Cathedrale Saint-Pierre de Montpellier

Cathedrale Saint-Pierre de Montpellier

Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier

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Cathédrale
Saint-Pierre de Montpellier
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Latitude
Longitude
43° 36′ 48″ Nord
       3° 52′ 27″ Est
/ 43.613333, 3.874167
 
Pays France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Ville Montpellier
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattaché à Diocèse de Montpellier
Début de la construction XVIIe siècle
Style(s) dominant(s) Gothique
Classé(e) Monument historique

Sommaire

Histoire

Origine

La cathédrale Saint-Pierre de Montpellier était à l'origine la chapelle du monastère bénédictin de Saint-Benoît, fondée en 1364, par le pape Urbain V. Cette église fut érigée en cathédrale en 1536, lorsque le siège épiscopal est transféré de Maguelone à Montpellier. L'historienne montpelliéraine Louise Guiraud décrit précisément l'architecture du bâtiment ainsi que la composition des différentes chapelles[1].

Après 1536

La façade principale de la cathédrale Saint-Pierre
La Cour d'honneur de la Faculté de Médecine (ancien cloître du monastère Saint-Benoît) et le Theatrum Anatomicum
Le clocher vu depuis la cour d'honneur de la Faculté de Médecine
Le grand orgue

Quatre tours s'élèvent aux angles de la nef, dont l'une fut abattue lors des mouvements iconoclastes de 1567. Le bâtiment est muni de défenses importantes, ce qui en fait une forteresse. À la fin du XVIe siècle on la surnomme d'ailleurs le "fort Saint-Pierre". L'une des façades était couronnée par des mâchicoulis surmontés de créneaux, derrières lesquels devait courir un chemin de ronde dans l'épaisseur du mur. L'entrée est précédée d'un porche massif, composé de deux piliers cylindriques et d'une voûte reliant les piliers à la façade de l'église.

Ce sont pratiquement les seuls éléments de l'architecture médiévale de la cathédrale que l'on peut encore observer aujourd'hui. L'église était composée d'un vaisseau unique, de cinq travées délimitant les chapelles latérales au nombre de quatorze. Elles sont dédiées à saint Germain, à Notre Dame, à saint Victor, à sainte Cécile, sainte Ursule et les onze mille vierges, saint Martin, sainte Catherine, à la Sainte Croix, à saint Pierre, sainte Marie Madeleine, saint Blaise, saint Lazare et saint Michel. L'ornementation de l'église était très riche. L'autel majeur était entouré d'un retable de vermeil. Au rez-de-chaussée, la petite sacristie était commune avec l'église. Il y avait à l'intérieur des armoires à plusieurs serrures, dont l'une ou l'on avait pour habitude de conserver des reliques (bras d'argent de saint Benoît, de saint Germain et de saint Blaise) ainsi que des livres et du linge dans des coffres. Cette sacristie était dite mineure par opposition à la sacristie majeure qui contenait le trésor (reliquaires, vases sacrés, ornements précieux)

Les guerres de religion

Durant les guerres de religion, la cathédrale a été la cible des attaques protestantes. Le 20 octobre 1561, après un siège durant la nuit, la foule pénètre par une brèche dans la cathédrale où s'étaient réfugiés quelques dignitaires catholiques accompagnés d'une troupe de soldats. L'étendue du massacre varie entre 8 et 50 morts selon les chroniqueurs. Théodore de Bèze dans l’Histoire ecclésiastique, par exemple dénombre les morts sur place et ceux qui meurent quelques jours plus tard de leurs blessures. Jacques de Montaigne dans l’Histoire de l'Europe avance le nombre de 17 morts, ce qui paraît plus probable. Quoi qu'il en soit, le meurtre précéda le pillage et la ruine. En 6 ou 7 heures l'église fut complètement dépouillée. Cependant, les consuls de la ville (tous protestants) réussirent à préserver le trésor en établissant un inventaire. Le pillage de la cathédrale fut suivit du pillage des couvents et des monastères de la ville. En 1562, la cathédrale perd ses cloches et ses grilles de fer qui sont fondues pour faire des munitions face au siège de la ville par les catholiques.

En 1567, la cathédrale subit les assauts des protestants qui cette fois vont s'attaquer au bâtiment. Une tour s'effondre sous les coups des calvinistes entraînant avec elle l'ensemble du bâtiment. Les chanoines de la cathédrale se réfugièrent à Villeneuve-les-Maguelone et à Frontignan ou ils restèrent jusqu'à la fin du siège de Louis XIII en 1622.

Le roi fit aussitôt reconstruire la cathédrale. La voûte, le pavement de la nef et la façade sont refaits. Après avoir été réaménagée selon un projet de Jean-Antoine Giral au XVIIIe siècle, Saint-Pierre est victime de la volonté de la transformer en un édifice plus ambitieux.

Agrandissements du XIXe siècle

Les travaux dirigés par Revoil de 1855 à 1875 aboutissent à une reconstruction de la tour-clocher et à l’ajout de chapelles rayonnantes. Auguste Baussan refait le décor sculpté de la tour et du tympan dans le goût du XIIIe siècle ; les verrières du transept et du chœur, exécutées par Édouard Didron et Paul Nicod, sont posées entre 1870 et 1872. Dans le bras droit, un tableau de Sébastien Bourdon représente La chute de Simon le Magicien (1657), épisode apocryphe de la vie de saint Pierre.

En 1795, le siège épiscopal, (l'ancien monastère Saint-Benoît), devient le siège de l'École de Médecine.

La cathédrale Saint-Pierre est érigée en archidiocèse métropolitain le 8 décembre 2002 par décret de la Congrégation pour les évêques. La Province ecclésiastique de Montpellier comprend à présent les diocèses suffragants de Mende et de Perpignan-Elne (auparavant suffragants d’Albi), de Nîmes (auparavant suffragant d’Avignon) et de Carcassonne (auparavant suffragant de Toulouse).

Le grand orgue

En 1775, l'évêque de Montpellier, monseigneur de Malide, ordonna d'abattre l'ancien chœur édifié au XIVe siècle par Urbain V, devint trop exigu. Les commissaires firent appel au plus grand facteur d'orgue de l'époque : Jean-François L'Epine. Avant de mettre en place l'instrument, il a fallu refaire la tribune pour soutenir l'édifice et faire que les trépidations ne désaccordent pas l'orgue. Depuis sa création en 1776, l'orgue fut régulièrement entretenu des fournitures aux nouvelles souffleries en passant par l'ajout de nouvelles souffleries ou tuyaux. En 1923, il fut équipé d'une soufflerie électrique. En 1943, la réfection d'une toiture fut désastreuse pour l'orgue ; en effet, la poussière et les plâtras tombèrent sur l'instrument et bouchèrent les tuyaux et paralysèrent les registres et les claviers. Une restauration fut entreprise et l'on en profita pour rajouter de nouvelles sonorités.

Lors du millénaire de Montpellier, en 1985, l'éclairage de la cathédrale fut entièrement refait par la Conservation régionale des monuments historiques, avec le concours de la ville de Montpellier. Des projecteurs ont ainsi sorti l'orgue de sa demi-obscurité.

Un peu plus tard, une nouvelle restauration vue le jour car les tuyaux de la tourelle centrale dont les pieds d'affaissaient sous le poids fut réparé. Les instruments de musique enlacés et les consoles furent dorés à la feuille. Il fallut 16 000 feuilles d'or à 22 carats pour garnir l'orgue.

Quelques chiffres

  • longueur à l'intérieur : 95 mètres
  • hauteur de la nef : 28,50 mètres
  • hauteur du transept et du choeur : 27,50 mètres
  • largeur de la nef : 26,7 mètres
  • Monument historique, classement par arrêté du 9 août 1906

À l’extérieur, les deux piliers (4,55 mètres de diamètre) et le baldaquin devant le grand portail sont d'origine (XIVe siècle) et purement décoratif. Le portail gothique latéral, consacré à la Vierge, est l’oeuvre du sculpteur Auguste Baussan. Il a été inauguré en 1875.

Liens internes

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Liens externes

Notes

  1. (GUIRAUD, Louise, Les Fondations du pape Urbain V à Montpellier : le monastère Saint-Benoît et ses diverses transformations depuis son érection en cathédrale en 1536, J. Martel Aîné, 1891, 268 p.)
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