernier à la cuisse. Mais les chefs français sont fait prisonniers. Immédiatement Quieret est malgré ses blessures décapité et son corps jeté à la mer.

Dans l'après-midi, grâce au vent qui a changé de direction, la flotte flamande peut quitter la rive et vient se mêler au combat. La panique s’empare des Français : n’ayant pas d’autre échappatoire que de sauter à l’eau, ils périssent noyés par milliers. Seule la moitié des Génois, dont Barbavera, parvient à s'échapper. La France a perdu 20 000 hommes[14].

Notes

  1. Casimir de Sars de Solmon, Recueil de généalogies, fragments, notes et épitaphes des provinces du Nord, volume 9, p.19-22 : généalogie Quieret, volume 10, p.165-171 : généalogie Tramecourt (n°03).
  2. Colonel Arnaud.
  3. Histoire des grands Officiers de la couronne, Père Anselme, tome VII, p.744-745.
  4. Notice du Musée impérial de Versailles, par Eud. Soulié,... 2e édition... , p.241.
  5. Claude Farrère dans son ouvrage "L'histoire de la marine française".
  6. Le port de l'Eure est établi au haut moyen âge sur le rivage maritime de la Seine et sur une anse formée par le cours de la Lézarde, rejoignant en serpentant dans les marais l'estuaire, au sud-ouest de Harfleur. En 1339, le port de l'Eure fournit 32 vaisseaux et 3 galères à la flotte de Philippe de Valois, plus que les ports de Dieppe et Harfleur réunis.
  7. Mémoire sur le commerce maritime de Rouen : depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du XVIe siècle, par Ernest de Fréville.
  8. Histoire de la marine, Charles de La Roncière, p.17.
  9. Collection des chroniques nationales françaises écrites en langue vulgaire du treizième au seizième siècle, avec notes et éclaircissements par J. A. Buchon, p.227.
  10. Collection des chroniques nationales françaises écrites en langue vulgaire du treizième au seizième siècle / avec notes et éclaircissements par J. A. Buchon, p.272.
  11. Histoire de la marine, Charles de La Roncière, p.18.
  12. Collection des chroniques nationales françaises écrites en langue vulgaire du treizième au seizième siècle, avec notes et éclaircissements par J. A. Buchon, p.272.
  13. Collection des chroniques nationales françaises écrites en langue vulgaire du treizième au seizième siècle, avec notes et éclaircissements par J. A. Buchon, p.294.
  14. Histoire de la marine, Charles de La Roncière, p.19.

Bibliographie

  • Jean-Claude Castex, Dictionnaire des batailles navales franco-anglaises, les Presses de l'Université Laval, 2004, ISBN 978-2-7637-8061-0

Liens internes

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