Kaftan

Kaftan

Caftan

Le terme caftan recouvre une grande variété de tuniques longues.

Sommaire

Définition, origine et variantes du caftan

Mohammed shah d’ Iran (1808-1848), originaire d’Azerbaïdjan
Alim Khan en caftan ouzbèque, dernier Emir de Boukhara en Ouzbékistan (Asie mineure). Photo de 1911 en couleurs par Prokoudine-Gorski
Caftan arménien (1779)
Méhémet Ali: vice-roi d'Égypte en caftan ottoman(1840)

D'autres graphies existent. Cafetan est également correcte[1]. Plus anciennement on trouve aussi Kaftan, khaftan ou même qaftan[1][2]. Le mot français est une translitération d'un nom turc lui-même emprunté au persan.

Le terme caftan recouvre une grande variété de tuniques longues existant ou ayant existé à travers le monde et à différentes époques :

Ces tuniques auraient été portées initialement par les hommes puis adoptées par les femmes. Ce ne sont pas au départ des vêtements destinés aux cérémonies de mariage.

Les caftans sont définis par leurs points communs suivants :

  • ce sont des tuniques longues (souvent amples) droites ou légèrement croisées selon les cultures
  • à manches longues ( il a existé des versions à manches mi longues)
  • sans col
  • ni capuche
  • et ouverts en leur milieu, sur toute leur longueur (avec ou sans boutons).

Dans le contexte slave ou russe, il s'agit plutôt d'un vêtement fourré.

Dans la région de Tlemcen en Algérie, le terme caftan désigne une pièce (veste) qui compose l'habit traditionnel porté exclusivement lors des mariages.[réf. nécessaire]

Chaque nation ou peuple ayant intégré le caftan dans son patrimoine vestimentaire a donné à cette tunique sa touche civilisationnelle ou ethnologique propre ( coupe, tissus, couleurs, broderie, ornementations, motifs etc..); C'est pourquoi on dit qu'il a existé au cours des siècles des caftans perses, moghols, vénitiens, ottomans, slaves, andalous etc... et qu'aujourd'hui il existe des caftans marocains (d'origine andalouse).Les tenues papales seraient dérivées du caftan.

L'origine persane des caftans actuellement admise soulève toutefois quelques questions :

  • Par qui et comment ont-ils été créés ?
  • Ont-ils pour origine les vestes des soldats d'Alexandre le Grand en expédition en Perse ?
  • Ont-ils été extrapolés à partir de tuniques croisées chinoises( la Chine, pays d'origine de la soie) ou d'Asie plus globalement ? ( voir liens internes et externes)

En effet, l'empire perse (comme tous les vastes empires aux frontières flottantes) a abrité de nombreuses cultures ethniques différentes et a reçu diverses influences extérieures ( grecque, romaine, phénicienne, asiatiques, kurde, assyrienne, babylonienne etc...).

En revanche, il est certain que l'expansion géographique de l'Islam a contribué à sa propagation et donc à ses transformations progressives au cours des siècles en fonction des pays et cultures. L'actuel monde arabo-musulman a toujours été traversé par des caravanes commerciales amenant avec elles des produits variés ; de plus, le pèlerinage des musulmans à la Mecque( qui était déjà avant l'Islam une ville d'échanges commerciaux et de pèlerinages ) va intensifier les rencontres et les échanges entre des peuples différents venant de régions lointaines d'Asie, d'Orient, d'Afrique ou d'Europe.

L'islamisation n'implique pas que tous les peuples convertis vont d'office adopter le caftan dont la richesse des compositions différaient selon les positions hiérarchiques et sociales ; des populations ( comme par exemple certaines ethnies berbères) vont conserver leurs habits traditionnels.

Au fur et à mesure des siècles, les anciennes nations émettrices de caftans les ont délaissé au profit d'autres tenues à la mode (qui souvent sont celles de la puissance culturelle dominante); ainsi les caftans hérités des andalous installés au Maroc ne finissent par perdurer que dans ce pays où des artisans (de Meknès, Fez, Tétouan et Rabat) ont gardé le savoir faire andalou nécessaire à leur fabrication. Les premiers écrits marocains mentionnant le caftan dateraient du XVIe siècle(voir liens externes).[réf. nécessaire]

De nos jours, dans le monde international de la mode, le terme caftan est donc utilisé pour qualifier le long vêtement d'apparat traditionnellement porté par les femmes marocaines et revisité par des stylistes originaires de ce pays, permettant à cette tunique de revivre aujourd'hui sous de nouvelles formes modernes inédites.

Caftan du Maroc : résumé

Article détaillé : Caftan marocain.

Bref rappel historique

photo d'un ancien modèle de caftan marocain .Photo de Luc Viatour. Marrakech Bahia
Kesoua el kbira (avec une ceinture large dite mdamma , héritage marocain de l'Andalousie mauresque(1901-1906) ; ces tenues sont représentées dans de nombreux tableaux de Delacroix, peintre orientaliste Français du début du XIX ème siècle

Les caftans du Maroc sont originaires de l'Andalousie mauresque (Al Andalus) où les élites arabo-musulmanes de l'Empire Omeyyade ( dont Zyriab, le père de la musique arabo-andalouse) ont apporté à partir du IXe siècle des caftans empruntés aux Perses. Entre le IXe et le XVe siècle, les émirats arabo-andalous (composés de peuples d'origines variées) ont progressivement donné aux caftans leurs touches civilisationnelles.

Rappelons que l'Andalousie mauresque s'est construite en opposition ou en concurrente de l'Empire Ommyeyyde de Damas de même que l'Empire desIdrissides de Fez (tribu Omeyyade du Maroc) vis à vis de l'Empire Abbasside de Bagdad. Cette divergence va se traduire entre autres sur les tenues vestimentaires.

L'arrivée massive des andalous en 1429 au Maroc va renforcer la présence et le port caftan au Maroc sera suivi de celle des moriscos: musulmans et juifs restés en Espagne après leur conversion sous la contrainte au catholicisme en 1492.

Les andalous de 1492 arrivés en nombre au Maroc portaient des tenues arabo-andalouses alors que les moriscos étaient habillés de façon castillane avec des touches particulières.

L'empire ottoman a accueilli une partie des arabo-andalous de 1492 (en particulier les judéo-andalous) et des morisques de 1609.

Au cours des siècles et au contact des diverses populations et cultures du Maroc ainsi qu'en l'absence de longue influence vestimentaire ottomane ( visible dans le reste du monde Arabe) et européenne, ce caftan andalou s'est ancré et a pris des spécificités relatives au pays (voir liens externes).

Même si les ottomans n'ont pas occupés l'actuel Maroc ( par l'opposition de la dynastie des Saadiens et de la dynastie Alaouite ), des échanges (directs ou indirects, guerriers ou diplomatiques, profanes ou religieux) ont eu lieu entre ces deux cultures. Ainsi, une ville comme Oujda (ville frontalière avec l'actuelle Algérie) ayant connu une présence ottomane et une influence ottomane indirecte via l'Algérie ottomane voisine, explique la similitude des tenues avec celles des femmes algériennes tel que le Karakou ou les blousas que l'on retrouve également en Tunisie.

De la tradition à la modernité

Le caftan (que les marocains nomment aussi takchita pour la version légère et moderne ) est un des divers composants du patrimoine vestimentaire marocain (comme la Jellaba, le Jabador, le tchamir, le taj fassi, les " chedda dites Lebssa Chamelia " des femmes du Nord....). Contrairement au terme récent takchita découlant de la mode contemporaine, Le terme caftan est l'ancienne appellation utilisée par les marocains désignant l'habit traditionnel.

Dans les années 1980, reprenant des caftans hérités de l'Andalousie mauresque, des stylistes du Maroc sont pionniers dans la création moderne de nouveaux caftans uniques au monde . Vu la poussée, dans le choix vestimentaire des marocaines, des vêtements modernes occidentaux ou des tenues rigoristes " musulmanes " (venues de pays fondamentalistes du Moyen Orient), sans cette modernisation le caftan traditionnel marocco-andalou devenu vieillot n'aurait pas survécu.

Depuis quelques années certains stylistes visionnaires commencent à créer des caftans marocains de forme manteau ou 3/4 pour hommes.(tel que par exemple MarocFashion ou Femmes du Maroc) ou sur des sites de stylistes.

Ces caftans de haute couture sont actuellement exportés vers de nombreux pays à travers le monde.

Son succès international s'explique aussi par l'ouverture des créateurs à différentes influences : grecque, romaine, espagnol, française, écossaise, asiatique, indienne etc....dans le choix de certains motifs ou couleurs et dans le choix de tissus modernes actuels.

Aujourd'hui de nombreuses personnalités internationales des Arts et Spectacles portent des caftans marocains( Adriana Karembeu, Susan Sarandon, Catherine Deneuve, Sharon Stone, Victoria Avril, Noemie Campbell, Emmanuelle Béart, Sigourney Weaver, José Garcia, Léonardo Di Caprio etc ...).

Le caftan du Maroc ainsi que d'autres formes de vêtements marocains ( comme la Jellaba ) ont inspiré des stylistes et couturiers du monde occidental (dont Yves Saint Laurent, Dominique Siro Kenzo, JP Gautier, Christian Lacroix......) et du Maghreb (dont Faouzia Frad ) selon leur sensibilité, les influences, les goûts, les graphismes, et les traditions propres à leur pays .

Ainsi, on peut voir ici et là des reprises de certains éléments et/ou de la ceinture du caftan marocain dans diverses créations vestimentaires maghrébines ou arabo-musulmanes récentes (comme c'est souvent le cas dans le monde international de la mode) ; en effet, dans le monde de l'art, le créateur est sensible à son environnement et, contrairement au plagiaire, valide aux yeux du monde sa création personnelle en indiquant ses sources d'inspiration.

L'ouverture du royaume et les exigences de qualité du marché international vont impulser un vent de créativité soufflant depuis plusieurs années sur la mode marocaine et sur d'autres secteurs d'activités du pays ( la bijouterie, la chaussure, les cosmétiques, le tatouage au henné, l'art du zellige, la décoration d'intérieur, l'artisanat etc..) créant ainsi un style que les américains dénomment " Moroccan Chic".

En Russie

À l'est de l'Europe et à l'ouest de l'Asie septentrionale le mot kaftan (кафтан en russe) est employé pour un autre type d'habillement : un genre de long costume d'homme très large mais aux manches serrées. Au XIXe siècle le caftan est de très loin l'habit d'extérieur le plus courant pour le petit peuple, marchands et paysans. Ils sont actuellement portés comme signes religieux par la secte très conservatrice des Orthodoxes vieux-croyants. Enfin, les soutanes des clergés catholique romain et anglican sont des vêtements assez proche par la coupe des caftans.

Durant la politique de réformes voulut par le tsar Pierre Ier, destinée à occidentaliser le pays, celui-ci interdira même la port du caftan au profit du costume porté à l'époque en Occident. Ainsi, des oukases obligeaient ceux qui pouvaient se permettre la dépense de s'acheter un habit "étranger" : français, hongrois ou allemand ! Le tsar lui-même expliquait : « Avec vos manches larges, il vous arrive toujours des malheurs : tantôt elles trempent dans la soupe, tantôt elles fracassent les verres ».

Sous l'empire Ottoman

Photo d'une peinture par Ismail Acar d'un cafetan qui aurait été offert par les vénitiens au sultan Soliman le Magnifique. Il serait marqué de la signature dur roi Salomon.
Progression de l’Empire Ottoman
tenue d'Ottomans caucasiens (XIXe siècle) de Syrie, Jordanie et Palestine
« Mamelouk ottoman du Moyen Orient en habit ordinaire. »
Image datée de 1779.

Les caftans portés par les sultans de tabouret constituent une des collections les plus splendides du Palais de Topkapı à Istanbul. Certains d'entre eux étaient extrêmement précieux. Ils été employés comme récompenses pour les services des plus importants notables et pour les généraux victorieux à l'occasion de festivals religieux raffinés.

Les cafetans étaient fréquemment brodés sur l'avant et sur les manches. Une codification stricte, par certains aspects semblable à l'héraldique, existait concernant les décorations, motifs, rubans et couleurs qui correspondaient au rang du porteur.[3]

Au XIVe siècle les motifs sont étendues et les couleurs sont sages. Au fil des siècles ces caractéristiques évoluent pour devenir respectivement plus fins et plus brillantes. (Sous l'empire Ottoman) L'art des cafetans culmine vers la seconde moitié du XVIIe siècle avec les tissus de type Selimiye aux larges bandes verticales et aux somptueuses et minutieuses broderies.

Les tissus étaient principalement produits à Istanboul et Brousse quand ils n'étaient pas importés d'aussi loin que Venise, Gène, la Perse, l'Inde ou la Chine. Chaque tissu ayant des propriétés particulières et donc un nom différent : velours, taffetas bien sûr mais aussi des noms plus exotiques et rares tels que bürümcük, aba, canfes, gatma, gezi, diba, kutnu, kemha, seraser, serenk, zerbaft et bien d'autres. Certaines couleurs étaient plus utilisées que d'autres : bleu de Chine, rouge de Turquie, violet, pişmis aya, coing cuit ou jaune safran.

Le vaste empire ottoman s'est approprié et a recyclé de nombreuses tenues venant de diverses cultures vivant en son sein : perse, grecque, arabe, arménienne, arabo-andalouse etc...

Lorsque en 1922 Mustapha Kemal, dit Ata Turc, le père de la Turquie moderne, renverse le sultan ottoman, il voulut rompre de façon radicale avec le pouvoir de cet empire jugé archaïque et décadent. Sa volonté de rupture et de modernisation (par le rapprochement à l'Occident) de l'empire va se traduire par l'abandon de l'alphabet arabe au profit de l'alphabet latin, par l'interdiction des attributs vestimentaires ottomans ( caftans, Fez ottoman dit Tarbouch ou Chech Stambouli...) au profit de tenues occidentales et par la laïcité du pays ; Certains vestiges vestimentaires féminins et masculins de l'empire ottoman sont restés jusqu'à nos jours dans différents pays ou régions de l'ancien empire ottoman par exemple les tenues des musiciens de malouf (musique arabo-andalouse ottomanisée).

Régences ottomanes : en Algérie, en Tunisie

La Chedda traditionnelle tlemcénienne (année 2000)
Hussein I Bey ottoman de Tunis en caftan et zeroual (XVIIIe siècle)
Juif algérien habillé de façon judéo-ottomane (XIXe siècle)
Khayr ad-Din Barberousse : bey d'Algérie au XVIe siècle en caftan ottoman
Soldats de la régence ottomane d'Alger, avec une foutah à la base du zéroual

La quasi totalité des pays arabes, à l'exception notable du Maroc, ont connu une régence ottomane sur plusieurs siècles. Cette longue régence va influer (de façon plus ou moins forte selon les régions) sur plusieurs domaines culturels : la musique, l'architecture, la cuisine et évidemment le vêtement.On trouve dans ces pays à la fois des tenues ottomanes et des tenues d'influence ottomane (c'est-à-dire des habits autochtones ayant reçu des modifications ottomanes plus ou moins marquées).

Dès les premières grandes victoires de la Reconquista, des colonies d'andalous (musulmans et juifs) ont commencé à se replier vers Maghreb donc vers les actuelles Algérie et Tunisie ; le contingent des expulsés andalous vers ces pays fut plus important à partir de 1492. Ces andalous ont dus probablement amenés avec eux des caftans mauresques qui ne connurent pas les mêmes évolutions et influences qu'au Maroc selon essentiellement 3 hypothèses si l'on se réfère à l'histoire officielle de ces pays : [4].

  • les andalous installés dans ces pays l'auraient été en quantité moindre qu'au Maroc.
  • l'arrivée des andalous de 1492 est suivie peu de temps après par celles des ottomans ; ainsi,les caftans ottomans et la mode ottomane auraient supplantés et/ou transformés au cours des 3 siècles les tenues andalouses.
  • puis enfin vient, juste après les régences ottomanes, la longue et forte influence vestimentaire et culturelle de la colonisation française (à partir de 1830 pour l'Algérie et à partir de 1880 pour la Tunisie), colonisation qui impose ses tenues en particulier dans les grandes villes et cela dans tout le Maghreb.

En Algérie, l'appellation caftan est utilisée pour désigner la partie veste ( courte avec manches longues ou courtes) du Karakou (d'influence ottomane) ou de la chedda de Tlemcen qui se porte parfois avec une veste (différente de la chedda ou lebssa des femmes du nord marocain sans veste et avec une ceinture large ou mdamma) ;

La chedda de Tlemcen, tenue exclusivement de mariage, possède quelques points communs avec les différentes " Lebssa chamelia " du Maroc ce qui laisse supposer une origine arabo-andalouse commune probablement issue de la Grenade Maure ; mais le fait que les diverses " Lebssa " du Maroc se portent sans veste-caftan laisse supposer une origine ottomane du caftan de Tlemcen, ville qui connut une présence ottomane sur plusieurs siècles et cela très peu de temps après la chute de Grenade.

l'hypothèse d'une origine initiale zianide (dynastie berbère placée au pouvoir par les Almohades et qui fonda le royaume indépendant de Tlemcen) de la chedda n'est, à ce jour, corroborée par aucune source historique ni aucune pièce d'archive.

Récemment, des couturières réactualiseront la veste du Karakou en l'allongeant, jusqu'aux chevilles parfois, afin de lui donner une forme caftan plus conventionnelle ; ces tenues d'apparat sont faites en général en velours de couleur noire ( mais pas uniquement ) et brodées de fil d'or ou d'argent . le Karakou se porte traditionnellement soit avec un zeroual (pantalon bouffant) soit avec une jupe longue.

Récemment, s'inspirant de la réussite et de la reconnaissance internationale des stylistes du caftan du Maroc, des stylistes du Maghreb se sont lancés dans la modernisation et la transformation haute couture de leurs habits traditionnels( Karakou, zeroual, robes berbères, chedda...). Les robes traditionnelles de Constantine ou d'Annaba (également d'influence ottomane )sont façonnées sur le même principe que le Karakou (voir liens externes).Cette modernisation apporte à nombre de tenues de nouveaux attributs initialement non présents dans les formes traditionnelles.

En Tunisie, le terme caftan, bien que connu, n'est plus utilisé car cette tunique était essentiellement portée par les ottomans à l'époque de l'ancien empire ; Depuis plusieurs années des stylistes originaires de Tunisie se sont lancés dans la modernisation de leurs tenues traditionnelles.

En comparant certaines tenues traditionnelles tunisiennes et algériennes, les points communs de l'héritage ottoman sont perceptibles, points qu'on ne retrouve pas dans les tenues marocaines puisque le Maroc n'a pas connu la colonisation ottomane(voir liens externes).

Les Beys ottomans à la tête de pouvoir régional dans le monde arabe jouissaient d'une relative autonomie par rapport au pouvoir central du Sultan et les uns par rapport aux autres. Cette autonomie explique les différences et les ressemblances vestimentaires entre les différents pays ou régions de l'ancien empire ottoman . L'influence vestimentaire ottomane sera prégnante sur les tenues masculines et féminines dans les régions où l'influence des Beys sera forte( comme entre autres à Tlemcen, Alger, Constantine ou Tunis) et sera inexistante dans les zones géographiques éloignées, difficiles d'accès ou avec un fot attachement aux traditions locales( comme dans les tenues sahariennes, berbères ...)

À Alger entre autres où la présence ottomane fut forte, seules certaines autochtones mariées à un ottoman et les femmes turques fortunées portaient en saison froide un caftan orné de broderies faites en fil d'or ou d'argent. Plus tard, elles revêtirent, en hiver, un gilet, jaleco, qui se porte au dessus de la ghelila (une sorte de longue et large veste de drap, aux manches suffisamment larges pour laisser paraître celles de la chemise) .

Quant au costume masculin, à l'exception des dignitaires turcs et de quelques notables algériens ou tunisiens participant à l'administration de la ville, la très majorité des hommes ne portaient pas de caftan ottoman. La tenue ottomane masculine dans divers pays arabes se composaient généralement soit d'une chemise, d'un gilet, d'un Fez ottoman aussi appelé tarbouch ou chech Stambouli (coiffe haute en forme de pot de fleur renversé), d'un pantalon bouffon (zéroual) entouré à la taille par une pièce d'étoffe servant de poches appelée foutah, soit d'une soutane entourée à la taille par une foutah .

C'est pourquoi, en Algérie ou en Tunisie, le caftan ottoman ne peut pas être considéré comme une tenue traditionnelle ; en effet la majorité des Tunisiens et Algériens ne peuvent être assimilés à des turcs ; de plus, ce vêtement ne fut porté que par une petite frange de la population pendant la période ottoma

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, lors des colonisations européennes, les élites masculines arabo-musulmanes adoptèrent le costume européen agrémenté du tarbouch.

Notes et références

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Livre "Costumes et parures du Maroc" par Rachida Alaoui Lien parlant de ce livre

Livre "Bijoux du Maroc" par Rabaté et Goldengerg Lien parlant de ce livre

Livre " Costume du Maroc" par Jean Besancenot Lien parlant de ce livre

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