Gouvernement provisoire de la République française

Gouvernement provisoire de la République française

République française
Gouvernement provisoire de la République française

19441946
&&&&&&&&&&&&08762 ans, 4 mois et 24 jours

Drapeau

Drapeau

Informations générales
Statut République
Capitale Paris
Langue Français
Histoire et évènements
3 juin 1944 Proclamation du GPRF
6 juin 1944 Bataille de Normandie
25 août 1944 Libération de Paris
23 novembre 1944 Libération de Strasbourg
27 octobre 1946 Promulgation de la Quatrième République

Entités suivantes :

Le Gouvernement provisoire de la République française (abrégé en GPRF) est, du 3 juin 1944 au 27 octobre 1946, le gouvernement de la France, après la fin du Régime de Vichy et jusqu'à l'entrée en vigueur des institutions de la Quatrième République. Par métonymie, l'expression « Gouvernement provisoire de la République française » désigne le régime politique de cette période, au-delà du seul gouvernement. La loi constitutionnelle de 1945 fonde et organise ce régime politique républicain.

L'œuvre du Gouvernement provisoire est vaste : il a conduit la France pendant la fin de la Seconde Guerre mondiale et dans la période de reconstruction qui suit, il a voté des réformes fondamentales (droit de vote des femmes, institution de la Sécurité sociale), et il a préparé et mis en place la constitution de 1946. Dirigé au départ par le général de Gaulle, le Gouvernement provisoire a ensuite été conduit par Félix Gouin, Georges Bidault et Léon Blum (dans la phase de transition pendant laquelle les institutions de la Quatrième République furent mises en place — tous sous le titre de « président du Gouvernement provisoire de la République française[1] ».

Sommaire

Création

Le 2 juin 1944, à Alger, le Comité français de la Libération nationale (CFLN), organe politique issu de la Résistance intérieure et extérieure, prend le nom de Gouvernement provisoire de la République française.

Il est créé officiellement le 3 juin 1944[2],[3], la veille de l'arrivée du général de Gaulle en Grande-Bretagne, à l'invitation de Winston Churchill, quelques jours avant le débarquement en Normandie[4].

Après la Libération de Paris du 25 août, le GPRF s'installe dans la capitale le 31 et gouverne la France jusqu'à l'adoption d'une nouvelle constitution. Jusqu'à ce que la fonction de président de la République française soit recréée, le chef du GPRF exerce de fait une charge équivalente à celle de chef de l'État.

Les présidences du Conseil successifs

Charles de Gaulle (juin 1944 - janvier 1946)
Gouvernement Charles de Gaulle (1)
Gouvernement Charles de Gaulle (2)
Félix Gouin (janvier - juin 1946)
Gouvernement Félix Gouin
Georges Bidault (juin - novembre 1946)
Gouvernement Georges Bidault (1)

Après la promulgation de la Constitution de la Quatrième République le 27 octobre 1946 et jusqu'à ce que l'ensemble des organes de celle-ci soient mis en place, c'est-à-dire jusqu'à l'élection de Vincent Auriol à la présidence de la République le 16 janvier 1947, on entre dans une période de transition généralement rattachée à la Quatrième République mais où subsistent certaines des institutions provisoires.

Léon Blum (décembre 1946 - janvier 1947)
Gouvernement Léon Blum (3)

Fin de la « parenthèse de Vichy »

Le régime de Vichy prend fin de fait lors de la Libération de la France en août 1944. Le Gouvernement provisoire de la République française, venu d'Alger, assume la réalité du pouvoir sur le territoire métropolitain à partir de la fin de l'été 1944. Composé de communistes, de socialistes et de MRP, il déclare nulles et non avenues toutes les décisions du régime de Vichy (ordonnance du 9 août 1944), qu'il considère comme une parenthèse illégale dans le fonctionnement de l'État. En témoigne le refus du général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République française, de proclamer la République du balcon de l'hôtel de ville de Paris libéré, le 25 août.

Le général de Gaulle refuse alors d'accéder aux demandes de ceux, dont Georges Bidault alors président du Conseil national de la Résistance, qui le pressent de « rétablir la République », leur signifiant qu'elle n'avait jamais cessé d'exister car ayant toujours considéré « l’État français » comme illégitime :

« La République n'a jamais cessé d'être. La France libre, la France combattante, le Comité français de libération nationale l'ont tour à tour incorporée. Vichy fut toujours et demeure nul et non avenu. Moi-même suis le président du gouvernement de la République. Pourquoi irais-je la proclamer[5],[6] ? »

Le GPRF est reconnu comme tel par les grandes puissances (Royaume-Uni, États-Unis, URSS, Canada) le 23 octobre 1944[7].

Pour rétablir l'autorité républicaine, le GPRF envoie dans chaque grande région libérée un commissaire de la République. Ces commissaires se heurtent parfois aux comités locaux de la Résistance (CDL), qui regimbent à céder un pouvoir acquis de facto suite à la Libération, en particulier dans les territoires libérés par la Résistance (Sud-Ouest, Savoie, …). Par ailleurs les organisations issues de la Résistance disposent d'éléments armés pouvant être utilisés par les communistes dans l'éventualité d'une révolution (FFI, COMAC, milices patriotiques). Pour parer ce danger et malgré la mauvaise volonté du CNR et des communistes, le GPRF s'efforce d'incorporer ces troupes à l'armée régulière. Les FFI intègrent l'Armée française, toujours en guerre, le 23 septembre 1944, les milices patriotiques le font le 28 octobre.

Premières mesures

Le premier acte du GPRF est de s'opposer à la mise en place d'une administration militaire américaine intérimaire, l'AMGOT.

Le gouvernement provisoire reprend le projet de 1936 de Jean Zay, et crée l'École nationale d'administration (9 mai 1945) afin d'assurer aux futurs hauts-fonctionnaires une formation effective, homogène et de haut niveau, ainsi que de permettre l'accès de ces fonctions aux seuls éléments méritants, indépendamment de leur origine sociale.

Le droit de vote ayant été accordé aux femmes, le 21 avril 1944, par le Comité français de la Libération nationale et confirmé par l’ordonnance du 5 octobre 1944 sous le GPRF, elles iront aux urnes pour la première fois aux élections municipales du 29 avril 1945.

Il met en place la sécurité sociale (ordonnance du 19 octobre 1945) et des allocations familiales (loi du 22 août 1946), fondements de l'État-providence en France. Il passe aussi l'ordonnance du 2 février 1945 sur l'enfance délinquante.

L'épuration

Il poursuit la guerre et organise l'épuration (procès de Philippe Pétain en juillet-août 1945) tout en réfrénant ses excès. Cette épuration légale fait suite à une épuration improvisée, conduite à la Libération, et parfois exercée par des résistants de la dernière heure. Celle-ci avait conduit à de nombreuses exécutions sommaires et à la tonte des femmes soupçonnées d'avoir eu des liaisons avec l'ennemi.

Par la suite l'épuration légale conduite soit par des magistrats, qui pratiquement tous avaient prêté serment à Pétain, ou par des jurés de la Haute-Cour, parlementaires issus de la Troisième Force opposée aux Gaullistes et aux communistes, allait aboutir à des résultats d'une indulgence extrême, laissant libres des hommes comme René Bousquet qui avait, en accord avec le haut-dignitaire SS Heydrich et avec Himmler, intensifié l'action de la police française contre les résistants, ou comme Xavier Vallat, créateur du Commissariat général aux questions juives, grand ordonnateur de la persécution des Juifs sans défense et surtout de leur recensement qui allait faciliter leur déportation par l'ennemi. Au total l'épuration aurait touché environ 10 000 Français et son bilan est controversé ; bien que certains responsables politiques et intellectuels collaborationnistes aient été jugés et condamnés, de nombreux collaborateurs de l'industrie, de la police, de la gendarmerie, de l'administration et de la magistrature furent peu inquiétés.

Début de la décolonisation

En août 1945, un conflit éclate en Indochine entre le gouvernement du Viet Minh, qui avait pris le pouvoir à la faveur de la capitulation japonaise, et les autorités françaises.

La France reconnaît l'indépendance de la République démocratique du Viêt Nam, mais refuse d'inclure la Cochinchine dans le nouvel État, ce qui provoque une guerre qui ne se terminera en ce qui concerne la France que beaucoup plus tard, avec la séparation du pays entre Viêt-Nam du Nord et Viêt-Nam du Sud, en 1954.

La nouvelle constitution

Un des autres objectifs principaux du GPRF, sous la houlette du général de Gaulle fut de rendre la parole au peuple en organisant des élections législatives et un référendum qui eurent lieu le 21 octobre 1945. Lors de ces scrutins, les Français approuvent le projet d'une nouvelle constitution et élisent dans une assemblée constituante.

Ces élections voient la victoire des trois partis résistants (SFIO, PCF, MRP) qui recueillent les trois quarts des voix et le référendum consacre, avec 96 % des votants, la fin de la Troisième République. L'assemblée constituante issue des élections est chargée d'instaurer la Quatrième République.

Le 20 janvier 1946, Charles de Gaulle démissionne, en désaccord avec le projet de constitution et les ministres communistes.

Un premier projet de constitution soutenu par la gauche, mais dénoncé par le général de Gaulle, les centristes et la droite, est rejeté par référendum le 5 mai 1946, entraînant la dissolution de la Chambre et la démission du socialiste Félix Gouin.

Une nouvelle assemblée constituante, marquée par un renforcement du MRP et le recul de la gauche, est élue le 2 juin. Le projet monocaméral devient bicaméral. La constitution de la Quatrième République, élaborée sous la présidence de Georges Bidault (MRP), est définitivement adoptée par référendum le 13 octobre 1946.

S'en suit alors l'élection d'une nouvelle Chambre en novembre 1946 qui confie à Léon Blum, pour un mois, le dernier gouvernement provisoire avant l'élection du président de la République devant marquer l'entrée en vigueur des institutions de la Quatrième République.

Notes et références

  1. Article 1erde la s:loi constitutionnelle du 2 novembre 1945
  2. Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)
  3. Ordonnance du 3 juin 1944 substituant au nom du Comité français de la Libération nationale celui de Gouvernement provisoire de la République française, sur le site de la digithèque MJP de l'université de Perpignan
  4. Antony Beevor (trad. Jean-François Sené, Raymond Clarinard et Isabelle Taudière), D-Day et la bataille de Normandie, éd. Calman-Lévy, Paris, 2009, 636 p. (ISBN 978-2-7021-4016-1), p. 28-30
  5. Jean Lacouture, Charles de Gaulle, I. Le rebelle 1890-1944, édit. Le Seuil, 1984, (ISBN 2-02-006969-5) p. 834.
  6. Marcel Jullian, De Gaulle, pensées répliques et anecdotes, édit. Le cherche midi, 1994, réédit. France Loisirs, Paris, 1995 (ISBN 2-7242-8462-3), p. 96
  7. « Chronologie 1940-1945 », sur le site de l'Ordre de la Libération.

Lien externe


Précédé par GPRF Suivi par
État français (Régime de Vichy)
Comité français de la Libération nationale
Histoire de France
1944-1946
Quatrième République

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Gouvernement provisoire de la République française de Wikipédia en français (auteurs)

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