Jean Frédéric Phélypeaux-Maurepas

Jean Frédéric Phélypeaux-Maurepas

Jean Frédéric Phélypeaux de Maurepas

Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas
Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas.

Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas est un homme politique français né à Versailles le 9 juillet 1701 et mort à Versailles le 21 novembre 1781.

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Sommaire

Biographie

Maurepas était doué d'une intelligence vive et d'une grande finesse, mais il était frivole et égoïste, ainsi que le note par exemple Mme de Tencin. Ironique, mordant, sarcastique, voire facétieux, « il n'était pas ce que l'on appelle méchant », écrit le baron de Besenval, mais il ne résistait jamais au plaisir d'un bon mot. De figure banale et de petite taille, il essayait de compenser la médiocrité de son physique par le soin de sa mise et une affectation de raideur et de gravité. S'il n'était pas très cultivé, il était doué d'une mémoire prodigieuse et d'un véritable talent pour la conversation. Intuitif, d'après l'abbé de Véri « son jugement sur les hommes était rarement mise en défaut[1] », mais il lui manquait souvent de s'y tenir lui-même.

Secrétaire d'État de Louis XV (1718-1749)

Fils de Jérôme Phélypeaux, comte de Pontchartrain, Secrétaire d'État à la marine et à la Maison du Roi, Maurepas, âgé de seulement quatorze ans et demi succéda, dans la seconde de ces charges à son père, que l'on avait fait démissionner en sa faveur pour s'en débarrasser. Le marquis de La Vrillière se chargea de gérer le département tout en faisant l'éducation du jeune homme, qui devint en outre son gendre en épousant le 19 mars 1718 sa fille Marie-Jeanne Phélypeaux de La Vrillière (1704-1793).

Maurepas prit en définitive ses fonctions à la Maison du Roi, avec supervision des affaires du Clergé et de Paris en 1718, à l'âge de dix-sept ans. Il devint également Secrétaire d'État à la Marine le 16 août 1723, à la place de Fleuriau de Morville, nommé aux Affaires étrangères en remplacement du cardinal Dubois qui venait de mourir. Il le resta jusqu'au 23 avril 1749. C'est durant cette fonction de secrétaire d'État à la Marine qu'un fort français de la Nouvelle-France fut nommé en son honneur, le Fort Saint Frédéric.

Par son esprit, il sut se rendre agréable à Louis XV. Authentiquement intéressé par les questions scientifiques, il fit travailler les meilleurs esprits pour améliorer les techniques de navigation et de construction navale. Pour le reste, il fut un ministre plutôt effacé, battant des records de longévité, dont la carrière fut surtout marquée par ses démêlés avec les maîtresses du Roi, placées par Mme de Tencin qui, pour des raisons politiques, le détestait également :


« C’est un homme faux, jaloux de tout, qui, n’ayant que de très petits moyens pour être en place, veut miner tout ce qui est autour de lui, pour n’avoir pas de rivaux à craindre. Il voudrait que ses collègues fussent encore plus ineptes que lui, pour paraître quelque chose. C’est un poltron, qui croit qu’il va toujours tout tuer, et qui s’enfuit en voyant l’ombre d’un homme qui veut résister. Il ne fait peur qu’à de petits enfants. De même Maurepas ne sera un grand homme qu’avec des nains, et croit qu’un bon mot ou qu’une épigramme ridicule vaut mieux qu’un plan de guerre ou de pacification. Dieu veuille qu’il ne reste plus longtemps en place pour nos intérêts et ceux de la France. » (Mme de Tencin, lettre au duc de Richelieu, 1er août 1743)


Ce fut tout d'abord Mme de Châteauroux, qui le détestait et l'appelait le « comte de Faquinet ». Tombé malade à Metz, Louis XV l'avait renvoyée dans un accès de dévotion, mais il renoua avec elle une fois rétabli et ce fut Maurepas qui fut chargé de lui apporter la lettre du Roi qui le lui annonçait. La duchesse se proposait de le faire renvoyer sans tarder, mais elle n'en eut pas le loisir car elle mourut peu après le 8 décembre 1744, coïncidence qui amena certains à parler – quoique ce fût bien invraisemblable – de poison.

Avec Mme de Pompadour, les difficultés vinrent du tempérament facétieux de Maurepas, qui le poussait à répéter les libelles répandus contre la favorite. Chargé d'en poursuivre les auteurs, on l'accusait de ne les rechercher qu'avec peu de zèle, voire d'être l'auteur de certaines chansons.

La disgrâce (1749-1774)

L'une de ces accusations parut plus sérieuse que les autres : Maurepas fut disgracié en 1749 et exilé à quarante lieues (environ 160 km) de Paris.

Il choisit d'abord Bourges, dont le cardinal archevêque, Mgr de La Rochefoucauld, était son cousin, logeant dans un petit pavillon dépendant du palais archiépiscopal. C'est là qu'il se lia avec l'abbé de Véri, alors grand vicaire. Puis, en 1752, il reçut l'autorisation de s'installer dans son château de Pontchartrain. Enfin, l'exil ayant été commué, en 1756, en une simple interdiction de paraître à la Cour, il se partagea entre cette campagne et Paris.

« Le poste de ministre exilé », écrit plaisamment Edgar Faure,« était celui où Maurepas pouvait le mieux déployer ses qualités chatoyantes. Il y fit longue et brillante carrière.[2] » Doté d'une grande fortune, sachant recevoir agréablement, le comte et la comtesse de Maurepas recevaient, dans leur exil, de nombreuses visites. Maurepas entretenait une abondante correspondance avec le personnel politique, les savants et les hommes de lettres, qui le consultaient sur toutes les affaires importantes du temps.

Ministre d'État de Louis XVI (1774-1781)

Vingt-cinq ans plus tard, à l'accession de Louis XVI, Maurepas devint ministre d'État dès mai 1774. Il ne fut pas nommé principal ministre en titre, mais il eut la préséance dans le Conseil. Lui-même se présentait comme le Mentor du jeune roi. « Le comte de Maurepas », note le prince de Montbarrey, « le premier quart d'heure de son installation, eut l'air d'occuper une place qu'il n'avait jamais quittée. » Il fit nommer Turgot contrôleur général des finances, Lamoignon-Malesherbes à la Maison du Roi et Vergennes ministre des Affaires étrangères.

Nonobstant, il commit l'erreur de rappeler les Parlements, qui avaient été suspendus par Maupeou en 1770, remettant en selle le pire ennemi du pouvoir royal. Jaloux de son ascendant sur Louis XVI, il intrigua contre Turgot dont la disgrâce en 1776 fut suivie après six mois de troubles par la nomination de Necker. En 1781 Maurepas se détourna de Necker comme il s'était détourné de Turgot. Il mourut à Versailles le 21 novembre 1781.

Œuvres

  • Maurepas a contribué à la collection de facéties connue sous le titre d'Étrennes de la Saint Jean (1742).
  • Certaines de ses lettres ont été publiées en 1896 par la Société de l'histoire de Paris.
  • Les 4 volumes des Mémoires de Maurepas, prétendument rassemblés par son secrétaire et publiés par J.L.G. Soulavie en 1792, sont apocryphes.

Notes et références

  1. Bruno de Dinechin, Duhamel du Monceau. p50. Connaissance et mémoires européennes, 1999 (ISBN 2-919911-11-2)
  2. Edgar Faure, La disgrâce de Turgot, 1973, pp. 21-22

Bibliographie

  • Arnaud de Maurepas, Antoine Boulant, Les ministres et les ministères du siècle des Lumières (1715-1789). Etude et dictionnaire, Paris, Christian-JAS, 1996, 452 p.

Voir aussi

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