Jean Francois Boursault-Malherbe

Jean Francois Boursault-Malherbe

Jean François Boursault-Malherbe

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Jean François Boursault dit Boursault-Malherbe, né à Paris le 19 janvier 1752, mort à Paris le 25 avril 1842, est un acteur, auteur, directeur de théâtre, homme d'affaires et révolutionnaire français.

Sommaire

Biographie

Arrière-petit-fils du poète dramatique Edme Boursault, Boursault-Malherbe est le fils de Jean-Claude Boursault (né en 1725), un richer drapier du quartier des Innocents qui le destine au barreau, et de Marguerite-Françoise Cols. Préférant le théâtre, il quitte sa famille pour suivre une troupe ambulante où il occupe bientôt le premier rang, sous le nom de « Malherbe », emprunté au poète François de Malherbe. À Bourg-en-Bresse, il enlève la fille d'un tailleur, Jeanne Perrier, qu'il épouse en premières noces.

Le 5 décembre 1778, il débute avec succès à Paris dans le Philosophe marié et dans la Gageure imprévue. Puis il prend la direction du Grand-Théâtre de Marseille, avant de prendre la tête du Palerme, sous la protection du marquis de Caraccioli, le vice-roi. Endetté, il s'attire la bienveillance de Ferdinand Ier, qui lui vient en aide.

Rentré en France en 1789, il s'enthousiasme pour les idées nouvelles et se lie avec le comédien Collot d'Herbois, dont il avait été le condisciple au collège. Il fait construire en moins de deux mois à Paris, passage des Nourrices, entre les rues Saint-Martin et Quincampoix, le « Théâtre Molière », inauguré le 18 juin 1791. Dans cette salle, il fait jouer les pièces révolutionnaires de Ronsin, notamment la Ligue des fanatiques et des tyrans. Mais le théâtre est fermé après le 10 août 1792.

Sans emploi, Boursault s'occupe aussi de politique, prenant part à l'émeute du 20 juin 1792. Il se fait élire électeur de Paris puis, le 20 septembre 1792, deuxième député suppléant de la Seine à la Convention avec 320 voix sur 621 votants.

Sa déconfiture incite Roland à lui confier la garde du mobilier des Tuileries, afin qu'il ait un logement et un salaire, tandis que le club des Jacobins l'exclut pour cause de banqueroute, le 30 décembre 1792. Boursault-Malherbe est admis à siéger à la Convention le 22 mars 1793 en remplacement de Pierre Louis Manuel, démissionnaire. Il reste dans l'ombre et échappe ainsi à la proscription des Girondins. Dénoncé à Robespierre pour avoir sauvé Buzot, Savary, Delahaye et Lesage après le 31 mai en les déguisant en charretiers et en les faisant conduire à Caen, il est sauvé par Collot d'Herbois, qui le fait nommer représentant en mission en Bretagne en octobre 1793, pour acheter des chevaux pour l'armée à Rennes. Toutefois, en Bretagne, il se heurte à Jean-Baptiste Carrier à Nantes et est accusé d'avoir profité de ses fonctions pour s'enrichir le 27 novembre. Par son activité brouillonne et indépendante, il contrarie plusieurs fois les plans du général Hoche, dénonce le général Rossignol le 27 juillet 1794 et passe à l'armée du Nord pour y rétablir l'ordre, sans y réussir.

Envoyé en août 1794 aux armées des côtes de Brest et de Cherbourg, il destitue le maire sans-culotte de Caen et beaucoup de partisans de la Terreur, fait libérer de nombreux suspects à Brest et à Nantes, notamment la sœur de Charette.

Puis, peu avant l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV, il est envoyé en mission dans le Vaucluse afin d'apaiser les esprits excités pendant la mission d'Étienne Christophe Maignet.

Le 23 vendémiaire an IV, il est élu député du Vaucluse au Conseil des Cinq-Cents. Sorti de cette assemblée au premier renouvellement par cinquième, il revient à la vie privée et rachète le Théâtre Molière, relevé par l'acteur Lachapelle sous le nom de « Théâtre des Variétés nationales et étrangères », où il ne joue que des traductions de William Shakespeare, Calderón, Lope de Vega, Kotzebue ou Schiller.

Le 21 germinal an X (11 avril 1802), Jeanne Perrier, avec laquelle il a eu deux filles, fait prononcer leur divorce à la mairie d'Yerres. Le 13 vendémiaire an XI (5 octobre 1802), il épouse en secondes noces Rose-Marie-Alberthe Bocquillon[1], avec laquelle il a une fille, Alberte-Alexandrine, rue des Fossés-Montmarte, à Paris le 11 ventôse an XII (2 mars 1804)[2]. Une seconde fille, Léonie-Amable-Albertine, naît en 1820.

En 1806, il est propriétaire d'une maison de campagne à Yerres, près de Villeneuve-Saint-Georges, dont le jardin est renommé pour ses plantes exotiques.

Après le décret de 1807, il abandonne le théâtre et obtient une concession des boues et vidanges de Paris, ainsi que d'une maison de jeux, qui lui assurent une grosse fortune, grâce à laquelle il réunit une importante collection de tableaux et cultive, dans de magnifiques serres chaudes construites dans ses jardins, à Pigalle, dans le triangle formé par les rues Blanche, Pigalle et La Bruyère, les plantes les plus rares. Il introduit ainsi en France la Rosa multiflora en 1808 ou le « Rosier de Lady Banks » (Rosa Banksiae « alba plena ») en 1817. Il est également à l'origine de la « rose Boursault » en 1818-1820. À l'automne 1811, Chateaubriand et Savary se rencontrent dans ces jardins[3].

Le 6 décembre 1821, à 17 ans, Alberte-Alexandrine se marie à Notre-Dame de Lorette avec Marie-Émile-Amédée Cozette de Rubempré, propriétaire, né à Amiens le 4 décembre 1792. Une fille, Alberte-Isidore, naît le 21 octobre 1824. Malheureuse en couple, elle devient au printemps 1829 l'amante de Stendhal, à qui elle inspire, partiellement, le personnage de Mathilde de la Mole (héroïne du roman Le Rouge et le Noir), ainsi que de Delacroix et de Mérimée, avant de mourir à Nice le 21 octobre 1873.

En 1827, Boursault est l'un des fondateurs de la Société royale d'horticulture de Paris, ancêtre de la Société nationale d'horticulture de France.

De 1829 à 1830, s'occupant à nouveau de théâtre, il achète pour trois millions de francs l'Opéra-Comique, salle Ventadour, mais c'est un désastre financier; il parvient à se retirer au prix de 600 000 francs. Il doit vendre ses collections, ainsi que sa maison et ses jardins de la rue Blanche. Sur l'emplacement de ses jardins sont construites des maisons de rapport dont la rue centrale a conservé le nom de rue Boursault.

Il se retire près de Versailles, dans une maison plus modestes où il poursuit ses cultures, et décède en mai 1842 à l'âge de 90 ans.

Œuvres

  • Les Réjouissances flamandes, divertissement en proses mêlé de vaudevilles, Douai, 1779
  • Le Prix d'honneur, pièce en prose ornée de chants et de vaudevilles, Caen, 1780
  • La Cour du Palermitain, divertissement en prose, accompagné de vaudevilles, Palerme, 1782
  • Boursault à ses concitoyens, en réponse au libelle des citoyens Godfert, Reverdy, Lenoble, L'Huillier, sculpteur, Ponson, Génisson, Guérard, Josse, Dominé Sauvat, Paris, Imprimerie nationale exécutive du Louvre, 1793, 11 pages
  • Sur le Système d'avilissement et de calomnie dont les ennemis de tout gouvernement ne cessent d'abreuver les députés qui ont été et sont encore au Corps législatif. Boursault à Robin-Marat, Paris, Imprimerie de C.-F. Cramer, 1796, 4 pages
  • La Fille de quinze ans, comédie en 2 actes, imitée de l'anglois de Garrick (Paris, Théâtre des Variétés-Étrangères, 29 novembre 1806), Paris, A.-A. Renouard, 1807, 44 pages
  • Le Schall, ou le Cachemire, comédie en 2 actes, imitée de l'anglais de Garrick (Paris, Théâtre des Variétés-Étrangères, 23 décembre 1806), Paris, A.-A. Renouard, 1807, 44 pages
  • Les Deux Klingsberg, comédie en 5 actes, imitée de l'allemand de Kotzebue (Paris, Théâtre des Variétés-Étrangères, 29 décembre 1806), Paris, A.-A. Renouard, 1807, 86 p.
  • Célestine, ou Amour et innocence, comédie en 4 actes, imitée de l'allemand de Soden (Paris, Théâtre des Variétés-Étrangères, 31 janvier 1807), Paris, A.-A. Renouard, 1807, 78 pages
  • Aurore ou la Fille de l'enfer : comédie en 3 actes, imitée de l'allemand du comte de Saaüden, (Paris, Théâtre des Variétés-Étrangères, 6 février 1807) Paris, A.-A. Renouard, 1807, 63 pages
  • Le Spectre du château, drame héroïque en 3 actes, imité de l'anglais de Lewis (Paris, Théâtre des Variétés-Étrangères, 25 mars 1807), Paris, A.-A. Renouard, 1807, 68 pages
  • C'était moi, comédie en 1 acte, imitée de l'allemand de Kotzebue (Paris, Théâtre des Variétés-Étrangères, 25 mai 1807), Paris, A.-A. Renouard, 1807, 44 pages
  • Notice sur la vie publique et privée de J-F Boursault-Malherbe, en réponse à quelques pamphlets, Paris, Imprimerie de Lebègue, 1819, 40 pages
  • Observations pour servir de supplément à la Notice de M. Boursault par suite de l'appel interjeté par le sieur Bouvard, sur sa condamnation en police correctionnelle, Paris, Imprimerie de Lebègue, 1819, 80 pages
  • Factum de M. Boursault contre ses calomniateurs, Paris, Imprimerie de Lebègue, 1819, 16 pages
  • Affaire Boursault contre de Chalabre; - Conclusions de M. Boursault; - Aperçu de la situation de M. de chalabre avec la caisse des jeux; - Plainte du sieur Boursault sur la soustraction de 339 189 fr., Paris, 1820, 24 pages
  • Indication de quelques pièces qui feront juger sur la véracité de l'auteur d'une pétition adressée à MM. les pairs de France et à MM. les députés des départements contre le fermier des jeux de Paris, Paris, Imprimerie de Vve J.-L. Scherff, 1821, 26 pages
  • Considérations sur l'établissement des jeux publics, précédées d'Observations sur les jeux de hasard, Paris, Delaunay, 1824, 66 pages (signé « M. B***, ex-officier du génie »)
  • Théâtre de l'Opéra-comique. Observations de l'un des propriétaires de la salle Ventadour, en réponse au discours prononcé par Monsieur le ministre du Commerce dans la séance de la Chambre des Députés du 1er mars 1832, Paris, Éverat, 1832, 7 pages
  • Le Drame tel qu'il est, satire, Paris, tous les marchands de nouveautés, 1833, 15 pages
  • L'Athée, sophisme, Paris, Imprimerie de Dezauche, 1833, 11 pages
  • Épître à mon ami, qui se croyait athée, Paris, Imprimerie de Dezauche, 1839, 12 pages

Sources

  • Adolphe Robert, Gaston Cougny (dir.), Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Bourloton, 1889, tome 1, p. 450 et p. 451
  • François Joyaux, La rose, une passion française (1778-1914), Éditions Complexe, 2001, 250 pages, pp. 86-88 (ISBN 2870278713)

Notes et références

  1. Née à Paris le 13 mars 1778, Rose-Marie-Alberthe Bocquillon, cousine d'Eugène Delacroix, a épousé le 10 vendémiaire an VII (1er octobre 1798) Pierre-Joseph Renoult, peintre ou marchand de tableaux à Paris, né le 15 février 1760, dont elle avait déjà une fille, Laïs, née le 12 prairial an VI (31 mai 1798). Celle-ci est devenue musicienne, auteur de romans et de poèmes et s'est mariée avec Isidore Molinos, avant de mourir le 17 juin 1849. Le couple a eu une seconde fille avant de divorcer. Six mois après, elle se remarie. Elle est morte, des suites d'un accident de voiture, le 21 août 1852.
  2. Henri Martineau, Petit dictionnaire stendhalien, Le Divan, 1948, 501 pages, p. 422.
  3. Maurice Lescure, Madame Hamelin: merveilleuse et turbulente fortunée, L'Harmattan, coll. Chemins de la mémoire, 1995, pp. 163-164 (ISBN 2738438253).

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Ernest Lebègue, Boursault-Malherbe ; comédien, conventionnel, spéculateur, 1752-1842: comédien, conventionnel, spéculateur, 1752-1842, F. Alcan, 1935, 277 pages
  • « Boursault (rue) », dans Félix Lazare, Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris, 1855 (rééd. Maisonneuve & Larose, 2003, 796 pages, p. 235)

Liens externes

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