Bataille de Colombey-Nouilly

Bataille de Colombey-Nouilly

Bataille de Borny-Colombey

Bataille de Borny-Colombey
Informations générales
Date 14 août 1870
Lieu proximité de Metz (France)
Issue Victoire tactique française
Belligérants
Drapeau français Empire français drapeau du Royaume de Prusse en 1803 Royaume de Prusse
Commandants
François Achille Bazaine Karl Friedrich von Steinmetz
Forces en présence
83 500 67 500
Pertes
env. 400 morts
env. 3 500 blessés
env. 1 200 morts
env. 4 900 blessés
Guerre franco-allemande de 1870
Batailles
WissembourgForbach-SpicherenWœrthBorny-ColombeyStrasbourgMars-la-TourGravelotteMetzBeaumontNoisevilleSedanBellevueChâteaudunBouvet et Météor (navale)CoulmiersAmiensBeaune-la-RolandeOrléansl'HallueBapaumeVillersexelLe MansHéricourtDijon - St-QuentinBuzenvalParisBelfort

La bataille de Borny-Colombey, ou de Colombey-Nouilly du côté allemand, est une bataille de la guerre entre la France et la Prusse ayant eu lieu le 14 août 1870 à l’est de Metz. À Borny les Français avaient la supériorité numérique en hommes et en canons mais la bataille resta indécise jusqu’au bout et retarda les troupes françaises dans leur retraite.

La bataille de Borny-Colombey ne fut pourtant pour les Français ni une défaite ni une victoire ; tandis que les Allemands avaient l’avantage de conquérir du terrain sur notre aile droite, les troupes du général Ladmirault, en restant maîtresse de leurs positions, se disaient victorieuses, et leur succès eut une influence heureuse sur le moral de l’armée de Metz, qui entrevit des jours plus heureux. Mais il est un fait indiscutable, c’est que les Allemands avaient tiré de cette rencontre un sérieux avantage en retardant le passage de la Moselle que les Français avaient intérêt à passer, ce qui permettait à l’armée du prince Frédéric Charles (IIe armée) d’arriver avant l’armée de Bazaine sur le plateau de Gravelotte et lui barrer ainsi la route.

Le 16 août a lieu une énorme bataille de cavalerie au sud de Metz : la bataille de Mars-la-Tour. Puis le 18 c'est au nord vers Saint-Privat et Gravelotte que les combats ont lieu. Le siège de Metz débute le 20. La bataille de Noisseville le 31 août tente de repousser l'ennemi en vain. Le 23 octobre 1870, enfermé dans Metz et privé de renfort, l’armée française est obligée de se rendre. La capitulation de Metz fut peut-être l’événement le plus considérable du XIXe siècle, événement qui entraîna la mutilation de la France, la chute du second empire, l’avènement de la IIIe république.

Sommaire

Résumé de la situation

La guerre est déclarée le 19 juillet 1870. Le 9 août, la population émigre en masse. De longues charrettes attelées de deux ou quatre chevaux sur lesquelles sont entassés des lit, des chaises, des ustensiles de cuisine et pêle-mêle au milieu de tout cela jusqu’à dix ou quinze être vivants, prennent le chemin de Metz. Les 11 et 12 alors que les différents corps de « l’Armée de Metz » se retirent vers Metz, le 3e corps se fixe à Colombey. Les Prussiens arrivent.

Bataille du 14 août

Bataille de borny.PNG

Ce dimanche 14 août le ciel est orageux. Aux premières heures, les troupes françaises amorcent leur retraite sur Châlons vers Verdun. Ordre qu’avait donné Bazaine sur le désir formel de Napoléon III. Dans l’après-midi, alors que les 2e, 4e et 6e corps sont déjà passés de l’autre côté de la Moselle, la Garde est toujours dans ses cantonnements à Grigy et Borny, le 3e corps à Colombey. Ce dernier commence à son tour le repli, quand subitement, à 15h30, l’avant-garde du 7e corps prussien, s’élançant d'Ars-Laquenexy vers Colombey, ouvre le combat. En effet, son chef, le général von der Goltz, a eu connaissance, par des renseignements de cavalerie, de la retraite en masse des troupes françaises. Sans ordre supérieur, il a décidé de les forcer à faire demi-tour et de les maintenir sur place. Il en avertit Zastrow à Pange et Manteuffel aux Étangs pour en réclamer le soutien.

Tandis qu’une colonne s’avance vers Colombey par Ars-Laquenexy, une autre se dirige sur Marsilly. Là, elle se divise en deux ; une partie continue vers La Planchette et l’autre se jette sur le château d’Aubigny où, à 16 heures, elle ouvre le feu. Le major Bergius, à la tête d’un détachement du 15e régiment de mousquetaires westphaliens, en déloge une compagnie du 7e bataillon de chasseurs à pied de grand-garde sous les ordres du capitaine Jupin. Cette unité s’étant retirée non sans pertes, l’ennemi passe le ravin et s’empare de Colombey.

A la première décharge, le général Decaen est sorti du château de Borny. A son appel toutes les troupes que ne sont pas encore parties font volte-face et se développent en position de combat : la Garde, les divisions Montaudon, Metman, Castagny, Aymard du fort de Queuleu à Vantoux ; la division Grenier du 4e corps, du côté de Mey.

Des batteries de mitrailleuses vinrent s’établir en face du bois de Colombey, d’autres batteries d’artillerie (2e division du 4e corps), tout à fait sur la gauche, de manière à battre le ravin de Nouilly et à commander, en outre, le terrain qui s’étend jusqu’à Servigny. L’ennemi tient le terrain entre Colombey et La planchette. Engageant ses brigades Nayral et Duplessis, Castagny contre-attaque vigoureusement. Dans le bois de Colombey on se fusille à bout portant. Mas Zastrow et Manteuffel acheminent des renforts considérables d’infanterie et d’artillerie venus de Pange et de Courcelles-Chaussy.

Le front français cède en son centre, tandis que de par et d’autre l’action continue. Sur l’aile droite (Colombey) la position n’était pas aussi favorable. Vers 6 heures du soir le maréchal Bazaine, constatant les pertes considérables que subissaient ses troupes par le feu du VIIe corps, embusqué dans les bois et sous les couverts, leur prescrit de se reporter en arrière.

Ce mouvement de recul ne s’était pas accompli sans désordre. Les bataillons décimés se précipitaient en courant vers le bois de Borny ; les Prussiens s’élancent à leur suite et s’emparent du terrain abandonné ; sans pouvoir toutefois dépasser Colombey et la Grange-aux-Bois.

Dans la soirée, le feu qui a commencé à Colombey s’étend sur toute la ligne de la route de Strasbourg à celle de Bouzonville. La plaine est couverte d’un épais nuage de fumée. A 21 heures, c’est l’obscurité qui met fin aux combats.

Le maréchal Bazaine envoya l’ordre de reprendre le mouvement de retraite, qui commença seulement à 2 heures du matin parce qu’il fallait relever les blessés et ravitailler les troupes en munitions.

Ambulances et nécropoles

Malgré la courte durée de ce combat, les pertes étaient considérables. Du côté allemand, 4900 hommes hors de combat (dont 222 officiers) et 1189 tués; du côté français 3418 hommes (dont 200 officiers) et 374 tués parmi lesquels le général Decaen qui venait de remplacer Bazaine à la tête du 3e corps.

À part les médecins de la ville, un grand nombre d’habitants s’étaient mis à la disposition des ambulances. Quand le bruit des combats s’arrêta, on ramassa les blessés et on les porta dans les ambulances de secours. Les Prussiens en avaient installé une à Colombey avec douze sœurs gardes-malades de Düsseldorf et deux à Aubigny.

Les morts furent enterrés sur place ou dans les cimetières des localités environnantes. Des monuments seront élevés à Colombey et aux environ du chemin menant de la route de Borny à celle de Sarrebruck qui prit le nom d’Allée des Morts (Totenallee). En effet, on dit que dans la soirée du 14 août les morts y avaient été si nombreux que les derniers restaient debout empêchés par leurs voisins de tomber sur le sol. Les rameaux dénudés de sapins qui bordaient ce chemin donnaient alors à cet endroit un aspect lugubre et impressionnant.

Bibliographie

  • Georges Hardoin, Français & Allemands. Histoire anecdotique de la guerre de 1870-1871. Tome V. L'Investissement de Metz. La journée des dupes. Servigny. Noisseville. Flanville. Nouilly. Coincy.
  • Georg von Widdern, Kritische Tage. I. Teil. Die Initiative und die gegenseitige Unterstuetzung in der deutschen Heeres-und Truppenfuerung. Bd. 1. Die I. Armee bei Colombey-Nouilly am 13. u. 14. August 1870, Berlin, 1897.
  • Rédigé par la section historique du grand état-major prussien et traduit par le capitaine Paul Émile Costa de Serda, Supplément cartes de la guerre franco-allemande de 1870-71. Première partie, Histoire de la guerre jusqu'à la chute de l'empire. Premier volume, Du début des hostilités à la bataille de Gravelotte., s.l., 1874.

Article connexe

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