Costeroux

Costeroux

44°41′2″N 6°58′46″E / 44.68389, 6.97944 Le hameau de Costeroux, qui fut le plus haut d'Europe, est aujourd'hui disparu et remplacé par un simple oratoire, situé tout près de la frontière italienne dans les Alpes, à 2 100 mètres d'altitude sur le territoire du village de Molines-en-Queyras.

Costeroux a joué un rôle important lors des guerres qui ont déchiré l'Europe avant et après la Ligue d'Ausbourg, aux XVIIe et XVIIIe siècles, dans cette région du Queyras d'où ont émigré de nombreux huguenots, avant d'être acculé à l'extinction par les avalanches au XIXe siècle. Son histoire est connue grâce à d'exceptionnelles sources écrites, les transitons de Molines, registres familiaux relatant tous les événements.

Sommaire

Un site naturel sauvage

Le hameau était situé sur la route du Col Agnel (2 755 mètres) à la frontière italienne, non loin du Pain de Sucre (3280 mètres), facilement accessible à pied, mais aussi du Mont Viso, (3841 mètres) qui nécessite lui le recours à un guide.

Il s'étendait de la la croix de la Mission 1937 jusqu'au dernier tournant avant le pont de Lariane. Au centre du hameau, il y avait la chapelle St Claude, remplacée par l'oratoire Saint-Claude.

Costeroux est situé dans la haute vallée de l'Aigue Agnelle, à la flore et la faune très riche, qui est par ailleurs le paradis du ski de randonnée, car protégé de toute remontée mécanique. Sur le versant sud, le canal de Rouchas Frach est encore parfaitement visible sur plus de 8 kilomètres. Dans un site qui bénéfice d'un ensoleillement exceptionnel mais de saisons agricoles très courtes, à cause de l'altitude, il servait à arroser les foins, coupés deux fois dans l'été, et les cultures potagères. Le canal n'a plus été entretenu depuis 1914.

Un hameau victime des avalanches

Costeroux était à son époque le plus haut village habité d'Europe, à 2 100 mètres soit un peu plus que le village voisin de Saint-Véran. Selon Étienne Clouzot auteur de "l’enneigement dans le Queyras au XVIIe et XVIIIe siècle", il restait encore dix maisons en 1824 à Costeroux peu avant son abandon définitif. La copie du cadastre de 1824 montre effectivement onze maisons. Le milieu du XIXe siècle a été marqué par le pic d'un mouvement de refroidissement entamé en Europe à partir du XIIIe siècle.

Alors que le hameau voisin de Fontgillarde, bien abrité des avalanches, était privé de soleil, celui de Costeroux était très ensoleillé mais victime de nombreuses avalanches, qui ont finalement eu raison de la résistance de ses habitants, partis s'installer à Fontgillarde.

En 1788, le hameau de Costeroux fut la proie des avalanches, qui font 21 morts et détruisent 43 maisons. En 1706 déjà, 11 maisons avaient été détruites[1].

L'accueil des femmes vaudoises lors des « Pâques piémontaises » de 1655

Costeroux et le village de Molines, lors des Pâques Vaudoises, appelées aussi Pâques Piémontaises de 1655, avaient accueilli 3 000 femmes vaudoises des vallées italiennes, pendant que leurs maris tentaient de résister à la répression du Duc de Savoie. Plusieurs d'entre elles ont été hébergées rapidement dans des villages voisins.

Les populations protestantes de la haute vallée de l'Aigue-Agnelle, appelés vaudois ou barbets (du mot italien barba, qui veut dire oncle, donnés à leurs prêtres), pratiquent leur culte du désert dans les hauts-alpages au-dessus de Costeroux. Ils ont ensuite fui massivement en Italie, trente ans plus tard, comme beaucoup de huguenots.

Un émigrant français au Mexique dès 1685

C'est du hameau de Costeroux qu'après la révocation de l'édit de Nantes Paul Ebren, mari de Marguerite Eyméoud a émigré vers 1685 au Mexique, où il est mort à Guadalajara. D'autres protestants ont été contraints de fuir, de l'autre côté du col Agnel, en Italie, puis en Suisse et d'abandonner leurs biens. Ils sont ensuite revenus dans les villages italiens à l'occasion de la Glorieuse rentrée.

Après cette épisode, ces vaudois sont venus à plusieurs reprises piller leurs villages d'origines en France, dont celui de Costeroux, pour en ramener du bétail en Italie. Marguerite Eyméoud, devenue célibataire, âgée de 32 ans, leur a opposé une résistance courageuse qui lui a donné la réputation d'être "l'héroïne du Queyras".

Dans la gorge de l’Aigue Agnelle, elle tend avec les habitants du village une embuscade alors que les pillards s’en repartent, ployant sous la charge. L’embuscade est couronnée de succès et la paix assurée pour les mois suivants. Hélas, l’intrépide Marguerite périt au combat. L’auteur local Aristide Albert (1821-1903) a publié cette histoire vraie et édifiante en 1873.

Le terrible gel des Espagnols en 1743

L'armée espagnole de Don Philip campe au col Agnel où elle est surprise par une terrible vague de froid, qui gèle les pieds puis tue plusieurs centaines de soldats. Les survivants font une razzia sur tout le bois existant dans les villages mais la décomposition des centaines de cadavres tout le long du chemin provoque dans les semaines qui suivent de terribles épidémies.

Sources et références

  • Monographie de la vallée du Queyras, Jean Tivollier
  • A la découverte du Queyras, Raymonde MEYER-MOINE
  • L’Héroïne du Queyras : guerre des Alpes en 1792‎ par Aristide Albert
  • Le canal de Matthieu, de Jean-Claude Bonnuit.

Notes et références

Voir aussi

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Costeroux de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Molines — en Queyras Molines en Queyras Pays …   Wikipédia en Français

  • Molines-En-Queyras — Pays …   Wikipédia en Français

  • Molines-en-Queyras — 44° 43′ 54″ N 6° 50′ 38″ E / 44.7317, 6.8439 …   Wikipédia en Français

  • Molines-en-queyras — Pays …   Wikipédia en Français

  • Hugenots — Huguenot Le terme huguenot est l ancienne appellation donnée par leurs ennemis aux protestants français pendant les guerres de religion. À partir du XVIIe siècle, les huguenots seront appelés religionnaires, car les actes royaux employaient… …   Wikipédia en Français

  • Huguenot — Le terme huguenot est l ancienne appellation donnée par leurs ennemis aux protestants français pendant les guerres de religion. À partir du XVIIe siècle, les huguenots seront appelés religionnaires, car les actes royaux employaient le terme… …   Wikipédia en Français

  • Huguenots — Huguenot Le terme huguenot est l ancienne appellation donnée par leurs ennemis aux protestants français pendant les guerres de religion. À partir du XVIIe siècle, les huguenots seront appelés religionnaires, car les actes royaux employaient… …   Wikipédia en Français

  • Religionnaire — Huguenot Le terme huguenot est l ancienne appellation donnée par leurs ennemis aux protestants français pendant les guerres de religion. À partir du XVIIe siècle, les huguenots seront appelés religionnaires, car les actes royaux employaient… …   Wikipédia en Français

Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”