Controverse Dordjé Shougdèn

Controverse Dordjé Shougdèn

Dans les années 1990 et au début des années 2000, le 14e dalai-lama désapprouva publiquement le culte de Dordjé Shougdèn et demanda à ce que ses adeptes cessent la pratique de ce culte et que ceux qui refusent de le faire soient expulsés des monastères et ne participent plus aux cérémonies[1],[2],[3]. Selon TibetInfoNet, ce n’est pas le dalaï-lama qui a ordonné des expulsions, mais les autorités du monastères de Sera[4].

À la demande de plusieurs lamas tibétains pratiquant le culte de Dordjé Shougdèn, Guéshé Kelsang Gyatso, fondateur de la communauté des adeptes de Shougdèn (Shugden Supporters Community ou SSC) adressa une lettre ouverte au dalaï-lama[5] et, déclarant ne pas avoir reçu de réponse de sa part[6], il lança une campagne accusant le chef du gouvernement tibétain en exil de persécution religieuse et organisa des manifestations lors de sa visite au Royaume-Uni en 1996. À la suite de ces manifestations, par une lettre du monastère de Sera datant de 1996, Guéshé Kelsang fut radié de cet établissement[7].

Pour certains, cette controverse est une question d'ordre spirituel et la désapprobation du dalaï-lama une simple recommandation. Pour d'autres, il s'agit d'une manœuvre politique, d'une manifestation d'intolérance et d'une répression de la liberté religieuse de la part du guide spirituel tibétain.

Sommaire

Origines

Selon le site shugdensociety.info, si le culte de Dordjé Shougdèn fut interdit dans les années 1990, la controverse qui le concerne débuta dans les années 1970 lorsque le dalaï-lama commença à dénoncer ce culte, pratiqué alors en Inde, Chine, Mongolie, au Tibet, Népal, et en Occident[8],[9],[10].

En mars 1996, Helmut Gassner, ancien traducteur en langue allemande du dalaï-lama et moine bouddhiste autrichien ayant reçu l'initiation à Dordjé Shougdèn en 1978[11], évoque en ces termes les premières mesures prises à l'encontre du culte [11]:

« Au printemps 1996, des nouvelles nous arrivèrent d’Inde : lors d’enseignements à l’occasion de la nouvelle année tibétaine, Sa Sainteté le dalaï-lama se serait exprimé en des termes les plus sévères contre la pratique de Dordjé Shougdèn. La traduction officielle de l’Office du Tibet était: “Le culte de Dolgyal endommage grandement la cause tibétaine et met en danger la vie du dalai lama”. Toute personne qui comprend la manière de penser des Tibétains comprend que ceci est un appel à la mobilisation de divers groupes de la population les uns contre les autres car pour la plupart des Tibétains, rien n’est plus important que la vie du dalaï-lama. Par conséquent toute personne désignée comme l’ennemi du dalaï-lama est automatiquement désignée comme traitre et devient un hors-la-loi...».

Poursuivant, Helmut Gassner parle de la réaction inattendue des pratiquants du culte de Dordjé Shougdèn :

« La dureté du langage et des méthodes utilisées amènent à la conclusion que cette attaque éclair du gouvernement en exil avait pour intention d'éliminer son groupe cible de la surface visible de la société. Il ne s'attendait pas à ce qu'un tel nombre de personnes affectées se montrent à ce point loyales envers leurs enseignants et il a probablement sous-estimé la détermination de bon nombre d'entre eux à rester fidèles aux convictions religieuses de leurs ancêtres au point de subir un ostracisme social total. Par conséquent, la controverse devint de plus en plus publique et il fallut la justifier. Ce qui s'est par contre avéré difficile [11]

Selon le dalaï-Lama, Dordjé Shougdèn serait en désaccord avec les protecteurs approuvés par le gouvernement en exil tibétain :

« Que ce soit hors du Tibet ou à l'intérieur, une déité en discorde avec [les déités du gouvernement], dont la relation avec les origines de ce gouvernement en exil au temps du 5e dalaï-lama [est en désaccord] quelle que soit la réalité ultime, ceci est grave dans le contexte de la cause commune du Tibet. C'est pourquoi, à moins que je vous le rappelle à nouveau, certains prétendent ne pas l'avoir entendu. Ce sera le dernier recours si [nous] avons à frapper [à leurs/vos] portes. Ce serait bien si [ils/vous] pouviez tenir compte de ceci sans que [nous] ayons à en venir à ce dernier recours »[réf. nécessaire]

Dans une interview donnée à l'hebdomadaire Newsweek en avril 1997, le dalaï-lama exprimait ses préoccupations à l'égard du culte de Dordjé Shougdèn en ces termes : « Ce culte détruit la liberté de pensée religieuse »[12]

À la question de savoir s'il avait été débattu de Dordjé Shougdèn au parlement tibétain, le député tibétain, Tsultrim Tenzin, interrogé par la chaîne de télévision Al Jazeera, répondit ceci :

« Il n'y a pas eu de discussion. S'il y avait eu une quelconque opposition, alors il y aurait eu des discussions, mais il n'y a pas eu d'opposition. Nous ne mettons pas en doute les décisions du dalaï-lama. Nous ne pensons pas qu'il soit un être humain. Il est un être humain suprême et il est un dieu, il est Avalokiteshvara, il n'a pas d'intérêt personnel, il pense toujours aux autres. Tout le monde est content. Notre système est 'tout le monde est content'. Il y a de la démocratie, une pleine démocratie. Chacun peut faire l'expérience qu'il souhaite »[13].

La dispute prit une dimension internationale dans les années 1990 lorsque des pratiquants tibétains de Dordjé Shougdèn demandèrent à Guéshe Kelsang Gyatso, fondateur de la NKT (Nouvelle Tradition Kadampa), de les aider. Ce dernier écrivit alors une lettre ouverte au dalaï-lama, laquelle resta sans réponse. Il créa en conséquence la Société des partisans de Shougdèn (Shugden Supporter Society ou SSC), qui organisa des manifestations et des campagnes médiatiques durant les tournées d'enseignement du dalaï-lama en Europe et aux États-Unis. La Société des partisans de Shougdèn affirme que le dalaï-lama et son gouvernement ont toujours refusé de répondre à leurs demandes de dialogue sur le sujet et que le gouvernement tibétain en exil a simplement discrédité l'opposition[14].

La controverse aujourd'hui

Depuis l'intentisification de la mise en œuvre de l'interdiction, la Société des partisans de Shougdèn a écrit une lettre ouverte au dalaï-lama, en date du 12 avril 2008 [15]:

Nous, la Société des partisans de Shougdèn, vous demandons d'accomplir 4 choses :
1. Laisser la liberté de vénérer Dordjé Shougdèn à quiconque souhaite s'en remettre à cette déité.
2. Arrêter complètement la discrimination entre les pratiquants de Shougdèn et les non-pratiquants.
3. Permettre à tous les moines et nonnes Shougdèn qui ont été expulsés de leur monastère de retourner dans leur monastère où ils devront bénéficier des mêmes droits matériels et spirituels que les non-pratiquants.
4. Dire par écrit à la communauté tibétaine dans le monde entier qu'elle doit mettre en application les trois points ci-dessus.

La lettre étant restée sans réponse, les manifestations ont recommencé. Kelsang Pema, nonne bouddhiste et membre de la Société des partisans de Shougdèn, explique pourquoi dans un article du Philadelphia Daily News en date 29 juillet 2008[16]:

Le dalaï-lama s'est récemment rendu à Philadelphie pour parler de liberté religieuse et des droits de l'homme. Que c'était ironique de voir qu'à l'extérieur du Kimmerl Center où il parlait, des centaines de bouddhistes protestaient contre lui pour avoir restreint la liberté religieuse.
Le dalaï-lama a condamné cette prière bouddhiste, vieille de 400 ans, qu'il a lui-même utilisée jusqu'à ses 50 ans. Les actions discriminatoires du dalaï-lama se sont accélérées cette année où il a donné son aval au lancement d'une campagne agressive contre cette pratique. Le résultat a été l'expulsion immédiate de 900 moines et nonnes de leur monastère.
Pour cette raison nous protestons à Philadelphie cette semaine et nous allons continuer à le faire dans le monde entier, où que le dalaï-lama se produise.

Selon dorjeshugden.com, depuis 2008, les pratiquants de Dordjé Shougdèn en Inde se mobilisent pour établir des monastères indépendants du gouvernement tibétain afin de pouvoir pratiquer librement leur conviction religieuse, sans être soumis à l'interdiction du gouvernement tibétain[17].

En janvier 2010, Gaden Trisur Rinpoche Jetsun Lungrik Namgyal, le 101e Ganden Tripa (Le Gandèn Tripa est le dirigeant et la plus haute autorité religieuse de l'école guélougpa) a, au terme de son mandat, quitté le monastère auquel il était affilié (Gadèn Shartsé) pour rejoindre un des monastères fondés par les pratiquants de Dordjé Shougdèn en Inde (le monastère de Shar Gandèn). Ces monastères sont indépendants du gouvernement tibétain. Avec la réincarnation officielle de Trijang Rinpoché et Dromo Guéshé Rinpoché, cela fait trois des lamas les plus influents et les plus haut placés de la tradition Guélougpa qui ont officiellement rejoint les monastères fondés par les pratiquants de Dordjé Shougdèn en Inde[18].

Les conséquences de l'interdiction du culte de Dordjé Shougdèn

Les conséquences au Tibet

En 1998, 2 ans après que le dalaï-lama eut décrit Dordjé Shugden comme 'maléfique' et ordonné aux monastères de répertorier les noms des bouddhistes désobéissants qui continuaient à le vénérer, un avocat des droits de l'homme, PK Dey, réunit 300 témoignages de Tibétains en exil en Inde ayant été soit menacés, soit attaqués pour ne pas s'être conformés aux ordres du dalaï-lama. Citation :

Ceux vénérant Shougdèn sont victimes d'importantes persécutions. Cela a lieu non pas dans des endroits spécifiques du pays mais partout où il y a des Tibétains.

En particulier, l'interdiction a eu les conséquences suivantes (c.f. "People & Power - The Dalai Lama: The devil within", Aljazeera[13]):

  • Moines et nonnes n'ont pas le droit de pratiquer le culte de Dordjé Shougdèn [19].
  • A moins de se conformer à l'interdiction, les moines et nonnes sont expulsés de leur monastère.
  • Des milliers de pratiquants tibétains laïcs de Dordjé Shougdèn sont forcés d'abandonner leur pratique sous peine de perdre le soutien de leur gouvernement et sont victimes d'humiliations et d'intimidations publiques.
  • Ceux qui refusent d'abandonner leur pratique perdent leur travail, leurs enfants sont expulsés des écoles et des documents de voyage ne leur sont pas délivrés par le gouvernement tibétain.
  • Des statues ont été brisées, des temples détruits, des livres brûlés, des maisons de pratiquants attaquées et des menaces de mort proférées.
  • Les pratiquants de Dordjé Shougdèn se voient interdire l'accès aux centres de soins[20].

Dans un article paru en juin 2008, Michael Backman (en) [21] dit:

Les adeptes de Shougdèn affirment que le dalaï-lama a profité de la lame de fond mondiale de soutien qui a accompagné les protestations autour de la flamme olympique cette année, pour les attaquer. Ils affirment que sur ses ordres, des centaines de moines pro-Shougdèn ont été expulsés de monastères bouddhistes tibétains, principalement en Inde, les laissant privés de soutien financier et d'abris. Ils affirment maintenant que c'est le dalaï-lama qui viole les droits de l'homme en ce qui concerne la liberté de culte.

La chaine de télévision Al Jazeera a récemment envoyé des journalistes en Inde pour enquêter sur l'interdiction et les persécutions. Selon son reportage du 2 octobre 2008 [22]:

Le dalaï-lama a imposé l'interdiction du culte d'une déité vieille de 500 ans nommée Dordjé Shougdèn. L'interdiction a créé des tensions et des discordes parmi le million de Tibétains vivant en Inde et en mai, 400 moines furent expulsés de monastères à cause de leurs convictions religieuses. Dans les camps de réfugiés tibétains, les pratiquants de Dordjé Shougdèn se voient refuser l'accès aux emplois, aux magasins et aux écoles. Des affiches avec le message "Pas de pratiquants de Dordjé Shougdèn" couvrent les façades d'hôpitaux et de magasins. La tension a été exacerbée par le gouvernement tibétain en exil qui qualifie les adeptes du culte de Dordjé Shougdèn de terroristes étroitement liés à la Chine. Les pratiquants du culte de Dordjé Shougdèn en Inde ont décidé de prendre les choses en main en traînant le dalaï-lama en justice pour discrimination religieuse.

Les conséquences dans le reste du monde

Les centres bouddhistes occidentaux liés au dalaï-lama ont également signé des déclarations promettant de ne pas s'engager dans la pratique de Dordjé Shougdèn ni d'accepter dans leurs centres des pratiquants du culte de Dordjé Shougdèn. Dans le manuel de la FPMT (Foundation for the Preservation of the Mahayana Tradition), Lama Zopa déclare[réf. nécessaire] :

Tous ceux qui offrent leurs services ou qui enseignent dans les centres FPMT sont tenus de suivre le conseil de Sa Sainteté le dalaï-lama. Par exemple, Sa Sainteté le dalaï-lama a interdit la pratique du soi-disant protecteur Do Gyel (Shougdèn), alors les enseignants ou autres personnes associées à la FPMT ne doivent pas s'engager dans cette pratique[réf. nécessaire].

Ceci s'étend également à l'ordination. Sur le site internet du IMI/FPMT, les étudiants envisageant l'ordination ne doivent « PAS être des pratiquants de Shougdèn »[23]. Lama Zopa dit ceci en parlant de lui et de son enseignant Lama Yeshe, le fondateur du FPMT[24]:

Bien sûr, Lama et moi pratiquions Dordjé Shugdèn durant de nombreuses années. C'était toujours la chose principale que les lamas faisaient à chaque fois qu'il y avait des problèmes à surmonter. Au début de chaque cours Kopan, Lama faisait toujours une pratique de Shougdèn pour éliminer les obstacles.

Dans une lettre où Yeshe Sangye, un pratiquant senior de la FPMT, rompt un silence de 20 ans, il explique comment le soutien de la FPMT pour la « cause politique » de la lutte contre la pratique de Dorjé Shougdèn est dommageable et source de problème, non seulement pour les pratiquants de Dorjé Shugdèn, mais également pour les étudiants de la FPMT eux-mêmes[25].

L'assignation en justice du dalaï-lama rejetée par la justice indienne

Le dalaï-lama a été assigné en justice devant la Haute Cour de Delhi par Kundeling Rinpoché et la Shugden Society pour violation de la constitution indienne et violation des droits de l'homme[13],[26]. Après deux reports, le procès devait se dérouler le 9 décembre 2008[27]. Le 5 avril 2010, le juge S. Muralidhar a rejeté la plainte estimant que les allégations de violence et de harcèlement étaient vagues et ne sont pas recevables en justice selon l’article 226 de la Constitutionet que la question posée ne relèvait pas du droit public, mettant ainsi fin à cette demande. Il a conclu que les « questions de religion et les différences entre les groupes au sujet de propitiation de la religion ne peuvent être tranchées par une Haute Cour de Justice dans l'exercice de sa compétence »[28].

Arguments des pratiquants

La liberté religieuse

Selon les pratiquants de Dorjé Shougden s'exprimant par l'entremise d'associations comme la Western Shugden Society (Union des pratiquants occidentaux de Shougdèn)[29]:

Le dalaï-lama interfère avec la liberté religieuse en imposant une interdiction du culte de Dordjé Shougdèn et en menant une campagne d’intimidation, d’humiliation et d’ostracisme envers les personnes ne se conformant pas à cette interdiction.

L'article 10 de la Charte des Tibétains en exil promulguée par le dalaï-lama dispose que

Toutes les religions sont égales devant la loi. Tout Tibétain a le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Les droits religieux comportent la liberté de croire, d'être initié à des traditions religieuses, pratiquer conformément à l'engagement religieux, comme prêcher et vénérer toute religion, seul ou au sein d'une communauté[30].

L'oracle d'État du dalaï-lama

Dans un discours prononcé devant la Fondation Naumann en 1999 [11], Helmut Gassner envisage une autre explication à cette interdiction :

Le majordome du dalaï-lama, Kungo Phala, fut mon invité dans ma demeure à Feldkirch à plusieurs reprises. C'est lui qui en 1959 organisa la fuite de Sa Sainteté de son palais d'été Norbulingka. Il m'en a parfois parlé. Les préparatifs de fuite avaient été faits dans le plus grand secret et avaient strictement suivi les indications reçues de Dordjé Shougdèn. Il dit que tout s'est passé exactement comme l'oracle de Dordjé Shougdèn du monastère de Panglung l'avait prédit. C'est grâce à l'intervention décisive de Phala que toute la famille du dalaï-lama réussit à s'exiler.

Et Helmut Gassner de préciser:

L'oracle traditionnel de l'État tibétain est depuis des générations rongé par la jalousie à l'égard de Dordjé Shougdèn. Selon tous les témoins fiables que je connais et que j'ai consultés, l'oracle d'État n'a fourni aucune aide à cette occasion. Après la fuite du dalaï-lama et de sa suite, l'oracle d'État ne se rendit compte que le lendemain qu'il avait été laissé sur place. Une fois en exil, son rôle perdit de sa prééminence jusqu'au début des années 1970 où l'oracle commença discrètement à convaincre le dalaï-lama qu'il devrait prendre ses distances d'avec Dordjé Shougdèn. En d'autres termes, le niveau actuel de la diffamation de Dordjé Shougdèn n'est pas venu du dalaï-lama mais de l'oracle d'État qui, dans ses prophéties durant 25 ans, a rendu Dordjé Shougdèn responsable de toutes les tragédies qui se sont abattues sur le Tibet et les Tibétains.

Arguments de tierces parties

Dans son livre The Tibetan Independence Movement: Political, Religious and Gandhian Perspectives[31], Jane Ardley déclare :

Il est évident que c'est le rôle du dalai-lama en tant qu'autorité spirituelle ultime qui entrave toute démocratisation politique. En partant du principe qu'il détient l'autorité morale voulue sur le plan spirituel, tout défi à son autorité politique peut être interprété comme anti-religieux.

Reprenant cette citation, la journaliste Brendan O'Neill ajoute pour sa part[32]:

En élevant le dalaï-lama à la position de représentant incontestable du peuple tibétain, les militants pro-tibétains contribuent à étouffer « toute possibilité d'opposition ainsi que l'expression d'opinions différentes » — l'âme même de la démocratie.

Jane Ardley écrit également[31]:

Le dalaï-lama, en tant que dirigeant politique des Tibétains, a eu tort d'interdire à ses fonctionnaires de participer à un culte religieux particulier, quelque indésirable qu'il soit. Par contre, étant donné que les deux concepts (religieux et politique) demeurent entrelacés dans la perception actuelle du Tibet, une controverse religieuse était vue comme une menace à l'unité politique... Le dalaï-lama a utilisé son autorité politique pour traiter ce qui était et qui aurait dû rester une question purement religieuse. Un État tibétain laïque aurait pu éviter cela[33],[31].

Arguments des opposants

Accusation de collusion avec la Chine populaire

Selon Ursula Bernis, les autorités chinoises se sont saisi de la controverse dès 1996 dans le but de diviser [34]. Un article, publié en 1996 par le journal officiel chinois China's Tibet, qualifie Shougdèn d'« esprit saint », « de gardien du bouddhisme tibétain », et critique le dalaï-lama [35],[36].

Par ailleurs, Ursula Bernis, se référant à un essai de Jamyang Norbu datant de 1990[37], écrit :

Mais la société tibétaine aujourd'hui semble tout aussi intolérante à l'égard des oppositions internes que les Chinois. Des allégations d'ingérence chinoise sont largement utilisées par les Tibétains comme prétexte pour faire taire toute opposition [38].

Selon un reportage de France24[39], plus qu'une divergence spirituelle, cette affaire est un enjeu politique. Les Shougdèns sont ouvertement accusés par des proches du dalaï-lama de soutenir la Chine et de trahir la cause tibétaine[39] Les pratiquants du culte de Dordjé Shougdèn affirment que cette accusation n'est pas logique, qu'il n'existe aucune preuve du soutien de la Chine et qu'ils ne demandent que le respect de leur droit à prier Shougdèn[40].

Selon le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie, en 1999, pour imposer aux moines du monastère de Gangchen le respect à son égard et l'obligation de la pratique du culte de Shougdèn, Gangchen Lama, un lama adepte de Shougdèn, aurait demandé l'appui de représentants des autorités de la République populaire de Chine, lesquels auraient menacé les moines d'emprisonnement[41].

Selon le site TibetInfoNet, Phuntsok Wangyal[42], dans une lettre adressée en 2007 au président Hu Jintao, critique les cadres du Parti communiste chinois qui, rivalisant pour soutenir les adeptes de Dordjé Shougdèn, « gagnent leur vie, sont promus et s'enrichissent en s'opposant au séparatisme »[43],[44].

Le 3 octobre 2007, le Gouvernement tibétain en exil a affirmé que « dans le but de miner la paix et l'harmonie entre les Tibétains, la Chine fournissait un soutien politique et financier aux fidèles de Shougdèn au Tibet (..) et dans le monde »[45] et le Premier ministre du Gouvernement tibétain en exil a, quant à lui, affirmé que les adeptes de Shougdèn étaient avant tout des ennemis politiques, des ennemis de l'intérieur [39].

Selon un article de TibetInfoNet publié en mai 2008, les autorités de la République populaire de Chine soutiendraient financièrement les groupes Shougdèn [46]. Les lamas qui assistent à des conférences parrainées par l'État sur le bouddhisme ou la culture tibétaine et l'histoire, en RPC, sont des adeptes anciens de Shougdèn [46]. Les lamas enseignants qui entourent Gyaltsen Norbu, le candidat choisi par les autorités chinoises pour succéder au 10e Panchen Lama, sont liés à Shougdèn [46]. L'arrestation et la condamnation par les autorités chinoises de Tenzin Delek Rinpoché en 2002 sont liées à la controverse sur le culte de Shougdèn [46].

Sur la chaîne d'information Al Jazeera, le premier ministre du gouvernement tibétain en exil affirme ceci :

De nombreux pratiquants de Shougdèn deviennent des terroristes, capables de tuer n'importe qui. Ils sont prêts à battre n'importe qui, c'est devenu très clair que ceux qui vénèrent Dordjé Shougdèn sont très proches du pouvoir de la République Populaire de Chine.

Toujours selon cette chaîne d'information :

Aucun adepte de Shougdèn n'a jamais été accusé de terrorisme ou questionné à ce sujet, et pourtant les moines qui continuent à pratiquer le culte de Shougdèn demeurent victimes de dénonciation pour traîtrise[27].

Le triple meurtre de Dharamsala

Le 4 février 1997, à Dharamsala, furent assassinés Lobsang Gyatso, ami proche et conseiller du dalaï-lama, fondateur et directeur de l'Institut de dialectique bouddhiste, et deux de ses élèves. Dans une dépêche publiée 2 jours plus tard par l'AFP, T. Tethong, responsable du bureau du dalaï lama, déclara que la police locale enquêtait et que relier le meurtre à un autre groupe (tibétain) était pure spéculation[47].

Cette affirmation devait être contredite par deux anciens disciples allemands, Herbert et Mariana Roettgen[48], dans un livre publié sous les pseudonymes de « Victor Trimondi et Victoria Trimondi » : les partisans du dalaï-lama auraient attribué ces meurtres aux fidèles de Dordjé Shougdèn quelques jours après les faits [49] :

« Lobsang Gyatso passait pour un ami privilégié du dalaï-lama ainsi qu'un opposant marqué de la secte Shougdèn. Quelques jours après l'assassinat, un communiqué de presse émanant du gouvernement en exil fit le tour du monde, dans lequel les adeptes de Dordjé Shougdèn étaient désignés comme étant à coup sûr les auteurs du meurtre. On parla d'aveux et d'arrestations. Cette opinion reste répandue dans le grand public encore aujourd'hui. […] Il y a des affirmations de pratiquants de Shougdèn disant que l’entourage du dalaï-lama a essayé de faire porter la culpabilité sur eux afin de les bâillonner et les marginaliser ». »[50].

Un article publié le 5 mai 1997 par l'hebdomadaire américain Newsweek, tout en mentionnant au départ la conviction qu'a la police indienne de l'implication des adeptes de Shougdèn, exonère en définitive ces derniers[51], rapportant que « les cinq fidèles de Shougdèn interrogés l'hiver (précédent) ne sont pas des meurtriers présumés mais pourraient bien être les témoins d'un complot savamment ourdi ». […] Le journaliste précise que « nul n'a vu les assaillants entrer dans la chambre du monastère ni en sortir. Il n'y a donc jusqu'ici aucune preuve que les adeptes de Shougdèn soient derrière ces homicide».

Dans un de ses discours, Helmut Gassner, ancien traducteur officiel du dalaï-lama et aujourd'hui critique de ce dernier, évoque une piste interne [52]:

« Le directeur de l'École de dialectique était réputé pour ses écrits calomnieux, y traînant dans la boue toute déviation, même minime, de la ligne instaurée par le Gouvernement en exil : les maîtres de renom, les grandes universités monastiques et même la guérilla tibétaine étaient dans son collimateur. […] Étant donné le caractère des attaques en règle et des humiliations infligées à la guérilla tibétaine dans les années antérieures, on aurait pu supposer que la recherche du coupable finisse par remonter jusqu'à celle-ci. Mais, de toute évidence, cela ne fut pas le cas ».

La journaliste française Ursula Gauthier, dans un article du Nouvel Observateur daté d'août 2000, évoque pour sa part une piste externe : « Les assassins auraient trouvé refuge au Tibet »[53],[54]

Le journaliste Gilles Van Grasdorff évoque d'autres suspects dans son livre L'Histoire secrète des Dalaï-Lamas[55].

« Coté tibétain, le ton monte. Aujourd'hui encore on accuse - sans preuve formelle - les dzogenpas, installés depuis 1962, dans l'Himachal Pradesh. Leur querelle avec les Bonnets Jaunes remontent au temps originels du bouddhisme tibétain. [...] Les dzogchenpas, souvenons-nous, se sont toujours opposés aux dalaï-lamas, à leur politique et à leur gouvernement. Fondamentaliste, ces intégristes soutiennent le onzième Panchèn-Lama que Pékin a supplanté à Guendun Choekyi Nyima. »

Le livre Une Grande Imposture évoque également d'autres suspects[56] :

« La Lettre de la canine de mangouste mentionne d’autres problèmes, entre autres que le gouvernement tibétain introduisit la division entre les combattants de la guérilla tibétaine dans le Mustang, ce qui conduisit finalement à leur destruction. La lettre mentionne également le rôle joué par le frère du Dalaï-Lama, Gyalo Dondrub, dans le trafic d’armes réalisé par des Tibétains en exil entre Taiwan, le Pakistan et la Birmanie. Losang Gyatso, lama principal parmi les trois moines assassinés à Dharamsala en février 1997, venait juste de rentrer de Taiwan, transportant une très grande somme d’argent en liquide provenant d’une telle vente d’armes. Cet argent serait un motif des meurtres. »

Dix ans après les faits, en juin 2007, Interpol, à la demande de la police indienne, a émis un avis de recherche international concernant deux citoyens chinois, Lobsang Chodak et Tenzin Chozin qui pourraient être impliqués dans le meurtre[57],[58].

Manifestations en 2008 pour la liberté de culte

Manifestation à Oxford avec des manifestants des deux bords (drapeau du gouvernement tibétain en exil à gauche).

Des bouddhistes européens et tibétains pratiquants de Dordjé Shougdèn ont manifesté durant l'été 2008 aux États-Unis, en France, Angleterre, Allemagne, Australie pour revendiquer la liberté de pratiquer le culte de Dordjé Shougdèn. Ils dénoncent un apartheid religieux et demandent au dalaï-lama d'arrêter les mensonges, l'hypocrisie et l'ostracisme [59],[60],[61].

La Western Shugden Society avait averti le dalaï-lama et le gouvernement tibétain en exil que des manifestations auraient lieu dans le monde entier si l'expulsion de six moines du monastère de Ganden dans le sud de l'Inde n'était pas annulée[62].

Ainsi, en Grande-Bretagne, environ 1 000 membres de la WSS, criant « Dalai Lama, stop lying! » ou « Dalai Lama, give religious freedom! » (« Dalaï-lama, cesse de mentir ! » ou « Dalaï-Lama, accorde la liberté de culte ! »), protestèrent le 30 mai 2008 à Oxford devant le Sheldonian Theatre où le dalaï-lama était venu faire une conférence. Nombre d'entre eux avaient déjà manifesté à Londres et à Nottingham précédemment à l'occasion des déplacements du dirigeant bouddhiste[63].

De même, aux États-Unis, en avril 2008, une centaine de membres de la WSS, principalement non tibétains mais aussi, pour quelques-uns, tibétains, avaient manifesté à l'Université de Colgate à Madison dans l'État de New York[64].

Egalement, à Sydney en Australie, des membres de la WSS, nombre d'entre eux moines et nonnes bouddhistes, protestèrent le 11 juin 2008, devant le Parc olympique, contre le dalaï-lama, venu prodiguer un enseignement sur la méditation [65].

Notes et références

  1. Kashag, Kashag's Statement Concerning Dolgyal, 31 mai 1996, Site du dalaï-lama « Le dalaï-lama expliqua clairement ce point le 21 mars 1996 : « Il ne serait pas approprié que ceux qui font le culte de Dolgyal (Dordjé Shougdèn) suivent cette (cérémonie) […] il serait mieux que vous n'y participiez pas, levez-vous et quittez ces lieux […] il n'est pas correct que vous restiez assis ici […] » Le rejet de Dolgyal (Dordjé Shougdèn) est une question de la plus haute importance pour la cause du Tibet, liée à la sécurité personnelle de Sa Sainteté « […] vous pourriez avoir plus tard des raisons de regretter d'avoir pris cette affaire avec trop de légéreté dans l'espoir que les choses s'arrangeraient au bout du compte […] » C'est le devoir du gouvernement tibétain en exil d'encourager l'application de ce conseil donné pour protéger la cause du Tibet, la sécurité de son chef d'État et l'honneur des traditions du bouddhisme tibétain dont la tradition Geluk. Par conséquent, il [le gouvernement tibétain en exil] a initié un programme demandant à ceux qui suivent Dolgyal (Dordjé Shougdèn) d'abandonner ce culte »
  2. Traduction du discours du Dalaï Lama sur France24 : « Je n'ai pas écarté les Shougdèn pour mon propre intérêt […] il faut expulser ces moines sans hésitation […] vous pouvez dire que le dalaï-Lama lui-même a demandé de le faire ».
  3. (en) « The Dalai Lama: The devil within », Part II, aljazeera.net, 13 janvier 2009.
  4. TibetInfoNet, Sowing dissent and undermining the Dalai Lama, 21 mai 2008, : Le dalaï-lama a demandé un référendum des moines des grands monastères Gelugpa de l'Inde du sud pour déterminer si la pratique de Shugden devrait avoir lieu dans ces monastères ou pas. Le vote a eu lieu les 26, 27 janvier et 9 février 2008. La grande majorité a décidé que la pratique ne devrait pas être autorisée dans leurs monastères : « In order to clarify whether or not Shugden worship should take place in the Gelugpa monasteries based in South India, the Dalai Lama called for a referendum, and a poll was held on 26-27 January and 09 February 2008. The overwhelming majority of the monks voted against allowing the Shugden cult in their monasteries. ». Les autorités du monastère de Sera Mey expulsèrent 6 moines du groupe Shugden pour avoir provoquer la crise : (« The Sera Mey leadership later expelled six monks of the Shugden group for inciting the crisis. »).
  5. (en) Geshe Kelsang Gyatso, « Open Letter to H.H. the Dalai Lama by Geshe Kelsang Gyatso » sur cesnur.org. Consulté le 26 novembre 2010
  6. (en) Geshe Kelsang Gyatso, « Open Letter to H.H. the Dalai Lama by Geshe Kelsang Gyatso » sur dorjeshugden.com. Consulté le 26 novembre 2010
  7. (en)Smear: Geshe Kelsang Gyatso is a Self-proclaimed Geshe?, Site de newkadampatradition, 6 juillet 2008
  8. Sur le site de Shugden Society, en date du 2 octobre 2008.
  9. (en) Photos & Video, Western Shugden Society (WSS)  : « 20 ans ont passé depuis que j'ai évoqué pour la première fois les restrictions publiques à l'égard de Dordjé Shougdèn » (discours public à Dharamsala, le 8 mai 1996).
  10. (en) Shugden issue - Bernis Research - Shugden Society, Delhi : « Il doit y avoir environ 10 ans. A l'occasion d'un enseignement sur le lamrim à Drepung, j'ai donné les raisons qui m'ont poussé à cette interdiction » (discours du 5 mai 1996).
  11. a, b, c et d (en) Dalai Lama, Dordjé Shougdèn, 26 March 1999.
  12. (en) Murder In A Monastery, 5 mai 1996, Newsweek « That cult is actually destroying the freedom of religious thought »
  13. a, b et c (en) "The Dalai Lama: The devil within" (Part I) (version youtube), 30 septembre 2008
  14. (en) Mixing Religion and Politics: The Dalai Lama’s ban on Dorje Shugden Prayer Investigating the campaign against Dorje Shugden
  15. (en) http://www.westernshugdensociety.org/en/reports/letter-to-the-dalai-lama-of-tibet/
  16. (en) http://www.westernshugdensociety.org/en/press/letters-why-we-were-protesting-the-dalai-lama/
  17. (en) The Tide has Turned – Gelugpa Tradition Revival in the East and the West, dorjeshugden.com
  18. (en) H.H. Gaden Trisur Rinpoche defects to the Dorje Shugden camp, dorjeshugden.com
  19. (en) http://www.westernshugdensociety.org/reports/untouchables-shocking-posters-in-monastery/
  20. (en) http://wisdombuddhadorjeshugden.blogspot.com/2008/11/dorje-shugden-practitioners-denied.html
  21. (en) http://dorjeshugdenblog.wordpress.com/2008/10/04/reasoning-from-madness-the-dalai-lamas-campaign-against-human-rights/
  22. (en) http://www.shugdensociety.info/Bernis0EN.html
  23. http://www.imisangha.org/
  24. http://www.fpmt.org/
  25. http://www.dorjeshugden.com/lamazopa.htm
  26. (en) Dalai Lama & Samdong Rimpoche have to appear in Delhi high court : Plainte déposée auprès de la Haute Cour de Delhi au nom de l'association Dorje Shugden Society.
  27. a et b Al Jazeera - Le Dalaï-Lama, le démon à l'intérieur.
  28. (en) Delhi High Court Dismisses Dorjee Shugden Devotees’ Charges.
  29. Dalai-Lama DONNE la liberté religieuse, Western Shugden Society, 2008.
  30. (en) Constitution tibétaine : « All religious denominations are equal before the law. Every Tibetan shall have the right to freedom of thought, conscience and religion. These religious rights include the freedom to manifest one's belief, to receive initiation into religious traditions, practice with matters relating to religious commitment, such as preaching and worship of any religion, either alone or in community with others ».
  31. a, b et c (en) Jane Ardley, The Tibetan Independence Movement: Political, Religious and Gandhian Perspectives, Routledge, 2002, 211 p. (ISBN 0-7007-1572-X) : « [It] is apparent that it is the Dalai Lama's role as ultimate spiritual authority that is holding back the political process of democratisation. The assumption that he occupies the correct moral ground from a spiritual perspective means that any challenge to his political authority may be interpreted as anti-religious. »
  32. (en) Brendan O'Neill, The problem with Tibet, The Guardian, 6 mars 2008 : « In elevating the Dalai Lama to the position of unquestionable representative of the Tibetan people, pro-Tibet activists are helping to stifle "the opportunity for opposition and the expression of different views" - the very lifeblood of democracy. »
  33. Jane Ardley, The Tibetan independence movement: political, religious and Gandhian perspectives, RoutledgeCurzon, 2002 [présentation en ligne], p. 175-176 
  34. (en) Ursula Bernis, Exiled from Exile, 1996-1999.
  35. (en) Beijing Supports the Shugden Activists.
  36. (en) Schisms, murder, and hungry ghosts in Shangra-La.
  37. (en) Opening of the political eye: Tibet’s long search for democracy, Tibetan Review, 25 (11): 13–17, november 1990.
  38. (en) Ursula Bernis, Page 8 CONDEMNED TO SILENCE: A TIBETAN IDENTITY CRISIS (1996-1999) : « But Tibetan society today seems to be just as intolerant of internal opposition as the Chinese. Allegations of Chinese interference are widely used by Tibetans as an excuse to silence any opposition ».
  39. a, b et c Reportage de France 24.
  40. (en) Are Dorje Shugden practitioners supported by the Chinese?, Wisdom Buddha Dorje Shugden Blog, August 20, 2008.
  41. (en) Forceful evacuation in Gangchen Monastery.
  42. Phuntsok Wangyal est le créateur du Parti communiste tibétain en 1939. Il fut l’un des principaux dirigeants communistes tibétains mais fut écarté des responsabilité dès 1958 puis emprisonné pendant 18 ans.
  43. (en) Allegiance to the dalai lama and those who "become rich by opposing splittism" : « The worship of the deity has the ostensible support of both the regional and central party leadership, which have been generous with both financial and administrative support to the pro-Shugden groups and programmes. The rush in championing the Shugden cause gives those cadres supporting it privileged access to funds and enhances their personal stature. In a recently publicised letter to Chinese president Hu Jintao, Communist Party veteran Phuntsog Wangyal spoke of these cadres as people who "make a living, are promoted and become rich by opposing splittism" ».
  44. (en) China says chances of Dalai Lama return are slim,Reuters.
  45. (en) Central Tibetan Administration issues statement on Shugden followers from Tibet
  46. a, b, c et d (en) Sowing dissent and undermining the Dalai Lama
  47. (en) Three Tibetans murdered near Dalai Lama's Indian headquarters (AFP), 6 février 1997, « [...] said the bureau's chief, T.C. Tethong. [...] "The local police is investigating the murder. Linking this with any other (Tibetan) group is purely speculation" ».
  48. dans «Le devoir».
  49. La guerre des divinités et l'affaire Shougdèn par les Trimondi.
  50. (en) A few days after the murder a press release from the government in exile coursed around the world in which Dorje Shugden followers were said to certainly be responsible for the murder (Victor & Victoria Trimondi, The Shadow of the Dalaï Lama (« L'ombre du dalaï-lama »), Part II - 7. The war of the oracle gods and the Shugden affair (« La guerre des oracles et l'affaire shougdèn »)).
  51. (en) Tony Clifton, Who killed three of the Dalaï Lama's inner circle?, Newsweek, 5/05/97.
  52. Helmut Gassner, Dalai Lama, Dorje Shugden, Friedrich-Naumann-Foundation, Hamburg, March 26th, 1999.
  53. Du rififi chez les lamas, Le Nouvel Observateur.
  54. L'article en question reproduit sur un blog.
  55. Gilles Van Grasdorff, L'Histoire secrète des Dalai-Lamas, Flammarion, (ISBN 978-2-0812-2203-8), pp. 329-330].
  56. Western Shugdèn Society, Une Grande imposture (ISBN 978-0956-391-841), pp. 228.
  57. (en) Jane Macartney, Interpol on trail of Buddhist killers, The Times, 22 juin 2007
  58. (en) Interpol alert against killers of Dalai Lama’s aide, The Indian Express, 18 juin 2007 : « The Interpol has issued a red corner notice against two Chinese nationals for their alleged involvement in the killing of a close aide of Tibetan spiritual leader Dalai Lama and two of his students in 1997 in a suspected fallout of sectarian dispute. According to the Interpol red corner notice, the two alleged assailants, who are students of ‘Dorje Shugden Devotees Charitable and Religious Society’ [...], identified by the taxi driver who brought them from Delhi to Dharamsala were booked on charges of critical conspiracy and murder ».
  59. (en) Western Shugden Society,Ostracisme, site de la Western Shugden Society.
  60. Western Shugden Society, Photos des manifestations.
  61. Western Shugden Society,Vidéo manifestation à NYC.
  62. Source : (en) Sowing Dissent and Undermining the Dalai Lama, site TibetInfoNet, 21 May 2008 : « The Western Shugden Society had warned the Dalai Lama and the Tibetan government in exile in advance to hold worldwide demonstrations if the expulsion of six monks from Ganden Monastery in South India was not revoked. ».
  63. Source : (en) Monks protest against the Dalai Lama, Oxford Mail, 30 mai 2008 : « Many of the demonstrators have been following the Dalai Lama around the UK and protested at his engagements in London and Nottingham in recent weeks. »
  64. Source : (en) Sowing Dissent and Undermining the Dalai Lama, site TibetInfoNet, 21 May 2008 : « on 22 April 2008, around 100 members of the WSS held a demonstration outside the venue of the Dalai Lama's talk at Colgate University in Hamilton, USA. They protested against his advice to Tibetans to stop worshipping the Shugden deity. »
  65. (en) Hamish McDonald and Paul Bilby, Members of Parliament meet Dalai Lama, The Sydney Morning Herald, 11 juin 2008 : « Members of the WSS, many of them Buddhist monks and nuns, were chanting "Dalai Lama, stop lying" and "Dalai Lama go away" ».

Voir aussi

Autres lectures

  • Donald Sewell Lopez, Jr., le Chapitre VII de Fascination tibétaine : du bouddhisme, de l'Occident et de quelques mythes, préface Katia Buffetrille, traduit de l'anglais par Nathalie Münter Guiu, Paris, Éditions Autrement, 2003.

Liens externes

Point de vue du Dalaï Lama et de sites liés aux Tibétains en exil

Point de vue des pratiquants du culte de Dordjé Shougdèn

Confrontation des points de vue


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Controverse Dordjé Shougdèn de Wikipédia en français (auteurs)

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