Leopold Levaux

Leopold Levaux

Léopold Levaux

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Léopold Levaux, né à Liège le 9 février 1892, décédé à Liège le 20 mai 1956, est un résistant, militant chrétien et un militant wallon.

Léopold Levaux fait de brillantes études secondaires, entre en 1910 à l'Administration des télégraphes où son chef est Walthère Dewé qui jouera un rôle capital dans sa conversion au catholicisme en 1914 [1] Il reprend des études de romaniste 1911 en formation accélérée notamment sous la houlette de Maurice Wilmotte et en 1913 est nommé professeur de français à l'Ecole impériale de Samara-sur-Volga.

La guerre le surprend malgré tout à Liège le 4 août alors qu'il est en congé. Après bien des péripéties il est brancardier sur le Front de l'Yser en 1916. En 1919 il est professeur de français à l'Athénée de Liège puis commence une carrière professorale à l'Université de Liège. Il collabore à La Terre Wallonne de 1919 à 1921 puis des désaccords naissent entre lui et Élie Baussart, parce que Levaux est un converti pas toujours d'accord avec l'ouverture de la revue sur le monde non-chrétien et également parce qu'il n'est pas régionaliste à l'époque.

L'opposition au rexisme puis à Léopold III

Il s'oppose vivement au Rexisme avec Walthère Dewé et fonde avec lui un groupe chrétien antifasciste Unitas catholica.

Le lendemain de l'attaque allemande du 10 mai 1940, son fils, Philippe, est tué. Il entre dans la résistance. Son influence dans les milieux chrétiens liégeois est si grande que le 11 juillet 1942, le Cardinal Van Roey désireux de sonder l'opinion catholique tant en Flandre qu'en Wallonie le reçoit longuement avec d'autres personnalités catholiques[2]. Quand le Cardinal estime qu'il faut admirer le roi, Levaux rétorque: We mogen niet vervallen in de kinderachtige idolâtrie waar zoveel kaztholieken en religieuze in vervallen, meer bepaald de jezuïten (tr.fr.) Nous ne devons pas tomber dans l'idolâtrie infantile dans laquelle tombe tant de catholiques, et plus précisément les jésuites.[3]. Il pense que s'il faut toujours tenir à la monarchie, mais celui qui est actuellement sur le trône l'a gravement compromise. il estime aussi que la Constitution devra être respectée: dans le cas contraire on irait à la guerre civile. Mais Charles du Bus de Warnaffe réplique: Suprema lex, salus populi; Wat mij betreft, ik maak alle voorbehoud bij de grondwet. Ik beschouw me niet meer door haar gebonden. (tr. fr.)Suprema lex, salus populi. En ce qui me concerne, j'exprime mes réserves à l'égard de la Constitution. Je ne me sens plus lié par elle. Tout dépendra des circonstances. (Velaers et Van Goethem, op. cit., p. 700</ref> L'impression que Levaux confie à ses notes après la réunion, c'est que le Cardinal tient à la liberté pour l'Église mais n'a aucune objection si Léopold III la confisque pour le reste. En fait cette conversation est dominée par le précédent historique qu'on appelle parfois le Coup de Lophem, Albert Ier ayant décidé, en 1918 avec son gouvernement contre, au moins, la lettre de la Constitution, d'instaurer le suffrage universel pur et simple sans en référer au Parlement. Ce que, selon les auteurs L. Levaux craint c'est que l'on assiste à un nouveau coup de Lophem mais cette fois in omgekeerde richting (tr.fr.) à l'envers </ref> Velaers et Van Goethem, op. cit. p.700</ref> Pour Levaux (commenté ensuite par les auteurs):

«  De koning heeft België niet gemaakt. Het is België dat Koning heeft gemaakt. Vooruit constitutioneel oogpunteen uitermate juiste overweging. (tr.fr.) Le roi n'a pas fait la Belgique. C'est la Belgique qui a fait le roi. Ce qui d'un point de vue constitutionnel est une remarque profondément exacte.[4] »

L' Union démocratique belge et Forces nouvelles

La Libération venue, Léopold Levaux fonde le périodique Forces nouvelles' avec des gens comme Maurice Piron, Élie Baussart (avec lequel il s'est réconcilié), Jean Mottard, Désiré Denuit Albert Delpérée, Arsène Soreil. Le premier objectif de l'hebdomadaire puis du pari c'est de déconfessionnaliser la vie politique en créant un parti prche du monde chrétien mais déconfessionnaliser l'Union démocratique belge. Le deuxième c'est l'abdication de Léopold III. Le troisième, c'est la formation de la conscience wallonne dans l'optique des intérêts économiques wallons menacés. Léopold Levaux fait d'ailleurs partie des personnes qui préparent le Congrès national wallon et, dans le monde chrétien, il se retrouve sur la même longueur d'onde que Robert Royer qui vient de créer Rénovation wallonne. Lors du Congrès national wallon, il en appelle à l'unanimité autour de la proposition de Fernand Dehousse soit le fédéralisme ou encore l' autonomie complète de la Wallonie. L'UDB est un échec. Forces nouvelles doit aussi arrêter de paraître (ses positions sur la Question royale lui ont valu bien des désabonnements) et la proposition de révision de la Constitution, bien que soutenue par la majorité des parlementaires wallons, n'est pas prise en considération par le reste du Parlement. En 1949, Léopold Levaux quitte les organisations qui préparent les Congrès nationaux wallons, à la fois pour des raisons personnelles et de principe.

Notes

  1. Micheline Libon, Article Léopold Levaux Encyclopédie du mouvement wallon, Tome II, pp. 983-984
  2. Velaers et van Goethem, Leopold III. De koning. Het Land. De Oorlog,Lannoo, Tielt, 1994, pp.697-702 [90-209-2387-0]
  3. Velaers et Van Gopethem, op. cit. p. 697
  4. Velaers et Van Goethem, ibidem

POLET J.-C. (1988), Léopold Levaux et Georges Bernanos. Esquisse de leurs relations, in Lettres romanes, n°42, pp. 351-358. van den HEEDE P. (2006), Realisme et verite dans la litterature : responses catholiques, Leopold Levaux et Jacques Maritain. Freibourg : Academic Press Fribourg, 2006.

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