La Bataille d'Alger

La Bataille d'Alger
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La Bataille d'Alger

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La Casbah d'Alger

Titre original (it) it: La Battaglia di Algeri
(en) en:The Battle of Algiers
Réalisation Gillo Pontecorvo
Scénario Franco Solinas d'après un livre de Yacef Saadi
Acteurs principaux Jean Martin
Brahim Haggiag
Yacef Saadi
Pays d’origine Drapeau d'Italie Italie
Drapeau d'Algérie Algérie
Sortie 1966
Durée 121 minutes
157 minutes (version doublée française)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Bataille d'Alger (it) (it: La Battaglia di Algeri) , (en) (en:The Battle of Algiers), (ar) (ar: معركة الجزائر) est un film italo-algérien de Gillo Pontecorvo, présenté au public en 1966. Le film a été célébré de façon critique et souvent pris par des groupes d'insurgés et des états semblables, comme un commentaire important sur la guérilla urbaine. Il occupe la place de 120e sur la liste du magazine Empire des 500 meilleurs films de tous les temps[1]. Alger a finalement été libéré par les Français, mais relègue Pontecorvo que pour un épilogue. Il se concentre plutôt sur les années entre 1954 et 1957 lorsque les combattants de la liberté se sont regroupés et élargis dans la casbah, seulement pour faire face à une tentative systématique par des parachutistes français à les anéantir. Son film dramatique est sur l'organisation d'un mouvement de guérilla et les méthodes utilisées pour la décimer par la puissance coloniale.

Sommaire

Synopsis

Une reconstitution de la Bataille d'Alger de 1957, à l'occasion du soulèvement de la population algérienne musulmane par le FLN contre le pouvoir colonial français, et de la tentative du détachement parachutiste de l'armée française de « pacifier » le secteur.

Le film retrace principalement l'histoire d'Ali la Pointe lors de la « bataille d'Alger », soit de la lutte pour le contrôle du quartier de la Casbah d'Alger en 1957 entre les militants du FLN et les parachutistes français de la 10e division parachutiste du général Jacques Massu, par tous les moyens y compris l'usage de la torture.

Objectivité

Le film bien que produit par Yacef Saadi, membre du FLN, fait preuve d'objectivité : le passé de délinquant du héros du film (Ali la Pointe) est clairement présenté, et son passé de proxénète est fortement suggéré (scène de la tournée des bordels, et de l'exécution d'Hacène). Ali la Pointe est clairement présenté comme un homme d'action et pas du tout un intellectuel. Son côté romantique transparait principalement dans sa volonté de lutter sans concession (il est contre l'arrêt des attentats pendant la grève générale) et surtout par son sacrifice final, préférant la mort plutôt que la honte de la capture. Son courage, ainsi que celui de beaucoup de combattants algériens morts pour leur cause, sera salué par colonel Philippe Mathieu (nom fictif du colonel colonel Godard)[réf. nécessaire].

Les attentats du FLN sont bien présentés comme des actes de terreur : assassinats de gendarmes et de policiers d'apparence tout à fait paisible, scène des attentats à la bombe dans le bar, la discothèque et l'agence Air France, où la caméra s'attarde longuement sur les victimes avant l'explosion : des gens tout à fait normaux, des enfants, des bébés, y compris des arabes. Après l'explosion, le calvaire des victimes est également abondamment présenté (amplifié par le fait que quelques minutes auparavant ceux-ci étaient tranquillement en train de danser ou de boire un verre)[réf. nécessaire].

Le colonel Mathieu (colonel Godard) est présenté comme un soldat digne qui a une mission difficile, et qui doit utiliser des moyens exceptionnels. À aucun moment il n'est présenté comme un monstre ou un tortionnaire. Dans de très nombreuses scènes le personnage a le loisir d'exprimer son point de vue et de justifier ses actions.

La question de la torture est abordée comme un fait, sans jugement moral : seules quelques scènes montrent des actes de torture (réalistes par rapport aux témoignages et photos qui nous sont parvenus de l'époque). Cependant le film présente la torture comme ayant été efficace pour démanteler le réseau du FLN d'Alger, ce qui est aujourd'hui une position très controversée[réf. nécessaire].

Les soldats ne sont pas montrés comme étant spécialement des monstres : dans une des premières scènes, après avoir torturé un homme et qu'il se soit mis à table, les soldats offrent du café et rassurent le prisonnier[réf. nécessaire].

Les ambiguités de la presse de l'époque sont présentées, y compris celles du journal communiste l'Humanité : tous réclamaient une action ferme et rapide des autorités au début de l'insurrection, pour mettre fin à celle-ci et restaurer l'ordre...

En conclusion, le film est tout sauf manichéen : chaque camp s'y bat avec les moyens dont il dispose. Le FLN pour faire face à l'armée française et démoraliser l'occupant, ne semble pas avoir d'autre choix que d'utiliser le terrorisme[réf. nécessaire]. L'armée française pour démanteler les réseaux et protéger ses ressortissants, ne semble pas avoir d'autre choix que d'utiliser la torture[réf. nécessaire]. Bref, une guerre sale, trouble, comme l'a été la guerre d'Algérie.

Le Lieu du tournage du film

Conception et réalisation

Le film voit le jour en 1965, trois ans après la fin des hostilités en Algérie, lorsqu'un des chefs militaires du FLN à Alger, Yacef Saadi, propose au réalisateur communiste italien l'idée d'un film basé sur son expérience dans l'ALN.

Le film est tourné avec des non-professionnels, à l'exception de Jean Martin, dans le rôle du colonel Mathieu à la tête des parachutistes français.

Réception en France

Le réalisateur-journaliste communiste Gillo Pontecorvo et l'acteur-producteur FLN Yacef Saadi, ont constitué un témoignage portant sur un épisode de la guerre d'Algérie particulièrement impitoyable[2],[3].

Initialement interdit en France, diffusé brièvement en 1970 mais retiré des écrans sous la pression de manifestations d'extrême-droite, le film attendit 1971 pour sortir normalement[3]. Le film resta pratiquement interdit en France jusqu'en 2004, car considéré comme un film de propagande, brisant des tabous sur le comportement militaire français au cours de ce qui ne s'est longtemps appelé en France de simples événements, et s'attaquant à des traumatismes alors récents[citation nécessaire]. Le film fut tourné trois ans après l'indépendance de l'Algérie et le rapatriement de 800 000 pieds-noirs et juifs séfarades dont la plupart n'avaient jamais foulé le sol de la métropole, vivant en Algérie française depuis plus d'un siècle. Et à l'expatriation et expropriation de ces deux catégories de civils s'ajoute l'exode des indésirables harkis, leur internement dans des camps et leur mise à l'écart de la population métropolitaine.

Anecdotes

  • Ce film était régulièrement projeté aux stagiaires étrangers de l'École des Amériques (installée tout d'abord au Panama puis sur le territoire américain), dans le cadre des études relatives aux guerres de type révolutionnaires. Le réalisme poussé de la mise en scène et du scénario ont fait que ce film a été utilisé à contre-emploi par certains services de renseignement.
  • Selon le journal Le Monde (8 septembre 2003), des officiers d'état-major de l'Armée américaine auraient assisté, le 27 août, dans un auditorium du Pentagone à une projection de La Bataille d'Alger, afin d'avoir un aperçu de la guerre subversive menée par la France durant cette période et faire un parallèle avec les problèmes rencontrés lors de l'occupation de Bagdad durant la guerre en Irak.
  • En 2003, le film, considéré comme un modèle d'enseignement sur la guérilla urbaine, est projeté au Pentagone devant Donald Rumsfeld pour mieux comprendre les développements de la guerre en Irak.
  • Les chars de l'armée française que l'on peut voir dans le film ne sont pas français mais russes, en effet, ce sont des automoteurs blindés SU100 prêtés par l'armée algérienne qui se fournissait en URSS.
  • Ce film a inspiré R.A.S (1973) de Yves Boisset.

Fiche technique

Distribution

Autour du film

  • La présentation officielle de ce film au Festival de Venise 1966 suscita la mauvaise humeur de la délégation française qui n'assista pas à la projection du film. Par la suite, la défiance initiale se transforma en vindicte contre le jury et contre les responsables de la Mostra lorsque les officiels français - Robert Bresson et François Truffaut étaient pressentis comme vainqueurs - apprirent que le Lion d'Or échut à Gillo Pontecorvo et La Bataille d'Alger ; le film reçut ainsi le Lion d'Or malgré l'opposition de la France[4]. Pour le critique suisse Freddy Buache "la passion, teintée de chauvinisme généralement inavoué, brouilla les jugements ; on proclama le film partisan, caricatural et, pour tout dire médiocre (...)" Puis, il ajoute, que nous sommes, selon lui, "en présence d'une oeuvre magnifique et rigoureuse qui évite avec une rare délicatesse l'ensemble des défauts énumérés avec complaisance à son sujet : pas de manichéisme, pas d'exploitation romanesque d'un thème qui demeure d'un bout à l'autre grave et lyrique."
  • Ce film a été tourné dans la Casbah d'Alger, caméra à l'épaule. Les combattants survivants de la Bataille d'Alger de 1957 ont servi de conseillers techniques. Certaines scènes d'intérieur, dont celle de la réception au cours de laquelle le commissaire prend congé d'une maîtresse de maison, ont été visiblement réalisées en France. Les premières images ont été tournées à la cité Climat de France, 5 000 logements, construite par l'architecte Fernand Pouillon juste au-dessus de Bab-El-Oued.

Récompense

Notes

  1. EMPIRE's 500 Greatest Movies Of All Time
  2. « La bataille d'Alger : Victoire ou défaite ? » par Rémi Kauffer
  3. a et b « Gillo Pontecorvo, le réalisateur de la Bataille d’Alger n’est plus » par Dominique Widemann, article du journal L'Humanité, le 14 octobre 2006.
  4. Comme hors-la-loi, ces films ont fait scandale, magazine Le Point, no 1984 du 23 septembre 2010

Liens connexes

Liens externes


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