La Rivière-Drugeon

La Rivière-Drugeon
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46° 52′ 06″ N 6° 13′ 00″ E / 46.8683, 6.2167

La Rivière-Drugeon
Administration
Pays France
Région Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Pontarlier
Canton Pontarlier
Code commune 25493
Code postal 25560
Maire
Mandat en cours
Christian Vallet
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du plateau de Frasne et du val du Drugeon
Démographie
Population 645 hab. (1999)
Densité 34 hab./km²
Géographie
Coordonnées 46° 52′ 06″ Nord
       6° 13′ 00″ Est
/ 46.8683, 6.2167
Altitudes mini. 810 m — maxi. 1112 m
Superficie 19,16 km2

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Voir la carte administrative

La Rivière-Drugeon est une commune française, située dans le département du Doubs et la région Franche-Comté.

Sommaire

Géographie

La Riviere Drugeon est un village du Haut-Doubs situé au cœur de la Vallée du Drugeon, site naturel Européen NATURA 2000. La hauteur moyenne du bourg est de 841 mètres et atteint dans le massif du Laveron environ 1 050 mètres. Le village est traversé par le "Drugeon" qui alimente un étang au centre de celui-ci.

Histoire

Avant 1923, la commune s'appelait simplement La Rivière. Le bourg comportait un château qui était la seigneurie des villages environnants (Frasne, Bouverans, Dompierre). On peut encore aujourd'hui contempler les vestiges de cet ancien château (remparts). De plus autrefois en hiver, quand l'étang du village était gelé, on découpait cette glace que l'on conservait dans de la sciure de bois et qu'on envoyait à Paris par la voix de chemin de fer du village.

La maison de Chalon-Arlay

La seigneurie de La Rivière était une des plus considérable de la maison de Chalon-Arlay, elle comprenait, en plus du bourg de La Rivière, les villages de Bonnevaux, Bouverans, Dompierre, Frasne et se partageait entre plusieurs gros propriétaires dont Jean Marescot de Frasne et Guillaume de la Baume, chanoine de Besançon . Située dans la plaine de la Chaux-d'Arlier qui s'étend du Val du Sauget jusqu'à celui de Mièges elle comptait deux embranchements de la voie romaine qui conduisait à Salins-les-Bains. En 1245 Jean de Chalon l'Antique accordait à son neveu Amédée de Montfaucon tout ce qu'il possédait dans le comté de Warasch notamment à La Rivière, à Nods et le fief de Hugues de Layer ceci dans le but d'augmenter la seigneurie de Vuillafans. Plus tard, en 1261, Adeline, femme de Hugon de Chalamont, et Vuillat reconnaissaient tenir en fief de ce même comte La Rivière, Boujailles et Arc et lui vendait en 1266 la maison forte de La Rivière[1].

La Rivière était incendiée au XVe siècle, Charles le Téméraire y séjournait à plusieurs reprises lors des guerres de Bourgogne. Après le passage de Weimar, pendant la guerre de Trente Ans, le bourg était en grande partie détruit. La Rivière avait des faubourgs nommés d'Arlin, du Tartre, et de Foule, une prison, la tour de la vieille prison, la tour ronde, un pont, un portail, plusieurs portes, des halles soutenues par des colonnes, un hôpital de l'ordre des hospitaliers du Saint-Esprit et un couvent de Jacobins ; l'église mère qui se trouvait primitivement à Dompierre était déplacée à La Rivière et le prieur de Saint-Étienne de Pontarlier en était le patron, elle était sous le vocable de Saint-Nicolas, ses vicariales étaient Dompierre, Bonnevaux et Bouverans[1].

Droits seigneuriaux

Le seigneur de La Rivière tenait sa terre en toute justice haute, moyenne, basse et "mère et mixte empère" (merum et mixtum imperium = qui indique la supériorité territoriale)[1].

Il avait le droit de nommer et de destituer tous ses officiers qu'ils soient bailli, châtelain, lieutenant, procureur, scribe, sergent, messier ou forestier. Le bailli, le châtelain et le lieutenant pouvaient juger tous les crimes et délits commis dans la seigneurie, de même que le gruyer ou son lieutenant dans le cas des eaux et forêts, c'était eux également qui s'occupait des appels. Les appels des sentences du châtelain ou de son lieutenant devaient être fait devant le bailli de la seigneurie et ceci aussi bien pour Liévremont, Dommartin, Vuillecin ou Outhaud[1].

Le seigneur avait le droit de faire publier par le bailli les testaments et les dispositions des dernières volontés venant de ceux qui décédaient dans la seigneurie ou qui en étaient issu, il pouvait faire taxer les scels et s'adjuger le profit des amendes des crimes, des délits et des "mésus", les actes et les publications devaient rester au greffe de La Rivière. Le seigneur avait le droit d'établir des tabellions chargés d'enregistrer les actes d'achats ou d'échanges d'héritages qui devaient être présentés au scellé général qui se tenait une fois l'an et d'acquitter les lods si le seigneur n'usait pas de son droit de retenue. Les villageois ne pouvaient pas aliéner ou échanger leurs communaux sans l'autorisation du seigneur et en acquittant un lods[1].

Le seigneur pouvait garder toutes les "épaves" ("choses perdues et sans maître"), les confiscations et les échutes et il pouvait imposer ses hommes et ses sujets aux quatre cas (lorsque le sujet était fait chevalier, qu'il partait en outre-mer, qu'il était fait prisonnier ou qu'il mariait sa fille) qui relevaient de la coutume de la région[1].

Il pouvait faire tenir les assises générales dans la seigneurie, ou dans une des autres qui lui appartenaient, par le bailli et le procureur général "en vertu d'un droit dont ses prédécesseurs ont joui d'un temps immémorial", les villageois étaient tenus d'y assister, il avait le droit d'avoir le signe patibulaire que les villageois devaient aider à dresser sous peine d'amende ou même sous peine d'aider à l'exécution de la peine[1].

Les habitants de La Rivière, de Liévremont, de Vuillecin, de Dommartin et d'Outhaud devaient faire le guet et la garde au château de La Rivière et de s'y retirer avec leurs biens en cas de guerre et "d'éminent péril", ils étaient tenu aux réparations des murailles de La Rivière et à la "monstre d'armes" devant les officiers de la seigneurie sous peine de soixante sous d'amende[1].

Le seigneur pouvait faire marquer et échantillonner les poids, aunes et mesures. Les habitants étaient imposé pour chaque toise de leur maisons, clos (petit vignoble) et jardins[1].

Les fours appartenaient au seigneur en toute banalité et les villageois étaient tenus d'y faire cuire leurs pains et "pastes", de fournir le bois nécessaire et de payer un droit d'usage au seigneur. Il en était de même pour le moulin que devait d'utiliser les habitants de Dompierre et de la Chapelle-d'Huin et pour les halles. La rivière le Drugeon relevait du seigneur, aussi il était interdit d'y construire un moulin et d'y pêcher[1].

La dîme du bourg et du territoire de La Rivière revenait au seigneur tant sur les habitants que sur les étrangers sauf la part due au religieux de Mouthier-Haute-Pierre. Ces dîmes étaient règlées tous les ans au châtelain, à cette occasion le procureur fiscal nommait un homme et les habitants faisaient de même à la "première réquisition verbale", ces deux hommes prêtaient serment devant le châtelain, de lui donner "bon et fidèle avis au sujet des dîmes" ; en conséquence de quoi il était dressé l'inventaire des semis et des moissons de chacun[1].

Bornage, moulins et franchises

La Rivière au XVIe siècle

Les limites entre la commune, le lac de Damvautier (aujourd'hui lac de Saint-Point) et Malpas seront fixées en 1266 par le comte Othon IV de Bourgogne et Jean Ier de Chalon-Arlay, à cette occasion il était stipulé que les "joux"" du mont Laveron seraient pour l'usage de tous sans avoir l'autorisation de les défricher. A la fin du XIIIe siècle il était établi un péage à Boujailles sur la route de Salins à Jougne passant par La Rivière et un autre péage existait à La Rivière[1].

Dés 1242 il existait des moulins à La Rivière puisque Hugues de Blonnay, sire de Joux donnait aux religieux de l'abbaye de Mont-Sainte-Marie des droits qu'il avait et en 1291 Ethevenin de Bannans se déclarait être devenu "homme" de Jean de Chalon pour plusieurs terres et pour les moulins[1].

Le 15 juin 1349 le village recevait ses franchises, il y était question d'une maison-forte ainsi que d'un marché qui se tenait le jeudi de chaque semaine, les limites de la localité étaient fixées mais aussi les libertés et la police des chemins et des communaux, les poids et les mesures, la justice criminelle, les obligations des bourgeois et du seigneur en temps de guerre, les droits de succession, les dettes et les gages, les redevances et les banalités. Ces droits appelaient des devoirs et en plus des devoirs militaire (voir plus bas) les villageois devaient casser la glace de l'étang de leur bourg et, d'après une tradition, "battre la nuit les eaux des fossés pour empêcher les grenouilles de croasser". Les habitants devaient utiliser le four de leur seigneur ainsi que son moulin, ils devaient aussi les quatre cas (lorsque le sujet était fait chevalier, qu'il partait en outre-mer, qu'il était fait prisonnier ou qu'il mariait sa fille)[1].

Les fours, les ventes des jours de foire, l'herbe des prés, le droit de banvin, le péage de Bonnevaux et le four de Dompierre étaient amodiés en 1441[1].

La pucelle et la tour carrée

Le 23 mai 1351 Jean II de Chalon-Arlay demandait aux habitants de "fermer le bourg de bonnes murailles de pierre", ces travaux était d'un coût de 300 écus d'or, le seigneur leur fournissant le sable et la chaux nécessaire. Pour réaliser ce projet il leur accordait de prendre les pierres de son vieux château excepté "celles déjà données à Aymon pour bâtir sa maison de Frâne". En remerciement il accordait aux villageois un droit d'usage dans les forêts de sa seigneurie. Cette disposition de construire des murailles figurait dans la charte de 1349 en plus de l'obligation par Jean II d'établir, en dehors du village, un retranchement (appelé aussi boulevard) qu'il se devait de faire garder, c'est d'ailleurs de ce lieu que sera datée la charte du 14 août 1476Charles le Téméraire confirmait les franchises des villages de la seigneurie de Joux. Ce camp retranché devait devenir une place forte tellement imprenable qu'elle était nommée "la pucelle" "pour n'avoir jamais été prise par l'ennemi" comme le relatait Louis Gollut dans "Histoire de la république des Séquanes et des princes de Franche-Comté de Bourgogne" publié en 1592[1].

Au cours des années il devait y avoir plusieurs procès au sujet des murailles de La Rivière et de celles du château. En 1498 les habitants du bourg mais aussi de Frasne, de Bonnevaux et de Dompierre qui avaient refusé de faire les réparations nécessaires à ces édifices étaient poursuivis en justice et condamnés à payer 44 francs[1].

Toutes constructions militaire demande une garde, aussi les villageois ne dérogeaient pas à cette obligation, en plus de leur fortification ils devaient aller assurer le guet au château de Sainte-Anne et à celui de Chalamont. En 1491 ceux de Boujailles, devant se rendre à Sainte-Anne, demandaient à rendre ce service à La Rivière qui était plus proche et prétextant que le chemin était en mauvais état, cette faveur leur était accordé le temps que soit rénové le château de Chalamont. Ils devaient en plus faire "la monstre d'armes" et ils devaient l'ost (service militaire à pied) et la chevauchée (service militaire à cheval)[1].

En 1415 les habitants recevaient l'ordre de creuser les fondations d'une tour carrée qui devait servir de grenier, chaque foyer devait fournir un travailleur jusqu'à la réalisation de cet édifice. Sans doute mal construite, en 1424 il fallait faire des réparations qui devaient coûté 25 francs aux habitant de La Rivière et de Frasne, 20 francs pour Dompierre et Bouverans, 10 francs pour Bonnevaux, 2 francs pour le prieur de Saint-Étienne de La Rivière ainsi que 2 francs pour le curé[1].

Le signe patibulaire

En matière de justice, elle était exercée par les officiers de la maison de Chalon, le signe patibulaire était à l'endroit où se trouvait les tilleuls de Dompierre sous la forme de quatre colonnes de bois que les habitants devaient réparer et entretenir. En cas d'exécution de criminel la population se devait d'y assister. Parmi les "affaires" traitées il y avait le cas d'un notaire tué d'un coup de poignard, l'accusé Poncet, qui habitait Beaumont, était aussi poursuivi pour avoir tué sa femme ; un autre cas était celui de Jean Bresson, qui habitait La Rivière, et qui, en 1538, était accusé d'avoir "donné son corps et son âme au diable et de s'être souvent parjuré" ; un autre type de procès était celui d'Anatoile Loriot, procureur du prince d'Orange, qui avait fait l'objet d'une enquête parce qu'il avait commis des "exactions, pilleries et usures" et qu'il "s'était écarté du respect dû à ses pères"[1].

La Rivière possédait ses magistrats (ou échevins), ceux-ci étaient élus chaque année par les habitants et se devaient d'administrer les affaires du village. Comme il semblait difficile de réunir les bourgeois en assemblée générale, il était décidé de nommer tous les ans six notables, pris parmi eux afin qu'ils donnent leurs conseils aux échevins et aux prud'hommes[1].

Gouttes-d'Or

Dans le vallon situé entre les villages de La Planée, Malpas et Vaux-et-Chantegrue existait une fontaine et un hameau nommé Goutte-d'Or et dépendant de La Rivière. En 1487 il était vendu trois pièces de terre situées sur le territoire de Gouttes-d'Or, dont une dite "En-Pater" du côté de Bonnevaux. Une famille portait le nom de Goutte-d'or car l'une de ces terres était décrite comme "que souloit être le chazal d'une maison et d'un cultil dudit Goutte-d'or, contenant environ deux tiers de journal, touchant de vent (midi) ledit chazal et de bise (nord) la terre de Jean Goutte-d'Or". Cette vente était consentie le 5 novembre 1488 par Hugues de Chalon, fils de Louis II de Chalon-Arlay qui stipulait que ces terres sont "assis au territoire de Goutte-d'Or, où il souloit avoir villaige respondant et des appartenances de nostre seigneurie de La Rivière"[1].

Le hameau à probablement été détruit lors des guerres de 1475. Dans le dénombrement de La Rivière par le prince d'Isenghien en 1738 il était dit : "le canton de Goutte-d'or appartenait anciennement aux seigneurs de La Rivière, qui l'ont laissé en acensement perpétuel à différents particuliers de Vaux et Chantegrue"[1].

Les chartes de 1447 et 1459 données par Louis de Chalon faisaient mention d'Humbert et de Perrette Goutte-d'Or de Bonnevaux comme ayant des possessions dans la forêt de Frasne près d'un marais qui s'appelait Seigne-Goutte-d'Or[1].


Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 2014 Christian Vallet[2] DVG  
mars 2001 mars 2008 Christian Bouday DVG Conseiller général
mars 1959 mars 1983 Roland Romanzini aucun  
1929 1940 Fernand Claudet DVD Député
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[3])
1962 1968 1975 1982 1990 1999
553 554 466 520 635 645
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments

  • L'église de La Rivière-Drugeon (XVe siècle) est classée monument historique.

Personnalités liées à la commune

La Rivière est la commune natale du révérend père Clément (Vincent Rodier 1829 - 1904), directeur de culture de l'orphelinat de Misserghin, près d'Oran en Algérie, et inventeur de la clémentine.

C'est aussi la commune de Fernand Claudet (1896 - 1978), homme politique né à La Rivière et maire de la commune entre 1929 et 1940, et député du Doubs de 1936 à 1940.

Voir aussi

Sources

Bibliographie

  • Jean Ignace Joseph Bourgon, Recherches historiques sur la ville et l'arrondissement de Pontarlier, 1841, p. 296 à 352 et 345 à 347 books.google.fr

Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x Recherches historiques sur la ville et l'arrondissement de Pontarlier
  2. Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires (doc pdf)
  3. La Rivière-Drugeon sur le site de l'Insee

Liens internes

Liens externes


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