Marc Guillaume Alexis Vadier

Marc Guillaume Alexis Vadier
Marc-Guillaume Alexis Vadier. Portrait peint (1789)

Marc-Guillaume Alexis Vadier, né le 17 juillet 1736 à Pamiers et mort le 14 décembre 1828 à Bruxelles, surnommé le grand inquisiteur, est un homme politique français, dont l'activité s'exerça pendant la période de la Révolution.

Sommaire

Biographie

Avant la Révolution

Fils d’un receveur des décimes du clergé, Vadier devint, après des études chez les Jésuites, par la protection de l'évêque de Pamiers, lieutenant dans le régiment de Piémont. Au lendemain de la bataille de Rossbach, il abandonna le métier des armes pour se consacrer à l'exploitation de ses domaines situés dans la juridiction de Montaut. Il se serait rendu coupable de concussion et, à ce titre, traduit devant le parlement de Toulouse où il fut condamné malgré la défense de son avocat Darmaing à qui il en garda rancune. Ses terres et château à Peyroutet, les terres de Nicol et le domaine de Belpech, à la limite de l'Ariège et de l'Aude formaient un ensemble de 185 hectares. Vers 1785, Vadier voulut convertir certaines de ses terres en seigneurie, par engagement. Il accusa d'autres propriétaires, notamment Cazes, qui lui avait refusé la main de sa fille, et Dardigna, d'avoir fait échouer son projet et il conçut contre eux une haine terrible[1]. En 1770, il avait acquis une charge de conseiller au siège présidial de sa ville natale.

Révolution

Vadier, député du comté de Foix aux États généraux de 1789.

Député aux États généraux de 1789, il siégea avec les constitutionnels à l’Assemblée constituante. Élu à la Convention en 1792, il proposa que Foix, Pamiers et Saint-Girons soient chef-lieu alternativement. Il fit partie de la Montagne et vota la mort de Louis XVI sans appel ni sursis.

Terreur

À partir de fructidor an I (septembre 1793), il devient, président et doyen du Comité de sûreté générale, organe policier et répressif de la Terreur. En nivôse (janvier), avec Amar, il dénonça les malversations de Fabre d'Églantine, Chabot et de leurs complices, à l'origine du procès des Dantonistes. Il fut à l'origine de la mise à mort de Camille Desmoulins qui l'avait mis en cause avec son ami Bertrand Barère dans le Vieux Cordelier.

Après le 22 prairial, les débats publics étant supprimés au Tribunal révolutionnaire, il fit traduire ceux dont ils voulaient se venger: à peine la loi votée, plusieurs habitants de Montaut et précisément ceux qui s'étaient opposés à ce qu'il érige ses terres en seigneurie[2], également l'avocat Darmaing furent renvoyés au tribunal révolutionnaire et exécutés[3]. Selon le comte de Folmont, il est à l'origine du grand procès des membres du Parlement de Toulouse[4].

En germinal (avril), il se montra partisan de la répression de prétendues mutineries de prisonniers qui reposaient sur les faux témoignages de condamnés à mort en sursis, tel Valagnos à Bicêtre. Il appuya le projet de Barère de faire fusiller tous les prisonniers de guerre.

Le 14 juin 1794 Élie Lacoste présenta son rapport sur la prétendue conspiration de Batz, qui aboutit à l'exécution de cinquante quatre personnes. Le but inavoué était de donner consistance à des conspirations de royalistes, telles qu'elles avaient été décrites par Barère à la Convention. Pour Bertrand Barère, et Vadier, le projet était d'accréditer, surtout à l'étranger, la réalité de la « tyrannie » de Robespierre.

Il lut à la Convention le dossier à charge, constitué de fausses preuves, contre Catherine Théot, ridiculisant le mysticisme de Robespierre. Il participe à la chute de Robespierre en prenant la parole contre lui, les 8 et 9 thermidor, à la Convention.

Après la chute de Robespierre il fut accusé par Lecointre, Courtois, Fréron, Darmaing fils d'avoir couvert les exactions de la terreur.À la suite de l’insurrection de germinal an III, il fut condamné à la déportation avec Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Barère, mais il parvint à s’enfuir et à se cacher jusqu’à l’amnistie votée à la séparation de la Convention.

Après la Révolution

Vadier (médaille de David d'Angers)

Sous le Directoire, il apporte son soutien à la Conjuration des Égaux de Babeuf, mais est acquitté par la Haute-Cour de Vendôme. Il demeure toutefois en prison jusqu’en l’an VIII (1799) puis se fait oublier. Député pendant les Cent-Jours, au cours desquels il vote l'acte additionnel, il est exilé comme régicide en 1816.

Notes

  1. Suzanne Grézauc, « Vadier à Montaut », Annales historiques de la Révolution française, 1960, p.424
  2. AN,F/7/4435/II,7
  3. les papiers de l'affaire Darmaing: AN, F/7/1,II, 34-46 et W/560/7
  4. Rouzet-Folmont, Histoire du duc d'Orléans, vol.IV, p.325.

Sources imprimées

  • Émile Campardon, Le Tribunal révolutionnaire de Paris : ouvrage composé d'après les documents originaux conservés aux archives de l'Empire suivi de la liste complète des personnes qui ont comparu devant la Tribunal et enrichi d'une gravure et de Fac-simile, Vol. 1, Vol. 2, Paris, Plon, 1866. (lettres de Vadier à Fouquier-Tinville)
  • Philarète Chasles, Mémoires, Vol. 1, Paris, G. Charpentier, 1876, p. 46-51.

Bibliographie

  • Albert Tournier, Le président du Comité de Sûreté générale sous la Terreur, Vadier (d'après des documents inédits), Paris, Ernest Flammarion, 1896, 348 p.
  • Martyn Lyons, « M.-G.-A.-Vadier (1736-1828): The Formation of the Jacobin Mentality », French Historical Studies, Vol. 10, No. 1, Printemps, 1977.
  • Gilles Dussert, Vadier, le grand inquisiteur, Paris, Éditions Imprimerie nationale, 1989, 282 p.
Précédé par Marc Guillaume Alexis Vadier Suivi par
Jacques-Louis David
Président de la Convention nationale
(20 janvier - 4 février 1794)
Joseph-Nicolas Barbeau du Barran

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