Alliance bolivarienne pour les Amériques

Alliance bolivarienne pour les Amériques
Alliance bolivarienne pour les Amériques
(es) Alianza Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América - Tratado de Comercio de los Pueblos
Emblem of the Bolivarian Alliance for the Americas.png
Bolivarian Alliance for the Peoples of Our America (orthographic projection) Without Honduras.svg
États membres (8)
Superficie
 - Total
Classé
2 513 337 km2
Population
 - Total
 - Densité
Classé
69 513 161 hab.
100 hab./km2
Création
 - Accord Cuba-Venezuela
 - Traité de commerce des peuples

14 décembre 2004
29 avril 2006
Monnaie SUCRE
Fuseaux horaires UTC-4 à -6
Domaine Internet .ag
.bo
.cu
.dm
.ec
.ni
.vc
.ve
Site Web http://www.alianzabolivariana.org/
PIB (base PPA)
 - Total (2008)
 - PIB/hab.
Classé
622 880 000
 v · d · m 

L'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique - Traité de commerce des Peuples (ALBA - TCP) (« Alianza Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América - Tratado de Comercio de los Pueblos » en espagnol) est une organisation politique, sociale et économique pour promouvoir la coopération dans ces domaines entre les pays socialistes[1] de l'Amérique latine et des Caraïbes. D'abord évoquée par Hugo Chávez, président du Venezuela, lors d'un sommet, en décembre 2001, des chefs d'État de la Communauté des Caraïbes, l'ALBA a été officiellement lancée en avril 2005, par la signature d'un « traité commercial des peuples » entre Cuba et le Venezuela. La Bolivie, le Nicaragua, la Dominique et le Honduras se sont depuis associés à l'initiative, qui visait d'abord à promouvoir une alternative à la ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques) promue par Washington. Saint-Vincent-et-les-Grenadines en est devenu membre le 17 avril 2009. Enfin, en juin 2009, le nombre de membres passe à neuf, suite à l'adhésion d'Antigua-et-Barbuda et de l'Équateur. Depuis janvier 2010, le Honduras ne fait plus partie de l'ALBA après que le congrès en a réclamé sa sortie. Celui-ci redoute la supposée ingérence du Venezuela - qui soutient le président déchu Manuel Zelaya - dans ses affaires internes.

Sommaire

Histoire

Elle a été pour la première fois évoquée par le président Chávez lors du 3e sommet des chefs d’État de la Communauté des Caraïbes (Caricom), en décembre 2001, comme alternative à la Zone de libre-échange des Amériques promue par les États-Unis. Se réclamant en partie du « libérateur » Simon Bolivar, Chávez l'a décrite ainsi:

« Il est temps de repenser et de réinventer les processus affaiblis et agonisants d’intégration sous-régionale et régionale dont la crise constitue la plus évidente manifestation d’un manque de projet politique commun. Heureusement, en Amérique latine et dans les Caraïbes, il souffle un vent favorable au lancement de l’ALBA en tant que nouveau schéma intégrateur qui ne se limite pas au simple commerce mais qui se fonde sur nos bases historiques et culturelles communes et qui vise à l’intégration politique, sociale, culturelle, scientifique, technologique et physique ».

L'Association bolivarienne pour les Amériques est officiellement née à La Havane, en avril 2005, par la signature d'un Traité commercial des peuples (TCP) entre le Venezuela et Cuba. Le but du traité est d'échanger des services médicaux cubains contre du pétrole vénézuelien.

Le TCP est signé une année plus tard, le 29 avril 2006, par Evo Morales, le président de la Bolivie[2], quelques jours avant que ce dernier annonce sa volonté de nationaliser les hydrocarbures. Les trois chefs d'États s'engagent à lutter contre l'analphabétisme et le chômage, tandis que Cuba s'engage à prendre en charge les soins ophtalmiques des Boliviens qui ne pourraient s'offrir ces traitements[2].

Le 16 janvier 2007 les nouveaux Présidents des Républiques du Nicaragua (Daniel Ortega) et d'Équateur (Rafael Correa) ont annoncé de concert leur intention de participer à l'ALBA. Le Nicaragua a depuis rejoint l'ALBA[3], mais l'Équateur a fait part, en juin 2008, de sa décision de ne pas intégrer l'organisation[4]. Rafael Correa avait posé comme précondition à l'intégration de son pays que Caracas rejoigne la Communauté andine, organisation que le Venezuela avait quitté en 2006 suite à la signature d'accords de libre-échange entre les États-Unis, la Colombie et le Pérou.

En janvier 2008, la Dominique rejoint l'ALBA[5].

Le 25 août 2008, le président du Honduras Manuel Zelaya signe un accord pour que son pays rejoigne l'ALBA[6] en présence de plusieurs chefs de gouvernement de pays membres, dont Hugo Chávez et Evo Morales. Cet allié traditionnel des États-Unis l'a fait contre la promesse de Chavez de souscrire à 100 millions $ d'émissions obligataires du gouvernement, 30 millions $ de prêts supplémentaires et des fournitures de matériel agricole ou électrique. La décision a été très mal accueilli au Honduras, avec une très forte baisse de popularité du président[7]. L'executif s'est en outre distancé de la posture antiaméricaine de Chavez, revendiquant par la voix d'un conseiller son "non-alignement".

En avril 2009, Saint-Vincent-et-les-Grenadines rejoint l'organisation, lors du sommet extraordinaire des chefs d'état et de gouvernement de l'ALBA à Cumaná. Puis c'est Antigua-et-Barbuda qui se joint pleinement à son tour en juin de la même année.

L'Équateur décide enfin de rejoindre l'Alba en juin 2009. Le président équatorien, Rafael Correa, a ratifié publiquement cette adhésion, le 24 juin 2009, durant le 6e sommet extraordinaire de l'ALBA que le groupe a tenu au Venezuela[8]. Lors de ce sommet, l'Équateur, Saint-Vincent et les Grenadines, et Antigua et Barbuda formalisent totalement leur adhésion. Parallèlement, l'ALBA change de nom et devient l'Alliance bolivarienne des Peuples d'Amérique[9]. Le président vénézuélien Hugo Chavez a précisé qu'il s'agit d'un changement de sens et de fond, pas seulement de forme. Il a aussi affirmé que désormais, "l'ALBA n'est plus une proposition théorique mais une plateforme politique"[9].

Le 16 avril 2009, "Le sucre, système unique de compensation régionale (pour le commerce) est né", a déclaré le président vénézuélien après la signature d'un accord sur ce point entre les participants au sommet de l'Alba qui se tenait jeudi à Cumana.

Actuellement, les membres de l'ALBA se rapprochent de la Russie en renforçant leur coopération dans différents domaines : énergie, pétrole, gaz, nucléaire, aide humanitaire, alimentaire, coopération financière, coopération monétaire, industrie automobile, industrie aéronautique, industrie aérospatiale, tourisme, transports, enseignement, services de renseignements, matériel militaire, armes, banque, commerce, pêche, agriculture, mines, armée, diplomatie, politique, transports, recherche scientifique, communications, environnement, défense, sécurité.

But

Sur le plan économique, l'ALBA vise à favoriser la logique coopérative, plutôt que la création d'une zone de libre-échange avec les États-Unis qui passe par un abaissement des droits de douane, voire leur suppression. Elle s'oppose ainsi directement au « consensus de Washington » qui prônait dans les années 1990 la déréglementation et la mise en place de mesures néolibérales. Plutôt que d'ordonner des privatisations, l'ALBA favorise au contraire le secteur public[10].

Le Venezuela peut compter sur ses ressources pétrolières pour convaincre certains États de la région, énergétiquement dépendants. L'ALBA ambitionne par exemple de créer une compagnie pétrolière commune, Petrosur, une équivalente à l'échelle de l'Amérique latine de Petrocaribe, qui regroupe des États membres du CARICOM. Outre Petrosur, TeleSUR, une télévision commune conçue comme sorte d'Al Jazeera pour l'Amérique latine, a été lancée en 2005, afin de concurrencer les chaînes CNN et ABC. Le capital de TeleSUR est réparti entre le Venezuela, l'Argentine, Cuba et l'Uruguay (dans l'ordre d'importance).

Des transferts de technologie sont aussi mis en œuvre[10].

La coopération pourrait s'étendre à d'autres domaines :

  • en matière de santé : Cuba a déjà passé des accords de coopération avec le Venezuela : ce dernier livre du pétrole à un tarif préférentiel en échange de l'envoi de médecins par Cuba[10].
  • à terme, la défense des États pourrait également faire l'objet de coopération renforcée.

Structure de l'ALBA

Outre les gouvernements, l'ALBA est dotée d'un Conseil des Organisations Sociales, qui représentent les mouvements sociaux, et est doté du même statut que le Conseil des Ministres[10]. Aussi appelé Conseil des mouvements sociaux, celui-ci est ouvert aux associations de pays d'Amérique latine n'ayant pas rejoint l'ALBA [10].

Pays membres

États membres de l'ALBA.

Pays observateurs

Documents: eng.kremlin.ru et La Russie observateur au sommet de l'ALBA (Chavez).

Notes et références

  1. La Russie observateur au sommet de l'ALBA (Chavez).
  2. a et b Dépêche de la BBC, Leftist trio seals Americas pact, 29.04.2006, consulté en septembre 2008.
  3. Dépêche de la Prensa Latina, Nicaragua Steps up for ALBA, 23.02.2007, consulté en septembre 2008.
  4. Ecuador no formará parte de la Alternativa Bolivariana para América Latina y el Caribe (ALBA), communiqué du gouvernement de l'Équateur, 13 juin 2008, sur le site de la présidence
  5. Dépêche de la Prensa Latina, Dominca Joins ALBA Revolution, 22.01.2008, consultée en septembre 2008.
  6. Dépêche de l'Associated Press, Honduran leader: US apathy made him turn to Chavez, 19.09.2008, consulté en septembre 2008.
  7. economist.com
  8. Telesur - Ecuador, Antigua y Barbuda y San Vicente y las Granadinas se adhieren a la ALBA
  9. a et b ALBA pasa a ser Alianza Bolivariana de los Pueblos de América
  10. a, b, c, d et e Ricardo Daher, L’ALBA combat avec succès la globalisation du néolibéralisme, Alternatives internationales, 1er octobre 2008

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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