Polyphonique

Polyphonique

Polyphonie

En musique, on entend par polyphonie la combinaison de plusieurs voix indépendantes et pourtant liées les unes aux autres par les lois de l'harmonie. Par extension c'est la capacité de jouer plusieurs notes à la fois et on parle d'instruments polyphoniques.

De manière très générale, les mots polyphonie et harmonie peuvent être considérés comme des synonymes désignant un procédé musical utilisant des simultanéités sonores délibérées. Dans cette acception, la polyphonie ou, de façon équivalente, l'harmonie, s'oppose à la monodie. De manière plus précise, et concernant la seule musique occidentale savante, la polyphonie désigne le système musical utilisé du XIIe siècle à la Renaissance. Elle s'oppose cette fois à l'harmonie, système qui lui succédera au cours de la deuxième moitié du XVIe siècle.

Le procédé de composition associé à la polyphonie est appelé contrepoint.

Sommaire

Histoire de la polyphonie

Durant l'Antiquité, l’Église primitive n’avait connu que l’homophonie. La grande découverte du Moyen-Age fut celle de la polyphonie. C’est au IXe siècle qu’elle dut avoir lieu[1]. Le philosophe Scot Érigène fait déjà allusion, dans son ouvrage De Divisione Naturae, à l’usage d’une musique à plusieurs parties. L’histoire des débuts de la polyphonie est donc fort obscure. Voici ce qu’il paraît s’en dégager de plus net.

Il faut d’abord distinguer deux sortes de polyphonies : la polyphonie populaire et la polyphonie savante[réf. nécessaire].

La polyphonie populaire, toute spontanée, issue de l’instinct musical naturel, et non déduite de théories préconçues, semble s’être développée mieux qu’ailleurs dans un pays qui, par son éloignement des régions méditerranéennes, échappait plus que d’autres à l’influence des traditions gréco-latines : l’Angleterre[réf. nécessaire].

C’est ainsi que la polyphonie savante des Anglais se distingue de celle des autres peuples par l’emploi de deux procédés qui lui sont particuliers et qu’elle doit avoir hérité de la libre invention populaire : le gymel (gemellum) et le faux-bourdon, qui se caractérisent essentiellement par l’usage des successions de tierces et de sixtes.

Le gymel, comme son nom l’indique, est un chant à deux voix dont la seconde accompagne à la tierce inférieure ou supérieure le thème donné par la première. Les deux voix doivent conclure en se rejoignant à l’unisson par mouvement contraire.

Le faux-bourdon est un chant à trois voix qui consiste à faire entendre en même temps que la mélodie principale deux autres mélodies parallèles à la tierce et à la quinte inférieure, - à la quinte inférieure en apparence, en écriture, pour les yeux seulement, car cette troisième partie, qui a l’air d’une basse, ou, comme on disait autrefois, d’un « bourdon », n’est en réalité qu’une fausse basse, qu’un faux-bourdon ; elle doit se chanter une octave plus haut qu’elle n’est écrite, c’est-à-dire qu’elle sonne à la quarte supérieure et non à la quinte inférieure du thème donné. Le faux-bourdon se compose donc d’une série de tierces et de sixtes parallèles.

On comprendra dès lors pourquoi les premières tentatives de polyphonie savante aboutirent à des résultats étrangers. Le parti pris d’éviter tierces et sixtes, et de n’admettre comme consonances que les octaves, quartes et quintes, donna naissance à ce procédé polyphonique qu’on appela diaphonie ou organum.

Polyphonies de la Renaissance

Alleluia nativitas, polyphonie religieuse

À partir des années 1420 se développent entre le Nord de la France et les Flandres un nouveau style de production musicale avec plusieurs générations de musiciens et de compositeurs formés dans les maîtrises du nord, qui répandront par la suite leur art dans les grands centres européens, surtout en Italie.

En raison des troubles qui règnent en France pendant la guerre de Cent Ans, la culture musicale se déplace dans les régions du nord de la France, en Flandre, et en territoire bourguignon. La cour de Bourgogne est le centre de ce renouveau artistique, qui rassemble musiciens français, flamands, bourguignons et anglais, contribuant aux échanges et à la diffusion de musiques nouvelles.

La polyphonie se développe de deux façons :

Les principaux représentants de ce mouvement sont Guillaume Dufay (1400-1474), Josquin des Prés (1440-1521) et Roland de Lassus (1532-1594). On trouve aussi Johannes Ockeghem (1425-1497) à Paris et à Tours.

À la Réforme, en Allemagne, on voit apparaître le choral luthérien (choral gesang). En Angleterre, Thomas Tallis (1505-1585) va développer, pour la liturgie anglicane, le style de l'Anthem, chant religieux en langue anglaise.

Groupes polyphoniques

Parmi les groupes polyphoniques, on peut noter les groupes de chanteurs basques et corses (dont A Filetta et I Muvrini).

Polyphonie et musique électronique

La polyphonie est également utilisée en matière de musique électronique. C’est aussi la capacité de jouer plusieurs notes à la fois. En revanche, elle se rapporte au fait que les premières puces des synthétiseurs étaient incapables de produire plus d’une seule note à la fois. C’est-à-dire qu’il leur était impossible de jouer deux notes en même temps. Du fait de la différence technique entre un instrument acoustique et une puce musicale électronique, la polyphonie rapporté aux synthétiseurs de type Synthèse FM ou PCM est légèrement différente. En effet si un piano est polyphonique parce que le pianiste possède dix doigts, donc dix notes en même temps, ce n’est pas forcément le cas des puces de synthétiseur. Celles-ci ne sont considérées comme polyphonique que lorsqu’elles sont capables de jouer plus de deux notes simultanément sur un opérateur. Un opérateur, aussi appelé « voie sonore » est l’unité qui va traiter un son. Un opérateur est polyphonique seulement s’il est capable de produire au moins deux notes d’un même son en même temps. Une puce musicale contient généralement plusieurs opérateurs afin de reproduire plusieurs instrument ou sons distincts. La polyphonie dans la MAO est donc la capacité d’un synthétiseur à produire plusieurs notes sur un seul opérateur ou une seule voie. Par exemple, un piano reproduit sur un synthétiseur ne pourra pas être totalement fidèle à l'original si l'on ne peut pas jouer plus d'une note à la fois.

  • Exemple de puces polyphoniques :
    • YM262 (OPL3) : 6 opérateurs FM d’une polyphonie de 4 notes chacun
    • YM2610 : 4 opérateurs FM (partie FM) d'une polyphonie de 4 notes
    • YM2612 : 6 opérateurs FM d’une polyphonie de 4 notes chacun
    • 2a03 (NES) : 3 opérateurs PSG, d’une polyphonie de 3 notes chacun
    • EMU8000 : 16 opérateurs PCM d’une polyphonie de 32 notes chacun
    • S-SMP (SNES) : 8 opérateurs PCM d’une polyphonie de 8 notes chacun
    • YM2413 : 9 opérateurs FM d'une polyphonie de 2 notes
  • Exemple de puces non polyphoniques :
    • SN76489 : 3 opérateurs PSG
    • YM2610 : 3 opérateurs PSG (partie PSG)
    • TIA : 2 générateurs de tonalité
    • PAULA : 4 opérateurs PCM
    • POKEY : 4 opérateurs PSG
    • AY-3-8912 : 3 opérateurs de tonalité
    • YM2149 : 3 opérateur PSG

Voir aussi

Notes

  1. « Ainsi pouvons-nous dire qu'aucun document ne témoigne dans notre histoire d'une polyphonie antérieure à notre 9e siècle » tiré du magazine "Chant Floral" N°45, 1985 [1]


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