Maurice André

Maurice André
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Maurice André
Naissance 21 mai 1933 (1933-05-21) (78 ans)
Alès, Drapeau de France France
Activité principale trompettiste
Style Musique classique
Activités annexes Professeur au CNSM de Paris
Maîtres Raymond Sabarich
Élèves Eric Aubier, Guy Touvron, Bernard Soustrot
Descendants Nicolas André, Béatrice André, Lionel André
Récompenses 1er prix du Concours international d'exécution musicale de Genève, 1er prix du Concours international de musique de l'ARD Munich
Distinctions honorifiques Légion d'honneur, 4 victoires de la musique, ...
Site internet maurice-andre.com

Maurice André, Jean, est un trompettiste français classique né à Tamaris, faubourg d'Alès dans le Gard, le 21 mai 1933. Il a été professeur de trompette au conservatoire national supérieur de musique de Paris où il a introduit l'enseignement de la trompette piccolo notamment pour le répertoire baroque, il a joué et enregistré les grands concertos du répertoire avec les plus illustres chefs d'orchestre de son époque. Inspirateur de nombreuses innovations de l'instrument, sa grande maîtrise technique et son profond sens artistique ont contribué depuis cinquante ans à populariser la trompette dans le monde entier.

Sommaire

Biographie

L'apprentissage et les débuts

Il est issu d'une famille de mineurs. En 1944, il commence par apprendre le solfège durant deux années avant même que de pouvoir toucher à son premier cornet, cadeau de prix, pour un père d'origine modeste. Il descend à la mine de 14 à 18 ans, tout en commençant à étudier la trompette, avec comme premier professeur son père, Marcel-Jean André, grand amoureux de musique classique. Son frère Raymond est également trompettiste et ils feront quelques concerts et enregistrements ensemble notamment le concerto pour deux trompettes de Vivaldi.

Ensuite, c'est Léon Barthelemy, secrétaire-comptable aux abattoirs d'Alès et ancien élève de trompette de Merri Franquin, qui dirigera le jeune Maurice André dans ses premières études musicales.

Au Conservatoire de Paris, où il entre en 1951 après s'être engagé comme trompettiste dans le 8e régiment de transmissions, il est l’élève de Raymond Sabarich et obtient un premier prix d'honneur de cornet en 1952 et un premier prix de trompette l'année suivante (le 9 juillet 1953). Il rentre dans l'orchestre symphonique de la société des conservatoires aux côtés de Louis Menardi. Rapidement, il s’impose comme la figure marquante d’une génération de trompettistes français : il est trompette solo aux concerts de l'orchestre Lamoureux (1953-1960), à l'Orchestre philharmonique de l'ORTF (1953-1963) et à l'Opéra-Comique (1962-1967).

À l'automne 1953, il enregistre chez Erato son premier disque avec l'orchestre Jean-François Paillard où figurent des compositeurs italiens.

Il joue également au Cirque Médrano, au Théâtre Mogador, … et réalise de nombreux enregistrements studio en même temps avec notamment Henri Salvador et Charles Trenet (trompette bouchée dans la chanson Nationale 7 en 1955).

L'ascension

En 1955, il obtient le premier prix du Concours international d'exécution musicale de Genève. Il joue en soliste et sa carrière prend un essor international après le premier prix qu’il remporte au Concours international de musique de l'ARD Munich en 1963. À noter qu'on l'avait d'abord sollicité pour faire partie du jury mais qu'il a préféré participer en tant que candidat n'ayant jamais tenté ce concours auparavant (il raconte lui même que le lauréat étant mieux rémunéré qu'un membre du jury, le choix était vite fait ! in « Maurice André intime »). Après le succès de ces deux concours, il sera invité par les plus grands chefs d'orchestre en tant que soliste. Il enchaîne concerts après concerts et illumine l'auditoire dans l'interprétation redoutable du 2e Concerto Brandebourgeois de Jean-Sébastien Bach qu'il passe avec aisance et légèreté. Ce morceau deviendra son « signe de reconnaissance » avec la Badinerie de la Suite en Si mineur. De 1967 à 1978, il est professeur au Conservatoire de Paris succédant à son maître Raymond Sabarich, il y introduit la petite trompette (piccolo) pour le répertoire baroque. Il y forme plus de cent trompettistes, parmi lesquels Bernard Soustrot, Guy Touvron, Éric Aubier, Thierry Caens, Jean-Paul Leroy [1] et Pierre Palas.

Il jouera avec les plus grands chefs : Jean-François Paillard (selon ses propres dires, le chef dont il épousait totalement les options artistiques), Karl Richter, Herbert von Karajan, Karl Münchinger, Riccardo Muti, Jesús López Cobos, Michel Plasson, Charles Mackerras, Karl Böhm, Léonard Bernstein, etc. Toujours avec simplicité et modestie.

En 1980, l'émission de Jacques Chancel - Le Grand Échiquier - ouvre ses portes à Maurice André et un très large et jeune public découvre le Maître dans toute la perfection de son art. Le succès de cette émission poussera à renouveler l'expérience, 8 années plus tard.

Son activité discographique est impressionnante : il enregistre plus de 255 enregistrements dont près de 50 réalisés avec l'orchestre de chambre Jean-François Paillard.

Malgré une carrière remplie de succès, il n'a jamais oublié ses origines modestes auxquelles il fait référence à chaque concert et émission de télévision. Il a notamment enregistré de nombreux airs populaires avec la même exigence que pour les grands concertos classiques.

Il vécut de nombreuses années à Presles-en-Brie où l'école publique porte son nom en son hommage. Il vit désormais retiré à Urrugne au Pays basque où il s'adonne à la sculpture sur bois entre deux morceaux de trompette. Il continue toujours à donner des cours de maître à de jeunes trompettistes prometteurs, tel Rubén Simeó, etc.

En 2003, il a été reconnu par ses pairs comme étant le trompettiste du siècle (XXe siècle).

Après une carrière intense menée jusqu'au début des années 1990, avec parfois près de deux cent cinquante dates programmées dans une même année, Maurice André donne son dernier concert le 9 octobre 2008, à la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers, à l'âge de soixante-quinze ans.

Son apport à la musique

L'organiste Marie-Claire Alain et Maurice André au Festival Bach de Saint-Donat en 1969

Maurice André a considérablement fait évoluer le jeu de la trompette, qui est devenue, grâce à lui, un instrument virtuose, mais surtout, un instrument mélodique. Bon nombre d'œuvres baroques et classiques, tombées dans l’oubli en raison de leur difficulté technique (usage presque exclusif des tessitures aiguës) ont été ressuscitées grâce à lui. Il a réalisé de nombreux enregistrements notamment avec la célèbre organiste Marie-Claire Alain. Ensemble, ils réalisèrent de nombreuses tournées à travers toute la France.

Il a travaillé, en se basant sur un prototype des années 1950, en étroite liaison avec la célèbre maison Selmer qui fabrique, sur ses directives, une trompette piccolo en si bémol aiguë à quatre pistons spécialement adaptée à ce répertoire.

La trompette connaît, grâce à lui, une popularité nouvelle qui entraîne de nombreux émules dans son sillage. Il a suscité aussi des partitions nouvelles : concertos de Henri Tomasi, Boris Blacher et Marcel Landowski, Heptade et Arioso barocco d’André Jolivet, œuvres d’Antoine Tisné, Germaine Tailleferre et Jean-Claude Éloy. Il commandera aussi une œuvre à son ami Claude Bolling alliant trio jazz et le soliste classique: toot suite. Sous son impulsion, la trompette a retrouvé les lettres de noblesse qu’elle avait acquises au XVIIIe siècle et l’école française s’est imposée comme la plus importante de la fin du XXe siècle.

Il participe également de manière importante à la musique de kiosque de style champêtre, reprenant un vaste répertoire composé notamment au début du siècle précédent, formé de polkas, marches, scottish et mazurkas populaires, comme les célèbres "Variations sur le carnaval de Venise", ou des airs populaires, comme "Viens Poupoule", "C'est l'piston" de Bourvil ou "Le Corso Blanc".

Ouvert à tous les styles, il interprétera également des musiques viennoises et de films.

En 1979, la ville de Paris crée le Concours de trompette Maurice André qui sera le premier des Concours internationaux de la Ville de Paris. En 2006 a eu lieu la sixième édition du concours de trompette Maurice André qui a désormais lieu tous les 3 ans. Le concours est présidé par Maurice André et le jury est choisi parmi les meilleurs trompettistes du monde entier.

Distinctions et récompenses

Outre les dizaines de disques d’or et de platine, Maurice André compte de nombreuses distinctions et récompenses.

  • En 1987, puis à trois reprises, les victoires de la musique classique lui sont décernées.
  • En France, il reçoit la Légion d’honneur.
  • En Angleterre, il est nommé membre d’honneur de l’Académie royale de la capitale britannique. Il figure dans le grand livre parmi les trois cents plus grands musiciens de tous les temps, au même titre que Prokofiev, Mendelssohn ou Stravinsky.
  • En 2000, il reçoit la médaille d’or de l’Académie « Arts Sciences et Lettres ».
  • En 2006, les Américains le proclament officiellement « meilleur trompettiste du monde » devant Louis Armstrong, Miles Davis et Dizzy Gillespie.
  • Le dimanche 1er juin 2008, en sa présence et de celles de son épouse et de ses enfants, au cours de la messe d'action de grâce célébrée dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste d'Alès, il recevait un message du pape Benoit XVI ainsi que la bénédiction apostolique du Saint Père.
  • Dans le monde entier, des écoles de musique portent son nom.

Citations[1]

Quelques citations sur Maurice André :

  • Jacques Chancel : « Maurice André est un humaniste qui ne se sait pas (...) C'est un homme simple. Il n'est pas comme certains qui, n'ayant pas de talent, croient que les autres vont leur reconnaitre du génie. »
  • Herbert von Karajan : « C'est sûrement le plus grand trompettiste, mais il n'est pas de notre monde. »
  • Pierre Dutot : « Merci à Maurice André pour tous ces instants de bonheur simples et vrais. Son aura, servie par un son incomparable a fait l'unanimité autour de sa personnalité. Seule la musique servie par les plus grands peut ainsi rassembler les hommes dans le plaisir et l'émotion. »[2]
  • Otto Sauter : « Sans Maurice, la trompette piccolo ne serrait jamais entrée dans les salles de concerts comme instrument seul, telle qu'elle est. »

Quelques citations de Maurice André :

  • « Ma réussite je la dois à soixante pour cent de don et quarante pour cent de travail. Même en bossant comme un fou et bien comme il faut, cela ne sert à rien si l'on n'a pas le don. »
  • « Je pense que, unis comme le sont les trompettistes à travers le monde, ils réussiront à faire de la trompette l'égale du violon ou du piano. »
  • « Bien souvent, on va chercher des complications inutiles. Je me suis dit : une embouchure, c'est ni plus ni moins qu'un bout de fer qu'on met sur les lèvres. Plus le bord est étroit, plus il va couper la lèvre. Mais, à l'opposé, plus il sera large, plus il sera reposant. »
  • « Beaucoup me suivent mais je n'ai qu'un prédécesseur : Adolf Scherbaum à qui je dois tout. Mon style s'est formé sur le sien. Scherbaum a été l’une de mes idoles. J’ai tous ses enregistrements de Bach. »
  • « Beaucoup de jeunes trompettistes possèdent la technique et le son mais ils manquent parfois de musicalité. »
  • « Il faut beaucoup écouter les autres instrumentistes. J’ai forgé mon staccato sur celui du piano, mon registre grave sur celui du violoncelle, mes mélodies sur le lyrisme du violon, mes notes rapides sur celles de la clarinette (...) Beaucoup de jeunes trompettistes ne vont pas au concert, ils ne veulent pas écouter un pianiste, un violoncelliste... C’est une grave erreur (...) Le fait de travailler pianissimo m'aide beaucoup. Je sens les "creux" dans les notes, celles qui ne répondent pas. »
  • « Quand on joue un andante, on doit vous faire pleurer... »
  • « La clé de tout, c'est le travail journalier. C'est le fondement. »
  • « ...C'était ça Karajan, un businessman. Il est le premier à avoir fait des vidéos, il enregistrait trois fois plus que les autres. S'il s'était occupé de la régie Renault, on aurait vendu dix fois plus de voitures... »
  • « Ce qui m'a forgé, c'est le travail dans la mine, à 14 ans, où je chargeais dix-sept tonnes par jour. »
  • « Travailler le bois est pour moi une respiration (...) La sculpture, c'est mon refuge. »

Discographie

Environ 280 disques dont :

  • Concertos pour trompette
  • Concertos baroques italiens
  • Trompette et orgue
  • Various Trumpet Concertos avec Herbert von Karajan
  • Concertos et sonates pour orchestre
  • Les chefs-d'oeuvre de la trompette
  • Musique à Notre-Dame avec Pierre Cochereau
  • La trompette baroque
  • Musique pour trompette
  • Trompette d'or de Maurice André
  • Maurice André, ses plus grands succès
  • La belle époque
  • Trompettissimo avec Jean-Michel Defaye
  • Les plus beaux Noëls avec les petits Chanteurs de St Laurent, orch François Rauber
  • La trompette de toutes les mélodies
  • Ballade pour trompette
  • La trompette du siècle
  • Le meilleur de moi-même
  • Toot suite avec Claude Bolling
  • L'extraordinaire trompette de Maurice André
  • Trompette et piano avec Jean Hubeau (33 tours)
  • Maurice André et Marcel Lagorce - Quatre polkas avec Marcel Lagorce (45 tours)
  • Musiques de kiosque avec l'orchestre de la garde républicaine direction Roger Boutry (1980)
  • Kiosque 1900 - Fantaisies, Polkas... orch des Gardiens de la Paix de Paris dir Claude Pichaureau, participation de Désiré Dondeyne, commenté par Pierre-Marcel Ondher
  • Gaietés champêtres et Surprises champêtres, orch André Carradot et les "Drilles en Trilles", avec les commentaires de Pierre-Marcel Ondher et Bourvil (1964-1965)
  • Album d'Or champêtre avec l'orchestre François Rauber (1984)
  • La Trompette d'or de Maurice André Vol.1 et 2 (avec orgue,contrebasse,batterie) (Le p'tit quinquin, Greensleeves... sous forme jazz)(1970)

Une grande partie des enregistrements vinyles de Maurice André n'a pas été rééditée en CD.

Bibliographie

  • Une trompette pour la renommée, biographie écrite par le soliste international Guy Touvron et publiée au éditions Rocher en 2003 (ISBN 2268047857)
  • Le Soleil doit pouvoir briller pour tout le monde : souvenirs et mémoires de la trompette du siècle par Thierry Martin aux éditions Publibook (avril 2007) (ISBN 9782748335095)

Références

Voir aussi

Liens externes


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