Belhassen Trabelsi

Belhassen Trabelsi
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Belhassen Trabelsi (بلحسن الطرابلسي), né le 5 novembre 1962 à Tunis, est un homme d'affaires tunisien. Durant sa carrière, il est présent dans les secteurs du tourisme, de l'immobilier, des technologies de l'information, du transport aérien et de l'industrie[1].

Sommaire

Biographie

Carrière

Il étudie entre 1981 et 1985 à l'École nationale des ingénieurs du bâtiment d'Alger puis revient à Tunis et crée en 1986 une entreprise de génie civil tout en se lançant dans le commerce de clinker[1].

Se tournant vers le tourisme, il lance sa propre compagnie aérienne, Karthago Airlines, avec un capital de dix millions de dinars avant de s'associer avec Dubai Investment Group[1] ; celle-ci finit par fusionner à l'automne 2008 avec Nouvelair Tunisie dont Trabelsi est nommé PDG le 27 octobre 2008[2]. Il cède dans le même temps deux de ses hôtels de luxe à Djerba et Hammamet à la Libyan Arab African Investment Company pour 165 millions de dinars[1], achète l'hôtel Abou Nawas Le Palace à Gammarth, entre en août 2008 au conseil d'administration de la Banque de Tunisie et lance en septembre des projets dans la cimenterie et le raffinage du sucre[1].

La plupart de ses entreprises sont regroupées dans le groupe Karthago qui figure parmi les dix premiers groupes privés tunisiens[1].

Liens avec le pouvoir

Le fait qu'il appartenait au comité central du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir[3], et que sa sœur Leïla Ben Ali soit l'épouse du président de la République tunisienne Zine el-Abidine Ben Ali explique sa réussite selon certains de ses concurrents[1]. Par ailleurs, d'autres observateurs ainsi que les services de l'ambassade américaine en Tunisie notent que la généralisation de la corruption dans le pays a bénéficié aux principaux membres de la famille Trabelsi, qualifiée de « clan quasi-mafieux »[4]. Lui-même, considéré comme le « Parrain » de ce clan, serait impliqué dans un grand nombre de faits de corruption, de la Banque de Tunisie à des expropriations, en passant par l'extorsion de pots-de-vin[5].

C'est pourquoi, en pleine révolution qui renverse le régime, il fuit le pays avant d'être repéré au Canada[6]. Quelques jours plus tard, le gouvernement de transition tunisien lance un mandat d'arrêt international visant Trabelsi et d'autres membres de la famille de l'ancien président ; ils font également l'objet d'un avis de recherche d'Interpol.

Il est condamné le 28 septembre 2011 par contumace à quinze ans et deux mois de prison pour exportation de devises et de dinars tunisiens ainsi que d'importantes quantités de métal précieux sans autorisation de la Banque centrale de Tunisie. De ce fait, le gouvernement tunisien peut demander son extradition, engager des poursuites judiciaires à son encontre et réclamer le gel de ses avoirs[7].

Vie privée

Fils de commerçant, il naît dans une famille nombreuse[1].

Il est marié à la fille du président de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA), l'ancien patron des patrons tunisiens, Hédi Djilani, qui était également membre du comité central du RCD avant sa dissolution et député[8].

Références

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Abdelaziz Barrouhi, « Les nouvelles ambitions de Belhassen Trabelsi », Jeune Afrique, 12 octobre 2008, pp. 92-94
  2. (fr) « M. Belhassen Trabelsi, nouveau PDG de Nouvelair », Webmanagercenter, 29 octobre 2008
  3. (fr) « Liste des membres du comité central du RCD », Tunis Afrique Presse, 2 août 2008
  4. (fr) Julie Calleeuw, « Tunisie : les Trabelsi, une « quasi-mafia » », RTBF, 14 janvier 2011
  5. (fr) « Les Trabelsi avaient la mainmise sur tout », Le Temps d'Algérie, 15 janvier 2011
  6. (fr) Clément Sabourin, « Tunis demande au Canada d'arrêter un beau-frère de Ben Ali, caché à Montréal », Agence France-Presse, 27 janvier 2011
  7. (fr) « Belhassen Trabelsi condamné par contumace à 15 ans et 2 mois de prison », Business News, 29 septembre 2011
  8. (fr) Jean-Pierre Séréni, « Le réveil tunisien », Le Monde diplomatique, 6 janvier 2011

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