- Robert comte de Paris
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Robert comte de Paris Auteur Jedediah Cleishbotham, Schoolmaster and Parish-Clerk of Gandercleugh (Walter Scott) Genre roman historique Version originale Titre original Count Robert of Paris Éditeur original • Robert Cadell (Édimbourg)
• Whittaker and Co. (Londres)Langue originale anglais, scots des Lowlands Pays d'origine Écosse Date de parution originale 1er décembre 1831 Version française Traducteur Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret Lieu de parution Paris Éditeur Charles Gosselin Date de parution 1832 Type de média 4 t. en 2 vol. in-12 Série Les Contes de mon hôte : quatrième série Chronologie Le Château périlleux Robert comte de Paris (Count Robert of Paris), parfois intitulé Le Comte Robert de Paris, est un roman historique, l’avant-dernier roman de l’auteur écossais Walter Scott. Il paraît le 1er décembre 1831, en même temps que Le Château périlleux, avec lequel il constitue la quatrième série des Contes de mon hôte.
L’année suivante, paraissent deux traductions en langue française : celle d’Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret, sous le titre Robert comte de Paris ; et celle d’Albert Montémont, sous le titre Le Comte Robert de Paris.
Sommaire
Cadre historique
Après la chute de l’Empire romain d'Occident en 476, l’Empire romain d'Orient se maintient dix siècles durant (les historiens ne l’appelleront Empire byzantin qu’à partir du XVIIe siècle). Il est de culture grecque. Sa capitale est Constantinople, point de passage des croisés, à la frontière de l’Occident et de l’Orient.
La première croisade a lieu de 1096 à 1099. Gautier Sans-Avoir se présente devant Constantinople le 20 juillet 1096, Pierre l'Ermite le 1er août, Godefroy de Bouillon le 23 décembre, Bohémond de Tarente le 9 avril 1097.
Résumé
La garde varangienne de l’empereur Alexis est composée de mercenaires étrangers qui suscitent la jalousie des citoyens et des soldats autochtones. L’un de ces mercenaires varègues est le Saxon[1] Hereward, exilé d’Angleterre après la conquête normande. Il vient d’être agressé par une nouvelle recrue, Sebastes. Tatius, officier varègue, intervient, et conduit Hereward au palais.
Hereward est introduit auprès de la famille impériale, qu’entourent ses domestiques. La princesse Anne travaille à sa chronique. C’est à ce moment que son époux, Bryenne, entre pour annoncer l’approche des armées de la première croisade.
S’estimant incapable de les contenir, l’empereur décide de leur offrir l’hospitalité.
Les chefs de la croisade acceptent de reconnaître sa souveraineté. L’empereur se rend au devant de Bohémond, pour recevoir son hommage. Profitant de ce que le trône impérial est vide, Robert, comte de Paris, s’y installe. Il ne consent à le quitter qu’avec beaucoup de difficultés.
Les croisés poursuivent leur voyage vers la Terre Sainte. Robert, qui a été drogué, se réveille dans un cachot en compagnie d’un tigre. Le conspirateur Zedekias Ursel occupe la cellule voisine. Un agressif orang-outan descend par une trappe dans la cellule de Robert, bientôt suivi de Sebastes, armé. Tous deux sont dominés par Robert. Arrive Hereward, qui libère le comte.
Cependant Brunehilde, l’épouse de Robert, est conduite devant le gendre de l’empereur, Bryenne, qui lui fait des avances. Elle le défie en combat chevaleresque : s’il gagne, elle lui appartiendra.
Ayant caché Robert, Hereward retrouve son amoureuse, Berthe, qui a suivi Brunehilde en croisade, en tant que servante. Mais on vient de découvrir un complot dans lequel Bryenne est compromis. Hereward obtient de l’empereur l’autorisation de communiquer avec le duc de Bouillon. Berthe s’offre comme messager.
Elle s’entretient avec le conseil des croisés, à Scutari. Elle obtient leur promesse que cinquante chevaliers, accompagnés de dix hommes chacun, assisteront au combat pour supporter leur champion.
L’empereur décide que Bryenne va combattre Robert, et non l’épouse de celui-ci. Tous les préparatifs du combat sont menés à bien. Les bateaux transportant les spectateurs croisés apparaissent. Ils accostent en vue de la lice.
Mais Bryenne est pardonné. En réponse aux cris de mécontentement de la foule, le prétendant Zedekias Ursel s’avance. Il annonce sa libération, son retour dans la faveur impériale, et l’échec de la conspiration. Hereward se présente alors pour combattre Robert. Ce dernier remporte le combat mais, en souvenir du service rendu, il fait grâce à son adversaire.
Hereward part en Palestine, à la suite des croisés. Grâce à Robert, il obtient la main de Berthe et la restitution d’une partie de sa terre du Hampshire.
Personnages
- Alexis Ier Comnène, empereur romain, personnage historique.
- Hereward, Saxon de la garde impériale varangienne.
- Sebastes, nouvelle recrue de la garde varangienne.
- Achille Tatius, officier de la garde varangienne.
- Irène Doukas, impératrice, personnage historique.
- Anne Comnène, fille du couple impérial, personnage historique.
- Nicéphore Bryenne, époux d’Anne, personnage historique.
- Chefs de la première croisade :
- Godefroy de Bouillon, personnage historique.
- Pierre l'Ermite, personnage historique.
- Comte Baudouin, personnage historique (futur Baudouin Ier de Constantinople).
- Comte de Vermandois, personnage historique.
- Bohémond, personnage historique (futur Bohémond Ier d’Antioche).
- Tancrède d’Otrante, personnage historique (futur prince de Galilée).
- Raymond IV, comte de Toulouse, personnage historique.
- Robert, comte de Paris.
- Brunehilde, épouse de Robert.
- Michel Agelastes, vieux sage.
- Zedekias Ursel, conspirateur prétendant au trône.
- Sylvain, orang-outan.
- Diogène, esclave noir.
- Agathe, servante de Brunehilde ; autrefois, en Angleterre, Berthe, la fiancée de Hereward.
- Zosime, patriarche[2].
- Douban, esclave médecin.
Accueil
Robert comte de Paris connut un grand succès auprès des lecteurs, mais la défaveur des critiques[3]. Ce livre déconcertant, incongru, où l’on croise notamment un tigre et un orang-outan, suscite bien des commentaires contradictoires : fantaisie extravagante pour certains critiques, simple compilation d’archives historiques pour d’autres[4]. Henri Suhamy rappelle qu’il est un roman historique, c’est-à-dire à la fois roman et cours d’Histoire : Scott pousserait ici la logique de son art dans ses conséquences ultimes, restituant les mentalités, les rêves et les hantises de l’époque et du lieu décrits, lieu ambigu, entre Occident et Orient, avec des intrigues toutes byzantines et des complots tortueux dans des souterrains et des couloirs de palais labyrinthiques[5].
Édition anglophone récente
Robert comte de Paris fut préparé à la publication par le gendre de Scott, John Gibson Lockhart, et par son éditeur, Robert Cadell.
J. H. Alexander soutient que la version publiée par leurs soins est « expurgée, insipide et proprette[6] ». Il propose une édition partant du manuscrit et de ce que l’on a conservé des intentions initiales de l’auteur : Walter Scott, Count Robert of Paris, ed. J. H. Alexander, Edinburgh University Press, 2006.
Notes et références
- Scandinaves (Danois, et surtout Suédois). Mais les Byzantins ne font pas de différence entre Scandinaves et Saxons. Leurs troupes varègues sont constituées en grande partie de Saxons. Les Varègues sont les
- Nicolas III Kyrdiniates Grammaticos. Liste officielle des patriarches de Constantinople, partie II, sur histoire-fr.com. En 1096, le patriarche de Constantinople est
- (en) « Castle Dangerous », sur walterscott.lib.ed.ac.uk.
- Henri Suhamy, Sir Walter Scott, Fallois, 1993, p. 414.
- Henri Suhamy, op. cit., p. 414-416.
- (en) « Count Robert of Paris », New Editions of Scott's Work, sur walterscott.lib.ed.
Catégories :- Roman écossais
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- Roman historique britannique
- Roman historique se déroulant au XIe siècle
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