Catherine de Sienne

Catherine de Sienne
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Catherine de Sienne
Image illustrative de l'article Catherine de Sienne
Stigmates de sainte Catherine de Sienne par Domenico Beccafumi, Pinacothèque nationale de Sienne
Docteur de l'Église
Naissance 25 mars 1347
Sienne (Italie)
Décès 29 avril 1380  (33 ans)
Rome
Nationalité Italienne
Vénéré à Basilique Santa Maria sopra Minerva à Rome
Canonisation 1461 Rome
par Pie II
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 29 Avril
Attributs Unique femme dont l'Église Catholique a reconnu les stigmates par décision pontificale
Saint patron Déclarée docteur de l'Eglise par Paul VI (1970), déclarée patronne des moyens de communication, de Rome (en 1866 par Pie IX), de l'Italie (en 1939 par Pie XII) et de l'Europe (en 1999 par Jean-Paul II)
Serviteur de Dieu • Vénérable • Bienheureux • Saint

Catarina Benincasa, plus connue sous le nom de Catherine de Sienne (née le 25 mars 1347 à Sienne, en Toscane et morte le 29 avril 1380 à Rome) est une mystique, tertiaire dominicaine, déclarée sainte et docteur de l'Église.

Née à Sienne, elle y grandit et désire très vite se consacrer à Dieu contre la volonté de ses parents. Elle rentre finalement chez les sœurs de la Pénitence de saint Dominique où elle fait ses vœux. Elle est vite marquée par des phénomènes mystiques comme les stigmates et le mariage mystique, ce qui contribue à accentuer sa renommée.

Elle rencontre Raymond de Capoue qui devient son père spirituel. Elle l'accompagne en Avignon, comme ambassadrice de Florence, alors en guerre contre le pape. Son influence auprès de ce dernier dans sa décision de quitter Avignon pour Rome est certaine. Elle est ensuite envoyée par le pape pour négocier la paix avec Florence. Après la mort du pape et la paix célébrée entre le pape et la ville de Florence, elle rentre chez elle à Sienne. Elle y dicte son célèbre livre Le Dialogue, un ensemble de traités spirituels qui ont une grande influence en théologie catholique au cours des siècles suivants.

La survenue du grand Schisme d'Occident conduit Catherine de Sienne à aller à Rome auprès de la papauté. Elle dicte alors de nombreuses lettres aux princes et cardinaux, pour promouvoir l'obéissance au pape Urbain VI et défendre ce qu'elle nomme le « vaisseau de l'Église ». Elle meurt le 29 avril 1380, épuisée par ses pénitences. Urbain VI célèbre ses obsèques et son inhumation dans la Basilique Santa Maria sopra Minerva à Rome.

La dévotion autour de Catherine de Sienne se développe rapidement, et celle-ci est canonisée en 1461. Elle est déclarée sainte patronne de Rome en 1866, et de l'Italie en 1939. Première femme déclarée « Docteur de l’Église » en 1970 par Paul VI, elle est faite sainte patronne de l'Église en 1999 par Jean-Paul II[1]. Elle est aussi la sainte protectrice des journalistes, des médias, et de tous les métiers de la communication, en raison de son œuvre pour la papauté.

Catherine de Sienne est l'une des figures les plus marquantes du catholicisme, par la forte influence qu'elle a eue dans l'histoire de la papauté. Elle est à l'origine du retour du pape d'Avignon à Rome, et elle a effectué ensuite de nombreuses missions confiées par le pape, chose assez rare pour une simple religieuse au Moyen Âge.

Son influence est aussi remarquable par l'importance de ses enseignements. Ne sachant pas écrire, elle devait les dicter[2]. Ses écrits marquent la pensée théologique. Son œuvre principale est Le Dialogue, un ensemble de traités qu'elle aurait dictés lors d'extases. Elle est l'une des écrivains ayant l'une des plus grandes influences dans le catholicisme au point qu'elle est la première, et l'une des rares femmes à être déclarée docteur de l'Église. Cette reconnaissance par l'Église consacre l'importance de ses écrits.

Sommaire

Biographie

Sources de la biographie

Image pieuse de Raymond de Capoue, peinture du XVII-XVIIIesiècle

Les principales sources biographiques de Catherine de Sienne sont assez récentes après sa mort. Bien que ces sources soient en grande partie hagiographiques, dans la mesure où elles insistent principalement sur les évènements extraordinaire de sa vie en cherchant à les crédibiliser, elles ne sont cependant pas reniées comme sources historiques[C 1]. La recherche d'une description historique ne correspond pas aux critères moderne de l'histoire, ils servent de fondement à l'analyse historique dans la mesure où de nombreux évènements de la vie de Catherine sont vérifiable à travers d'autres sources[réf. nécessaire].

La principale source provient de Raymond de Capoue, l'un des confidents de Catherine de Sienne, qui a écrit sa biographie après sa mort, racontant de nombreuses anecdotes ou des faits dans le livre « Legenda maior »[A 1]. Il s'appuie sur sa connaissance de Catherine de Sienne mais aussi sur les confidences qu'il a pu recevoir des proches amis de Catherine de Sienne tels Tommaso della Fonte son confesseur, sa mère Lapa, ou des proches de sa famille[A 2],[C 2].

Les trois autres sources principales sur Catherine de Sienne sont celles écrites par Tommaso Caffarini, dominicain qui rencontre Catherine de Sienne et écrit « Legenda minore », abrégé de confidences de Catherine de Sienne, a écrit sa biographie après sa mort, racontant de nombreuses anecdotes ou des faits dans le livre « Legenda maior » complété par des témoignages recueillis par ses soins[A 3],[C 2].

C'est aussi les écrits d'un anonyme, « Miracoli della beata Caterina »(« Miracle de la bienheureuse Catherine »), qui sont l'une des sources de sa biographie[C 3]. La dernière source importante est le procès en canonisation de Catherine de Sienne, dit « procès de Venise », lequel donne des indications sur sa vie[A 4],[C 2].

Les autres sources importantes de la biographie de Catherine de Sienne sont les nombreuses lettres qu'elle écrit. Ces lettres permettent de renseigner les différentes personnes et le contenu de sa correspondance. Ces lettres, bien que recopiées à diverses reprises, sont cependant considérées par des recherches historiographiques de l'historien R. Fawtuer comme étant de « valeur authentique »[3].

Les écrits spirituels de Catherine de Sienne, les Oraisons, et le Dialogue, écrit ou recueillis par ses secretaires ou ses proches sont les principales sources de sa pensée, permettant de savoir son évolution et sa pensée doctrinale[C 4]. Ce sont d'ailleurs ces écrits qui permettront de faire de Catherine de Sienne une docteur de l'Église[réf. nécessaire].

Contexte de vie de Catherine de Sienne

L'existence de Catherine est marquée par un contexte difficile et de grand changement au cours de la fin du Moyen-Âge en Europe et particulièrement en Italie. L'apparition de nouvelles cités influentes marque l'émergence d'un monde nouveau avec la disparition progressive du féodalisme. Ces changement se traduisent par de nombreuses guerres entre les cités, ainsi que des divisions politiques[C 5]. Ces guerres, qui outre les dégâts qu'elles causent à l'agriculture, modifient les rapports entre les villes : les cités sont assiégées, les apparitions d'armées de mercenaires qui se donnent au plus vendants et tirant profit de la guerre, contribuent à un climat instable[C 6].

Le XIVe siècle marque aussi un profond changement dans le rapport entre l'ordre politique et social et le rapport au pouvoir temporel du pape. Les rois et les princes refusent la bulle papale Unam Sanctam, dans laquelle le pape se déclare suprématie de l'Église sur les États. Cette opposition et l'échec de la bulle papale conduit à l'exil de Rome. Le pape part alors se réfugier à Avignon en 1309 aboutissant à une rupture dans la papauté toujours présente à Rome. Ces changements conduisent, là encore, à une remise en cause de l'ordre féodal qui prévalait pendant le Moyen-Âge[A 5],[C 6],[C 7]. .

De plus la peste noire qui apparaît en 1347, et qui ne disparaît qu'en 1441, marque profondément la société européenne, en faisant de nombreuses victimes et produisant des bouleversements importants. Cette peste noire est interprétée comme un fléau divin[C 8].

La société siennoise, lieu d'origine de Catherine de Sienne, doit faire face à de nombreuses difficultés économiques, avec le déclin de l'agriculture, du commerce et de l'industrie suite à la banqueroute de la famille Buonsignori, ce qui produit des révoltes populaires et à l'apparition de bandes de brigands[A 5].

Enfance

Naissance de Catherine et Jeanne, Inconnu de l'Ecole de Nuremberg, Legenda Maior, (1466), Berlin, Estampes et dessins, Hs. 78. A. 14, f. 2v

Vœu de chasteté

Fille d'un teinturier, Giacomo, et de Lapa, Catherine Benincasa et sa sœur jumelle Jeanne naissent à Sienne, en Italie, selon la date traditionnelle 25 mars 1347[Note 1], jour de la fête de l'Annonciation faite à Marie[A 6]. Jeanne meurt peu de temps après[A 6],[C 3]. La famille Benincasa est une famille pieuse, assez proche de l'ordre des prêcheurs, les dominicains de Camporegio[A 6]. Giacomo est teinturier de laine, et sans doute de la classe des Popolani (personnes éligibles au gouvernement de Sienne)[C 9]. En 1348, la famille adopte un jeune homme de dix ans, Tommaso della Fonte, devenu orphelin à cause de la peste, et dont l'oncle Palmiere della Fonte était marié à la sœur aînée de Catherine[A 7].

L'enfance de Catherine de Sienne semble avoir été très vite marqué par un attrait profond envers Dieu[B 1]. Elle a, d'après les confidences de Raymond de Capoue, sa première apparition vers l'âge de 6 ans en 1352, lorsqu'elle marche avec son frère Stefano dans les rues de Sienne. Elle voit au-dessus de l'église San-Dominico, une vision du Christ-Pontife ou elle le voit la bénir[B 2],[C 9]. Cette expérience renforce la ferveur de Catherine. L'éducation religieuse qu'elle reçoit est constituée de lectures d'histoires de saints, d'ermites ou des pères du désert. Catherine cherche alors à les imiter[B 3],[A 8]. Catherine mène une vie d'ascèse, recherchant des mortifications ou la solitude[B 4],[A 9],[C 10].

La ferveur pour l'ordre des dominicains grandit chez Catherine, alors âgée de 6 ans, lorsque Tommaso entra au noviciat Saint-Dominique en 1353[A 7]. Tommaso favorise cette dévotion en poursuivant l'éducation chrétienne de Catherine en lui racontant l'histoire des dominicains, contribuant à renforcer le désir de consécration de Catherine[A 8].

Vers l'âge de 7 ans, Catherine eût fait, selon son biographe Raymond de Capoue, un vœu de chasteté, et a alors la conviction d'avoir une vocation pour entrer dans l'ordre des dominicains[B 5],[C 9].

Crise de vanité[Quoi ?]

Catherine se coupe les cheveux en présence du frère Tommaso della Fonte. Chambre de la maison natale de Catherine de Sienne dans le Sanctuaire-Maison. Sienne. Alessandro Franchi (1898).

Catherine grandit et vers l'âge de treize ans, elle refuse toute coquetterie, alors même qu'elle y est poussée par sa mère. Face à ce refus, sa mère décide alors de passer par la sœur aînée de Catherine, Bonaventura, afin qu'elle développe chez la jeune fille, le goût de la coquetterie[B 1]. Catherine se laisse convaincre, se farde, soigne sa toilette. Catherine analysera cette période comme une période où sa ferveur spirituelle diminue[4].

C'est quelques mois plus tard, en août 1362, que Bonaventura meurt en accouchant[B 1],[A 10]. La mort de sa sœur la traumatise profondément, elle y voit la conséquence des péchés de vanité et de coquetterie[B 1],[C 11]. Après ce décès familial, ses parents cherchent à la marier. Cette dernière s'y refuse catégoriquement. Face à ce refus, ils cherchent à avoir le soutien de Tommaso della Fonte, leur fils aîné rentré chez les dominicains, afin de faire plier Catherine, considérée comme têtue[B 3]. Tommaso della Fonte découvrant la ferme volonté de Catherine de vouloir se consacrer à Dieu lui demanda alors de couper ses cheveux afin de prouver la solidité de ses convictions[B 3], ce qu'elle fera et reviendra chez elle[C 11].

Cette action énerve profondément ses parents, qui avaient toujours des projets de mariage pour elle. Outre les punitions et les brimades, elle est chassée de sa chambre, où elle passait de longs moments seule en prière, et se voit contrainte de remplacer la servante dans les tâches ménagères[B 3],[C 11]. Cette réaction de ses parents ne changea pas la volonté de Catherine et ne diminua pas sa ferveur. Elle considère alors que si elle n'a plus de chambre ou de cellule pour prier, c'est qu'elle devait alors faire de son âme une « cellule intérieure », intuition qu'elle développe tout au long de sa vie[B 3],[C 11].

Catherine reste servante pendant plusieurs mois, et face à la difficulté de servir ses parents, elle décide de les servir comme si ses parents étaient Dieu ou des saints. Mais c'est un songe qu'elle aura quelques mois plus tard qui change son attitude. Lors de ce songe elle voit Dominique de Guzman lui tendant un lys et un habit des sœurs dominicaine de la pénitence lui assurant qu'elle fera partie de cette congrégation. Au réveil, Catherine révéla devant toute sa famille le vœu secret de chasteté qu'elle avait fait plusieurs années auparavant[B 6]. Cette détermination et les phénomènes surnaturels dont elle bénéficiait conduisent son père à changer d'attitude et lui autoriser d'entrer dans un couvent[B 6].

Entrée en religion

L'étrange maladie

L'autorisation donnée par son père permet à Catherine de mener une vie plus conforme à ce qu'elle désire[B 7]. Elle redouble d'ascèse et en cherche à vivre une vie assez extrême à travers des jeûnes, de privations de sommeil afin de prier et diverses pénitences[B 8]. Sa mère, Lapa, s'inquiète de la santé de sa fille et décide de l'emmener dans une cure afin de se reposer à Vignone en Val d'Orcia[B 8]. Ce n'est que de retour des bains que Lapa se décide afin de demander son intégration au sein des sœurs de la Pénitence de Saint Dominique[B 9].

Les sœurs de la Pénitence de Saint Dominique (surnommées les Mantellates du fait de leurs habits noirs, mantellata en italien) ; dont le fondateur est Dominique de Guzmán (1170-1221), le fondateur de l'Ordre des Frères Prêcheurs ; sont alors un groupement pieux essentiellement composé de veuves qui ne suivent pas au sens strict une règle religieuse dans la mesure où ils ne font pas de vœux religieux. Elles se consacraient aux œuvres de charité, aux visites des prisionniers ou des malades et se réunissaient pour la messe et recevoir des instructions religieuses[B 9].

Lors de sa présentation avec sa mère, Catherine essuie un refus des sœurs trouvant Catherine trop jolie, trop jeune et sans doute trop exaltée et immature pour vivre ce genre d'expérience[B 10]. Catherine tombe gravement malade peu de temps après avec des fortes fièvre et couverte de pustules[B 10]. Cette maladie inquiète sa mère Lapa. Catherine demande de nouveau à entrer chez les Sœurs de la Pénitence de Saint Dominique. Sa mère veut alors accepter les dernières volontés de sa fille et accepte alors que sa fille postule de nouveau. Un deuxième entretient à lieu chez les sœurs, bouleversées par l'ardeur et le courage de Catherine, et elles décident finalement de l'intégrer au sein de leur congrégation. La cérémonie a lieu entre fin 1364 et début 1365 ; elle reçoit des mains du frère Bartolomeo Montucci, maître de la congrégation, les habits blancs[B 11],[C 10].

Clôture

Admise chez les sœurs de la Pénitence, Catherine doit faire son noviciat (période de probation et de découverte d'un ordre religieux) chez elle et est éduquée par les maîtres des tertiaires[B 11]. Elle reste alors en silence et de long moment en prière dans sa chambre, sortant pour assister à la messe et aux offices[B 12]. Elle continue sa vie d'ascèse et décide de ne prendre de la nourriture qu'après avoir pleuré, ce qu'elle explique dans ses écrits à travers le « don des larmes »[B 12].

Dans le même temps, Catherine, souvent discrète et silencieuse, commence à avoir une vie mystique importante, connue grâce à son confesseur : elle a des visions et apparitions, et des colloques avec Jésus qui l'enseigne. Elle affirme à son confesseur avoir été enseignée par ces apparitions[C 10]. Ces visions sont aussi suivies de moments de doutes, d'angoisses et de fortes tentations[B 13]. De ces apparitions, décrites par ses biographes, découlent certains dialogues et certaines intuitions qui ont une profonde influence sur sa vie spirituelle[B 14]. Au cours de cette période, elle apprit à lire suffisamment pour pouvoir lire la liturgie des Heures[C 10].

Une des visions qu'elle a est celle d'une Dieu qu'elle voit sous la forme d'un arbre dont les racines sont unies à la terre et le sommet au ciel. Au pied de l'arme, elle voit des épines. Ces épines représentent les peines et les difficultés au début pour aller vers Dieu, comme le Christ crucifié. Une personne qui veut aller vers Dieu doit donc passer par ces peines, représenté par les épines, alors que beaucoup fuient à travers la recherche les plaisirs du monde. Cependant l'arbre est immuable et ne se refuse à personne, ce que Catherine interprète comme le fait que Dieu ne se retire pas d'une créature qui a le désir de venir à lui[B 14].

Mariage mystique

Pendant le carnaval de 1368, Catherine a une apparition qu'elle décrit comme étant son « mariage mystique avec le Christ »[B 15],[C 12]. Au cours de la vision, le Christ lui apparaît et lui remet un anneau, signe qu'elle est son épouse[B 16]. La vision s'efface mais Catherine dit ressentir en permanence cet anneau et même le voir, et elle en est la seule[B 17].

Le mariage mystique, à l'instar du Cantique des Cantiques, est le symbole de l'union entre l'homme et Dieu. À travers l'histoire de l'Église, de nombreux auteurs ont parlé, comme Thérèse d'Avila, Origène, Jean de la Croix, François de Sales, Thérèse de Lisieux, de cette union comme étant le sommet de la vie chrétienne, après des périodes de fiançailles, de doutes, d'abandons[réf. nécessaire].

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Vie publique

Début de l'engagement public

Le mariage mystique marque pour elle un début de changement dans son attitude. Elle participe plus aux activités des sœurs de la Pénitence à travers la visite des malades qu'elle soigne. Elle met en pratique son amour de Dieu en s'occupant des malades et pauvres[B 18],[C 12]. Des phénomènes miraculeux lui sont attribués, ses biographes affirment qu'elle guérit miraculeusement des personnes[B 19]. Elle a souvent des extases, de manière privée ou publique : elle se raidit soudainement, perd connaissance et tous ses membres se contractent[B 19]. Des moqueries se font plus présentes, elle est calomniée et accusée d'être une femme de mauvaise vie[B 20],[C 12].

En août de la même année, le père de Catherine, Iacopo, tombe malade et meurt en août 1368 malgré les prières de sa fille[C 13]. Dans le même temps, la ville de Sienne est en proie à des révoltes importantes qui remettent en cause le pouvoir en place, dit « gouvernement des 12 »[C 13].

Cette période marque le début d'un engagement public intense : elle rencontre, avec l'intermédiaire de Tommaso della Fonte, peu de temps après Bartolomeo di Domenico, jeune dominicain qui lui rend visite[B 21]. De cette rencontre naît une grande amitié spirituelle entre Bartolomeo qui enseigne à Catherine sa connaissance théologique et qui reçoit des encouragements et, plus tard, des lettres de Catherine[B 21].

Elle rencontre aussi le frère Lazzarino de Pise, célèbre prédicateur franciscain qui, après avoir été méprisant à son égard, lui demande des conseils pour la guider spirituellement. Elle rencontre aussi, toujours par l’intermédiaire de Tommaso della Fonte, le frère Tommaso di Antonio di Nacci, dit Caffarini, dominicain qui écrit après la mort de Catherine une de ses biographies, Legenda minore[B 22]. La renommée de Catherine devient plus importante. Celle-ci commence à voyager, sans doute avec Raymond de Capoue, nommé par le pape pour précher la croisade[C 14].

Le 21 mars 1371, lorsque une révolte éclate à Bologne, Catherine rencontre le cardinal Pierre d'Estaing, dit d'Ostie, légat de Bologne et commence à écrire à des prélats et des fonctionnaires du pape Grégoire IX[C 14]. C'est le début de l'engagement de Catherine de Sienne pour la réforme de l'Église et le retour à Rome du pape[C 14].

Les caterinarti

En 1374, la jeune mystique, qui a suscité l'étonnement à Sienne et dans l’ordre dominicain, comparaît devant le Chapitre général des dominicains à Florence. Elle y rencontre le bienheureux Raymond de Capoue qui deviendra son directeur spirituel[réf. nécessaire].

À la Pentecôte, elle reçoit les stigmates du Christ[réf. nécessaire].

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Défense de la papauté

Ambassadrice officieuse de Florence auprès du pape

Catherine de Sienne et Raymond de Capoue implorent, à Avignon, Grégoire XI de faire la paix avec Florence.

À partir de 1375, elle prend de manière publique la défense des intérêts du pape en s'engageant pour le retour des papes d'Avignon à Rome et pour l'unité et l'indépendance de l’Église. Lors d'une rencontre avec les responsables de la ville de Florence, elle est envoyée par les responsables de la ville de Florence auprès du pape afin de tenter de tenter de réconcilier la papauté et Florence[réf. nécessaire].

Catherine accompagnée des catterati et de Raymond de Capoue partent en avril 1376 pour Avignon où se situe le pape[B 23]. Ils se rendent à Bologne sur la tombe de Saint Dominique et arrivent le 18 juin 1376 à Avignon à la cour du pape Grégoire IX. Elle obtient une audience avec le pape et informe Florence de l'attitude positive du pape à leur égard, tout en critiquant ouvertement les mesures que Florence à prise à l'encontre du clergé[B 24].

Peu de temps plus tard, les ambassadeurs de Florence viennent à Avignon afin de voir le Pape, Catherine de Sienne est ouvertement ignorée par la délégation d'ambassadeurs et la négociation avec les ambassadeurs de Florence se conclut par un échec[B 24]. Catherine de Sienne reste néanmoins auprès du pape, qu'elle revoit à plusieurs reprises. Elle le conseille et lui demande à de nombreuses reprises trois choses : la première est de partir pour Rome et de revenir dans la « ville de Saint Pierre », la deuxième est de relancer la Grande Croisade, et enfin de lutter contre les vices et péchés au sein de l'Église[B 25]. Le pape Grégoire IX prétend rechercher la paix avant de partir en Croisade, Catherine de Sienne insiste sur le fait qu'il ne faut pas attendre, et qu'au contraire, la paix viendra avec la Croisade qui conduira à faire partir les guerriers[B 26]. Dans ses lettres elle suggère moult fois au pape de partir au plus vite pour Rome, et cela malgré la forte opposition des cardinaux qui préfèrent vivre dans la ville d'Avignon[B 26].

Catherine qui suscite la méfiance à Avignon du fait de son influence croissante auprès du pape, mais aussi par ses extases publiques, se fait suivre secrètement par des théologiens à la demande du pape, lesquels ne lui reprochent rien après examen[B 26]. Catherine part visiter le duc d'Anjou afin de le convaincre de prendre la gérance de la Croisade[B 24]. Elle reçoit une invitation pour Paris du roi de France Charles V, mais elle refuse l'invitation afin de repartir finalement pour Avignon avant de partir pour l'Italie par les voies terrestres[B 27].

Le pape quitte Avignon pour Rome

Représentation anachronique de Catherine de Sienne escorte le pape Grégoire XI à Rome, le 17 janvier 1377, fresque de Giorgio Vasari (1511-1574).

L'influence de Catherine de Sienne est sans doute le facteur principal qui conduit le pape Grégoire IX à quitter Avignon pour Rome[C 15]. Il quitte la cité d'Avignon le 13 septembre 1376 et embarque pour Marseille, nonobstant l'opposition d'une partie des cardinaux et des dangers possibles, notamment l'opposition de Florence par la Guerre des Huit Saints, mais aussi l'inconnue que représente l'arrivée à Rome[B 27],[A 11]. Le pape Grégoire XI part par la mer et arrive à Gênes le 18 octobre suite à une tempête[A 12].

Quant à Catherine, celle-ci part par voie terrestre en passant par Saint Tropez, Varazze, puis Gênes[A 13]. C'est dans cette ville où, selon la Legenda minore, elle eût rencontré Grégoire IX. Le pape poursuivit son voyages jusqu'à Rome en passant par Corneto où il arrive le 6 décembre 1376, puis à Rome le 16 janvier 1377 en remontant le Tibre[B 28]. Catherine de Sienne a demeuré à Gênes et n'a pas continué son cheminement jusqu'à Rome lors de l'arrivée de Grégoire IX dans la cité des papes, bien que des représentations postérieures, anachroniques la représentent accueillant celui-ci à Rome. Elle reste à Gênes où ses compagnons de routes sont victimes de maladies. De plus elle reçoit la visite de sa mère qui la rejoint à Gênes[A 14]. Elle rencontre les chartreux de Calvi, et arrive dans sa ville natale, Sienne, au début de l'année 1377[A 15].

Départ d'Avignon et arrivée à Rome de Grégoire XI, fresque de Girolamo di Benvenuto à l’Ospedale Santa Maria della Scala à Sienne

Val d'Orcia

Sainte Catherine de Sienne exorcisant une femme possédée, Girolamo di Benvenuto, 1500-10, Denver Art Museum
Catherine obtient du Christ la libération de sa sœur Palmerina avant de mourir de son pacte avec le diable, Girolamo di Benvenuto (1470-1524), Cambridge (Ma), Fogg Art Museum

Catherine s'installe à Sienne où sa renommée se fait de plus en plus grande. La ville de Sienne lui fait don d'un château qu'elle transforme en monastère, inauguré en avril 1377 : le monastère Sainte-Marie-Des-Anges qui sera détruit peu de temps après sa mort[B 28]. Elle rencontre Niccolo di Tuldo, condamné à mort car considéré comme possédé par le diable. Elle aurait réussi à lui parler et obtenir sa conversion à la foi catholique[A 16]. Ses biographes mentionneront au cours de cette période de nombreuses conversions mais aussi des exorcismes[A 17],[Note 2]

Dès le 15 avril 1377, Catherine fait preuve d'une activité incessante. Elle part pour Sienne et implore par écrit au pape d'instaurer la paix suite au massacre de Cesena commis par l'armée des Bretons fidèles aux papes[B 29]. Elle parle aux moines de la chartreuse de Mangiano, parcours le val d'Orcia afin de favoriser la paix avec le Pape. Elle écrit à ce dernier pour promouvoir la paix avec la Toscane et encourage la croisade[B 30]. Pendant ce temps là, la ville de Bologne décide de faire la paix avec Rome le 21 août 1377[B 31].

Paix florentine et la fin de la guerre des Huit Saints

Article détaillé : Guerre des Huit Saints.

La situation de la papauté de retour à Rome devient cependant difficile concernant la ville de Florence. Face à la désobéissance de la ville, le pape décide d'instaurer des interdictions en ville, notamment l'interdiction de célébrer des sacrements dans la ville, ou de commercer avec la ville sous peine d'excommunication[A 18],[B 32].. Grégoire IX envoie une délégation afin de faire la paix mais la délégation menée par Raymond de Capoue est un échec. La ville de Florence est d'autant plus opposée au pape qu'elle craint l'arrivée de l'armée de Bretons. Elle décide par conséquent de violer ouvertement l'interdit du pape le 22 octobre 1377[A 19],[B 31].

Face à cette situation dangereuse pour la papauté, d'autant que la ville de Florence est l'une des villes les plus puissantes, Catherine implore la levée de l'interdit et la clémence du pape à de nombreuses reprises dans ses lettres[A 20]. Le pape décide alors d'envoyer Catherine afin de faire plier la ville de Florence. L'envoyée part donc pour Florence et arrive le 13 décembre 1377 dans la ville infidèle au pape[B 32],[A 20]. Les négociations commencent et Catherine demande à Florence d'obéir au pape tout en demandant à de nombreuses reprises au pape de rechercher la paix. Les négociations avancent notamment par l'intermédiaire du seigneur de Milan, Barnabé Visconti, ce qui conduit à la levée de l'interdit en échange de la restitution des terres aux états pontificaux[B 32]. Les négociations sont cependant suspendues le 27 mars 1378 par l'annonce de la mort du pape Grégoire IX. Florence envoie immédiatement une délégation pour négocier avec le nouveau pape élue le 8 avril 1378 : Urbain VI[A 20].

Face à l'opposition importantes de groupes de Florence, qui brûlent les maisons des compagnons de Catherine de Sienne, celle-ci décide de partir un temps en ermitage dans les alentours de Florence[A 17]. Elle écrit au nouveau pape Urbain, ancien cardinal que Catherine avait rencontré lors de son passage à Avignon, en lui affirmant la nécessité de faire la paix avec Florence quoi qu'il en coûte, craignant l'arrivée de l'« hérésie » (le schisme)[A 21].

Contre cette révolte et les tensions qui existent au Vatican, le nouveau pape envoie à Florence un rameau d'olivier le 18 juillet 1378, signe de la volonté du pape de faire la paix avec Florence[A 21],[B 33]. Le 28 juillet 1378; la paix est signée avec le pape, levant les interdits et mettant fin à la guerre des Huit Saints[A 21],[B 33]. Le 2 avril 1379 Catherine part de Florence pour sa ville natale[A 21].

La rédaction du Dialogue

La fin du conflit avec Florence permet un temps de tranquillité pour Catherine de Sienne[B 34]. Elle se retire et tombe souvent en extases, affirme converser avec Dieu. Elle dicte alors les paroles qu'elle reçoit dans ses transes[B 35]. Ses dialogues seront mis par écrit par cinq secrétaires et seront publiés sous différents nom : Dialogue, Traité de la Divine Providence, Livre de la Divine Doctrine, Livre de la Divine révélation[A 22]. Ce livre se divise en quatre traités : l'un sur la Discrétion, l'Oraison ou Traité des Larmes, la Providence et enfin sur l'Obéissance[A 23]. La nature de ces écrits, pour Catherine de Sienne, qui n'avait pas eu de formation poussée, a été l'objet de débats du fait de l'importance théologique qu'elle a eue dans le christianisme avec la proclamation de Catherine comme docteur de l'Église[A 24],[5].

Le Grand Schisme d'Occident

Article détaillé : Grand Schisme d'Occident.

Catherine de Sienne avait, dans ses écrits, mis en garde le pape à de nombreuses reprises contre la possibilité de schisme (qu'elle appelle dans ses écrits l'hérésie). Alors que le pape Urbain VI est élu sans contestation, les cardinaux, principalement français, se réunissent à Fondi le 18 septembre 1378 avec l'appui du comte Gæteni, et décident d'élire le cardinal Robert de Genève comme pape, devenant l'antipape Clément VII[A 25]. Il prend tête de l'armée de Bretons et les envoie au Romagne où ils dévastent la région[A 25].

Catherine quitte Sienne en novembre 1378 pour Rome où elle arrive le 28 novembre accompagnée de plusieurs membres de son ordre[A 26]. Elle est reçue par le pape Urbain VI qui voit dans sa présence un soutien de taille. Catherine vit alors à Rome où elle commence une « croisade de prière » : elle demande à ses amis de prier, décrivant comme une douleur immense cette division de l'Église. Elle recommande d'agir avec charité, seule solution pour elle pour parvenir à arriver à résoudre les problèmes de la chrétienté[A 27]. Elle reste souvent au Vatican pour prier, et montre un zèle particulier pendant le carême pour la pénitence et les mortifications. Catherine écrit à Louis Ier de Hongrie, roi de Hongrie et de Pologne, et appelle à l'obéissance au pape[A 28]. Elle compare l'antipape au serviteur du démon et écrit aux nombreux responsables des grandes villes d'Italie afin de les soumettre à l'obéissance du pape[A 29].

Cette séparation du pape est pour Catherine de Sienne un acte très grave dans la mesure où il conduit à faire des membres schismatiques. Selon elle, cela conduit à les couper de la relation avec Dieu en faisant des « membres pourris exclus de la participation du sang » et donc de Dieu[A 28].

Vaisseau de l'Église

Au début de l'année 1380, Catherine continue de s'activer afin de défendre le pape Urbain VI. Elle veut aller à la rencontre de la reine de Naples afin de vaincre son opposition au pape Urbain VI, mais ce dernier s'y oppose, craignant pour sa vie[A 30]. Catherine écrit aux cardinaux qui ont élu le pape, avant de s'opposer à lui, leur disant qu'ils ont perdu toute révérence et qu'ils font désormais l'office du démon en s'opposant au pape[A 30]. Raymond de Capoue, le directeur spirituel de Catherine de Sienne, est envoyé par le pape en mission auprès du roi de France, Charles, afin de retrouver sa confiance[A 31]. Catherine, sachant sa mort proche, lui fait ses adieux, lui affirmant par écrit qu'ils ne se reverront plus[A 28].

Catherine, qui a une influence grandissante auprès de religieux se considérant comme ses disciples, décide de leur écrire. Elle demande aux religieux et aux ermites de soutenir le pape mais aussi de venir s'installer à Rome dans ces périodes troubles[A 32]. Malade et affaiblie, sans doute en grande partie du fait de ses nombreuses pénitences, elle est épuisée et fait ses adieux à ses amis. Le dimanche 19 avril 1380, âgée de 33 ans, elle meurt à Rome[A 33]. Catherine est enterrée quelques jours plus tard en présence du pape, lequel célèbre des obsèques solennelles dans la basilique de la Minerve[A 34].

Héritage

Doctrine spirituelle

La « cellule intérieure » : connaissance de soi et connaissance de Dieu

Catherine de Sienne apporte une vision nouvelle dans ce que la théologie développe sous le nom d'« habitation de la trinité », c'est-à-dire la croyance dans le fait que Dieu est présent dans l'âme. Cette découverte se fait très tôt chez Catherine. Privée par ses parents de l'accès à sa chambre où elle avait l'habitude de prier, Catherine découvre alors que l'on peut vivre avec Dieu qui est présent à l'intérieure de nous même. Ce lieu, Catherine le décrit comme sa « cellule intérieure »[C 11].

Dans ces écrits et les conseils spirituels qu'elle y donne, elle mentionne à différentes reprises l'existence de cette cellule intérieure, comme dans la lettre 223 à Alessia où elle affirme « Fais toi, ma Fille, deux habitations : l'une dans ta cellule, pour ne pas eller causer de tous les côtés, et pour n'en sortir que par nécessité, par obéissance à la prieure, ou par charité. Fais-toi une autre habitation spirituelle que tu porteras toujours avec toi : c'est la cellule de la vraie connaissance de toi-même. Tu y trouveras la connaissance de la bonté de Dieu à ton égard ; ce sont deux cellules dans une ; et , en étant dans une, il ne faut pas quitter l'autre, car l'âme tomberait ainsi dans le trouble et la présomption »[C 16],[6].

Pour Catherine, la cellule intérieure est donc un lieu où l'on atteint la connaissance de nous-même puis celle de Dieu. Catherine de Sienne écrit ainsi à une religieuse que pour trouver Dieu il faut le chercher à l'intérieur de soi-même : «  L’amour, ce lien si suave et si doux. Oui, ma très chère Fille, puisqu’il est si doux, si agréable et si nécessaire, il ne faut plus dormir ; il faut se lever avec un vrai et saint désir, avec zèle, il faut le chercher avec courage… Et si vous me demandez, Où pourrai-je le trouver ? Je vous répondrai dans la cellule de la connaissance de vous-même, où vous trouverez l’amour ineffable que Dieu vous porte ; car c’est par amour que Dieu vous a créé à son image et ressemblance ; c’est par amour qu’il vous a fait renaître à la grâce dans le sang de son Fils unique »[7]. Pour Catherine de Sienne, la connaissance de Dieu commence par la connaissance d'elle même. Elle affirme la nécessité d'entrer en soi-même afin d'« habiter par habitude » afin d'agir en union avec Dieu[C 17].

Lors d'une apparition qu'elle a, Jésus lui dit « Je suis tout, tu n'es rien ».[réf. nécessaire]

Le don des larmes

La don des larmes, ou doctrine des larmes, est un enseignement développé dans le livre du Dialogue (du chapitre 88 à 97) de Catherine de Sienne. Catherine de Sienne affirme avoir, à sa demande, eu un enseignement sur ce que la théologie appelle le « don des larmes ». C'est à dire la valeur spirituelle des larmes et leurs fruits respectifs[B 36].

Une classification de cinq types de larmes est développée. Toutes les larmes sont décrites comme procédant toutes du cœur. Celles qui sont mauvaises sont le fruit de l'amour sensuel. Le deuxième type de larme est celui qui naît de la crainte du péché et du châtiment. Le troisième type de larme est celui des personnes qui pleurent tout en commençant à aimer, « la Douce vérité première de Dieu », mais qui continuent d'avoir de l'amour propre. Les quatrièmes types de larmes, sont les larmes de charité pour le prochain, qui pleurent, en aimant Dieu sans égard pour eux. Puis viennent les cinquièmes types de larmes, qui sont les larmes de douceurs, fruit de l'union et de la connaissance de Dieu [pas clair][B 36].

Le « sang de l'agneau »

Article détaillé : Dévotion au Précieux Sang.
L'Agneau mystique, polyptyque de Jan Van Eyck (1432). Conservé à la Cathédrale Saint-Bavon de Gand

La dévotion au « sang du Christ » ou « sang de l'Agneau » est une dévotion qui existe déjà dans le christannisme à la naissance de Catherine de Sienne, notamment auprès d'autres mystiques chrétiens. Dans ses écrits, Catherine se réfère à de nombreuses reprise au sang du Christ et invite à « se plonger dans le précieux sang »[C 18].

Cette dévotion est une conception théologique qui est développée par de nombreux théologiens qui voient dans le sang du Christ, versé sur la Croix, le fait que le Christ, par son sang, rachète le péché. La délivrance du péché n'est pas seulement un discours, mais peut se vérifier par le sang versé[C 19]. Le sang devient une preuve du rachat des fautes par le Christ pour Catherine de Sienne : « Nous n'avons pas été rachetés à prix d'or, ni même par l'amour seulement, mais par le sang. »[8],[C 20].

Le péché implique pour Catherine de Sienne une réparation du fait que c'est une offense faite à Dieu, mais toute offense ne peut satisfaire Dieu dans la mesure où on ne peut réparer une offense faite à Dieu « C'est à la lumière de la foi qu'il nous est donnée de voir que le bien doit être rémunéré et la faute punie et que chaque petite faute mériterait une peine infinie parce qu'elle est faite contre le Bien infini »[9],. Pour expier ces fautes, et donc accéder à la justice de Dieu, c'est le sang du Christ qui es[C 20]t versé à travers sa mort sur la Croix[C 20].

Le sang du Christ représente donc pour Catherine de Sienne le salut pour les pécheurs. Ce salut est donné à chacun afin de le sauver du péché, et le sang versé représente donc la justice de Dieu et le salut donnée par amour par Dieu comme l'écrit Catherine de Sienne : « Avec l'amour et le zèle de la sainte justice, parce que le regard de son intelligence est fixé sur la sagesse du Fils de Dieu où elle voit abonder la justice au point que, pour ne pas laisser la faute impunie, il l'a expiée dans son humanité »[10],[C 21]. Le précieux sang représente donc pour Catherine de Sienne l'amour de Dieu qui meurt par amour et pour nous sauver : « Je suis le voleur et tu t'es pendu à ma place »[11],[C 21].

Dans les écrits de Catherine de Sienne, le sang est donné par Dieu pour sauver l'humain du mal, et elle l'identifie à la grâce[C 22]. De cette dévotion naît aussi la dévotion au cœur du Christ, source inépuisable du sang. Elle est, pour Catherine de Sienne, le signe de la nouvelle alliance entre Dieu et les hommes et qui permet d'accéder au paradis.

Réforme de l'Église

Grégoire XI reçoit Catherine de Sienne à Avignon, Fresque de Giovanni di Paolo, vers 1460, Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid

La vie de cette sainte est profondément marquée par sa volonté de rénovation de l’Église. Son ecclésiologie, sa conception qu’elle se fait de l’Église, n’est pas à proprement parlée révolutionnaire : elle ne remet pas en question les structures hiérarchiques traditionnelles de l’Église[C 23] comme le fait le Concile de Constance en 1417, et ne remet pas en cause son système juridique. De même, elle ne remet pas en cause la possibilité pour le pape d’avoir et de gérer des biens temporels. Cependant, elle considère que l’Église est en crise du fait du manque d'intérêt pour la dimension spirituelle au profit de considérations temporelles[Quoi ?]. Elle appelle de ses vœux et à de nombreuses reprises à une rénovation[réf. nécessaire].

Rôle de l’Église et ministère du Christ dans l’Église.

Catherine de Sienne considère que l’Église est l’épouse du Christ[C 24]. A de nombreuses reprise,s elle mentionne le Christ sous le vocable de l’« Agneau immolée » comme le modèle à suivre pour les papes. L’Agneau immolé, figure du Christ dans l’Apocalypse, est au cœur de la pensée de l’Église pour Catherine de Sienne[C 25]. Pour elle, le pape, mais aussi tous les baptisés sont responsables des biens du « Sang de l’Agneau »[C 26]. Le pape en a la charge suprême mais cette charge doit être au service de tous les chrétiens[C 26]. Pour Catherine, les fruits de l’Église sont nécessairement bons dans la mesure où ceux-ci dépendent de la charité et du « Sang de l’Agneau ».

Tout le monde à une place dans l’Église. Dans sa correspondance elle utilise la métaphore de l’Église comme un jardin où chaque baptisé est une plante[C 27]. Elle considère les prêtres comme des plantes qui doivent être odorantes, et ceux qui ne sont pas encore chrétiens comme des possibles plantes dans le jardin[C 23].

L’Église reste profondément unie à elle-même pour Catherine de Sienne, chaque personne a non seulement sa place mais aussi son rôle. L’union de toutes les personnes de l’Église est sa relation à Dieu, au « Sang de l’Agneau ». La raison de l’autorité de l’Église découle pour Catherine de Sienne de cette union à Dieu qui conduit à une union entre tous les membres, les prêtres, considérés comme des plantes odorantes, montre le rôle des uns et des autres au sein de l’Église[C 28].

Problèmes dans l’Église

L’Église, avec les papes en exil à Avignon et les divisions qui traverse l’Église, notamment sur le rôle temporaire du pape et de ses biens, sont les éléments marquant pendant l’époque de Catherine de Sienne. Face à cette situation Catherine de Sienne appelle à la rénovation de l’Église. Elle analyse ces difficultés comme étant le fruit d’un manque de foi, de piété, et les conséquences du péché[C 27],[C 29]. Pour elle les difficultés sont le fruit du péché et du manque de vertu de l’Église. Elle ne nie pas les prétentions temporelles des papes, mais elle considère que le service de Dieu doit être prioritaire sur tout autre chose[C 30].

Rénovation de l'Église

Afin de parvenir à la rénovation du corps religieux, elle demande au pape à moult reprises, de nommer des pasteurs vertueux et appelle à la conversion des membres de l’Église[C 30]. Catherine demande avant tout de la douceur et de la paix[C 29]. C'est ainsi qu'elle invite le pape à la douceur : « avec les armes de la douceur, de l’amour et de la paix, plutôt que la rigueur et la guerre »[C 31]. Elle recommande au pape de s’entourer d’un « Conseil des saints » composé de personnes vertueuses[C 32], ainsi elle recommande au pape Urbain VI de prendre conseils des autres affirmant « votre autorité s’étend à tout, mais votre vue est bornée comme celle de tout homme »[C 28]. Enfin, elle voit dans l’arrivée de nouveaux convertis (notamment les « infidèles ») une source de rénovation ceux-ci étant à même de lutter par leurs futurs exemples contre le vice et le péché qui règnent dans l’Église[C 33].

Postérité

Ses œuvres

Édition française des écrits de Catherine de Sienne, Le Dialogue de sainte Catherine de Sienne, traduction Hurtaud, tome deuxième, 1913.

On a d'elle des traités de dévotion, des lettres et des poésies remarquables par l'élégance et la pureté du style. Elle laisse notamment un Dialogo della Divina Providenza dicté deux ans avant sa mort, et 382 lettres adressées autant à des gens du peuple qu'à des puissances de l'époque (papes, rois, clercs ou laïcs) qu'elle a rédigées durant les dix dernières années de sa vie. Ces écrits dégage sa ferveur mystique et sa rhétorique, mélange d'images bibliques et d'expressions communes, dénote une forte volonté de persuasion.[réf. souhaitée]

L'édition la plus exacte et la plus complète de ses œuvres est celle de Jérôme Gigu, sous ce titre : Opère délia serafica sauta Catarina, Sienne et Lucques, 1707-1713, 4 volumes in-4. On y remarque un Dialogue entre le Père éternel et sainte Catherine qu'elle dicta en 1378 ayant été ravie en extase. Une légende, exploitée par les peintres d'Italie fait de cette sainte la fiancée du Christ telle Marie de Magdala.[réf. souhaitée]

Reconnaissance par l'Église catholique

Pie II canonise Catherine de Sienne, Fresque de Pinturicchio représentant la vie de Enea Silvio Piccolomini devenu pape sous le nom de Pie II, dans la Libreria Piccolomini à la cathédrale de Sienne. Entre 1502 et 1507

Le procès en canonisation de Catherine de Sienne commença dès 1411, mais est suspendu du fait du Grand Schisme d'Occident et ne reprend qu'après le Concile de Constance et l'élection du pape Martin V[A 35]. C'est le pape Pie II qui déclare Catherine de Sienne sainte le 29 juin 1461, fête des apôtres Pierre et Paul, dans la Basilique vaticane[A 35]. Sa fête se célébra initialement le jour de sa mort, le 29 avril. En 1628, le pape Urbain VIII déplaça la date au jour suivant afin de ne pas superposer sa fête avec celle de saint Pierre de Vérone. D'ailleurs il reconnut à Catherine de Sienne la véracité des stigmates[A 35]. En 1969 le pape décida de célébrer sa fête de nouveau à sa date d'origine.[réf. souhaitée]

La ville de Rome rendit d'importants hommages à Catherine de Sienne par la restauration de l'Église où elle est vénérée en présence du pape en 1855. Pie IX dans le décret du 13 avril 1866 déclare Catherine de Sienne co-patronne de Rome[A 36].

Le 18 juin 1939, Pie XII déclare Catherine de Sienne sainte patronne principale d'Italie, au même niveau que saint François d'Assise[A 36]. Le 4 octobre 1970, Paul VI donna à Catherine de Sienne le titre de Docteur de l'Église, elle devient ainsi la seconde femme à obtenir cette distinction dans l'Église (après Thérèse d'Avila et avant Thérèse de Lisieux)[A 36]. Le 1 octobre 1999, sous le pontificat de Jean-Paul II, celui-ci la déclara sainte patronne de l'Europe avec Edith Stein et Brigitte de Suède[1].

De nombreuses églises portent le nom de Catherine de Sienne dont les plus importantes sont le Sanctuaire Sainte-Catherine-de-Sienne et l' Église Santa Caterina da Siena.[réf. souhaitée]

Reliques

Les dévotions autours de Catherine de Sienne se développèrent rapidement. Très vite, elle reçut les honneurs réservés aux serviteurs de Dieu. Trois ans après sa mort, son cercueil fut transporté du cimetière du couvent le 3 octobre 1383 dans la Basilique Santa Maria sopra Minerva de Rome par Raymond Delle Vigne[A 37]. C'est en 1430 que l'archevêque de Florence, Antonio Pierozzi, décida de donner un tombeau à Catherine de Sienne. Il fit faire, par le sculpteur Isaia da Pisa, une chasse qui est le reliquaire actuel de Catherine de Sienne[A 35].

Raymond delle Vigne décida de séparer la tête du reste du corps et l'envoya à Sienne[A 37]. Sa tête fut translatée lors d'une cérémonie le 5 mai 1384 à l'église Saint-Dominique de Sienne, lors d'une grande fête, en présence de plus de 400 filles vêtues de blanc, ainsi que des dominicains, sa mère Lapa et de nombreuses personnes. Dans le même temps, un doigt de Catherine de Sienne fut donné à Stefano Maconi, chartreux, relique qui est aujourd'hui exposée dans la Basilique Santa Maria sopra Minerva[A 38]. Un reliquaire avec une phalange de la sainte figure également dans la vitrine des reliquaires de la basilique San Domenico de Sienne, près de sa chapelle[réf. nécessaire].

Une autre relique, celle de son pied gauche, est exposée dans la Chiesa dei Santi Giovanni e Paolo de Venise.[réf. nécessaire]

Représentation de Catherine de Sienne dans les arts

Catherine de Sienne est rapidement devenue un sujet des peintres au cours de la Renaissance[A 39]. La première représentation de Catherine de Sienne a été faite par le peintre Andrea Vanni, son contemporain, et membre de ses proches caterinarti en 1390. Cette représentation sur un mur de l'Église Saint Dominique à Sienne a été déplacée puis placée dans la Chapelle des voûtes, en 1667, où elle est encore présente[A 39]. Cette représentation est considérée comme un portrait fidèle authentique.[réf. nécessaire]

De nombreuses représentations se développent autour de Catherine de Sienne, représentant les différents faits marquant de sa vie, comme le « mariage spirituel », les stigmates, ou encore sa présence après du pape. Les peintres représentent aussi Catherine plaçant dans ses mains un lys, symbole de sa virginité, ou des écrits[A 40]. Les peintres la représentent à côté de la Vierge, ou d'autres saints, notamment les représentations de Notre Dame du Rosaire qui la représente avec saint Dominique[A 39]. Le pape Pie IX la fait représenter dans la mosaïque de sa tombe, d'après un dessin de Lodovico Seitz, comme protectrice de la papauté, en train de tenir la tiare et la rapporter à Rome[A 41].

Voir aussi

Bibliographie

Œuvre de Catherine de Sienne

  • Le Livre des dialogues, suivi de lettres, préface et traduction de Louis-Paul Guigues, Éditions du Seuil, 2002 (ISBN 2-02-051390-0)
  • Catherine de Sienne Traduction de J. Hurtaud, o.p., Le dialogue, Pierre Téqui éditeur, coll. « Livres d'Or des Ecrits Mystiques », 2000, 360 p. (ISBN 2-85244-1950) 
  • Catherine de Sienne, Lettres de sainte Catherine de Sienne, Pierre Téqui éditeur, coll. « Livres d'Or des Ecrits Mystiques », 30 décembre 1999, 360 p. (ISBN 978-2740313374) 
  • Catherine de Sienne, Les Oraisons, Le Cerf, coll. « Sagesses chrétiennes », 3 juin 1992, 116 p. (ISBN 978-2740313374) 

Sources

  • Raymond de Capoue, Thomas Caffarini, Vie de sainte Catherine de Sienne, Supplément, Témoignages des disciples (procès de Venise), E. Cartier, Librairie de Mme Vve Poussielgue-Rusand, 1859 

Biographies

  • Christiane Rancé Catherine de Sienne, Le feu de la sainteté, Le Seuil, 2008
  • Mgr Lodovico Ferretti, Sainte Catherine de Sienne, Cantagalli, 1998
  • Émile Chavin de Malan, Vie de Catherine de Sienne ,1850
  • Bernard Sese, Petite Vie de Catherine de Sienne , 2005
  • Francine de Martinoir, Catherine de sienne ou la traversée des apparences, Editions du Rocher, coll. « Biographie », 23 avril 1999, 192 p. (ISBN 978-2268032443) 

Études, essais

  • Antoine Lemonnyer, Notre vie spirituelle à l'école de sainte Catherine de Sienne, Cerf, coll. « Trésors du christianisme », 29 octobre 2009, 141 p. (ISBN 978-2204090797) 
  • Marie-Vincent Bernadot, Catherine de Sienne : L'audace de la parole au service de l'Eglise, Cerf, coll. « Trésors du christianisme », 7 février 2008, 94 p. (ISBN 978-2204085410) 
  • Dominique de Courcelles, Le « Dialogue » de Catherine de Sienne, Cerf, coll. « Classique du christianisme », 1999 
  • Elisabeth Lacelle, Ne dormons plus il est l'heure de se lever. Catherine de Sienne (1347-1380), CERF Fides, coll. « Epiphanie », 1998 (ISBN 2-204-06251-0) 
  • Anré Knockaert, Chantal van der Plancke, Prier 15 jours avec Catherine de Sienne, Nouvelle Cité, 1997 
  • Bézine S. o.p., préface R.P. Fernandez, Docteur de la Miséricorde, Sainte Catherine de Sienne, Paris, Couvent Saint Jacques, 1970 

Revues

  • Catherine de Sienne, une femme d'Eglise, Fêtes et saisons, coll. « N°349 », novembre 1980 
  • Sainte Catherine de Sienne, Dieu est Amour, coll. « n°73 », mars 1996 
  • Catherine de Sienne et Thérèse d'Avila, Vie Spirituelle, coll. « n°718 », mars 1996 
  • La Voix de l'Association de Catherine de Sienne 

Liens externes

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Notes et références

Notes

  1. La date de naissance de Catherine de Sienne est le fruit de controverses historiographiques. Caffarini est celui qui donne la date du 25 mars 1347 à Catherine de Sienne, jour de l'Annonciation, cette date marque dans le calendrier de Sienne de l'époque marque le début de l'année. Une étude critique de R. Fawtier de 1921, ramène de dix à quinze ans en arrière la date de sa naissance. Cependant la date du 25 mars 1347, celle de la tradition reste cependant celle qui est la plus communément admise
  2. La geste pour Niccolo di Tuldo et les autres, mentionnées dans les biographies de Catherine de Sienne, contribuent à développer l'image de Catherine comme exorciste, rôle dévolue généralement aux prêtres, et qui reste relativement rare pour les saints mais aussi pour les saintes (en dehors de la Sainte Vierge). Des représentations picturales représentent Catherine chasser des démons.

Références

Principales sources utilisées

  • Mgr Lodovico Ferretti o.p., Catherine de Sienne, Sienne, Éditions Cantagalli, mars 1998, 176 p. 
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  • Sous la direction de Elisabeth Lacelle. Yvon-D Gélinas, o.p., Marie-Thérèse Miville-Deschênes,o-p, A. Dalmazio Mongillo, o.p., Gilles Berceville o.p., Yves-M. Congar o.p., Ne dormons plus il est l'heure de se lever. Catherine de Sienne (1347-1380), CERF Fides, coll. « Epiphanie », 1998 (ISBN 2-204-06251-0) 
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Autres sources

  1. a et b Jean-Paul II, « Lettre apostolique en forme de « Motus Proprio » pour la proclamation de Sainte Brigitte de Suède, Sainte Catherine de Sienne et Sainte Thérèse-Bénédicte de ma Croix co-patronne de l'Europe » sur http://www.vatican.va/index.htm, 1 octobre 1999. Consulté le 25 septembre 2011.
  2. selon Robert Fawtier (Sainte Catherine de Sienne. Essai de critique des sources. Les œuvres de sainte Catherine de Sienne)[réf. incomplète]
  3. R. Fawtier, L Canet, La double expérience de Catherine Benicasa, Paris, Gallimard, coll« NRF/Bibliothèque des idées », p.194
  4. Site dominicain
  5. Le pape Pie II déclare la doctrine développé par Catherine de Sienne comme une doctrine « non acquise mais infuse »
  6. Catherine de Sienne, « Lettre CCXXIII » sur http://jesusmarie.free.fr. Consulté le 3 octobre 2011
  7. Catherine de Sienne, « Lettre CVXXXII (182) » sur http://jesusmarie.free.fr. Consulté le 3 octobre 2011
  8. Lettre CCLI, Lettre de Catherine de Sienne à Sano di Maco
  9. Lettre XLV, Lettre de Catherine de Sienne
  10. Lettre LVIII à Thomas d'Alviano
  11. lettre XXV


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Catherine de Sienne de Wikipédia en français (auteurs)

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