Histoire du Parti communiste des États-Unis d'Amérique

Histoire du Parti communiste des États-Unis d'Amérique

Histoire du Parti communiste des États-Unis d'Amérique

Cette article concerne l'histoire du Parti communiste des États-Unis d'Amérique.

Sommaire

Les premières années (1919-1923)

La scission de 1919

En janvier 1919, Lénine invita la mouvance de gauche du Parti socialiste d'Amérique à rejoindre l'Internationale communiste. Durant le printemps 1919, cette même mouvance du Parti Socialiste, grossit d'une large affluence de nouveaux membres venant de pays engagés dans la Révolution russe, se préparait à usurper le contrôle du parti à la minorité de socialistes modérés au commande du parti. Un référendum pour la jonction avec le Kominterm fut approuvé avec 90 % de oui mais les résultats furent étouffés par la direction en place. Des élections internes pour le Comité national exécutif se soldèrent par l'élection de 12 représentants issus de la mouvance de gauche sur 15. Des demandes furent formulées pour mettre à pied les modérés du parti. Les modérés ripostèrent en éliminant plusieurs organisations à l'échelle du pays, une demi douzaine de fédérations de langues et beaucoup de sections locales. Les deux tiers des membres furent directement touchés. Ils convoquèrent alors une assemblée générale extraordinaire prévu à Chicago pour le 30 août 1919.

En préparation de l'assemblée nationale, la mouvance de gauche échafauda des stratégies pour prendre le contrôle du parti lors d'une assemblée en juin. Le plan était que des délégations venant des groupes nouvellement dissous arriveraient en avance et exigeraient leur participation à la conférence. Cependant les fédérations de langues, des organisations socialistes indépendantes de zones engagées dans la Révolution russe, qui furent rejointes par Charles Ruthenberg et Louis Fraina, se détachèrent de cette idée et choisirent de former seuls leur propre parti, fondant le Parti communiste des États-Unis d'Amérique, le 2 septembre 1919 lors d'une assemblée séparée, tenue elle aussi à Chicago.

Le jour venu de la conférence, ayant eu vent des projets de prise de contrôle, les modérés firent appel à la force policière qui évacua une bonne partie des protestataires du bâtiment. Ce qui restait des délégués de la Mouvance de Gauche quitta l'assemblée et, se joignant aux délégués expulsés, forma le Parti des travailleurs Communistes le (1er septembre 1919). Sous les pressions de l' Internationale communiste, les deux partis issues de la mouvance de gauche fusionnèrent officiellement lors d'une assemblée générale qui se tint à Woodstock, New York en mai 1921. Seulement 10 % des membres du parti nouvellement créé parlaient couramment anglais. [réf. nécessaire]

Le Parti Caché

Dès son origine, le CPUSA fut attaqué par les gouvernements d'états et le gouvernement fédéral, puis plus tard par le FBI. La Révolution russe et les événements associés en Allemagne et en Hongrie suscitaient alors de fortes craintes aux États-Unis. Craintes qui conduisirent aux raids de Palmer ou Peur Rouge fin 1919 et en janvier 1920, quand A. Mitchell Palmer, Procureur Général fit arrêter des milliers de membres du Parti en s'appuyant sur la juridiction du Sedition Act of 1918. Même si certains furent relâchés, beaucoup furent expulsés vers leurs pays d'origine.

Quand le Parti communiste se forma en 1919, le gouvernement des États-Unis était déjà engagé dans des poursuites judiciaires contre les socialistes qui s'étaient opposés à la 1re guerre mondiale et au service militaire. Ces poursuites continuèrent durant l'année 1919 et jusqu'en janvier 1920. Beaucoup de membres du Parti furent arrêtés et déportés; les leaders étaient poursuivis en justice et parfois condamnés à la prison.
Le Parti communiste fut donc contraint à la clandestinité et subit des changements de noms successifs pour éviter les arrestations. Après l'englobement du Conseil des Travailleurs — un autre groupe issu du Parti Socialiste — la couverture officielle pour le Parti Communiste, illégal, remplaça peu à peu le Parti Caché.

Malgré un effort désespéré de certains membres du parti pour garder une activité illégale sur le principe, la Couverture et le Parti Caché furent complètement fusionnés, le nouveau parti étant appelé officiellement le Parti des Travailleurs Communistes. Chose notable, en 1930 le parti engloba aussi une organisation de socialistes Afro-Américains appelée la Confrérie de Sang Africain, dont certains membres se révéleront cruciaux pour la propagation de la cause communiste dans les milieux Afro-Américains.

Retour à la légalité

Après avoir fusionné dans la légalité, le parti développa nombre de petits groupes plus ou moins stables à l'intérieur de sa hiérarchie. Il y avait en premier la faction autour du membre du bureau fédéral Charles Ruthenberg, qui était largement organisé par son partisan, Jay Lovestone. Contre cette faction se dressait la réunion Foster-Cannon, dirigée par le spécialiste des relations avec le Syndicat du Commerce, William Z. Foster, et James P. Cannon, dirigeant de l'Union Syndicale du Commerce. La base de la première faction était composée des fédérations de langues étrangères du Parti, tandis que la seconde trouvait ses partisans parmi les travailleurs américains d'origine.

Premières luttes de factions (1923-1929)

En 1925, Charles Ruthenberg et William Z. Foster étaient à la tête de factions ennemies à l'intérieur du parti. Le représentant du Kominterm Sergei Gusev ordonna à la faction majoritaire menée par Foster de se rallier à la faction de Ruthenberg ; Foster obéit.

Ruthenberg mourut en 1927 et son allié, Jay Lovestone, lui succéda comme secrétaire du parti. Les statuts du parti comme section du Kominterm assuraient que des luttes de factions au sein du parti dirigeant du Kominterm, la section russe, auraient une influence sur le parti communiste des États-Unis. Il était donc certain que la participation de membres du parti au Sixième Congrès du Kominterm en 1928 aurait des répercussions. Des répercussions qui pourraient surprendre spécialement ceux qui songeaient à utiliser leurs relations pour orienter les débats au sein du Kominterm à leur avantage pour le parti américain comme Cannon ou Lovestone.

Organisations syndicales et autre travaux progressiste

Peu après les disputes décrites précédemment, une nouvelle direction du parti fut mise en place, dirigée par Earl Browder précédemment subordonné de Wiliam Forester. Il a été supposé que Forester lui-même ai été remplacé pour différentes raisons. Sa santé vacillante pendant cette période a sûrement été un des facteurs. La première partie de la présidence de Browder correspond à ce qui a été appelé la Troisième Période de la nouvelle lutte révolutionnaire, appellation du Kominterm pour la période suivant 1928. Cette Troisième Période met en exergue le fait que les autres factions de gauche étaient alors considérées comme sociales-fascistes par les communistes. Dans ces conditions, toute alliance avec elles a été rejetée

La crise et les Fronts populaires (1929-1939)

Au milieu de la Grande dépression, qui correspondra avec la Troisième Période, et en conséquence, le Parti Communiste a alors tenté de débuter de nouvelles unions indépendamment des précédentes unions affiliées à la Fédération Américaine des Travailleurs. Cette politique d'unions duales avait cependant déjà été dénoncée et rejetée par le Parti Communiste comme étant aventureuse et beaucoup trop de gauche. Bien que ces nouvelles unions aient été formées, Forester dirigea la Trade Union Education League renommée alors en Trade Union Unity League. Forester en personne a alors été malade la majeure partie de cette période, n'a donc que très peu pris part à ce travail. Aucun des syndicats alors formés ne correspondait à un très grand nombre de personnes, bien que beaucoup d'entre eux ont aidé à former le noyau de ceux qui prendront part au grand regain des années 1930.

Les débuts de la crise sont favorables aux communistes américains. En mars 1930, le Parti montre son influence en organisant une manifestation qui réunit quelque 35 000 personnes dans les rues de New York[1]. Les communistes soutiennent l'agitation dans les campagnes et le monde ouvrier, sans aboutir néanmoins à une révolution[1].

En 1932 les pires débordements de la Troisième Période et de la Grande Dépression ont été en quelque sorte affaiblis, et avec l'élection de Roosevelt, l'organisation syndicale a commencé un renouveau. En 1931, le parti comptait 7 500 membres[2], puis 12 000 l'année suivante. Le parti communiste bénéficiait d'une certaine audience sur les campus universitaires américains[2]. Lors de l'élection présidentielle de 1932, le candidat communiste William Z. Foster eut 102 785 voix[3],[4],[5].

Initialement, cela a coupé les membres de l'union en unions ébauchées par l'AFL en régions 'fédérales' de l'union. Cela s'avéra rapidement être un échec. Donc la stratégie du groupe de l’ Union des mineurs, menée par John L. Lewis, de réunir ces industries fondamentales en relation avec la leur, a reçu un soutien important à la fois de la base des unionistes et du nouveau Comité des Organisations Industrielles. Beaucoup de ces nouveaux syndicats comme le Comité des travailleurs du fer, et plus particulièrement, les Travailleurs du fer réunis, ont embauché des communistes comme organisateurs régionaux. Cela est largement dû au travail qu'ils ont fournis les années précédentes. Ajouté à celà, le PC a fusionné ces propres petites alliances en de nouvelles unions affiliées au CIO. Ainsi l'Union des travailleurs automobiles a été amputée des membres qui ont rejoint les Travailleurs de l'automobile réunis.

En plus des syndicats et groupes dans les industries nommées ci-dessus, les communistes furent responsables d'un élan de syndicalisation dans l'industrie du caoutchouc et du vêtement. Même les travailleurs agricoles furent organisés par des membres du parti, et le nombre de membres augmenta considérablement en conséquence. Les militants embrigadèrent aussi des chômeurs et se battirent avec succès [réf. nécessaire] pour une assurance emploi, ce qui deviendra éventuellement la sécurité sociale. Ils se battirent aussi contre des avis d'évictions et de saisies. Le CPUSA était le seul parti de cette époque à dénoncer le racisme et à militer pour les droits de la communauté noire.

Consigne d'ouverture et d'union de gauche

Comme différents partis communistes de l'époque, le Front populaire la politique intérieure aux États-Unis montre une tentative d'ouverture du CPUSA vers d'autres groupes de gauche. Earl Browder offrit à l'époque à Norman Thomas du parti socialiste de se joindre à lui pour faire front commun dans l'élection présidentielle de 1936, mais Thomas rejeta l'offre.

La politique du Front populaire ne se traduisit pas que par des tentatives de coopération avec les socialistes, qui avaient violemment été dénoncés comme « socio-fascistes » lors des périodes précédentes, mais aussi avec les libéraux et même avec le Parti démocrate. Même si le PCUSA présentait son propre candidat, le discours était à l'encensement des démocrates. Intellectuellement, la période du Front populaire à vue le développement d'une forte influence communiste dans la vie artistique et intellectuelle du pays et ce, souvent au travers d'organisations ou de groupes directement sous l'influence du parti, connus et nommés péjorativement, « façades communistes ».

La guerre civile d'Espagne

Ce fut durant la période du Front populaire que les membres du parti se rallièrent à la défense de la seconde république espagnole suite à une agression militaire fasciste pour écraser cette dernière, cela aboutit à la guerre d'Espagne (1936-1939).
En provenance du monde entier, des militants d'extrême-gauche se rallièrent à la défense de la république espagnole, apportant des fonds pour l'assistance médicale et, en de multiples cas, s'engageant comme volontaires pour la république. Le CPUSA ne fit pas exception à ce phénomène. Nombre de ses membres se rendirent en Espagne avec l'aide du parti pour rejoindre la brigade Lincoln, une des Brigades internationales composée de citoyens américains. En plus de ses autres actions, la brigade Lincoln fut la première force militaire américaine à intégrer noirs et blancs dans ses rangs sur un pied d'égalité.

Début d'infiltration

Dans les années 1930, avec l'autorisation du Président Franklin Roosevelt le FBI commença à enquêter à la fois sur les nazis et les communistes. Le 'Smith Act' et l' 'Alien Registration Act', rendant illégal de parler en faveur d'un renversement violent du gouvernement, entrèrent en vigueur en 1940.

Le Pacte germano-soviétique et la guerre (1939-1945)

Changements de caps

Après avoir été viscéralement opposé au fascisme durant la période des Front populaires, la signature du traité de non-agression entre Staline et Hitler (le Pacte germano-soviétique) en 1939 obligea le CPUSA à entreprendre un changement de cap et passa d'une politique d'anti-fascisme à celle du pacifisme. Le CPUSA en vint même à prôner publiquement la thèse voulant que Winston Churchill et Franklin Delano Roosevelt cherchaient à provoquer une agression contre Hitler. L'invasion conjointe de la Pologne par les troupes nazies et soviétiques obligèrent aussi le parti à une gymnastique rhétorique pour justifier l'action de Moscou en accusant le gouvernement polonais de fascisme. La rupture du pacte qui suivit l'opération Barbarossa le 22 juin 1941, mettant de nouveau l'Union Soviétique et l'Allemagne en guerre l'une contre l'autre, le CPUSA dut encore cette fois-ci changer de rhétorique. Ce changement fut si soudain que des membres du CPUSA membre du syndicat UAW en pleine ronde de négociation passèrent des positions pro-grève à des position anti.

Effort de guerre

Dans cette même optique, tout le long de la Seconde Guerre mondiale, le CPUSA mena une politique anti-grève. En fait, la direction du CPUSA se retrouva au rang des organisation les plus patriotiques des États-Unis et tient un discours de paix sociale. Il semble qu'Earl Browder anticipait que la fin de la guerre aurait amené une période de paix sociale: dans le but de mieux intégrer le mouvement communiste dans la vie américaine le parti sera officiellement dissous en 1944 et remplacé par une association politique communiste. Après la guerre, cependant, le mouvement communiste international vira à gauche. Browder se trouva lui-même isolé lorsqu'une lettre en provenance du Parti communiste français reçut une large diffusion. En résultat, il fut mis à la retraite et remplacé par William Z. Foster, qui restera à la tête du mouvement jusqu'en 1958.

Le parti se reforme

Avec la fin de la guerre, le CPUSA fraîchement dissous, se reforme sous la gouverne de Foster. En même temps que plusieurs autres partis autour du monde, le CPUSA suivit la même tendance à gauche et à l'interne, des critiques de gauche, se mirent à fuser probablement plus que la direction du parti ne pouvait gérer. Le résultat fut l'expulsion de « premature anti-revisionists. » De ce groupe seul un petit nombre semble avoir été recruté par les trotskystes, malgré la logique que ce choix constituait au vu du contexte. William Dunne, un des anciens alliés proche de Foster, et frère de trois membres proéminent du trotskiste Socialist Workers Party, fut un des camarades de lutte à prôner une action plus militante.

L'après-guerre et le McCarthysme (1945-1956)

La fin de la guerre marqua le retour des persécutions du CPUSA et, d'une manière cruciale, le retournement d'alliés au sein des syndicats.
Pendant l'après-guerre, une grande peur des activités communistes fut déclenchée par la découverte d'espionnage Soviétique et d'infiltration communiste du gouvernement et de l'industrie. Une partie des ces peurs étaient sans doute justifiées, mais dans certains cas furent excessifs, en particulier celui du sénateur Joseph McCarthy. Ces soupçons excessifs et ses persécutions sont connus sous le nom de maccarthisme.

La perte d'alliés parmi les syndicats et suites aux attaques du sénateur Joseph MacCarthy, des militants du parti furent éjectés de différents syndicats par différentes ruses incluant l'obligation de fournir des serments d'allégeance. En parallèle, le maraudage de syndicats non-communistes diminua aussi le support envers le CPUSA . Un grand nombre de syndicats furent décimés par ce type d'offensive, tout comme des radicaux et autres progressistes furent mis à l'écart, incluant les trotskistes qui étaient les plus grands ennemis du parti. Dans de grandes parties du pays, des membres retournèrent dans la clandestinité.

C'est entre 1940 et 1946 qu'Herbert Philbrick, un citoyen volontaire, infiltra le Parti communiste pour le compte du FBI. Il apparut au grand jour (ainsi que quelques autres) au cours du procès de la direction du Parti Communiste en 1949 (procès pour violation du Smith Act).

En 1948, Eugène Dennis, William Z. Foster et d'autres dirigeants du Parti communiste des États-Unis d'Amérique furent arrêtés sous l'accusation d'avoir appelé au renversement du gouvernement.
L'affaire débuta en mars 1948. Il était difficile à l'accusation de prouver que les douze hommes avaient violé l’'Alien Registration Act', vu qu'aucun des défenseurs n'avait jamais ouvertement appelé à la violence ni été impliqué dans une accumulation d'armes à des fins révolutionnaires. L'accusation s'appuya sur des passages des travaux de Karl Marx et d'autres figures révolutionnaires.

Lorsque les trotskystes du 'Socialist Workers Party' furent les premiers poursuivis en vertu du Smith Act en 1941, les dirigeants du PC approuvèrent les poursuites. On peut relier cela à la stricte observance de la ligne de Moscou par le parti et à la guerre que menait alors Staline contre Trotsky et ses disciples. Le SWP au contraire, soutint les Communistes lorsque ce fut leur tour d'être poursuivis en justice.

Une des stratégies de l'accusation lors de ce procès fut de questionner les accusés sur d'autres membres du parti. Comme ils ne souhaitaient pas fournir d'informations sur leurs camarades, ils furent emprisonnés et accusés d'outrage à la cour. Le procès dura onze mois et finalement, le juge Harold Medina, dont certains disent qu'ils ne cachait pas ses sentiments personnels à l'égard des accusés, envoya les avocats de la défense en prison pour outrage à la cour.

Après neuf mois de procès, les dirigeants du PC furent jugés coupables de violation de l’'Alien Registration Act' et condamnés à cinq ans de prison et 10 000 dollars d'amende. Ils firent appel devant la Cour Suprême mais le 4 juin 1951, les juges par 6 voix contre 2 décidèrent que la condamnation était légale.

Cette décision fut suivie par l'arrestation de 46 autres communistes durant l'été 1951. Parmi ceux-là on trouve Elizabeth Gurley Flynn, qui fut aussi accusée d'outrage à la cour après avoir dit au juge qu'elle n'identifierait personne comme étant communiste car elle ne souhaitait pas se déshonorer en devenant une indic. Elle fut également reconnue coupable de violation de l’'Alien Registration Act' et condamnée à deux ans de prison.

L'après McCarthysme et le lent déclin (1956-1991)

Les crises de 1956

L'invasion soviétique de la Hongrie en 1956 et le rapport secret de Nikita Khrouchtchev au Parti communiste d'Union soviétique dans lequel il critiquait Staline a eu un effet dévastateur sur le parti communiste américain[6]. Le nombre d'adhérents baissa et la direction dut affronter pendant un moment le défi d'un petit groupe emmené par John Gates, le rédacteur en chef du Daily Worker qui voulait démocratiser le parti. Peut-être que le pire coup porté au parti à cette période fut la perte du Daily Worker, publié depuis 1924, suspendu en 1958 à cause de la baisse de la diffusion. La plupart des critiques quittèrent le parti démoralisés mais continuèrent de s'engager dans les causes progressistes, travaillant souvent avec des membres du parti. Cette diaspora finit rapidement par fournir le lectorat de publications telles que le National Guardian et la Monthly Review, qui allaient devenir importants dans le développement de la nouvelle gauche (New Left) dans les années 1960.

La direction de Gus Hall

Les affrontements post-1956 au sein du PCEA vit l'avènement d'une nouvelle direction autour de l'ancien ouvrier métallurgiste Gus Hall en 1959. Les idées de Hall étaient très proches de celles de son mentor Foster, mais le jeune homme allait devenir plus rigoureux en garantissant que le parti serait totalement orthodoxe lors des dernières années du vieil homme.

Les années 1960-70

Donc, alors que les critiques persistantes qui souhaitaient libéraliser le parti furent exclues aussi en 1961, pendant que d'autres critiques demandaient le retour d'une certaine forme d'organisation et de discipline plus stalinienne. Quoiqu'ils ne formèrent jamais de forces cohérentes, ces critiques seront le contingent qui créeront le Progressive Labor Movement au début des années 1960. Au travers de ce groupe, qui rapidement adopta le titre de parti, plusieurs cadre du CPUSA devinrent proéminents dans beaucoup de groupes maoïstes comme il en apparaîtra beaucoup dans les années 1970. Jack Shulman, le secrétaire de Foster, qui joua un rôle dans ce type d'organisation ne se fit pas renvoyer mais démissionna.

Dans les années 1970, le nombre d'adhérents au Parti communiste américain (CPUSA) réussit à frôler les 25 000, malgré l'absence de nombreux groupes anti-revisionistes et maoïstes dans ses rangs.

Aujourd'hui

Cependant, en 1984, voyant l'impact du gouvernement anti-communiste de Reagan ainsi que la chute du nombre d'adhérents au Parti, Gus Hall décida de mettre un terme à la participation électorale du parti à travers les États-Unis [réf. nécessaire]. Depuis ce jour, le PCUSA soutient le Parti démocrate dans toutes les élections américaines. Cependant, des candidats continuent de se présenter sous la bannière du parti à des postes locaux. Gus Hall prit sa retraite et est remplacé par Sam Webb l'actuel chef du parti.

Notes et références

  1. a  et b Denise Artaud, L'Amérique en crise. Roosevelt et le New Deal, Paris, Armand Colin, 1987, (ISBN 2200371160), p.45
  2. a  et b André Kaspi, Franklin Roosevelt, Paris, Fayard, 1988, (ISBN 2213022038), p.226
  3. Source : Y.H Nouaillat, Les États-Unis, avènement d'une puissance mondiale 1898-1933, Éditions Richelieu, Paris, 1973
  4. André Kaspi, Franklin Roosevelt, Paris, Fayard, 1988, (ISBN 2213022038), p.224
  5. Denise Artaud, L'Amérique en crise. Roosevelt et le New Deal, Paris, Armand Colin, 1987, (ISBN 2200371160), p.46
  6. On Leaving the Communist Party - Howard Fast

Voir aussi

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