- Bullitt (film, 1968)
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Bullitt
Données clés Réalisation Peter Yates Scénario Roman :
Robert L. Fish
adaptation :
Alan Trustman
Harry KleinerActeurs principaux Steve McQueen
Robert Vaughn
Jacqueline Bisset
James HaganPays d’origine États-Unis
Sortie 1968 Durée 113 min. Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Bullitt est un film américain réalisé par Peter Yates, sorti en 1968. Bullitt est adapté d'un roman de Robert L. Pike intitulé Mute witness.
Sommaire
Synopsis
Frank Bullitt, un lieutenant de police, est chargé par un politicien ambitieux de protéger Johnny Ross, un gangster dont le témoignage est capital dans un procès où est impliqué l'homme politique. Malgré les précautions prises par Bullitt et ses hommes, Ross est grièvement blessé, et décède des suites de ses blessures sur son lit d'hôpital. Bullitt mène alors l'enquête pour retrouver les meurtriers.
Fiche technique
- Titre original : Bullitt
- Genre : Policier
- Année de production : 1968
- Réalisation : Peter Yates
- Scénario : Robert L. Fish, Harry Kleiner et Alan Trustman
- Production : Solar & Warner Bros. Pictures
- Musique : Lalo Schifrin
- Photographie : William A. Fraker
- Montage : Frank P. Keller
- Coordination Cascades/préparation mécanique : Pierre Parks (Alias Peppone)
- Pays d'origine : États-Unis
- Format : Couleurs (Technicolor) - 1,85:1 - mono - 35 mm
- Genre : Action, policier
- Durée : 113 minutes (1h53)
- Date de sortie : 17 octobre 1968 (États-Unis), 17 mars 1969 (France)
- Budget : 5,5 millions de $
- Box-office US : 42 millions de $
- Entrées en France : 3 054 612
Distribution
- Steve McQueen : Lieutenant Frank Bullitt
- Robert Vaughn : Walter Chalmers
- Jacqueline Bisset : Cathy
- Don Gordon : Détective Delgetti
- Robert Duvall : Weissberg
- Simon Oakland : Captain Sam Bennett
- Norman Fell : Capitaine Baker
- Carl Reindel : Inspecteur Stanton
- Felice Orlandi : Albert E. Renick
- Pat Renella : Johnny Ross
- Ed Peck : Wescott
- Pat Renella : Johnny Ross / Albert E. Renick
Commentaire
Le film est centré tout entier sur le personnage principal, le lieutenant Frank Bullitt, interprété par Steve McQueen ; il est présent dans chacune des scènes, exceptées la scène d'introduction et la scène entre Walter Chalmers et le capitaine Sam Bennett, devant l'église. De plus, le film se déroule sur une période de temps très courte, deux jours. Le scénario se concentre non seulement sur la psychologie de Bullitt et l'action en cours, en choisissant de ne pas s'élargir à de multiples intrigues et personnages, à l'instar des classiques du film noir, comme Le Grand Sommeil par exemple.
Bullitt est donc un film simple avec une intrigue facile à suivre, des personnages peu nombreux et qui parlent peu. Ceci n'empêche toutefois pas les acteurs de réaliser une performance : bien que le visage de Steve McQueen reste à tout moment quasiment immuable, stoïque, il n'en est pas moins expressif. Le caractère de Bullitt est décrit en quelques plans : il est direct, renfermé, séducteur, mais romantique, incorruptible (« We all have to compromise » « Bullshit »), un peu filou, et il possède un profond sens du devoir. D'une esquisse presque caricaturale donnée par le scénario, Steve McQueen amène son rôle à un archétype à la Bogart.
La course-poursuite
Cette scène fait désormais partie des classiques du cinéma américain. Elle constitue la première course-poursuite en voiture digne de ce nom (Dodge Charger R/T '68 et Ford Mustang Fastback GT390 de 1968, debadgée par Carroll Shelby à la demande de Steve McQueen ) de l'histoire du cinéma ; elle parvient à se démarquer de celles qui l'ont suivie par un réalisme saisissant grâce à un positionnement judicieux des angles de vue.
Le lieutenant Bullitt se rend compte qu'il est suivi par une autre voiture alors qu'il mène son enquête dans San Francisco. On pourrait donc s'attendre à ce qu'il joue le rôle du poursuivi dans la scène de course-poursuite qui va suivre, mais c'est tout le contraire qui se produit. Bullitt, malin, parvient à échanger les rôles et c'est désormais lui qui traque les deux tueurs à gage dans une course-poursuite qui dure près de dix minutes et qui pour la Charger se terminera dans une station-service pour y partir en fumée....
Le réalisateur parvient à intégrer le spectateur en lui faisant adopter le point de vue du pilote, à la manière d'une vue subjective d'un jeu vidéo. À cela s'ajoute le travail sur le son : lors des plans embarqués, le bruit du moteur de la Dodge (sourd et mat) et celui de la Mustang (pétaradant et plus aigu) sont sensiblement différents, ce qui produit deux ambiances distinctes à l'intérieur de chaque engin. La scène gagne donc un certain cachet de réalisme que l'on a du mal à retrouver dans des scènes de courses-poursuites plus modernes. Les plans extérieurs aux deux voitures sont relativement larges, ce qui permet de mieux appréhender l'ampleur de l'action : les virages qui font crisser les pneus, les sauts dans les pentes des rues de San Francisco, les dépassements tôle contre tôle sur l'autoroute, rien n'est truqué mais contrairement à la croyance populaire, ce n'est pas Steve McQueen seulement qui conduit lors du tournage de cette scène (les compagnies d'assurance ont catégoriquement refusé), mais aussi Bud Edkins qui lui même faut le saut à moto dans la grande évasion.[réf. nécessaire]. On peut voir durant le film que la même scène est repassée plusieurs fois (le moment où ils doublent une Coccinelle verte dans une descente), mais dans des plans différents. Ce qui donne l'illusion d'avoir des scènes différentes alors que c'est toujours la même.
Contrairement à des scènes de poursuite comme celles de Duel (Steven Spielberg, 1971) ou des Blues Brothers (John Landis, 1980) qui utilisent des voitures familiales, la Ford Mustang Fastback GT '68 (V8 de 390 pouces cubes, immatriculée JJZ 109) de Bullitt et la Dodge Charger R/T 1968 (V8 440 ci, 7.2 litres) des tueurs sont de vrais bolides ; le but de la scène n'est pas de démolir le plus de véhicules possibles (comme dans The Blues Brothers), ni de se livrer à des acrobaties (comme dans les Aventuriers de l'arche perdue), mais de produire une démonstration de pure habileté de conduite.
On peut d'ailleurs la voir comme un contre point vivifiant à l'hypnotique et quasi morbide poursuite au ralenti dans ces mêmes rues, visible dans Vertigo, où James Stewart cède peu à peu de sa lucidité dans le grand labyrinthe suspendu, fondu aux lents virages de la Rolls que conduit Kim Novak.
Ce qui suit révèle l'énigme de l'histoire
Alors qu'un policier était avec Ross dans sa chambre d'hôtel, le réceptionniste, à 1 heure du matin annonce que deux hommes dont le procureur Chalmers sont à l'accueil. Il demande s'ils peuvent monter. Le policier téléphone à Bullitt, qui lui ordonne de ne pas les faire monter. Durant cette conversation, Ross s'est approché de la porte, et a défait la chaîne de sécurité. Le policier le constate mais tout de suite elle s'ouvre sur un homme qui lui envoie une décharge de carabine à pompe, puis ce tueur vise Ross, qui surpris s'abat. Bullitt obtient de son officier de police, dans l'ambulance, le fait que Ross a facilité l'entrée des tueurs. Par la suite Bullitt découvre qu'une jeune femme à qui Ross avait téléphoné a été assassinée. Les empreintes digitales de Ross lui apprennent qu'en fait Ross est un individu nommé Reenick, c'est l'épouse de ce dernier qui a été tuée. Ross qui a volé 2 000 000 $ à la Mafia est traqué par elle. Il a accepté de témoigner contre l'Organisation en échange de la protection du procureur Chalmers. En fait Ross a assuré sa propre couverture, en faisant tenir son rôle par Reenick. Bien lui a pris, Reenick ayant été abattu, Ross élimine Madame Reenick. Bullitt en fouillant les valises du couple Reenick apprend qu'ils pensaient partir pour Rome. Supposant que Ross va prendre leur place, il va à l'aéroport où il traque Ross.
Autour du film
Concernant la célèbre course de voitures dans les rues de San Francisco pour le film Bullitt, Steve McQueen fit appel à son ami Bill Hickman, ancien coureur motocycliste, pour conduire le véhicule qu'il poursuit dans le film. L'acteur exigea par ailleurs de ne pas être doublé dans cette séquence. La vitesse au compteur pouvait atteindre deux cents kilomètres à l'heure. Le tournage de cette scène dura trois semaines et nécessita le recours à deux Ford Mustang et deux Dodge Charger.
Lors d'une prise de cette fameuse scène, les freins de la mustang de Steve McQueen lâchèrent, il réussit néanmoins à arrêter le bolide en utilisant le frein moteur alors qu'il se trouvait à près de 180 km/h. Steve McQueen loua même un circuit afin que Bill Hickman et lui puissent s’entraîner et ainsi avoir confiance l'un dans l'autre lors des prises[1].
La célèbre Ford Mustang Bullitt est née sur un coup de colère de Steve McQueen, acteur mais également producteur du film Bullitt, qui voulait une participation financière de la part de la Ford Motor Company. Cette dernière ne donnant pas suite à sa demande, Steve McQueen décida de retirer tous les signes distinctifs de la voiture (il n'y a plus le célèbre logo Mustang, les jantes sont noires et de type "American Racing"). Ainsi naquit la Ford Bullitt. Ford reprit en 2001 et 2008 une série limitée Ford Bullitt[2].
Autre scène dans laquelle Steve McQueen prit des risques : celle de la poursuite sur la piste d'atterrissage de l'aéroport. C'est en effet lui-même qui poursuit le véritable Ross en se trouvant sous les roues d'un avion prêt à décoller.
Distinctions
Récompenses
Anecdotes
- Steve McQueen a confié la réalisation du film au réalisateur britannique après avoir vu et apprécié Trois milliards d'un coup (1967). Ce sont ses débuts à Hollywood. Mais celui-ci accepta à condition que le scénario soit modifié et que le tournage se déroule dans des décors naturels, ce qui permettait de moderniser le sujet. McQueen soutient ses exigences face à la Warner. Mais à la fin du tournage, la major, qui devait produire encore cinq autres films avec McQueen, préféra résilier le contrat qui les liait.
- Le maire de San Francisco, Joseph L. Alioto, autorisa à tourner dans la ville et mit trois policiers à disposition afin de barrer les rues et d'assurer la sécurité des lieux où avait lieu le tournage. Pour le remercier, McQueen força la Warner à donner à la ville l'argent nécessaire à la construction d'une piscine.
- Le compositeur de la bande originale, Lalo Schifrin, est également l'auteur du générique des séries télévisées Starsky et Hutch et Mission impossible.
- C'est la première fois que l'injure « bullshit » est mentionnée dans le scénario d'une grosse production américaine.
- Steve McQueen et Robert Vaughn avaient déjà joué ensemble dans Les Sept Mercenaires et se retrouveront une fois de plus (même s'ils n'ont aucune scène ensemble) dans La Tour infernale.
- La poursuite entre Bullit et l'homme sur les pistes de l'aéroport peut faire penser à celle entre Robert De Niro et Al Pacino dans "Heat" (tourné 27 ans plus tard).
- Après le décès de Steve McQueen en 1980, Jean-Paul Belmondo lui rendit hommage dans un film policier en 1983 ("le Marginal") en exigeant qu'une poursuite de voitures, semblable à celle de Bullit, y soit intégrée. Belmondo conduisant lui-même la voiture du poursuivant, une Ford Mustang.
Notes et références
- Steve McQueen, L'indomptable film documentaire
- Reportage par l'émission Turbo de M6 sur la Ford Mustang Bullitt
Lien externe
Catégories :- Film sorti en 1968
- Film américain
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- Film policier
- Film tourné en Illinois
- Film tourné à San Francisco
- Film se déroulant à San Francisco
- Film de Warner Bros
- Film avec un Oscar du meilleur montage
- Film de poursuite
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