Industrie nucléaire soviétique

Industrie nucléaire soviétique

Industrie nucléaire en Russie

L'industrie nucléaire en Russie est héritière du programme nucléaire de l'URSS. Aujourd'hui, la Russie possède 31 réacteurs de production (en 2005) ce qui la place en 4e position mondiale des pays producteurs d'énergie nucléaire. Par ailleurs elle possède un nombre très important de sites avec des réacteurs de recherche civils ou militaires, dont environ 109 réacteurs de recherche ou à vocation militaire à l'origine [1]. Deux réacteurs doivent être construits sur le site de Kaliningrad. Moscou est partie prenante au programme ITER, à Cadarache en France.

Sommaire

Structure

Centrales nucléaires en Russie

L'Agence fédérale de l'énergie atomique, dirigée par l'ex-Premier ministre Sergueï Kirienko, supervise le programme nucléaire russe. Un décret de 2007 a créé la holding Atomenergoprom, qui regroupe l'industrie nucléaire, en particulier:

Le nucléaire sous l'URSS

Articles connexes : Histoire de l'URSS, Guerre froide et Course à la bombe atomique en URSS.
Les 18,000 km 2 du site nucléaire de Semipalatinsk (en rouge sur la carte), où la première bombe A soviétique, RDS-1, explose en 1949. Plus de 500 armes nucléaires y seront testés de 1949 à 1989.

L'Institut Kourtchatov est fondé en 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, pour créer une bombe atomique. Le complexe nucléaire Maïak est créé entre 1945 et 1948, l'Institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale (VNIIEF) en 1946, suivi en 1955 de l'Institut panrusse de recherche scientifique en physique technique. L'URSS produit ainsi sa première bombe A en 1949 (RDS-1, une réplique de Fat Man, les Soviétiques ayant infiltré le Projet Manhattan), alors que la Guerre froide a déjà éclaté.

Héritage Nucléaire Semipalatinsk (PA Perron) [1]

Le complexe secret de Jeleznogorsk (dont un réacteur est encore en fonctionnement en 2008) est créé en 1950. Cinq ans plus tard, l'URSS essaie sa première bombe H, RDS-37.

Dès les années 1950, l'URSS met au point les réacteurs de grande puissance à tubes de force (RBMK), à eau légère, qui équiperont la centrale de Tchernobyl, dont la construction commence dans les années 1970. En 1957, un grave accident nucléaire se produit au complexe nucléaire Maïak.

Le 30 octobre 1961, Tsar Bomba, conçue au VNIIEF par une équipe de physiciens formée autour d’Igor Kurchatov et comprenant Andreï Sakharov, explose. Ce serait la plus puissante arme nucléaire testée en date de 2008. L'année d'après, la crise des missiles de Cuba démontre les limites de la coexistence pacifique, menant le monde près de la guerre nucléaire.

Techsnabexport est créé en 1963 pour exporter la technologie nucléaire. Un accord de coopération nucléaire liait déjà l'URSS avec l'Egypte, qui a abouti à la mise en service d'un réacteur à eau légère, en 1961, dans la centrale d'Inshas.

La course aux armements entre les deux blocs conduit rapidement à l'équilibre de la terreur, doctrine remplacée ensuite par la destruction mutuelle assurée (MAD). Les grandes puissances dotées de l'arme nucléaire signent alors le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) (1968), qui entre en vigueur en 1970.

La catastrophe de Tchernobyl, en 1986, a un retentissement international.

Gorbatchev signe le 20 novembre 1988 un traité avec Rajiv Gandhi, Premier ministre indien, de coopération nucléaire avec l'Inde, prévoyant la construction de la centrale de Kudankulam. Dû à l'opposition de Washington et au non-respect des conditions données par le groupe des fournisseurs nucléaires en 1992, la construction de la centrale fut stoppée; elle est désormais toujours en construction.

Après l'URSS

Aujourd'hui, TVEL fournit du combustible pour les centrales de la République tchèque, de Slovaquie, de Bulgarie, de Hongrie, d'Ukraine, d'Arménie, de Lituanie, de Finlande et de Chine. Il y a actuellement 76 réacteurs de puissance et 30 réacteurs de recherche qui utilisent le combustible de TVEL.

Moscou a signé en 1995 un accord avec l'Iran, pour que Atomstroyexport construise le réacteur à eau légère de Bushehr. Atomstroyexport est aussi la seule firme à avoir répondu, le 24 septembre 2008, à l'appel d'offre pour la construction d'une centrale nucléaire en Turquie.[2].

Un accord de coopération pacifique sur le nucléaire a été signé avec le Venezuela fin novembre 2008 [3].

Armes nucléaires

Le gouvernement américain à la fin de la guerre froide pensait qu’il y avait en URSS 30 000 armes nucléaires et 500 à 600 tonnes d’uranium enrichi, alors qu’il y en avait respectivement 45 000 et 1 200 selon V. Mihailov, l’ancien ministre russe de l’énergie atomique [4].

En mars 2006, la Russie disposait de 16 000 armes nucléaires, dont 5 830 actives [5].

Références

  1. Voir liste sur le site de l'Autorité de Sûreté russe
  2. Turquie/nucléaire : une seule offre, AFP sur le site du Figaro, 24 septembre 2008
  3. Chavez et Medvedev signent un accord de coopération nucléaire, France 24 (dépêche AFP), 27 novembre 2008.
  4. S. Rosefielde, Back to the Future? Prospects for Russia’s Military Industrial Revival, Orbis, septembre 2001, p. 10.
  5. (en) Status of Nuclear Powers and Their Nuclear Capabilities

Voir aussi

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