Charles Ier de Sicile

Charles Ier de Sicile
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Charles Ier d'Anjou
Tour Ferrande - Clément IV & Charles 1er de Sicile.JPG
Charles Ier d'Ajnou, comte de Provence, intronisé par le pape Clément IV comme roi de Sicile
Fresque de la Tour Ferrande à Pernes-les-Fontaines

Titre
Comte de Provence et de Forcalquier
12461285
Prédécesseur Raimond Bérenger IV
Successeur Charles II, dit le Boîteux
Roi titulaire de Jérusalem
12781285
Prédécesseur Hugues III de Lusignan
Successeur Jean II de Lusignan
Biographie
Titre complet Roi de Sicile
Dynastie Première Maison d'Anjou
Date de naissance mars 1227
Lieu de naissance Paris
Date de décès 7 janvier 1285
Lieu de décès Foggia
Père Louis VIII le Lion, roi de France
Mère Blanche de Castille
Conjoint Béatrice de Provence

Arms of Anjou-Jerusalem.svg
Liste des rois de Sicile

Charles Ier de Sicile[1], couramment appelé Charles d'Anjou, né en mars 1227 et mort le 7 janvier 1285, fils posthume de Louis VIII le Lion, roi de France et de Blanche de Castille, est :

Sommaire

Biographie

Comte de Provence

En 1246, il épousa Béatrice de Provence (1234-1267), comtesse de Provence et de Forcalquier (1245-1267), fille du comte Raymond Bérenger V et de Béatrix de Savoie. Par ce mariage, il devint lui-même comte de Provence et comte de Forcalquier (1246-1267), titres qui continuèrent à lui être donnés par courtoisie après son veuvage et son remariage.

À l'occasion de ce premier mariage, son frère le roi de France Louis IX, dit Saint Louis, le créa comte d'Anjou et comte du Maine (1246-1285), créant de ce fait la seconde dynastie angevine.

En croisade

En 1248, il participe, au côté de son frère, le roi Louis IX, à la septième croisade. Il le suit en Égypte et fut fait prisonnier comme lui après la bataille de Mansourah (1250). Rendu à la liberté, il rentre avec son frère Alphonse de Poitiers en mai 1250 et prend possession de la Provence dont il avait hérité par sa femme, Béatrice, fille de Raymond Béranger. Suite à des rébellions, il soumet Arles, Avignon et obtient la soumission de Barral Ier des Baux en juin 1251 et enfin de Marseille en 1252.

Le Hainaut

Marguerite II de Flandre ne voulant pas céder le comté de Hainaut à Jean d'Avesnes le céde à Charles, il fit une expédition mais ne parvint pas à soumettre Valenciennes en 1254, manquant même d'être tué lors d'une escarmouche. De retour de Terre Sainte, son frère Louis IX l'oblige à renoncer au Hainaut et clôt ainsi la Guerre de Succession de Flandre et du Hainaut.

Tombeau de Charles Ier de Sicile à la Basilique de Saint-Denis, France

Les ambitions italiennes

En 1264, le pape Urbain IV l'appela à combattre Manfred de Hohenstaufen, roi de Naples et de Sicile, qui avait encouru la disgrâce du Saint-Siège, et lui donna la couronne de ce prince. Charles d'Anjou fut investi du royaume de Sicile par le pape Clément IV, en contrepartie de l'expulsion de Manfred de Hohenstaufen, fils bâtard de l'empereur Frédéric II. Il réussit en effet à s'emparer du royaume de Naples en battant Manfred qui est vaincu et tué lors de la bataille de Bénévent en 1266.

En 1268, il épousa en secondes noces Marguerite de Bourgogne (1248-1308), comtesse de Tonnerre (1273-1293), fille d'Eudes de Bourgogne et de Mathilde II, sans postérité connue de cette union.

Il battit le neveu de Manfred, Conradin à Tagliacozzo (1268), mais il souilla sa victoire par ses cruautés, notamment en faisant exécuter Conradin, âgé d'à peine 16 ans. Il réprima sévèrement les populations de certaines villes rebelles à son règne, telle que Lucera dont la population chrétienne fut passée au fil de l'épée après un siège de plusieurs mois[2]. Charles d'Anjou prit donc possession des deux parties (insulaire et péninsulaire) du royaume de Sicile, mais il réprimanda avec une telle rigueur la Sicile (qui avait été presque totalement révoltée contre Charles) et rendit son gouvernement si odieux aux Siciliens insulaires, que ceux-ci, guidés par Jean de Procida, conspirèrent contre lui : l'an 1282, tous les Français qui se trouvaient dans Palerme, à l'exception notable de Guillaume des Porcellets (Chambellan de Charles d'Anjou) en considération de sa droiture et de sa vertu, furent massacrés le lundi de Pâques, à l'heure des vêpres, ce qui a fait nommer ce massacre la révolte dite des Vêpres Siciliennes. Seulement le Château de Sperlinga n’a pas participé à la rébellion de 1282 contre les soldats de Charles d’Anjou. Les documents historiques témoignent de la présence de soldats "angevins" dans le château et que les habitants fournissaient de la nourriture pendant le long siège duré presque 13 mois. Finalement, en 1283, les soldats "anjevins" guidé par Pierre de Lemanon ont quitté le Château de Sperlinga, ils ont eu la vie sauve. Il paraît que Charles ait offert des fiefs pour leur fidelité quand ils ont atteint la Calabre.

Charles perdit la Sicile par suite de cet événement, mais il resta maître du royaume de Naples. Le roi Pierre III d'Aragon, gendre de Manfred de Hohenstaufen, se proclama roi de Sicile, mais n'ayant la souveraineté que sur la seule île de Sicile, tandis que Charles d'Anjou se réfugiait à Naples, dans la péninsule italienne, créant ainsi ce que, par commodité, on a coutume d'appeler le royaume de Naples (alors que son vrai titre est resté roi de Sicile).

Charles d'Anjou reçut aussi les titres fictifs de roi d'Albanie (1272) et roi de Jérusalem (1278-1285).

Les ambitions byzantines

Depuis qu'il avait été appelé par le pape en 1265 afin de contrer les ambitions de Manfred sur la Sicile et qu'il avait été couronné, Charles Ier d'Anjou n'avait de cesse que de reprendre à son compte les prétentions latines sur l'empire byzantin. En 1267, il fiançait son fils Philippe[3] avec Isabelle[4], la fille de Guillaume II d'Achaïe, dit le grand Dent[5]. Suite à leur mariage qui eut lieu à Trani le 28 mai 1271, il était prévu que le couple hériterait de la principauté d'Achaïe à la mort de Guillaume II. Par ailleurs, il s'était engagé à restaurer Baudouin sur le trône de Constantinople, en échange de la suzeraineté sur l'Achaïe, nombre d'îles de l'Égée, et le tiers des conquêtes à venir, à la seule exclusion de la ville de Constantinople.

Pour compléter son dispositif, Charles n'hésita pas à conclure une alliance avec les Seldjoukides, le roi d'Arménie, et même le Khan des Mongols... En 1269, il réussit à conclure un accord avec Gênes, pourtant alliée de Byzance.

Après le désastre de Tunis et la mort de son frère le roi de France Louis IX, de retour en Sicile, alors qu'il allait lancer une expédition maritime contre Byzance, sa flotte fut détruite par une tempête extraordinaire.

Son fils Philippe d'Anjou étant mort en 1277 et Guillaume d'Achaïe étant mort en 1278, Charles d'Anjou était devenu sur le papier l'héritier de l'Achaïe et le suzerain des terres encore aux mains des Latins. Afin de parfaire cette situation, à l'automne 1280, il envoya par voie de terre une armée forte de 8 000 hommes afin d'investir la forteresse byzantine de Bérat.

Le siège dura jusqu'en mars 1281, puis les troupes impériales commandées par Tarchaniotès, le neveu de l'empereur, vinrent attaquer les troupes de Charles. La défaite des troupes latines fut totale, la plus grande partie des troupes angevines furent tuées ou capturées.

Charles suscita la candidature de Martin IV, qui fut le pape des ambitions françaises, mais ses excommunications ne purent empêcher les Vêpres siciliennes de 1282.

Il mourut le 7 janvier 1285 à Foggia, Pouilles du Nord, Italie.

Mariages et enfants

Charles Ier de Sicile et sa femme Béatrice de Provence

De son premier mariage avec Béatrice de Provence (1234-1267), comtesse de Provence et de Forcalquier, il eut :

Son second mariage avec Marguerite de Bourgogne (1248-1308), comtesse de Tonnerre, fut sans postérité.

Références bibliographiques

  • Émile G. Léonard, Les Angevins de Naples, Paris, Presses universitaires de France, 1954 
  • Noël-Yves Tonnerre et Elisabeth Verry, Les princes Angevins du XIII° au XV° siècle, un destin européen, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2004
  • Georges Jehel, Charles d’Anjou (1226-1285), comte d’Anjou et de Provence, roi de Sicile et de Jérusalem - Un capétien en Méditerranée, CAHMER Université de Picardie Jules Verne, 2005).

Source partielle

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Charles Ier de Sicile » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878  (Wikisource)

Notes et références

Précédé par Charles Ier de Sicile Suivi par
Manfred de Hohenstaufen
Arms of the Kingdom of Naples.svg
roi de Sicile
1266-1282-1285
Pierre Ier
roi de Sicile à Palerme (1282) 
Charles II
roi de Sicile à Naples (1285) et du reste
roi titulaire à Jérusalem 
détaché du royaume de France
comte d'Anjou et du Maine
1246-1285
Raimond Bérenger IV
comte de Provence
1246-1285
?
duc de Durazzo
1267-1285
Guillaume II de Villehardouin
prince d'Achaïe
1278-1285
Marie d'Antioche
(reine titulaire) 
Arms of Anjou-Jerusalem.svg
roi de Jérusalem
1277-1285
Hugues III de Lusignan
(roi effectif) 
Jean II de Lusignan
(roi effectif de Jérusalem) 


Blason Geoffroy Plantagenet.svg
Armes de Geoffroy V Plantagenêt

Blason comte fr Anjou.svg
Armes des comtes capétiens d'Anjou

Blason duche fr Anjou (moderne).svg
Armes des ducs d'Anjou Comtes d'Anjou
héréditaires Ducs d'Anjou Ducs d'Anjou
apanagistes Titre de courtoisie




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