Abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron

Abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron
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Abbaye de la Sainte-Trinité
Présentation
Culte Catholicisme
Type Abbaye
Début de la construction 1109
Protection  Classé MH (1912)[1]église
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Centre
Département Eure-et-Loir
Ville Thiron-Gardais
Coordonnées 48° 18′ 43″ N 0° 59′ 37″ E / 48.31194, 0.9936148° 18′ 43″ Nord
       0° 59′ 37″ Est
/ 48.31194, 0.99361
  [2]

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(Voir situation sur carte : France)
Abbaye de la Sainte-Trinité

L'Abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron située sur la commune de Thiron-Gardais dans la région du Perche est un haut lieu de spiritualité d' essaimèrent vingt-deux abbayes et plus d'une centaine de prieurés en France, en Écosse, en Angleterre et en Irlande. Ce rayonnement fut tel qu'on parlait de l'Ordre de Tiron.

Sommaire

Historique

La fondation du monastère en 1109

Le fondateur du monastère de Tiron, saint Bernard de Ponthieu, près dAbbeville (Somme) en 1046 (quil ne faut pas confondre avec saint Bernard de Clairvaux, cistercien qui prêcha la Deuxième croisade), fut dabord moine bénédictin dans le Poitou, prieur de Saint-Savin-sur-Gartempe, puis abbé de l'Abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. À la suite de longs démêlés avec les moines de Cluny, il résigna sa charge et, avec la permission du pape, vécut en ermite dans les solitudes de la Mayenne et de la Bretagne. Il vint ensuite dans le Perche, dont le Comte était Rotrou III le Grand. Ce prince lui offrit dabord Arcisses (commune de Brunelles), mais la donation fut révoquée par la mère de Rotrou III, qui défendait les moines clunisiens de labbaye Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou. Alors Rotrou III lui donna un lieu inculte en pleine forêt, à peu de distance du bourg actuel de Thiron. Cest que saint Bernard édifia un monastère primitif il célébra pour la première fois la messe le jour de Pâques 1109, avec lévêque Yves de Chartres. Une chapelle dédiée à sainte Anne, proche de létang du même nom, marque aujourdhui cet emplacement. Des difficultés sétant élevées avec les moines clunisiens de Saint-Denis de Nogent, saint Bernard abandonna son monastère de Sainte-Anne et, avec lautorisation de lévêque saint Yves, vint se fixer sur la paroisse de Gardais, dépendant du chapitre de Chartres, sélève actuellement Thiron (1114).

Grâce aux dons des rois et des plus grands seigneurs de France, dAngleterre et même dÉcosse, il se mit à construire un nouveau monastère. De cette époque, il ne reste que léglise. La sobriété du décor architectural montre bien lesprit de saint Bernard, plus austère que celui de la règle de saint Benoît dont il sinspirait. Les disciples de saint Bernard différaient en outre des bénédictins par leur robe gris fumée, à longs poils. Ils sadonnaient à la prière et à toutes sortes de travaux manuels. Cest à eux que lon doit le défrichement et la mise en culture du pays, la création de létang de Thiron, de celui de Saint-Anne, de celui des Aulnaies, asséché en 1842 et dont la route de Thiron à Combres emprunte la levée.

Abbaye royale

À la mort de saint Bernard, le 26 avril 1116, la nouvelle abbaye était devenue royale par la suite de la sauvegarde que lui avait accordée le roi de France Louis VI le Gros, ce qui lobligeait à recevoir comme frères laïcs des anciens soldats invalides. Elle possédait déjà les prieurés de Saint-Dogmaël, au pays de Galles, fondé en 1113 ; de Bouche-dAigre (commune de Romilly-sur-Aigre), fondée en 1114, et dYron, à Cloyes-sur-le-Loir, fondé en 1115.

En 1170, sur un terrain concédé en 1150 par Alain, fils de Jourdain, sénéchal de Dol, au retour d'une croisade quatre moines de l'Abbaye fonde la celle de ce qui va devenir l'Abbaye Notre-Dame du Tronchet, avec la bénédiction de Hugues, archevêque de Dol ( 1156-1162) et des Bulles du Pape Alexandre III, confirmant cette possession[3].

Liste des Abbés

Hugues (1116-1119), Guillaume 1er (1119-1147), Étienne 1er (1147-1164), Jean 1er (1164-1173), Gauthier (1173-1178 ou 1179), Lambert (1178-1179 ou 1200), Robert 1er (1200-12001), Hervé (1201-1205), Geoffroi 1er (1205-1218), Dreux (1218-1220), Gervais (1220-1252), Étienne II (1252-1273), Jean II de Chartres (1273-1297).

Ce dernier, qui était un grand seigneur et quun tableau représentait à Chartres précédé de six clercs, la baguette levée, fit reconstruire une grande partie du monastère. En particulier, un vaste chapitre parallèle au chevet de léglise, dans lequel il fut inhumé. Sa pierre tombale, retrouvée en 1840, est érigée actuellement au bas de léglise et sa crosse est conservée au musée des beaux-arts de la ville de Chartres.

  • Les successeurs de Jean II de Chartres furent :

Simon (1297-1313), Robert II Coupel (1313-1315), Nicolas (1315-1338), Henri 1er des jardins (1338-1354), - dont la pierre tombale, retrouvée en 1869, a servi dévier à la maison Chevallier, - Jean III (1354-1383), Étienne II (1382-1387), Pierre Tersal (1387-1414), Robert III, dit le Dauphin (1414-1421), Yves de Kerbout (1421-1426), Michel Houssard (1426-1431).

Cest sous le règne de cet abbé, le 13 juin 1428, que Thomas Montaigu, comte de Salisbury, général en chef des troupes anglaises, allant mettre le siège devant Orléans, rançonna labbaye, lincendia et en emmena tout le bétail.

  • Guillaume Grimault (1431-1453), puis son neveu Léonnet Grimault (1453-1498), réparèrent labbaye et bâtirent à leurs frais le magnifique chœur gothique qui subsista jusquen 1817. Par reconnaissance, ils furent inhumés sous une commune pierre tombale à lentrée de ce chœur quils venaient de faire construire, à lemplacement du maître-autel actuel. Cette double pierre tombale, relevée en 1817, est actuellement en morceaux dans le fond de léglise.
  • Aux Grimault, succédèrent Louis 1er de Crevant (1498-1501), puis son cousin Louis II de Crevant (1501-1549), et enfin Geoffroy II Laubier (1549-1550 ou 1551). À cette époque, labbaye de Tiron comptait treize abbayes suffragantes, dont cinq en Angleterre, et quarante-neuf prieurés en France.

Une abbaye en commende

À partir de ce moment, labbaye de Tiron fut donnée par le roi de France en bénéfice à des personnages étrangers à la congrégation de Saint-Bernard, souvent même laïcs. Les abbés commendataires percevaient à leur profit les deux tiers des revenus et laissaient la direction religieuse à un prieur. Les abbés commendataires furent dabord le cardinal Jean du Bellay (1551-1561) et Hippolyte dEste, cardinal de Ferrare (1561-1563).

Le 19 mars 1562, 3000 cavaliers allemands, à la solde des Huguenots, fondirent sur labbaye, massacrèrent trois religieux, profanèrent léglise, brisèrent les vitraux et les statues et, pendant trois jours, pillèrent tout, enlevant les objets dart, mobilier, linge, bestiaux et provisions.

Charles de Ronsard, frère du poète (1563-1575), et René de Laubier (1575-1578), essayèrent de restaurer labbaye, mais le cardinal de Birague (1578-1582), et surtout le poète Philippe Desportes (1582-1606), neurent dautre préoccupation que dempocher les revenus.

Le 6 février 1591, un corps de 500 Suisses, à la solde dHenri, roi de Navarre, pilla labbaye en se rendant de Beaumont à Chartres, en sorte que le monastère était dans létat le plus lamentable à la nomination dHenri II de Bourdon. Celui-ci, fils naturel dHenri IV et dHenriette dEntragues, dame de Vaupillon et marquise de Verneuil, voulut remettre de lordre et appliquer lordonnance de Charles IX fondant un collège à Tiron (1560).

Fondation du collège vers 1630

Gravure représentant l'abbaye (XVIIe siècle)

Pour ce, il fit appel aux bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, qui vinrent sinstaller à Tiron en 1629 et y installèrent leur premier collège, probablement en 1630. Les bâtiments furent d'abord très modestes et un projet grandiose, établi par Dom Pinet en 1651, n'aboutit pas. Plus tard, probablement lors de la transformation du collège en école royale militaire, en 1776, les transepts furent occultés et affectés au chapitre (transept nord) et en cuisine, réfectoire et logements pour des élèves (transept sud).

Le Père Prieur, qui était en même temps directeur de lécole, sinstalla dans les bureaux de lofficialité (par la suite presbytère, actuellement en cours de réhabilitation en logement et cabinet médical), à l'entrée de léglise.

Après la retraite du duc de Bourbon, qui démissionna à 69 ans pour se marier, Jean-Casimir Vasa, roi de Pologne (1670-1672), et Philippe de Lorraine dHarcourt (1672-1702) ne soccupèrent guère de labbaye ni du collège.

Labbé Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre (1703-1743) fit installer des boiseries et des stalles pour lavant-chœur se tenaient les élèves (chœur actuel), grâce à un don de la Duchesse dOrléans, née princesse Palatine, dont il était laumônier. Elles furent sculptées par Mauté, de Paris, et posées en 1740 par Damour et Pradnel, de Paris, et Dufresne, dArgentan.

L'incendie de 1786 et la fin de l'Abbaye

Les deux derniers abbés commendataires furent les abbés Jean-Baptiste de Malherbe de Juvigny (1743-1771) et Mathieu-Jacques de Vermond (1771-1789). Puis le bénéfice de labbaye, qui représentait encore un revenu annuel de plus de 50 000 livres, fut rattaché à la cure de Saint-Louis de Versailles. De labbaye de Tiron ne dépendait plus alors quune dizaine de prieurés.

Dans la nuit du 22 au 23 novembre 1786, un incendie se déclara dans le magasin à charbon et détruisit laile ouest de labbaye, consumant plus de 2000 volumes, ainsi que des peintures et des sculptures remarquables. Les réparations furent entreprises en 1788, mais ladjudicataire mourut lannée suivante avant de les avoir achevées.

Labbaye fut fermée en mai 1791. Le plomb, le fer et tous les objets de valeur quelle contenait furent ensuite pillés. Le collège subsiste jusquen 1793, et à sa disparition les indigents sinstallèrent dans les bâtiments.

Le culte cessa dans léglise en juillet 1792. Cependant dom Leguay parvint encore à dire la messe dans la chapelle de la Vierge le 1er janvier 1793. Le 5 décembre de la même année, labbatiale servit de temple de la Raison, et la femme Debray, née Tasset, reçut les hommages des assistants, installée sur une montagne de mousse recouvrant le maître-autel. Mise sous séquestre comme bien national, labbaye, ses dépendances et le jardin du collège furent adjugés à Étienne Taulé, ancien élève, puis professeur de musique au collège. Le général Descloseaux, de Paris, acquit le collège et ses dépendances, ladministration départementale sétait refusée à créer une école centrale de département, malgré la demande du conseil municipal écartée en 1796.

Taulé démolit ce qui restait de labbaye pour en vendre les matériaux, qui servirent à la construction de beaucoup de maisons du bourg. La destruction était achevée en 1810.

Descloseaux pensait continuer à exploiter le collège avec laide des anciens professeurs, tant moines que laïcs, qui vivaient au moment de la fermeture et dont la plupart étaient restés dans le pays. Mais il fut trouvé mort, la gorge tranchée dun coup de rasoir, le 2 novembre 1797, dans la maison Chevallier, il était descendu. Le collège fut alors acheté (1803) par le notaire Bisson, ancien procureur fiscal des moines, pour le compte de son beau-frère Gallot. Mais Descloseaux avait déjà aliéné le bûcher, la boulangerie et le cellier, ainsi que le logement des tailleurs et des domestiques chargés de la basse-cour.

En 1929, labbaye et ses dépendances appartiennent à la famille de Mondésir, qui les a acquises de Taulé. Le collège est la propriété de M. Guillaumin, parent par alliance du notaire Bisson.

En 1983, labbaye et ses dépendances appartiennent à la famille de Pontbriand. Quant au collège, il est la propriété des Lombearde (depuis le mois de juillet 2005, l'ancien collège militaire est propriété du Conseil général d'Eure-et-Loir).

En 1802, laile ouest du collège seffondra et le portail dhonneur fut démoli. Le plomb qui recouvrait les voûtes et les contreforts ayant disparu pendant la Révolution, les basses-voûtes du nord de léglise, puis celles du sud, seffondrèrent en 1804 et 1805, entraînant la chute des contreforts. Les piliers inutiles furent alors vendus, enfin le chœur lui-même seffondra le 10 février 1817.

On boucha alors louverture béante et on y plaça le maître-autel actuel. En même temps que les portes qui conduisaient à la cirerie et au clocher qui étaient disposées de chaque côté, les deux autels placés à lentrée de lavant-chœur étaient adossés au mur et des restes de boiseries servaient à faire le banc-dœuvre. Deux des colonnes de marbre noir qui soutenaient la voûte du maître-autel furent encastrées de chaque côté de la porte du cloître préalablement bouchée. Les stalles des moines, datant du XIIIe ou XIVe siècle, mutilées et privées de leur dossier par la chute du chœur, furent disposées de chaque côté de la nef, et les boiseries du XVIe siècle provenant de la cirerie gardées en lieux sûr.

En 1820, on plaça derrière le maître-autel le tableau de « lAdoration des Mages », provenant de labbaye dArcisses, copie de celui existant à Tiron et qui était lœuvre dun grand maître. La statue de la Vierge qui ornait la chapelle de congrégation des élèves du collège, au chevet de léglise, et qui avait été cachée à la Révolution par Durand, jardinier de labbaye, fut replacée dans léglise en février 1816.

En 1867, lex-voto offert à sainte Geneviève par de Prat, seigneur de Blainville, et qui se trouvait à Saint-Étienne-du-Mont, à Paris, fut apporté à Tiron.

En 1893, furent placées les statues modernes représentant saint Bernard et saint Adjuteur, ce dernier, seigneur de Vernon, chevalier de Terre-Sainte, puis moine de Tiron, enfin prieur du monastère de Vernon, quil avait donné à labbaye de Tiron.

Les moines de Tiron sont encore représentés par labbaye de Caldey, dans lîle du même nom, au Pays de Galles. Les bénédictins anglicans qui sy étaient installés, sétant ralliés au catholicisme romain en 1913, et ayant embrassé lobservance de Mont-Cassin, sont actuellement à Prinknash Priory.

Depuis 1929, deux autres monastère de lordre de Tiron ont repris la vie monastique : en 1977, les Carmélites de Blois se sont installées dans lantique prieuré de Molineuf, commune de Saint-Secondin, en 1979, à labbaye de Saint-Michel-des-Bois-Aubry, au sud de Tours, une communauté bénédictine orthodoxe a commencé à relever de prestigieuses ruines.

Certes, aujourdhui lOrdre de Tiron est tombé dans loubli et il ne reste pour témoin, que la longue nef romane de léglise abbatiale, la grange aux dîmes ou les dépendances.

Architecture

Église abbatiale

Bâtiments conventuels

Cloître

Jardins

Sceaux

Armoirie, devise

Terrier, revenus, dépendances

(liste non exhaustive)


Sources

L'essentiel de ce texte est repris du petit ouvrage érudit, mais pas exempt d'erreurs, d'André Guillaumin, Thiron, son abbaye, son collège militaire, 1929, rééd. 1984.

Il a été renouvelé depuis :

Bibliographie

  • Denis Guillemin, Thiron, abbaye médiévale, Amis du Perche, 1999.
  • Youri Carbonnier, « L'abbaye et le collège de Tiron au XVIIe siècle, état et projets au début de l'époque mauriste », Cahiers percherons, 1999-2, p. 1-18.

Notes et références

  1. Notice no PA00097223, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  2. Géoportail.fr
  3. Dom Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire de la Bretagne, Paris 1742, Pr, I, c. 665; Dom Lobineau, livre V, p.158, XCV, pr. 309.
  4. Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 664-665

Articles connexes

Liens externes


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