Eugène de Mazenod

Eugène de Mazenod
Saint Eugène de Mazenod
Image illustrative de l'article Eugène de Mazenod
Eugène de Mazenod
Naissance en 1782
Aix-en-Provence
Décès le 21 mai 1861  (env. 79 ans)
Nationalité Flag of France.svg Française
Béatification 19 octobre 1975
par Paul VI
Canonisation 3 décembre 1995
par Jean-Paul II
Serviteur de Dieu • Vénérable • Bienheureux • Saint

Saint Eugène de Mazenod (Aix-en-Provence, 1er août 1782 - Marseille, 21 mai 1861) est un religieux français catholique évêque de Marseille (1837-1861) qui a été canonisé en 1995 par Jean-Paul II.

Sommaire

Biographie

Une jeunesse en exil

Charles Joseph Eugène de Mazenod, fils de Charles Antoine de Mazenod et de Marie Rose Eugénie de Joannis vint au monde à Aix-en-Provence le 1er août 1782 où son père et son grand-père étaient présidents à la cour des comptes. Sa mère richement dotée est issu d'une famille de médecins[1]. Après que son père eut manifesté son opposition à la Révolution française, toute la famille doit fuir les troupes révolutionnaires et chercher refuge d'abord à Nice qui fait alors partie du Royaume de Sardaigne, puis à Turin, Venise, Naples et enfin Palerme en Sicile.

Il rencontre à Venise le père Don Bartolo Zinelli qui sera à l'origine de sa vocation religieuse. Il écrira près de cinquante ans plus tard en revoyant Venise : « Bienheureux Zinelli, que serais-je devenu sans vous ? ». C'est dans la pauvreté qu'Eugène de Mazenod vivra son adolescence, privé de compagnons de son âge. Il est aussi séparé de sa mère qui demande le divorce afin de retourner en France et recouvrer ses biens.

Le prêtre

Mgr de Mazenod en bas de la basilique Notre-Dame de la Garde

En 1802, Eugène de Mazenod revient en France. Après des hésitations sur sa vocation avec deux projets de mariages, il décide de faire ses études théologiques au collège de Saint-Sulpice de Paris où il rentre le 12 octobre 1808. Fidèle à ses origines et à ses convictions, il refuse d'être ordonné par le cardinal Maury imposé par Napoléon sans l'accord du pape Pie VII ; il est ordonné prêtre le 21  décembre  1811 par l'évêque d'Amiens, Mgr Claude Jean François Demandolx, ami de la famille et autrefois vicaire de Marseille avec son grand-oncle[2]. Il refuse l'offre de Mgr Demandolx qui lui propose d'être son vicaire général car il veut se consacrer uniquement aux pauvres.

Lorsqu'il rentre en Provence en octobre 1812, il se consacre à l'évangélisation des pauvres avec lesquels il s'entretient en langue provençale. En 1814, le typhus se déclare parmi les prisonniers de guerre entassés dans les prisons d'Aix-en-Provence ; en visitant les malades, il finit par être gravement atteint lui-même mais se rétablit grâce à sa robuste constitution[3]. Un peu plus tard, il fonde, le 25 janvier 1816, avec l'assentiment des vicaires généraux d'Aix les Missions de Provence. Le souci majeur d'Eugène de Mazenod est de s'adapter à la situation réelle des gens dont la vie chrétienne a été si bouleversée depuis 25 ans. D'où un certain nombre d'innovations, en particulier les visites à domicile et l'utilisation du provençal.

L'évêché de Marseille, supprimé en 1790, est, après de nombreuses interventions des autorités civiles, rétabli par une ordonnance royale du 13 janvier 1823, nommant évêque de Marseille Fortuné de Mazenod, oncle d'Eugène. Le nouvel évêque, qui était alors âgé de 73 ans, prend pour vicaire Eugène de Mazenod ainsi que le père Tempier.

Armoiries de Mgr de Mazenod dans la basilique Notre-Dame de la Garde
Statue de Mgr de Mazenod à l'entrée de la crypte de la basilique Notre-Dame de la Garde

La société des Missionnaires de Provence traverse une grave crise et certains de ses membres sont rappelés dans leur diocèse d'origine. Seule une approbation par le Saint-Siège peut sauver l'institution. Eugène de Mazenod se rend à Rome où il rencontre le pape Léon XII qui approuve les statuts de cette société qui prend le nom de congrégation religieuse des « Oblats de Marie-Immaculée » (OMI) pour l'apostolat missionnaire des zones défavorisées, dont les membres étaient au nombre de 4 760 en 1997.

L’évêque

En 1837 Mgr Fortuné de Mazenod âgé de 88 ans donne sa démission et, fait assez rare, son neveu lui succède. Le gouvernement de Louis-Philippe Ier qui n'a aucune sympathie pour le bouillant ecclésiastique et a failli le priver de ses droits civiques, estime qu'Eugène de Mazenod sera moins dangereux dans ces hautes fonctions. De 1837 à sa mort en 1861, l'évêque mènera de front sa tâche de pasteur et celle de supérieur des Oblats.

Le supérieur des Oblats

Le 20 juin 1841, Eugène de Mazenod reçoit Mgr Ignace Bourget, jeune évêque de Montréal, à la recherche de missionnaires. L'évêque de Marseille accepte de l'aider et six premiers missionnaires s'embarquent pour le Canada. C'est le point de départ d'une vaste évangélisation qui se poursuivra aux États-Unis, en Afrique et au Sri-Lanka.

Le pasteur de Marseille

La population de Marseille double presque pendant l'épiscopat de Mgr Mazenod et atteint 260 000 habitants en 1861. Il crée 21 paroisses et construit 34 églises. Il fait commencer les travaux de deux vastes chantiers :

  • La cathédrale de la Major maintenue par décision de la ville sur son ancien emplacement malgré l'opposition constante de l'évêque qui aurait préféré une construction sur le cours du chapitre, actuellement cours Joseph Thierry[4]. Le décret du 25 septembre 1852 signé par Louis-Napoléon, président de la République française, confirma cette décision[5].
  • La basilique Notre-Dame de la Garde qui deviendra le symbole de la ville. Grâce à son intervention auprès du général Adolphe Niel, futur maréchal, le comité des fortifications donnera un avis favorable et le ministère de la Guerre, propriétaire des terrains, donnera l'autorisation de la construction de la basilique[6]. Mgr de Mazenod, sans remettre ne cause la désignation d'Henri-Jacques Espérandieu comme architecte, regrettera de voir un architecte protestant diriger la construction d'un sanctuaire catholique dédié à la vierge Marie. Il posa la première pierre le 11 septembre 1853.

Fin de vie

La maladie le surprend début janvier 1861. Durant les derniers jours il murmure : « Comme je voudrais me voir mourir, pour bien accepter la décision de Dieu… Si je viens à m'assoupir et que je sois plus mal, éveillez-moi, je vous prie. Je veux mourir en sachant que je meurs ! » Doyen des évêques de France, il meurt le 21 mai 1861. Les funérailles ont lieu à l'église Saint-Martin à cause des travaux de la nouvelle cathédrale. Mgr Chalandon, archevêque d'Aix, célèbre la messe et prononce l'homélie. Son tombeau se trouve dans la crypte de la cathédrale.

Hommages

statue de Mgr Mazenod en Pologne
  • Mgr de Mazenod a été béatifié par Paul VI le 19 octobre 1975 et depuis lors canonisé le 3 décembre 1995 par Jean-Paul II. Il est fêté le 21 mai[7].
  • Une statue de Mgr de Mazenod réalisée par Ramus a été placée à l'entrée de la crypte de Notre-Dame de la Garde.
  • Son nom a été donné à une rue à Marseille et Lyon.
  • Une statue de Mgr Mazenod existe en Pologne.
  • Un collège privé porte son nom dans le quartier du Rouet à Marseille
  • Un collège privé porte également son nom à Ngaoundéré au Cameroun depuis le 8 décembre 1954, créé par Mgr Yves Plumey(OMI)[8].

Armoiries

Ce prélat a modifié comme suit les armes de sa famille : D'argent, à une croix de calvaire, de sable, soutenue des lettres O.M.I. ; parti, d'azur à trois molettes d'or, au chef d'or, chargé de trois bandes de gueules[9].

Notes et références

  1. Académie de Marseille, Dictionnaire des marseillais, Edisud, Marseille, 2001, p. 226, (ISBN 2-7449-0254-3)
  2. Cardinal Roger Etchegaray, Petite vie de Eugène de Mazenod, Paris, Desclée de Brouwer, 1995, p. 52-53
  3. Cardinal Roger Etchegaray, Petite vie de Eugène de Mazenod, Paris, Desclée de Brouwer, 1995, p. 61
  4. Augustin Fabre, Les Rues de Marseille, Edition Camoin, Marseille, 1869. Tome V p. 353
  5. Casimir Bousquet, La Major, cathédrale de Marseille, Vve Marius Olive, Marseille, 1857. p. 612.
  6. Robert Levet, La Vierge de la Garde au milieu des bastions, Editeur Paul Tacussel, Marseille, 1994.
  7. Voir sint Eugène de Mazenod sur Nominis.
  8. Plumey Yves, 1990, Mission Tchad-Cameroun, documents souvenirs visages, l’annonce de l’Évangile au Nord-Cameroun et au Mayo Kebbi 1946-1986, éditions Oblates, Paris
  9. Abbé Joseph Hyacinthe Albanés, Armorial & sigillographie des Évêques de Marseille avec des notices historiques sur chacun de ces Prélats, Marius Olive, Marseille, 1884, p. 184

Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie

  • Henri Duclos (abbé), Histoire de Royaumont : Sa fondation par Saint-Louis et son influence sur la France, Tome Second, Ch. Douniol, Paris 1867, 800 p.; p. 599-781 (Livre quinzième) Lire sur Google livres
  • Cardinal Roger Etchegaray, Petite vie de Eugène de Mazenod, Paris, Desclée de Brouwer, 1995.(230 p.)
  • J.Leflon, Eugène de Mazenod, évêque de Marseille, fondateur des o.m.i.Paris, Plon, 3 volumes 1957, 1960, 1964 (492 p., 668p. 862 p.)
  • A.Tache, La vie spirituelle d'Eugène de Mazenod, aux origines de la société, 1812-1818, Rome, 1963.
  • A.Roche, Biographie par l'image, Eugène de Mazenod, Lyon, 1969.
  • J.Pielorz, La vie spirituelle de Mgr de Mazenod, 1782-1812, Ottawa, 1956, 318 p.
  • R.Boudens, Mgr C.J.E. de Mazenod, évêque de Marseille et la politique, Lyon, 1951, 295 p.
  • A.Rey, Histoire de Mgr Charles Joseph Eugène de Mazenod, Rome, 1928, 2 volumes.

Lien externe

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Évêque de Marseille
1837-1861
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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Eugène de Mazenod de Wikipédia en français (auteurs)

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