Armée coloniale

Armée coloniale

Troupes coloniales (France)

Affiche de recrutement pour les troupes coloniales, Seconde Guerre mondiale.

Le terme Troupes coloniales ou armée coloniale ou troupes des colonies françaises a plusieurs acceptions :

  • il s'agit d'abord des troupes françaises devant assurer la conquête des colonies ;
  • puis, assez rapidement, ce terme a désigné les troupes recrutées dans les colonies françaises.

Les Troupes coloniales sont apparues en 1900, lorsque l'ensemble des troupes terrestres dépendant du ministère de la Marine, appelées troupes de marine, furent transférées sous les ordres du ministère de la Guerre. Elles disparurent en 1958 lorsque, les colonies ayant acquis leur indépendance, la mission de ces troupes fut redéfinie. Elles reprirent alors le nom de troupes de marine, tout en restant dans l'armée de terre.

Sommaire

Composition

Elles regroupent deux grands types d'unités :

  • Les Troupes coloniales est le nom genérique désignant l'Infanterie coloniale française et l'Artillerie coloniale entre 1900 et 1967. Elles se composent principalement des unités d'infanterie coloniale, d'artillerie coloniale, et de tirailleurs indigènes (hors Afrique du Nord).
  • Les troupes d'Afrique, qui trouvent leur origine dans le corps expéditionnaire de 1830 en Algérie, et qui furent réunies au sein du XIXe corps d'armée en 1873. Elles se composent des Zouaves, des Chasseurs d'Afrique, des Spahis, des Tirailleurs algériens, marocains et tunisiens, de la légion étrangère et des services des affaires indigènes.

Historique

Tenue des troupes coloniales au Congo en 1905.
Casque colonial

Les troupes dite « coloniales » ou de « marine » ont été créées en 1622 par le cardinal Richelieu sous le nom de « Compagnies ordinaires de la mer ». Embarquées à bord de navires, elles avaient différentes missions, dont les combats lors d'abordages, et étaient placées sous l'autorité du Ministère de la Marine.

Les conquêtes coloniales ont incitées l'État à positionner des troupes à terre, de défense, de commerce, d'occupation, etc. Vers le milieu du XIXe siècle, les combats d'abordages n'existant plus, les troupes de la Marine restèrent à terre, à travers le monde.

Lors de la guerre franco-allemande de 1870, la Division Bleue réunit l'infanterie de marine et l'artillerie de marine (« marsouins » et « bigors »), héritiers des Compagnies de la mer. Après la guerre, elles participent à la conquête coloniale. Dès 1885, la Troisième République créé le 3e régiment de tirailleurs tonkinois, formés d'hommes venant d'Indochine.

En 1900, ces unités de marine quittent le Ministère de la Marine et sont prises en charge par le Ministère de la Guerre. De ce fait, les Troupes de la Marine prennent le nom de « Troupe Coloniale » (loi du 7 juillet 1900). Puis, deux décrets datés du 28 décembre 1900 portent organisation, l’un de l’infanterie coloniale, l’autre de l’artillerie coloniale. C'est à ce moment que le Corps d'artillerie de la Marine devient le 1er régiment d'artillerie coloniale, membre de la 2e division d'infanterie coloniale lors de la Première guerre mondiale et dissous lors de l'armistice de 1940.

En 1900-1901, le 1er régiment de zouaves s'unit avec le 4e régiment de zouaves, envoyés en Chine pour réprimer la révolte des Boxers.

Les Goum, unités de soldats berbères marocains, sont formés en 1908, et existeront jusqu'à l'indépendance du Maroc (1956). La création des Goum est suivie par celle, deux ans plus tard, du Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. Les Troupes coloniales publient alors la Revue des Troupes coloniales.

Le général Lyautey, résident général au Maroc en 1912 et nommé Ministre de la Guerre, créé en 1914 le 1er régiment de Spahis.

En 1958, les colonies françaises, déjà réunies au sein de l'Union française, forment la Communauté française, les pays conservant un lien avec la France intégrant ce qui deviendra la France d'outre-mer tandis que les autres prennent leur indépendance. Les Troupes Coloniales reprennent alors leurs ancien nom de Troupes de Marine, supprimant l'article défini « La », mais en restant au Ministère de la Guerre.

Les Troupes Coloniales et des Troupes de Marine forment une « Arme », à l'instar de l'aviation ou de la marine. C'est la seule arme qui n'a pas un chant, mais un hymne.

Première Guerre mondiale

Carré musulman de la nécropole nationale d'Amiens (Saint-Acheul).
Au premier plan, tombe d'un soldat du 45e RTS tombé pendant la Bataille de la Somme

Pour la Première Guerre mondiale, les effectifs pour l'armée d'Afrique ou les troupes coloniale s'élèvent à En 1914, à la veille de la Grande Guerre, Les troupes coloniales comptent 102 bataillons et 39 batteries, dont 36 bataillons et 12 batteries en métropole et 21 bataillons en Afrique du Nord. Dans ce total de 102 bataillons, la « force noire » (les troupes issues de l'Afrique noire) représentait le quart. Ces unités étaient répartis en un corps d'armée en métropole et six groupes dans les colonies, auxquels il faut ajouter quelques unité en Afrique du Nord.

En effectif, cela représente environ 1 000 000 d'hommes dont 550 000 indigènes qui ont combattu en Europe : 175 000 Algériens (dont 35 000 tués ou disparus), 40 000 Marocains (dont 12 000 tués ou disparus), 80 000 Tunisiens (dont 21 000 tués ou disparus), 180 000 Africains noirs (dont 25 000 tués ou disparus), 41 000 Malgaches (dont 2 500 tués ou disparus), 49 000 Indochinois (dont 1 600 tués ou disparus), soit un total de 565 000 (dont 97 100 tués ou disparus)[1].

Après le début de la guerre, les troupes coloniales vont s'organiser en deux corps d'armée, qui regroupent sept divisions. Celles-ci vont être engagées sur tous les fronts et en particulier :

À la fin de la guerre, l'armée française comptait sept divisions coloniales dans la composition desquelles entraient vingt-deux régiments. Neuf avaient disparu pour des raisons diverses, un seul demeurait disponible. Le 1er régiment mixte de zouaves et de tirailleurs est créé en 1919.

Seconde Guerre mondiale

prisonnier de guerre des troupes coloniales françaises en 1940
Casque lourd des troupes coloniales.

Pour la Seconde Guerre mondiale, les effectifs ont beaucoup variés. En 1940, près de 500 000 hommes, Européens compris. La moitié, environ est indigène. En 1943, près de 400 000 hommes sont recrutés, pour un tiers parmi les populations européennes des colonies africaines et pour deux tiers parmi les populations indigènes, nord-africaines et noires. En 1945, sur un total de 550 000 hommes, on compte alors 134 000 Algériens, 73 000 Marocains, 26 000 Tunisiens et 92 000 ressortissants d'Afrique noire.

En 1939, les troupes coloniales forment environ un quart du total des forces françaises. Une bonne partie d'entre elle restent basées dans les colonies.

En juin 1940, le 53e régiment d'infanterie coloniale participe à la bataille de France,dans laquelle le capitaine Charles N'Tchoréré, d'origine gabonaise, trouve la mort.

Après la défaite de 1940, les coloniaux participeront à la reconquête, à partir d'Angleterre mais surtout à partir de l'Afrique avec le général Leclerc et sa 2e DB qui compte parmi ses unités le Régiment de marche du Tchad (RMT) et le 3e régiment d'Artillerie Coloniale (3e RAC).

Les campagnes d'Erythrée, de Crète, de Tripolitaine et de Libye verront s'illustrer les unités de la 1re division française libre (1re DFL) avec Le 1er régiment d'artillerie coloniale (1er RA), le bataillon du Pacifique et différents bataillons de marche.

l'Ancre d'or des troupes de marine

Enfin, en Afrique du Nord, on créé la 9e division d'infanterie coloniale (9e DIC) qui emmènera le régiment d'infanterie coloniale du Maroc (le RICM qui est le régiment le plus décoré de l'Armée française [réf. nécessaire]) et nombre de régiments de tirailleurs sénégalais. Le Régiment d'artillerie coloniale du Maroc participe au débarquement de Provence en août 1944.

Le sort des anciens combattants et la « décristallisation » des pensions

Les anciens combattants issus des colonies reçoivent des pensions, à l'instar de leurs homologues métropolitains, mais celles-ci sont bien inférieures. En 2006, le film de Rachid Bouchareb, Indigènes, a rappelé à l'attention du grand public la mémoire de ces hommes.

Suite à l'émotion publique soulevée par ce film, la loi de finance de 2007 avait « décristallisé » les pensions d'invalidité et la « retraite du combattant » (qui n'est pas une retraite mais une pension versée à titre gracieux), mais pas la pension militaire de retraite [2]. La décristallisation consiste à aligner pensions versées aux anciens combattants issus des ex-colonies françaises sur les pensions versées aux militaires français.

En octobre 2008, le tribunal administratif de Marseille a édicté une jurisprudence, décrétant l'alignement des pensions de retraite militaire de soldats marocains sur le montant des pensions versées à leurs homologues métropolitains [2]. Ceux-ci recevaient des pensions huit à dix fois inférieures (50 à 100 euros contre des sommes allant de 500 à 1 000 euros) [2].

Une coordination «décristallisation» (composée de la Ligue des Droits de l'Homme, de la Cimade et de l'Institut de défense des étrangers du barreau de Bordeaux) milite pour l'alignement des pensions versées aux anciens combattants issus des ex-colonies françaises sur les pensions versées aux militaires français [2].

La jurisprudence d'octobre 2008 ne concernerait que 180 anciens combattants, vivant en Gironde, mais exclue les tirailleurs sénégalais de cette mise à niveau [2].

Personnalités ayant servi dans les troupes coloniales

Engagées

Officiers

Sous-officiers

Soldats

Service militaire

Références

  1. Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture coloniale, la France conquise par son Empire (1873-1931), page 117 [252 pages, Editions Autrement, décembre 2002]
  2. a , b , c , d  et e Pensions : les «indigènes» marocains obtiennent justice, Le Figaro, 16 octobre 2008.

Liens internes

Liens externes

Bibliographie

  • Ministère de la guerre, Revue des troupes coloniales, Paris, mensuel.
  • Ministère des forces armées ; Ministre de la France d'outre-mer, Tropiques: revue des troupes coloniales, Paris, mensuel.
  • L'Armée d'Afrique, Alger, Éditions Aumeran, mensuel.
  • Ministère de la guerre, Annuaire officiel des troupes coloniales, Paris: Charles-Lavauzelle, annuel.
  • Ancien officier supérieur, Les troupes de la marine et l'armée coloniale devant le pays, L. Baudoin et ce, 1883. En ligne (voir aussi Google books)
  • J L Lewal, Les troupes coloniales, Paris, 1894.
  • Ned Noll, Histoire de l'armée coloniale, Paris: Berger-Levrault, 1896.
  • Ferdinand Burot; Maximilien Albert Henri André Legrand, Les troupes coloniales, Paris, Baillière, 1897-98.
  • Les Troupes de Marine 1622-1984, Paris: Charles-Lavauzelle, 1991, ISBN 2-7025-0316-0 or ISBN 978-2-7025-0316-4.
  • CEHD (Centre d'études d'histoire de la défense), Les troupes de Marine dans l’armée de Terre. Un siècle d’histoire (1900-2000), Paris, Lavauzelle, 2001, 444 p., ISBN 2-7025-0492-2
  • Serge Saint-Michel & Rene Le Honzec, Les Batisseurs d'empire Histoire Troupes de marine Tome II 1871-1931
  • Fédération française des anciens d'outre-mer et des anciens combattants des troupes de marine (ex-coloniales), Histoire et épopée des troupes coloniales, France: Comité national des traditions des troupes de marine, 1970.
  • Robert Hure, L'Armée d'Afrique: 1830-1962, Paris: Charles-Lavauzelle, 1977.
  • Louis Beausza, La formation de l'armee coloniale, Paris, L. Fournier et cie., 1939.
  • Emmanuel Vallier, Historique des troupes coloniales campagne du Mexique (Extrait de la Revue des troupes coloniales.), Paris, Henri Charles-Lavauzelle, 1908.
  • Historique des troupes coloniales Campagne de Crimée, Paris, H. Charles-Lavauzelle, 1907.
  • Opérations militaires au Tonkin, Paris: H. Charles-Lavauzelle, 1903.
  • Silbermann, soldat, Journal de Marche d'un soldat colonial en Chine, Paris: Henri Charles-Lavauzelle, 1907.
  • Charles A Condamy, Habitations coloniales :extrait de la Revue des Troupes coloniales, Paris: Lavauzelle, 1902.
  • Olivier, capitaine, Les troupes noires de l'Afrique orientale française, Paris: H. Charles-Lavauzelle, 1903.
  • Auguste Paul Albert Duchemin, Les troupes coloniales et la défense des colonies, Paris, R. Chapelot, 1905.
  • Arthur Girault, Principes de colonisation et de législation coloniale, L. Larose et L. Tenin, 1907 and succeeding years. Online and searchable on Google Books.
  • Troupes coloniales. Organisation générale, Paris: H. Charles-Lavauzelle, 1907?
  • Historique des troupes coloniales pendant la guerre 1914-1918 (fronts extérieurs), Paris: Charles-Lavauzelle & Cie., 1931.
  • Historique des Troupes Coloniales pendant la Guerre 1914 - 1918 2, Paris Charles-Lavauzelle & Cie. 1931.
  • Paul Jean Louis Azan, L'armée indigène nord-Africaine, Paris, Charles-Lavauzelle & cie., 1925.
  • Ministère de la guerre.,Troupes coloniales. Organisation génerale, Paris: Charles-Lavauzelle & cie., 1937.
  • Marcel Vigneras, Rearming the French, Office of the Chief of Military History, Dept. of the Army, 1957
  • Edward L Bimberg, Tricolor over the Sahara the desert battles of the Free French, 1940-1942, Westport, Conn.: Greenwood Press, 2002, ISBN 0-313-01097-8 or ISBN 978-0-313-01097-2.
  • Charles Onana, 1940-1945: Noirs, Blancs, Beurs: libérateurs de la France, Paris: Duboiris, 2006, ISBN 2-9522315-1-6 or ISBN 978-2-9522315-1-0
  • Anthony Clayton, France, Soldiers and Africa, London; Washington: Brassey's Defence Publishers, 1988, ISBN 0-08-034748-7 or ISBN 978-0-08-034748-6.
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