Vipère péliade

Vipère péliade
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 Vipera berus
Vipera berus
Classification selon ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Serpentes
Infra-ordre Alethinophidia
Famille Viperidae
Sous-famille Viperinae
Genre Vipera
Nom binominal
Vipera berus
(Linnaeus, 1758)
Synonymes
  • Coluber berus Linnaeus, 1758
  • Chersea vulgaris Fleming, 1822
  • Vipera berus pseudaspis Schreiber, 1912
Statut de conservation UICN :

LC  : Préoccupation mineure
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'UICN.

La Vipère péliade, Vipera berus, est une espèce de serpent venimeux de la famille des Viperidae[1], que l'on trouve dans la plupart des pays d'Europe.

Sommaire

Nom vernaculaire et étymologie

Description

Morphologie

La vipère péliade, dont le corps est relativement large, peut atteindre 60 cm à l'âge adulte mais a en moyenne une longueur de 55 cm, cette taille variant selon la localité. Ainsi, les spécimens les plus grands se trouvent généralement en Scandinavie, certains individus pouvant dépasser les 90 cm (deux individus de 104 cm ont déjà été observés). En France et en Grande-Bretagne, la taille maximale est d'environ 80 à 87 cm[2]. Vipera berus a une masse pouvant aller de 50 à 180 g[3],[4]

La tête est large et distincte du corps tandis que ses flancs sont presque droits.

Couleurs et motifs

Écailles

Détails des écailles de la tête :
1 = Pariétale
2 = Frontale
3 = Supraoculaire
4 = Internasale
5 = Rostrale
6 = Supralabiale
7 = Nasale
8 = Mentale
9 = Postnasale

Sur la tête

Vue de dessus, l'écaille rostrale n'est pas visible, ou à peine visible. Immédiatement après la rostrale se trouvent deux (rarement une) petite écaille. Sur la face dorsale de la tête, on trouve généralement cinq grandes écailles plates remarquables :

  • une écaille frontale plus longue que large, aux contours anguleux et de forme parfois rectangulaire,
  • deux écailles pariétales (une petite écaille est parfois intercalée entre la frontale et les pariétales),
  • deux écailles supraoculaires longues et étroites qui sont séparées de la frontale par une à quatre petites écailles.

La narine est située dans une petite dépression au sein de la grande écaille nasale. L'œil est relativement grand puisqu'il a une taille équivalente à cette dernière, bien qu'il soit généralement plus petit chez la femelle. Sous les supraoculaires, on peut voir six à treize (mais généralement entre huit et dix) petites écailles circumorbitales. Les écailles temporales sont lisses (mais, rarement, légèrement carénées). Il y a entre dix et douze écailles sublabiales et entre six et dix (généralement huit à neuf) supralabiales. Chez ces dernières, les numéros 3 et 4 (en partant du museau) sont les plus grandes, les 4 et 5 (mais parfois les 3 et 4) étant séparées de l’œil par une seule rangée de petites écailles (parfois par deux rangées dans les populations alpines[2].

Sur le reste du corps

On trouve 21 rangées d'écailles dorsales (mais, rarement, on peut en trouver 19, 20, 22 ou 23). Celles-ci sont très fortement carénées, mises à part celles qui bordent les écailles ventrales. Ces dernière sont par ailleurs entre 132 et 150 chez les mâles et entre 132 et 158 chez les femelles. Il n'y a qu'une seule écaille anale, les écailles subcaudales, appariées étant au nombre de 32 à 46 chez les mâles, 23 à 38 chez les femelles[2].

Denture

Confusions possibles et clés de détermination

Biologie et éthologie

Généralités

Sens

Alimentation

Régime alimentaire

Jeune vipère péliade en train d'avaler un lézard vivipare.

La vipère péliade se nourrit principalement de micromammifères comme des souris, des campagnols et des musaraignes, ainsi que des lézards. Elle peut également parfois se nourrir d'orvets ou encore de belettes, de taupes et d'amphibiens (grenouilles, tritons et salamandres. Des oiseaux peuvent également rentrer dans son menu[5], notamment des oisillons et même des œufs dont l'attrait peut faire grimper la vipère dans des arbustes et buissons.

Généralement, la composition des repas varie selon la localité[6]. Les juvéniles ont tendance à manger de jeunes mammifères, des petits lézards, des grenouilles ainsi que des vers et des araignées. Ils commencent à manger la même chose que les adultes lorsqu'ils atteignent une taille d'environ 30 cm.

Mode de chasse

Venin

Reproduction

Relations avec d'autres espèces

Prédateurs

Concurrence alimentaire

Parasites

Répartition géographique et habitat

Répartition géographique

Partie occidentale de l'aire de répartition de Vipera berus.

Vipera berus a une aire de répartition très étendue. On peut la trouver à travers toute l'Eurasie, de l'ouest (Royaume-Uni, Scandinavie, France) à l'est de l'Asie(nord de la Chine et de la Mongolie, île de Sakhaline, Corée du Nord, en passant par l'Italie, l'Albanie, la Croatie, la Macédoine, la Bulgarie et le nord de la Grèce. Au nord, on la trouve même au-delà du cercle polaire arctique.

La localité type était auparavant considérée comme étant "Europe" mais Mertens & Müller (1940) ont proposé de la limiter à Uppsala (Suède)[7] et elle a fini par être restreinte à Berthåga, Uppsala par Krecsák & Wahlgren (2008)[8].

Cette vipère est la seule espèce de serpent venimeuse de Grande-Bretagne.

Habitat

Taxinomie

Évolution de la taxinomie

Place dans la classification phylogénétique

Liste des sous-espèces

Selon Reptarium Reptile Database (26 août 2011)[9] :

  • Vipera berus berus (Linnaeus, 1758)
  • Vipera berus bosniensis (Boettger, 1889)

La vipère péliade et l'Homme

Étude de l'espèce

Envenimations chez l'humain

Comme les autres vipéridés, la péliade est venimeuse. Elle possède des glandes à venin reliées à des crochets canaliculés. Au repos ces crochets sont couchés vers l'arrière dans des replis cutanées à l'intérieur de la bouche. A l'attaque ces crochets sont déployés vers l'avant. Les serpents possédant cette particularité, commune à tous les membres de la famille des vipéridés, sont désignés sous le nom de solénoglyphes.

L'appareil venimeux est pour la vipère une arme de chasse, destinée à immobiliser les proies alimentaires (petits mammifères, oisillons...) et à faciliter leur digestion. Les longs crochets permettent d'injecter le venin profondément dans les tissus de la proie (un petit mammifère, un oisillon, etc.). Le venin contient principalement des enzymes (hydrolases peptidiques, hyaluronidase, phospholipase A2, phosphodiestérases et oxydase d’acides L-aminés)[10] qui provoquent la dégradation des protéines de la proie.

La vipère péliade n'attaque jamais spontanément de grands animaux, ou l'homme. Elle ne le fait que par réflexe de surprise ou que si elle se sent menacée et dans l'incapacité de fuir. A toute distance supérieure à sa propre longueur, ce serpent est inoffensif[10]. Le meilleur moyen d'éviter les morsures est encore d'adopter certaines règles de comportement  : marcher dans l'herbe avec des chaussures fermées ou des bottes, frapper le pas pour faire fuir les serpents (ceux-ci sont sourds et myopes mais sont en revanche sensibles aux vibrations), ne pas retourner les pierres et ne pas fouiller la végétation avec les mains.

La plupart des morsures de serpents en Europe tempérée sont cependant imputables à la péliade, qui comparée à l'aspic, possède une aire de répartition plus étendue et semble moins farouche. La vipère péliade est à l'origine, par exemple, dans le nord de la France, les 3/4 des morsures déclarées de serpents[11]. La trace de la morsure est double car la vipère possède deux crochets à venin. En raison de sa taille réduite, la plaie peut parfois passer inaperçue, ou être confondue avec une écorchure bénigne de ronce, notamment lorsque le serpent n'a pas été vu ou si la victime est un jeune enfant qui ne peut s'exprimer.

La gravité d'une morsure pour la santé dépend principalement de l'envenimation, c'est-à-dire de la quantité de venin injectée et de sa diffusion dans l'organisme, celle-ci ayant pu être amplifiée par des comportements inadaptés. La réaction à l'envenimation se déroule sur plusieurs heures. Le venin doit pénétrer sous la peau et dans le sang pour être très actif. Ingéré ou en contact avec l'épiderme, il est sans effet.

Soins : Dans tous les cas, les mesures consistent à immobiliser la victime, à la tranquilliser et à alerter les secours pour une prise en charge hospitalière. Toutes les anciennes recettes (aspiration, garrotage, cautérisation, ...) sont à proscrire car dangereuses[12].

La majeure partie des morsures de vipères en Europe tempérée sont sans conséquences graves et sans séquelles, car généralement l'envenimation est faible. La réaction de l'organisme reste insignifiante (grade 0 correspondant à une simple trace de morsure) ou faible (grade 1 pour un œdème restant localisé) en raison d'une envenimation nulle ou limitée. La mise sous observation hospitalière avec un éventuel traitement symptomatique s'avère alors suffisante[12].

L'évolution peut être plus grave atteignant le grade 2 (œdème régional du membre et/ou symptômes généraux modérés) ou le grade 3 (œdème extensif atteignant le tronc accompagné de symptômes généraux sévères et/ou de troubles de la coagulation sanguine) et pouvant conduire à la mort. Les symptômes et les signes cliniques comprennent vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, hypotension. Le traitement hospitalier, qui permet de sauver les victimes avec un taux d'efficacité très élevé, repose essentiellement aujourd'hui sur une immunothérapie antivenimeuse avec injection intraveineuse d'un sérum de nouvelle génération[12],[13].

Etat des populations, pressions, menaces

Les vipères comme de nombreux reptiles sont en voie de régression ou ont disparu d'une grande partie de leur aire de répartition. Elles sont autrefois été pourchassées (des primes étaient offerte en échange des cadavres). Des chasseurs de vipères fournissaient aussi les laboratoires d'écoles ou d'université, ou pour la production de sérum notamment (pour l'Institut Pasteur en France)[14]. A titre d'exemple, Paul Gourraud, chasseur de vipère, en capturait jusqu'à 2 000 par an. « Jusque dans les années 70, on prélevait dans la nature les reptiles pour les besoins de la science. Ensuite les labos ont créé des élevages, puis on a interdit la capture, pour les protéger »[14].

Les vipères sont notamment victimes des pesticides (insecticides, qui affectent aussi une partie de leurs proies), ainsi que de l'artificialisation, fragmentation et régression de leurs habitats.
Le morcellement de leur habitat notamment via le phénomène de roadkill est l'une des causes de mortalités ou blessures de vipères, ainsi que d'appauvrissement de leur diversité génétique.

La crainte qu'elles ont inspiré durant des siècles (le serpent était en occident catholique associé au diable, aux sorcières, ainsi qu'au Christ figuré par le « bâton de Moïse ») est également à l'origine de la mort de nombreuses vipères. La vipère est maintenant classée parmi les espèces protégées en France. Parmi les auteurs qui ont commencé au XXe siècle à mieux faire connaitre les reptiles et amphibiens et leur importance écologique figurent Fernand Angel, et Raymond Rollinat.

Protection

  • En Europe : l'espèce ne figure dans aucune annexe de la Directive 92/43/CEE sur la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages. Elle est incluse dans l'Annexe 3 de la Convention de Berne (19 septembre 1979)[15].
  • En Belgique : la vipère péliade est intégralement protégée en Région wallonne par le Décret dit "Natura 2000" du 6 décembre 2001 (espèce de l'annexe II) et en Région flamande par l'arrêté royal du 22 septembre 1980 sur la protection des espèces indigènes de Batraciens et de Reptiles[15].
  • En France : elle bénéficie d'un statut de protection partielle dans la liste de l'arrêté du 22 juillet 1993 « fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés sur l'ensemble du territoire[16] ».

La vipère péliade dans la culture

Dans l'Antiquité

Philatélie

Sources

Publication originale

  • Linnaeus, 1758 : Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, ed. 10 (texte intégral).

Notes et références

  1. Référence Reptarium Reptile Database : Vipera berus (en)
  2. a, b et c Mallow D, Ludwig D, Nilson G. 2003. True Vipers: Natural History and Toxinology of Old World Vipers. Krieger Publishing Company, Malabar, Florida. 359 pp. ISBN 0-89464-877-2.
  3. Mats Olsson, Thomas Madsen and Richard Shine, "Is sperm really so cheap? Costs of reproduction in male adders,Vipera berus", Proceedings of the Royal Society 1997 264, p 456 [1]
  4. Alexandru STRUGARIU, Ştefan R. ZAMFIRESCU and Iulian GHERGHEL "First record of the adder (Vipera berus berus) in Argeş County (Southern Romania)", Biharean Biologist (2009), 3, 2, p 164 [(http)://biologie-oradea.xhost.ro/BihBiol/cont/v3n2/bb.031206.Strugariu.pdf]
  5. (en) Gerald R. Leighton, The Life-History of British Serpents and Their Local Distribution in the British Isles, Edinburgh & London, Blackwood & sons, 1901 (ISBN 978-1-4446-3091-6) (OCLC 713605977) [lire en ligne (page consultée le 08 Feb 2010)], p. 400 
  6. Street D. 1979. The Reptiles of Northern and Central Europe. London: B.T. Batsford Ltd. ISBN 0-7134-1374-3.
  7. McDiarmid RW, Campbell JA, Touré T. 1999. Snake Species of the World: A Taxonomic and Geographic Reference, vol. 1. Herpetologists' League. 511 pp. ISBN 1-893777-00-6 (series). ISBN 1-893777-01-4 (volume).
  8. Krecsák L. & Wahlgren R. (2008): A survey of the Linnaean type material of Coluber berus, Coluber chersea and Coluber prester (Serpentes, Viperidae). The Journal of Natural History 42(35–36): 2343–2377. DOI:10.1080/00222930802126888
  9. Reptarium Reptile Database, consulté le 26 août 2011
  10. a et b Forum Med Suisse No 32/33 (août 2003)
  11. Chiffres du Centre antipoison de Lille sur les morsures de serpents dans le nord de la France 1997 - 2001
  12. a, b et c Lyon Pharmaceutique 2001 : Le point sur le traitement des morsures de vipères
  13. Sérum antivenimeux
  14. a et b Article intitulé Paul Gourraud a été chasseur de vipères - Rezé samedi 30 avril 2011  ; Ouest-France / Pays de la Loire / Nantes / Rezé / Archives du samedi 30-04-2011  ; Propos recueillis par Sylvie HROVATIN, consulté 2011/08/06
  15. a et b Système d'informations sur la biodiversité en Wallonie : La Vipère péliade (Vipera berus)
  16. Légifrance : Arrêté du 22 juillet 1993 fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés sur l'ensemble du territoire NOR: ENVN9320304A

Voir aussi

Articles connexes

Liens et documents externes

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Autres sites :

Bibliographie

  • L. Luiselli, The mating strategy of the European adder, Vipera berus, Acta oecologica, ISSN 1146-609X, 1995, vol. 16, no3, pp. 375-388 (en), Lire le résumé en Français
  • François Louis Isidore Valleix, Guide du médecin praticien Résumé général de pathologie (1851) (Lien vers l'article)
  • Ananjeva NB, Borkin LJ, Darevsky IS, Orlov NL. 1998. Amphibians and Reptiles. Encyclopedia of Nature of Russia. ABF Moscow (in Russian). 574 pp.
  • Appleby L.G. 1971. British Snakes. London: J. Baker. 201 pp. ISBN 0-212-98393-8.
  • Joger U, Lenk P, Baran I, Böme W, Ziegler T, Heidrich P, Wink M. 1997. The phylogenetic position of Vipera barani and of Vipera nikolskii within the Vipera berus complex.
  • Minton S.A. Jr. 1974. Venom Diseases. Springfield (IL): CC Thomas Publ. 386 pp.
  • Wüster W, Allum CSE, Bjargardottir IB, Bailey KL, Dawson KJ, Guenioui J, Lewis J, McGurk J, Moore AG, Niskanen M, Pollard CP. 2004. Do aposematism and Batesian mimicry require bright colours? A test, using European viper markings. Proceedings of the Royal Society of London. B 271 pp 2495–2499. PDF at Wolfgang Wüster, School of Biological Sciences, University of Wales, Bangor. Accessed on 15 August 2006.


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Vipère péliade de Wikipédia en français (auteurs)

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