Mamelouks de la Garde impériale

Mamelouks de la Garde impériale

Les Mamelouks de la Garde Impériale constituent une unité de cavalerie légère d'origine égyptienne crée et intégrée dans l'armée française en 1804 par Napoléon à son retour d'Égypte[1], et dissous en 1815.

Sommaire

Origine

Les Mamelouks sont originaires d'Asie et de Russie. Enlevés très tôt à leur famille, ils sont emmenés en Égypte, puis éduqués par la suite dans le but d'en faire des cavaliers hors pair. Ils deviennent l'élite de l'armée et servent d'escorte personnelle aux sultans et califes. Leur puissance ne cesse ensuite de croître, et ils contrôlent des territoires de plus en plus importants. Cantonnés tout d'abord en Égypte, ils annexent la Cyrénaïque, la Palestine, la Syrie et une partie du Hedjaz. Ils acquièrent une excellente réputation, qui en fait les meilleurs cavaliers du monde.

Campagne d'Égypte

En 1798, Napoléon Bonaparte débarque à Alexandrie avec 40 000 hommes. Mourad Bey rassemble ses mamelouks et tente de l'arrêter à la bataille des Pyramides. Ces derniers ne peuvent rien contre la discipline et la puissance de feu des Français formés en carré. Plus de 2 000 mamelouks tombent sur le champ de bataille. Mourad et le reste de ses troupes s'enfuient en Haute-Égypte.

Bonaparte ordonne au général Desaix de les poursuivre, tandis que lui-même entre au Caire et soumet la population. Nombres de mamelouks se rendent et s'engagent dans l'armée du conquérant français, comme Roustam Raza, que Bonaparte attachera à son service personnel jusqu'en 1814. Jugeant la situation opportune à un coup d'état à Paris, il laisse le commandement de l'armée d'Égypte, au général Kléber et repart en France accompagné de son état-major et des mamelouks ayant tenu à le suivre.

Au sein de la Grande Armée

Arrivés en France, les Mamelouks font tout de suite sensation, avec leurs uniformes richement décorés et leurs chevaux carapaçonnés. Intégrés dans l'armée française à l'arrêté du 7 janvier 1802, ils y forment un escadron spécial de 13 officiers et 155 hommes. Ils sont finalement annexés dans les chasseurs à cheval en 1804, réduit à la taille d'une compagnie. En 1805, ils recomposent un escadron de 250 hommes commandé par le capitaine Delaitre. En 1813, ils deviennent le 10ème régiment intégré aux chasseurs à cheval.

Bien qu'ils interviennent surtout dans les parades et défilés, ils se battent également. À la bataille d'Austerlitz, ils se couvrent de gloire en défaisant les chevaliers-gardes russes avec les grenadiers et les chasseurs à cheval. A Eylau, ils participent à la grande charge de la cavalerie française menée par Murat.

Guerre d'Espagne

Les Mamelouks participent aussi à la campagne d'Espagne, qui refusait d'appliquer le Blocus continental imposé par Napoléon. Ce dernier commit une erreur en engageant dans la guerre ses cavaliers orientaux, le souvenir de l'occupation du pays par les Maures étant encore présent. Lors du Soulèvement du Dos de Mayo à Madrid, Murat, qui commandait les troupes d'occupation, envoya la cavalerie, et notamment un peloton de mamelouks, pour sabrer la foule.

En voyant les Égyptiens arriver, les Madrilènes furent pris de stupeur et de haine. Ils tentèrent de faire résistance. Mais, étant seulement armés de couteaux et de piques, devant des professionnels montés sur des chevaux et équipés de sabres, la bataille se termina en un effroyable carnage. La présence des mamelouks augmenta la haine des Espagnols envers Napoléon, qui ne voyaient en lui qu'un conquérant et un occupant ivre de puissance et de gloire, qui n'avait rien à faire en Espagne.

Les Mamelouks se distinguent encore en Espagne, en chargeant à la bataille de Benavente en compagnie des chasseurs à cheval de la Garde[Quand ?].

Fin de l'Empire

Les Mamelouks parurent moins sur le théâtre des guerres et des conquêtes à la fin de l'Empire. Toutefois, on les voit charger aux batailles de Lopaczyn, Golymin et Hanau. Bien qu'on eut avéré leur présence à Waterloo, ceci est non prouvé. Les mamelouks d'origine n'était plus que dix-huit, les autres étant pour la plupart des Français ayant arabisé leur nom, comme le mamelouk Ali, (à l'origine Louis-Étienne Saint-Denis). Les vrais mamelouks regagnèrent Marseille où s'étaient installé leur famille. Lors de la Terreur Blanche, presque tous les mamelouks résidants dans la ville furent assassinés par la population anti-bonapartiste.

Ainsi disparurent ces splendides cavaliers orientaux, ceux restés en Égypte ayant été tués par le sultan Méhémet Ali en 1811.

Notes et références

  1. Des compagnies de mamelouks avaient déjà été crées par les généraux Menou et Kléber en Égypte

Annexes

Bibliographie

  • Napoléon sa vie, ses batailles, son empire, David Chanteranne et Emmanuelle Papot, éditions Gründ 2010, 124 pages, (ISBN 978-2-7000-2926-0).
  • De Bonaparte à Napoléon, François Pernot, éditions originales Fleurus 2004, 80 pages, (ISBN 978-2215-05286-9).

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