Dextrométhorphane

Dextrométhorphane
Dextrométhorphane
Structure du dextrométhorphane
Structure du dextrométhorphane
Général
Synonymes ent-3-méthoxy-17-méthylmorphinane[1]
No CAS 125-71-3
Code ATC R05DA09
SMILES
InChI
Apparence poudre cristalline et blanche
Propriétés chimiques
Formule brute C18H25NO  [Isomères]
Masse molaire[2] 271,3972 ± 0,0167 g·mol-1
C 79,66 %, H 9,28 %, N 5,16 %, O 5,9 %,
Données pharmacocinétiques
Métabolisme hépatique
Demi-vie d’élim. 3-6 heures
Considérations thérapeutiques
Voie d’administration Oral
Caractère psychotrope
Catégorie Hallucinogène
Mode de consommation Ingestion
Autres dénominations DXM, DM
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

Le dextrométhorphane (ou isomère dextrogyre de lévométhorphane) est un opioïde (bien qu'il n'ait pas d'action opiacée), utilisé comme médicament contre la toux. Il est aussi détourné de son usage médical pour ses effets psychotropes à forte dose et, est alors couramment dénommé DXM.

Sommaire

Historique

Le dextrométhorphane est utilisé pour soigner la toux, pour la première fois en 1958 aux États-Unis puis dans le reste du monde. À l'origine présenté en comprimé, le produit est retiré de la vente en 1972 aux États-Unis du fait de son usage détourné.

Le médicament réapparait en 1970 sous forme de sirop, plus difficile à ingérer en grandes quantités. Seuls quelques amateurs continuent à l'utiliser de manière détournée durant les années 1980-1990.

Plusieurs cas de décès (principalement aux États-Unis) sont concomitants à la consommation récréative du dextrométhorphane.[réf. nécessaire]

Chimie

Le dextrométhorphane est utilisé sous forme de sel de bromohydrate de dextrométhorphane (C18H26BrNO,H2O / masse molaire = 303.7 g/mol), poudre cristalline, blanche, soluble dans l’eau et dans l'éthanol. Son point de fusion est environ de 125 °C avec une décomposition de la substance[1].

Le dextrométhorphane est un opioïde apparenté à la codéine[3].

Pharmacologie

À fortes doses, c'est un anesthésique dissociatif.

Le DXM, une fois dans l'organisme est partiellement transformé par le CYP 450 2D6 en DXO. Le DXM et le DXO sont tous les deux psychoactifs avec des effets comportant des différences. L'enzyme est inactive dans un très faible pourcentage de la population chez qui seul le DXM agit. Les effets sont plus longs et différents.

Usage médical

Il est utilisé comme médicament antitussif.

Posologie

À faibles doses, soit entre 15 et 20 mg, le dextrométhorphane peut élever le seuil de la toux et ce, pour quatre à six heures. Il est également possible de prendre une dose légèrement plus grande, soit près de 30 mg pour avoir un effet de quatre à six heures. Cependant, il ne faut normalement pas dépasser 120 mg par jour.

Comprimés de 250 mg de Dextrométhorphane suédois

En ce qui concerne les enfants, la dose recommandée est de 0,2 à 0,4 mg par kilogramme par dose (au quatre à six heures) avec un maximum de 60 mg par 24 heures.

Gellules de Dextrométhorphane

Il faut être vigilant lorsqu'on tente d'inhiber la toux. Normalement, il s'agit d'un réflexe pour dégager les voies respiratoires. Lorsque ce réflexe est inhibé, toutes les sécrétions se retrouvent dans les poumons, bronches et trachée. Il est recommandé de prendre le dextrométhorphane plutôt en fin de journée, afin de laisser le temps à l'organisme de chasser les sécrétions de l'organisme.

Interactions médicamenteuses

Le dextrométhorphane réagit avec d'autres médicaments, soit les IMAOs, la paroxétine, la fluoxétine, la sélégiline et la quinidine.

La fluoxétine (Prozac©) est un inhibiteur du cytochrome P450 2D6 et le dextrométhorphane est métabolisé par ce cytochrome. Donc la métabolisation n'a tout simplement pas lieu et il peut y avoir une accumulation dans le corps et une toxicité est possible.

Lorsque le patient consomme de tels produits, il est conseillé de se diriger vers le chlophédianol, commercialisé sous le nom de Ulone.

Usage détourné et récréatif

Le dextrométhorphane est contenu en petite quantité dans des médicaments contre la toux.
Certains usagers en absorbent en importante quantité dans le but d'obtenir un effet psychotrope, cependant le dextrométhorphane est également disponible en comprimés, gélules et capsules et est désormais largement utilisé de manière récréative via ce type de galénique.

D'autres usagers préfèrent extraire le dextrométhorphane des médicaments, à l’aide d'un procédé relativement simple.

La combustion du dextrométhorphane en présence d’oxygène produit des substances hautement toxiques, les amateurs de free base-DXM parachutent donc (Le fait d'envelopper le DXM - ou tout autre substance/drogue - dans un mouchoir jetable ou une feuille de papier à cigarette avant de l'avaler) souvent la substance pour pallier ceci. Certains utilisateurs ont peut-être tenté la vaporisation mais il n'y a aucune information précise à propos de cette méthode, et avaler le DXM reste le moyen le plus employé (certains usagers sniffent le DXM hydrobromide, mais cette méthode est peu répandue car douloureuse et techniquement difficilement exécutable du fait de la quantité importante à insuffler).

Interactions

Une prise de dextromethorphane concomitante à une prise de MDMA augmente grandement les chances syndrome sérotoninergique. L'utilisation combinée de dextrométhorphane avec d'autres produits peut être dangereuse, notamment avec les inhibiteurs des monoamine oxydases (IMAO), un groupe d'antidépresseurs .
Ainsi, un usager ayant consommé des IMAOs dans les quatorze jours précédant la prise de dextrométhorphane s'expose à des interactions dangereuses.

Une prise simultanée de Dextrométhorphane avec une substance cannabinoïde peut augmenter considérablement les effets , amenant à une sensation de summum ou peut conduire à un bad trip.

Effets et conséquences

Les effets psychotropes comprennent une désorientation spatio-temporelle, des sensations d'extra-corporalité, une incoordination motrice, des hallucinations[3].

Les effets physiques peuvent induire des nausées, des vomissements, une hyperthermie, des démangeaisons cutanées[3]. Suite à un dosage élevé, il est possible de ressentir ce qu'on pourrait grossièrement qualifier une "gueule de bois".

L'intoxication aigüe se traduit par une hyperexcitabilité, anxiété, nystagmus, dépression respiratoire, tachycardie, coma toxique[3].

D'après les amateurs de dextrométhorphane, l'expérience est divisible en quatre paliers distincts[4]. Les dosages pour chaque palier (plateau) dépendent du poids de la personne. Au delà du second plateau les effets deviennent moins récréatifs et sont plus intenses et introspectifs.

  • 1er plateau (1,5 à 2,5 mg·kg-1) : effet très léger, stimulation motrice, légère anesthésie, euphorie etc. Ce plateau pourrait être comparé à une drogue stimulante.
  • 2e plateau (2,5 à 7,5 mg·kg-1) : effet bien plus intense, la coordination motrice est affecté, distorsions visuelles importantes (taille des objets, d'une pièce entière, modifications des perspectives). Il arrive parfois des visions les yeux fermés. Impression de "fusion" avec la musique, sensation de planer, d'être léger, grande anesthésie.
  • 3e plateau (7,5 à 15 mg·kg-1) : Hallucinations yeux ouverts présentes mais surtout hallucinations extrêmement fortes et souvent complexes les yeux fermés. Confusion mentale paradoxalement plus faible que pour les plateaux inférieurs. Coordination motrice très affectée.
  • 4e plateau (+15 mg·kg-1) : effet similaire au K-Hole de la kétamine. Dissolution complète de la réalité, plus aucune conscience de son corps ou de qui on est, impression de mort imminente. Pertes de connaissances, à la suite desquels on semble tomber à l'intérieur de soi-même et explorer son subconscient, extrêmement difficile voir impossible de se déplacer et de parler. À la suite de ce plateau très intense, le retour à la normale est un long processus. Au delà de 20 mg·kg-1, ce plateau peut devenir extrêmement dangereux et causer la mort du sujet.

Dans certains cas , le dextrométhorphane peut donner des pulsions suicidaires. (arrêt brutal d'un usage massif et quotidien)

Réalité de terrain

Les usagers le rencontrent souvent involontairement sous la forme d'un comprimé généralement vendu comme du MDMA[3].

Législation

Selon les pays et la forme (gélule, comprimé ou sirop), la vente de dextrométhorphane est libre en pharmacie ou sur ordonnance.

En France, au Canada et en Belgique, la vente en pharmacie est libre.

En France, le dextrométhorphane n'est pas considéré comme stupéfiant[5].

Dans les pharmacies, ils ne délivrent généralement qu’une boîte de médicaments étant au courant de l'usage détourné qui est fait . Il arrive même qu’ils refusent de le délivrer.

Molécules voisines

Du fait de son caractère d'anesthésiant dissociatif, il induit des effets psychotropes, similaires à ceux induits par la kétamine ou le PCP.

En tant qu'antagoniste des récepteurs NMDA, cette molécule est susceptible de provoquer des lésions d'Olney (en) lorsque qu'elle est consommé en trop grande quantité. (les lésions d'Olney dues aux DXM n'apparaissent chez les rats qu'à des doses énormes, de l'ordre de 40 mg/kg, et donc, même les utilisateurs récréatifs du DXM n'ont pas à s'inquiéter)

Références

  1. a et b Pharmacopée européenne 5.0 - 01/2005
  2. Masse molaire calculée d’après Atomic weights of the elements 2007 sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. a, b, c, d et e Michel Hautefeuille, Dan Véléa, Les drogues de synthèse, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 2002 (ISBN 2-13-052059-6) 
  4. (en) DXM FAQ - The DXM Experience
  5. liste des stupéfiants - réglementation française (AFSSAPS)

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  1. (en) Bem JL, Peck R. Dextromethorphan. An overview of safety issues. Drug Saf. 1992;7:190-199.
  2. (en) Otton SV, Wu D, et al. Inhibition by fluoxetine of cytochrome P450 2D6 activity. Clin. Pharmacol. & Therapeutics. 1993;53:401- 409.
  3. (en) Zhou GZ, Musacchio JM. Computer-assisted modeling of multiple dextromethorphan and sigma binding sites in guinea pig brain. Eur. J. Pharmacol.. 1991;206:261-269.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Dextrométhorphane de Wikipédia en français (auteurs)

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