Critique Du Mormonisme

Critique Du Mormonisme

Critique du mormonisme

La critique du mormonisme porte sur les doctrines, les pratiques et l’histoire de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. L'Église a en effet été l’objet de critiques dès sa création par Joseph Smith en raison de ses croyances en contradiction avec celles du christianisme traditionnel. Au XIXe siècle, les dérives théocratiques de l'Église et la pratique de la polygamie furent particulièrement contestées. Tout au long de l’histoire de l'Église, de nombreux critiques remirent en cause la légitimité de Joseph Smith comme prophète, l’historicité des Écritures saintes du mormonisme, les pratiques jugées discriminatoires et le révisionnisme historique que pratiquerait l’Église.

Les critiques se divisent en trois axes principaux :

  1. les aspects théologiques : certaines doctrines du mormonisme sont en rupture avec le christianisme traditionnel, ce que dénoncent plusieurs critiques chrétiens
  2. les aspects scientifiques : les critiques rejettent la prétendue historicité du Livre de Mormon et du Livre d'Abraham et remettent en cause « l’histoire officielle » de l'Église
  3. les aspects éthiques : l'Église est également critiquée pour des doctrines jugées sexistes, racistes ou homophobes, ainsi que pour l'absence de publication détaillée de ses finances

Sommaire

Critiques théologiques

Les saints des derniers jours considèrent que leur religion est le rétablissement du christianisme dans sa perfection d'origine. L'auteur mormon Bruce R. McConkie a exprimé ainsi le point de vue de l'Église : « le mormonisme est le christianisme ; le christianisme est le mormonisme ; ils sont une seule et même chose, ils ne se distinguent pas l'un de l'autre par le moindre détail »[1].

Cependant, la plupart des autres Églises chrétiennes considèrent que le mormonisme s'écarte du christianisme traditionnel de manière significative. Les éléments de discorde portent entre autres sur la nature même de la divinité, la révélation divine, la question de l'autorité et la notion de salut. En raison des nombreuses différences, certains critiques protestants évangéliques considèrent que les mormons ne sont pas vraiment des chrétiens[2].

Nature de la divinité

La principale pierre d'achoppement entre le mormonisme et le christianisme traditionnel porte sur la nature même de Dieu.

Trinité

La vision chrétienne classique de la Trinité est celle d'un Dieu consistant en une seule substance divine se manifestant en trois personnes. Ainsi, « le Fils est consubstantiel au Père » selon le Credo de Nicée. Les chrétiens considèrent traditionnellement que la Bible enseigne que les trois personnages ne forment en réalité qu'un seul Dieu.

Pour les mormons, Dieu le Père, son Fils Jésus-Christ et le Saint-Esprit sont des personnages divins distincts. Ils sont certes unis dans leurs objectifs mais, selon Joseph Smith, « ces trois-là constituent trois Personnages distincts et trois Dieux »[3].

Nature de Dieu

Pour le christianisme traditionnel, Dieu est incréé et est l'origine de toutes choses, y compris les lois de la nature. Il se trouve par définition hors de l'ordre naturel puisque ce dernier a été créé par lui. Toute matière ne peut exister qu'au travers de sa volonté. Dieu est de nature totalement spirituelle.

Pour les mormons, Dieu fait partie de l'ordre naturel. Selon Joseph Smith, « Dieu lui-même a jadis été tel que nous sommes maintenant et est un homme exalté et siège sur son trône dans les cieux là-haut ! »[4] En conséquence, l'homme digne sur cette Terre peut lui-même être exalté et devenir un dieu à son tour. Cette idée a été résumée par Lorenzo Snow en ces termes : « Ce que l'homme est, Dieu l'a été. Ce que Dieu est, l'homme peut le devenir. »[5] Du fait de sa nature exaltée, Dieu le Père possède un corps physique immortel.

Pluralité des dieux

Pour le mormonisme, les concepts ci-dessus ont pour conclusion logique qu'il existe plusieurs dieux. Certains détracteurs du mormonisme l'accusent d'être une religion polythéiste. Les mormons s'en défendent en précisant qu'ils n'adorent qu'un seul Dieu (même s'il peut en exister d'autres, ayant crée leurs propres mondes et ayant autorité dans leurs sphères d'influence respectives).

Plan de salut

La Chute de l'homme par Lucas Cranach, illustration du XVIe siècle

Péché originel

Les chrétiens traditionnels considèrent que la désobéissance d'Adam et Ève au commandement de Dieu fut un grand mal. Cet acte est généralement perçu comme un rejet de la sagesse de Dieu par l'homme afin de céder à ses propres désirs. Les chrétiens considèrent que c'est par la chute d'Adam et Ève que le péché est entré dans le monde, faisant tomber la condamnation et la mort sur tous leurs descendants. En raison de ce péché originel, chaque homme naît avec une nature pécheresse et a besoin de l'intervention divine pour lui apporter le salut.

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours rejette le concept de péché originel, bien qu'elle reconnaisse que l'homme dans son état naturel est un ennemi de Dieu[6]. Selon Joseph Smith, « les hommes seront punis pour leurs propres péchés et non pour la transgression d'Adam »[7]. Cette dernière n'est pas réellement perçue comme un mal mais plutôt comme une étape nécessaire afin que la race humaine puisse exister[8]. Joseph Fielding Smith, 10e président de l'Église, écrivit à ce sujet : « je veux remercier [Ève] d'avoir tenté Adam afin de prendre de ce fruit. Il accepta la tentation, avec pour résultat que des enfants vinrent au monde »[9]. De plus, les mormons considèrent qu'Adam et Ève avaient en fait reçu deux commandements contradictoires : l'un qui était de se multiplier et remplir la Terre, l'autre qui était de ne pas manger du fruit. En conséquence, le deuxième commandement devait être transgressé afin d'obéir au premier.

Définition du salut

Les chrétiens considèrent traditionnellement que le salut couvre aussi bien le fait d'être sauvé du péché (et être sanctifié) que d'être sauvé de la mort (et recevoir la vie éternelle). Les deux éléments sont liés et ne peuvent être séparés.

Dans la théologie mormone, il y a deux aspects distincts :

  • le salut proprement dit, qui est un don de Dieu à tous les hommes grâce au sacrifice de Jésus-Christ. Toute la création a été rachetée et bénéficiera du salut, à savoir la résurrection physique.
  • la vie éternelle, qui n'est pas pour les mormons le fait d'être sauvé de la mort, mais d'atteindre l'exaltation. Seuls ceux qui sont dignes et qui auront accompli les ordonnances nécessaires pourront atteindre cet état.

Foi et œuvres

Les chrétiens, principalement d'obédience protestante, considèrent généralement qu'en l'absence de l'œuvre salvatrice de Jésus-Christ, l'homme est spirituellement mort et qu'il ne peut rien faire pour son propre salut. Selon eux, c'est par la grâce seule, et non au travers d'œuvres justes, que Dieu pardonne les péchés et rend l'homme digne de vivre en sa présence.

Bien que les mormons considèrent que la foi en Jésus-Christ est essentielle, ils estiment que les œuvres justes sont également nécessaires. D'après eux, la manière dont un individu a pratiqué la justice au cours de sa vie aura un impact sur le degré de gloire que celui-ci obtiendra dans l'au-delà.

Saintes Écritures

Bible et révélation moderne

La plupart des chrétiens considèrent le canon des Écritures comme clos, ce qui fait de la Bible le seul ouvrage sacré des chrétiens (bien qu'il puisse y avoir des désaccords sur le nombre de livres que celle-ci doit contenir). De nombreux protestants considèrent par ailleurs la Bible comme la seule autorité infaillible (doctrine de la Sola scriptura). Les chrétiens rejettent l'idée qu'une révélation moderne puisse compléter le message biblique. Pour l'Église catholique, « au fil des siècles il y a eu des révélations dites "privées", dont certaines ont été reconnues par l’autorité de l’Église. Elles n’appartiennent cependant pas au dépôt de la foi. Leur rôle n’est pas d’"améliorer" ou de "compléter" la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire. (...) La foi chrétienne ne peut pas accepter des "révélations" qui prétendent dépasser ou corriger la Révélation dont le Christ est l’achèvement. C’est le cas de certaines religions non chrétiennes et aussi de certaines sectes récentes qui se fondent sur de telles "révélations". »[10]

Les mormons estiment que la Bible a été partiellement altérée, qu'il y manque beaucoup de parties extrêmement précieuses[11] et qu'elle ne contient donc pas la plénitude de l'Évangile. Ils croient à la nécessité de la révélation continue, par laquelle Dieu continue à se révéler, au travers d'ouvrages canoniques additionnels comme le Livre de Mormon, les Doctrine et Alliances et la Perle de Grand Prix, mais aussi au moyen de révélations données aux prophètes contemporains dirigeant l'Église.

Selon les critiques, cette conception entre en conflit avec la Bible où il est précisé que rien ne doit être ajouté à ce livre (Apocalypse 22:18,19), ce qui signifie que la révélation de Dieu aux hommes a pris fin avec la Bible et que Livre de Mormon est une tentative illégitime de la compléter. Les mormons considèrent que la mise en garde de l'apôtre Jean concerne uniquement l'Apocalypse[12]. Dans l'Ancien Testament on trouve en effet des commandements du même genre interdisant d'enlever ou d'ajouter aux paroles qui étaient écrites [13], et la Bible a pourtant été complétée par la suite.

Livre de Mormon

Article détaillé : Livre de Mormon.

Le Livre de Mormon est rejeté par les chrétiens non-mormons comme une tentative illégitime de compléter la parole de Dieu. En outre, il fait également l'objet de critiques théologiques spécifiques :

  • de nombreux changements ont été apportés au texte au cours des éditions successives, ce qui, selon les critiques, est incompatible avec l'idée d'un livre traduit par la révélation divine
  • des contradictions entre le Livre de Mormon et la Bible
  • des contradictions avec la doctrine mormone actuelle

Autorité

Saint Pierre recevant les clefs dans les Péricopes d'Henri II, illustration du XIe siècle

Apostasie

Les chrétiens soutiennent généralement que la vraie Église fut divinement établie par Jésus et qu'elle ne peut jamais disparaître de la terre. Catholiques, orthodoxes et anglicans croient à la continuité littérale de l'Église primitive au travers de la succession apostolique. Pour les protestants, les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines et peuvent se tromper ; s'ils reconnaissent qu'il y a eu des temps de corruption et d'apostasie au sein du christianisme, ils croient qu'il est toujours resté des fidèles au véritable message de l'Évangile, ces fidèles constituant l'Église de Dieu peu importe l'état des institutions religieuses.

Les mormons croient au contraire qu'il y a eu une grande apostasie, à savoir la corruption générale et totale des principes de l'Église établie par Jésus-Christ. Cette situation nécessitait selon eux le rétablissement de l'Évangile originel au travers des manifestations divines à Joseph Smith. Selon la doctrine mormone, il n'y aura cependant pas d'autre apostasie générale avant la seconde venue de Jésus-Christ.

Pour les chrétiens non-mormons, une telle apostasie généralisée est impossible. À ce propos, l'auteur catholique Patrick Madrid écrit : « Puisque le Christ est l'esprit et la tête de l'Église (Éph 4:15-16), animant le corps, les membres bénéficient d'une union spirituelle avec lui (Jean 15:1-8). Il est inconcevable qu'il permette que son corps se désintègre sous les attaques de Satan. L'apôtre Jean nous rappelle que Jésus est plus grand que Satan (1 Jean 4:4). »[14]

Baptême

Bien que la signification et la cérémonie du baptême puissent varier légèrement d'une Église chrétienne à une autre, elles reconnaissent généralement l'authenticité du baptême s'il est effectué par une autre dénomination chrétienne, à condition que celui-ci soit fait par l'eau et selon la formule trinitaire (au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit). Si un chrétien rejoint une autre Église chrétienne, une profession de foi suffit généralement et il n'est pas rebaptisé si son baptême est reconnu comme valide.

Les mormons considèrent que l'autorité de la prêtrise est requise pour des ordonnances telles que le baptême et que celle-ci fait défaut aux autres Églises chrétiennes en raison de leur apostasie (voir ci-dessus). L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours ne reconnaît donc pas le baptême effectué par les autres dénominations chrétiennes.

De même, les Églises chrétiennes ne reconnaissent pas le baptême mormon comme valable. En 2001, la Congrégation pour la doctrine de la foi de l'Église catholique romaine a rendu un avis selon lequel le baptême effectué par l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours n'était pas accepté[15][16]. Pour l'Église luthérienne évangélique en Amérique, « bien que les mormons fassent usage d'eau - et de beaucoup d'eau - et disent "le Père, le Fils et le Saint-Esprit", leurs enseignements quant à la nature de Dieu diffèrent de manière substantielle du credo orthodoxe chrétien. Puisque la compréhension mormone de la Parole de Dieu n'est pas la même que la compréhension chrétienne, il est correct de dire que le baptême chrétien n'a pas eu lieu. »[17] La plupart des autres Églises protestantes ont également publié des avis rejetant formellement le baptême mormon[18][19].

Critiques scientifiques

Livre de Mormon

Article détaillé : Livre de Mormon.

Les scientifiques rejettent les aspects « miraculeux » du récit de Joseph Smith et avancent diverses explications possibles quant à l'origine du Livre de Mormon : la rédaction du livre par Joseph Smith de manière indépendante (l’ouvrage reflèterait certains aspects de sa vie), le plagiat éventuel d’autres ouvrages (comme le Manuscrit de Spaulding et Vue des Hébreux) ou l’assistance d’un proche plus instruit, comme Oliver Cowdery ou Sidney Rigdon.

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours considère que le Livre de Mormon est non seulement un texte religieux mais aussi un récit historique. Cette croyance entre en contradiction avec les connaissances scientifiques actuelles tant de l'archéologie que de la linguistique ou de la génétique des populations au sujet du peuplement de l'Amérique précolombienne.

Critiques éthiques

Rôle de la femme

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours considère que l’homme et la femme ont des rôles différents. Tout homme digne peut détenir la prêtrise et faire partie du clergé. Ce n'est pas le cas de la femme qui a le rôle distinctif mais non exclusif de mettre au monde et d'élever des enfants.

La femme peut cependant avoir des responsabilités dans l’Église dans des domaines comme l'entraide, l’enseignement, l'art et la culture. Elle peut aussi accéder à des positions dirigeantes dans l’organisation des femmes de l’Église (la Société de Secours), dans l'organisation des jeunes filles ou dans l’enseignement des jeunes enfants (la Primaire). Ces organisations restent néanmoins sous la supervision des dirigeants de la prêtrise.

Dans certains mouvements issus du mormonisme, le rôle de la femme peut varier de l’accès à la prêtrise (Communauté du Christ) à la polygamie (Église fondamentaliste de Jésus-Christ des saints des derniers jours).

Situation des Noirs

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a longtemps refusé d’ordonner des personnes noires à la prêtrise (1844-1978), ce qui a suscité de nombreuses critiques face à une disposition jugée raciste, jusqu’à son abrogation.

Cette pratique n'avait pas cours au début du mormonisme (1830-1844) et est apparue après la mort du fondateur. Établie par Brigham Young, cette disposition interdisait toute ordination à la prêtrise de personnes ayant une part de sang "noir". Plusieurs de ses déclarations ainsi que certaines de ses successeurs sont jugées de nos jours comme racistes. Cependant, de nombreuses dénominations chrétiennes ont véhiculé des préjugés racistes au XIXe siècle.

Le maintien de cette directive au XXe siècle a suscité de plus en plus de critiques, particulièrement avec la fin de la ségrégation raciale aux États-Unis. En 1978, la pratique fut abolie. Depuis, il n'y a plus de restriction "raciale" quant à l'accès à la prêtrise.

Perception de l'homosexualité

Dès le début, le mormonisme a mis l’accent sur l’importance de la relation hétérosexuelle et du mariage puisque celui-ci est une condition nécessaire pour atteindre l’exaltation[20]. Cependant, le Livre de Mormon et les Doctrine et Alliances ne comportent aucune condamnation spécifique de l’homosexualité et l’Église semble peu se préoccuper de la question avant 1959.

À partir de 1959, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours multiplie les déclarations condamnant l’homosexualité. Ainsi dans les années 60, Spencer W. Kimball, 12e président de l’Église, la considère comme une « maladie »[21] et un « péché odieux »[22]. L’apôtre Boyd K. Packer, dans un discours en 1976, réédité en brochure et largement diffusé dans l’Église à partir de 1978, condamne sévèrement l’homosexualité[23]. Plusieurs de ces déclarations sont jugées homophobes par certains critiques. Ainsi, Affirmation, association ayant pour but de venir en aide aux homosexuels membres ou anciens membres de l'Église, accuse celle-ci d'avoir installé un climat de haine ayant poussé de nombreux jeunes mormons homosexuels à se suicider, et reprend le nom et l'histoire de quelques-uns d'entre eux sur une page servant de mémorial[24].

Plus récemment, en 1995, l’apôtre Dallin H. Oaks condamne la violence à l’encontre des homosexuels[25]. Cependant, l’homosexualité reste sévèrement condamnée : la même année, l’apôtre James E. Faust enseigne que le diable encourage le mauvais usage des fonctions sacrées de procréation, dont l’homosexualité[26]. En 2004, Gordon B. Hinckley, 15e président de l’Église, précise : « Nous ne sommes pas anti-gay. Nous sommes pro-famille. Disons les choses ainsi. Et nous aimons ces personnes et essayons de travailler avec eux pour les aider. Nous savons qu’ils ont un problème. Nous voulons les aider à résoudre ce problème »[27].

En juillet 2007, l'Église a mis en ligne un fascicule intitulé Dieu aime Ses enfants destiné à faire comprendre sa position sur cette question. Ce document, qui avait été précédé de trois autres (1974, 1983, 1992), explique que « l'Église ignore l'origine de l'homosexualité » et « admet que tous les gays ne peuvent pas changer leur orientation sexuelle » ; par ailleurs, il ne recommande pas le mariage aux personnes gays. Un défenseur de la cause des saints des derniers jours homosexuels estime que la révision de ce document présente des « évolutions positives », même s'il pense que les points négatifs restent majoritaires[28].

Massacre de Mountain Meadows

Article détaillé : Massacre de Mountain Meadows.

Au début du mois de septembre 1857, une centaine d'émigrants d'Arkansas et du Missouri en route pour la Californie allèrent camper à l'extrémité sud de la vallée de Mountain Meadows, à environ 500 km au sud de Salt Lake City. Après plusieurs échauffourées avec les Indiens, les émigrants se préparèrent à un siège. De leur côté, les Indiens firent appel au renfort de tribus voisines, mais bénéficièrent aussi du soutien de la communauté mormone locale, et lancèrent un assaut conséquent. Le 11 septembre, le camp des émigrants déposa les armes. Selon les accords du traité, ils devaient se constituer prisonniers et être escortés par les miliciens mormons présents à Cedar City. Peu après le départ de la caravane, les mormons et les Indiens assaillirent les émigrants désarmés.

L'enquête dut attendre la fin de la Guerre de Sécession pour aboutir et John D. Lee fut reconnu coupable du massacre et exécuté. Parallèlement, au sein de la communauté mormone l'affaire fut portée devant le Collège des douze apôtres. Brigham Young, surnommé le Moïse Américain pour son rôle dans l'installation des mormons dans l'Ouest américain, proposa d'excommunier John D. Lee et Isaac C. Haight, jugés par leurs pairs responsables du massacre. La proposition fut acceptée[29]. Lee fut rebaptisé à titre posthume en 1961[30].

Le motif précis de ce massacre, en dehors de l'aveuglement religieux de quelques-uns, reste encore trouble aujourd'hui : ressentiment des mormons envers les Missouriens de la caravane, traitement exécrable des Indiens d'une manière générale par les émigrants là où les mormons entretenaient des relations plus stables, etc.

Le 12 septembre 2007, à l'occasion du cent-cinquantenaire de l'événement, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a reconnu la responsabilité de dirigeants locaux de l'Église de l'époque et a exprimé ses regrets, non seulement pour le massacre, mais aussi vis-à-vis de la tribu indienne des Païutes, sur qui les coupables avaient fait porter la faute. Le porte-parole de l'Église a indiqué qu'il est probable que les Indiens n'auraient pas participé au massacre s'ils n'y avaient pas été encouragés et incités par des dirigeants locaux de l'Église.

L'Église a par la même occasion rappelé qu'elle travaillait à réaliser une étude sur ce massacre. Un élément déjà connu de cette étude est que Brigham Young, alors président de l'Église, avait envoyé un message aux responsables de Mountain Meadows, leur commandant de ne pas interférer avec le convoi d'immigrants, mais que ce message était arrivé trop tard.

Cette étude révèle aussi que « la responsabilité du massacre incombait à des dirigeants locaux de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours établis dans la région de Mountain Meadows qui détenaient également des postes civils et militaires, et également à des fidèles agissant sous leurs ordres ».[31]

Suppression de la contestation interne

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours fait également l’objet de critiques en raison des mesures disciplinaires qu’elle a prises à l'encontre de membres qui avaient publié des articles ou des ouvrages remettant en cause l’histoire officielle de l'Église ou contestant certaines de ses doctrines. Plusieurs intellectuels ont été ainsi excommuniés en raison de leurs publications ou de l'expression publique de leurs opinions.

The September Six

Un des épisodes les plus marquants de la répression de la contestation par l’Église fut sans doute l’affaire des « Six de Septembre » (The September Six). Durant le mois de septembre 1993, six intellectuels mormons renommés, connus pour leurs travaux et leurs écrits, furent ainsi exclus de l’Église. Parmi eux se trouvaient l'historien D. Michael Quinn et trois femmes féministes. Cinq d'entre eux furent excommuniés et une autre fut disqualifiée[32]. À des titres divers, tous furent condamnés pour hérésie, bien que les motifs n'aient pas été rendus publics. Ces exclusions remarquées ont été suivies d'une reprise en main à tous les niveaux. D'autres intellectuels moins connus furent sanctionnés, dans la foulée, à des échelons locaux. L'Église a porté un coup d'arrêt à toute expression dissidente, aux progrès du féminisme et à la révision de l'histoire officielle, et elle a repris, à cette date, le contrôle de ses intellectuels[33].

Brigham Young University

La liberté académique à la Brigham Young University, dépendant de l’Église, est également l’objet de controverses. En 1992, l’université a introduit une politique limitant l’expression critique envers les doctrines, la politique et les autorités de l’Église. L’American Association of University Professors a publié un rapport examinant le cas de plusieurs professeurs ayant fait face à de telles mesures et a conclu que « les violations de la liberté académique étaient terriblement communes et que la liberté académique était terriblement faible »[34]. En 2006, la Brigham Young University met un terme au contrat de Jeffrey Nielsen, professeur de philosophie, pour « avoir choisi de contredire et de s'opposer à l'Église sur un sujet d'importance pour les autorités de l'Église » en ayant soutenu le mariage homosexuel dans un article du Salt Lake Tribune[35].

Aspects financiers

Siège de l'Église à Salt Lake City

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours tire la majorité de ses revenus de donations de ses propres membres qui lui versent mensuellement une dîme représentant 10% de leurs revenus, ainsi que des offrandes de jeûne (destinées à l'aide aux démunis). Elle récolte aussi des bénéfices dus à des investissements financiers variés. Chaque unité mormone à travers le monde est chargée de collecter la dîme de ses fidèles, et transfère ensuite les fonds sur le compte bancaire de l'Église du pays concerné. Ces fonds sont gérés, sous la supervision de l'Épiscopat président, par la direction des Affaires temporelles de la région concernée, qui décide de leur répartition selon les besoins des unités locales. Les fonds de la dîme sont principalement utilisés pour

  • construire, entretenir et faire fonctionner les temples, les églises et d'autres bâtiments
  • fournir des fonds de fonctionnement aux pieux (diocèses), aux paroisses et aux autres unités de l'Église
  • l'oeuvre de prosélytisme
  • le fonctionnement des établissements d'enseignement, des séminaires et des instituts de l'Église
  • l'impression et la distribution de la documentation pédagogique et didactique
  • l'oeuvre généalogique et du temple

Une partie des revenus de l'Église est également thésaurisée ou investie dans des projets commerciaux.

Non-publication du bilan financier

Nombre critiques de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours lui reprochent son manque de transparence financière[36][37]. En effet, l'Église ne publie pas de bilan financier. Il est donc impossible de savoir précisément quels sont ses avoirs et à quoi elle consacre son argent. Seules circulent des estimations livrées par des journalistes d'investigation. Ainsi, en 1997, le Time Magazine estimait le capital de l'Église à plus de 30 milliards de dollars et son chiffre d'affaires annuel à 5,9 milliards de dollars[38]. L'Église réagit en affirmant que ces chiffres étaient « fortement exagérés »[39] mais ne communiqua aucun élément financier. En 2002, le journal Les Échos estimait le chiffre d'affaires de l'Église à « 4 milliards de dollars de revenus annuels nets d'impôts », estimation « probablement inférieure à la réalité »[40].

Holding financier

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours possède des milliers de lieux de culte à travers le monde, 128 temples ainsi que des institutions éducatives (principalement Brigham Young University). En outre, elle contrôle de nombreuses entreprises commerciales, ce qui suscite diverses controverses. Ces sociétés sont généralement gérées au travers de la Deseret Management Corporation. On peut citer entre autres :

  • AgReserves Inc., le principal producteur de noix aux États-Unis[41]
  • Bonneville International Corporation, le 14e réseau de radio aux États-Unis[41]
  • Hawaii Reserves Inc., holding gérant des propriétés et compagnies dans l'État de Hawaii. Avec le Polynesian Cultural Center (principale attraction touristique de l'île)[42] et la Brigham Young University-Hawaii, le holding a généré un revenu de 260 millions de dollars pour l'économie de Hawaii en 2005[43]
  • Beneficial Financial Group, une compagnie d'assurance et de services financiers avec un capital de 3,1 milliards de dollars[44]
  • Deseret Morning News, le second quotidien d'Utah[45]
  • Deseret Book, éditeur de livres et chaîne de librairies
  • Farmland Reserve Inc., qui possède des terrains d'une superficie totale de 270 000 acres (1 093 km2) au Nebraska[46] et de 312 000 acres (1 263 km2) en Floride[41]
  • Zions Securities Corporation, qui possède près de 280 000 m2 de bâtiments commerciaux ainsi que 1100 appartements, principalement à Salt Lake City[47]. La compagnie possède le ZCMI Center Mall et le Crossroads Plaza, deux importants centres commerciaux. L'Église a récemment annoncé leur démolition afin de les remplacer par le vaste centre commercial City Creek Center[48] qui devrait ouvrir en 2011.

Dans un discours prononcé en 1999, Gordon B. Hinckley reconnaît que l'Église possède des entreprises lucratives : « Ces entreprises sont-elles destinées à faire des bénéfices ? Oui, bien sûr. Elles fonctionnent dans un monde compétitif. » [49] Cependant, il justifie ces investissements par le fait que « certaines de ces entreprises répondent directement aux besoins de l'Église. Par exemple, notre activité est la communication (...) Voilà pourquoi nous possédons un journal, le Deseret News, qui est la plus ancienne entreprise d'Utah. Nous possédons également des chaînes de télévision et des stations de radio. »[49]

En 1991, l'Arizona Republic publie une enquête "L'empire financier mormon" reprenant la liste d'une centaine de sociétés liées à l'Église[50]. Là où les mormons voient une bénédiction du Seigneur, les critiques s'inquiètent de la richesse et du pouvoir détenu par l'Église au travers de son « empire financier »[36]. L'ex-mormon et historien D. Michael Quinn décrit ainsi les deux positions : « La hiérarchie mormone utilise à présent son influence dans le monde des affaires plus précisément et plus fortement que jamais auparavant. Il est difficile d'examiner (...) L'empire financier mormon des années 90 sans un sentiment de crainte (...) À l'aube du 21e siècle, beaucoup de non-membres aux États-Unis et dans d'autres pays estiment l'Église engagée dans le colonialisme et l'impérialisme religieux. Cependant, pour le mormon converti, les finances de l'Église sont ce que le Seigneur a fait pour son peuple, son Église et royaume. Ces points de vue sont irréconciliables. »[51]

Financement des Autorités générales

L'Église refuse d'admettre qu'elle rémunère les Autorités générales et les présidents de mission mais parle d'« allocation d’entretien » (living allowance) et affirme qu'elle est « modeste »[52], sans en révéler toutefois le montant. Parce que l'Eglise affirme qu'il n'entre pas dans sa philosophie de récompenser l'exercice du sacerdoce, elle estime qu'elle n'a pas de clergé professionnel rémunéré. Elle considère que l'indemnité est octroyée pour permettre de réaliser un devoir et non pour le récompenser. Pour les observateurs extérieurs, il s’agit cependant d’un « clergé payé » même si l’Église ne le considère pas ainsi[53] et ce « système de salaires pour les autorités générales de l’Église se poursuit depuis 1882 »[53], ce qui pousse les critiques à dénoncer l’hypocrisie de l’Église en la matière[54]. Pour l'Église, cependant, les officiers concernés ne sont pas payés pour un service, mais soutenus pour pouvoir exercer un ministère à plein temps, comme l'étaient les premiers apôtres. Les apologistes ajoutent que plusieurs d'entre ces officiers, qui ont réussi en affaires, sont financièrement indépendants et ne coûtent rien à l'Église. Pour les observateurs extérieurs, les Autorités générales « peuvent également recevoir un revenu significatif des livres qu'elles publient (...) les mormons achetant les livres écrits par les autorités générales principalement en raison de l'office que détient l'auteur plutôt qu'en raison du contenu du livre. »[53], ce à quoi les apologistes répondent que seulement une dizaine d'Autorités générales actuelles sur plus d'une centaine ont publié des ouvrages, comme cela est vérifiable sur le site de Deseretbook.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Critique du mormonisme

Site indépendant

Défense du mormonisme

Notes et références

  1. Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 513
  2. Institute for Religious Research Le Mormonisme, est-il une religion chrétienne ?
  3. Joseph Smith, Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 300
  4. Joseph Smith, Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 279
  5. As man now is, God once was: As God now is, man may be. (Lorenzo Snow, 1840)
  6. « Car l'homme naturel est ennemi de Dieu, et l'est depuis la chute d'Adam, et le sera pour toujours et à jamais, à moins qu'il ne se rende aux persuasions de l'Esprit-Saint, et ne se dépouille de l'homme naturel, et ne devienne un saint par l'expiation du Christ, le Seigneur, et ne devienne semblable à un enfant, soumis, doux, humble, patient, plein d'amour, disposé à se soumettre à tout ce que le Seigneur juge bon de lui infliger, tout comme un enfant se soumet à son père. » (Mosiah 3:19)
  7. Joseph Smith, Articles de foi (1842)
  8. « Adam tomba pour que les hommes fussent, et les hommes sont pour avoir de la joie. » (2 Néphi 2:25)
  9. Joseph Fielding Smith, The Ensign, Vol. 36 No. 1
  10. Le Christ Jésus "Médiateur et Plénitude de toute la Révélation", Catéchisme de l'Église Catholique
  11. 1 Néphi 13:26-29
  12. Howard W. Hunter, Nul n'ajoutera ni ne retranchera, L'Étoile, octobre 1981, p. 115
  13. Deutéronome 4:2;12:32
  14. Patrick Madrid, In Search of "The Great Apostasy"
  15. Josephus Card. Ratzinger, Responsum ad propositum dubium de validitate baptismatis, 2001
  16. Zenit, L'Eglise catholique ne reconnait pas le baptême mormon
  17. Evangelical Lutheran Church in America, Should Lutherans Rebaptize Former Mormons Who Are Joining the Congregation?
  18. The United Methodist Church General Conference 2000 806-NonDis
  19. Presbyterian Church USA, Presbyterians and Latter-day Saints
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  23. Boyd K. Packer, To Young Men Only, General Conference Priesthood Session, October 2, 1976
  24. Affirmation - Suicide Memorial
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  27. Gordon B. Hinckley , Larry King Live, 26 December 2004
  28. "Dieu aime ses enfants : l'Église des SDJ revoit son fascicule sur les gays", Peggy Fletcher Stack, The Salt Lake Tribune, 28 juillet 2007, Traduction Fabrice Cellier
  29. B.H. Roberts, A comprehensive History of The Church of Jesus-Christ of Lather-day Saints, vol. IV, page 178, BYU Press Utah, 1965
  30. Témoignage de son arrière petite-fille, Thelma Geer, Box 147, San Simon, A2 85632, U. S. A
  31. Deseret Morning News | Church issues apology for massacre
  32. La disqualification est une sanction moins sévère que l'excommunication puisqu'elle n'exige pas un nouveau baptême en cas de réintégration.
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  51. D. Michael Quinn, The Mormon Hierarchy - Extensions of Power
  52. Gordon B. Hinckley, “Questions and Answers,” Ensign, Nov 1985, 49
  53. a , b  et c D. Michael Quinn, The Mormon Hierarchy - Extensions of Power, p 198 et suivantes
  54. Sandra Tanner, Do Mormon Leaders Receive Financial Support? (par exemple)
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