Subdivision territoriale

Subdivision territoriale

La subdivision territoriale est un processus qui vise à tracer des ensembles cohérents, au sein dun territoire donné. Elle est effectuée par une entité qui fait autorité à son échelle. Les sous-ensembles ainsi formés sont délimités par des frontières et font souvent lobjet dune appropriation par ceux qui les pratiquent.

Sommaire

Jeux déchelle et enjeux

La définition du concept de subdivision territoriale doit être discutée, puisquelle peut sexercer à diverses échelles. En effet, une subdivision peut concerner autant dobjets que le concept de territoire désigne. Ainsi, du générique au spécifique, il peut sagir de la subdivision dune région, aussi bien que de lespace de souveraineté dun état.

De même, la notion de subdivision territoriale recèle souvent des enjeux de taille. En effet, si les raisons de subdiviser paraissent objectives, sa mise en œuvre politique savère souvent complexe et nécessite un arbitrage. Les ensembles tracés peuvent lêtre selon divers critères de cohérence. Même si la subdivision du territoire sopère souvent selon des critères fonctionnels, lhistoire, les jeux de pouvoir ou de simples logiques administratives peuvent dicter le tracé de cette subdivision. Ainsi, cohérent selon un critère précis, la même subdivision pourra paraître absurde dun autre point de vue.

Il faut également dénoncer lexistence du mythe du « territoire idéal » qui se cache parfois derrière le processus de subdivision territoriale. En effet, les tentatives de subdivisions fonctionnelles sefforcent souvent de constituer cet ensemble idéal, oubliant la complexité du territoire en question.

De plus, une subdivision pertinente à une certaine époque peut se révéler inadéquate face à lépreuve du temps. Elle comporte donc un aspect éphémère qui pousse au redécoupage du territoire lorsquelle devient désuète. Pourtant, malgré la nature théoriquement dynamique de ce processus, sa complexité fait que des sous-ensembles, désormais dépassés, persistent dans le temps.

Historique

La subdivision territoriale nest pas un processus nouveau. Les Grecs déjà faisaient la distinction entre lŒcoumène, la Terre habitée, et le territoire qui leur était inconnu[1]. L'Œcoumène faisait alors l'objet de subdivisions, de l'orde de la nation.

De même, les Romains ont soigneusement constitué un cadastre des propriétés, subdivisant ainsi le territoire en parcelles et répertoriant ce qui était administrativement pertinent pour le prélèvement de limpôt.

M. Foucher, dans Lobsession des frontières évoque quatre grands moments de subdivision du monde[2]:

carte Égypte
Subdivision du territoire africain à la règle, comme par exemple en Égypte

Lors des grandes découvertes, le nouveau monde fut subdivisé de façon arbitraire entre Portugais et Espagnols, lors du traité de Tordesillas. Moins connu, le même processus eut lieu en Asie, suite à la circumnavigation de Magellan (traité de Saragosse). Même si M.Foucher y voit les origines dune toute première mondialisation, il sagit également dun partage du territoire à découvrir. La fin du XIXᵉ siècle fut marquée par « le découpage » de lAfrique, lors de la conférence de Berlin. En effet, les États européens ont véritablement subdivisé le territoire africain en y traçant des ensembles, à priori, selon leurs rapports de force et sans tenir compte des populations qui y vivaient. Cela donna lieu à de véritables découpages « à la règle », comme par exemple en Égypte. Le rideau de fer et la guerre froide provoquèrent également des subdivisions territoriales. Le découpage de la ville de Berlin en quatre secteurs doccupation est connu de tous, mais les implications du rideau de fer furent plus profondes. A léchelle du monde dabord, une distinction se fit entre pays développés, pays communistes et pays en voie de développement. En Europe, les frontières ont été modifiées par les accords Yalta-Postdam et le Tiers monde a subi les conséquences de ces tensions jusque dans ses territoires. Ainsi, la décolonisation entraîna la formation de frontières sur les anciennes subdivisions territoriales entre pays occidentaux. Finalement la chute du mur de Berlin en 1989 a entraîné une réorganisation de la subdivision des territoires, souvent, selon des tracés qui existaient antérieurement.

Les pratiques évoquées ici ne prétendent pas constituer un historique exhaustif de subdivision territoriale. Ce qui est essentiel, cest de noter que de tout temps, le territoire a été subdivisé, quelles que soient les raisons de ces subdivisions et les échelles auxquelles elles sopèrent.

Dans un tel sujet, il est également important de séparer les États fédéraux des autres formes dÉtats, en ce qui concerne la division de leur territoire. En effet, historiquement, les États fédéraux nont en général pas eu à subdiviser leur territoire, car lÉtat central résulte de lagrégation progressive d'entités qui lont créé. Citons ici lexemple de la Suisse (qui a été constituée par les cantons), lexemple de lAllemagne (instituée par les Länder), ou encore lexemple des États-Unis (grâce aux États). Ainsi, dans ces structures fédérales, la subdivision territoriale était déjà réalisée, par défaut, sans que ces sous-ensembles soient fixes pour autant. Dans les autres formes dÉtat, la division territoriale restait encore à faire : ainsi, laction a été entreprise par lÉtat central. Toutefois, cette séparation entre ces deux types de régime politique ne constitue pas une vérité absolue au regard de la diversité des situations territoriales dans le monde. Cette distinction ne permet que de faire un modèle très général.

Comment subdiviser un territoire ?

Les moyens utilisés pour exprimer et rendre effective la subdivision territoriale dans lespace sont divers. Néanmoins, les frontières et les limites pouvant être considérées comme le résultat du processus de subdivision territoriale, il convient de se référer à ces deux concepts géographiques pour comprendre les enjeux quils impliquent.

Pourquoi subdiviser un territoire?

Lhistoire nous le suggère, le processus de subdivision territorial peut découler de raisons très diverses. Il existe de nombreux critères qui poussent à tracer des sous-ensembles dans un territoire donné. La cohérence de cette subdivision peut provenir de critères de types fonctionnels, mais également avoir des origines historiques, administratives ou politiques. Dans les faits, la subdivision du territoire est rarement basée sur un seul critère, au contraire, il sagit souvent de raisons imbriquées. De même, les ensembles formés peuvent paraître homogènes, ou à linverse sappuyer sur des complémentarités.

Subdivision administrative

Un territoire peut être subdivisé dans le but de faciliter son administration et/ou sa gestion. Dans ce cas, il sagit souvent de la sous-division de lespace de souveraineté dun État et elle est généralement effectuée par ce dernier. Les subdivisions administratives forment le plus souvent des maillages superposés et emboîtés à l'intérieur du territoire de l'État. Selon la taille, la densité de population ou la complexité de lappareil administratif des pays, le nombre de subdivisions varie.

Bien que la nomenclature change, il est possible de distinguer plusieurs niveaux de subdivision territoriale. Généralement, on trouve un niveau supérieur, puis un ou plusieurs niveaux intermédiaires, et finalement un niveau inférieur ou local. En guise dexemples, en France, ces subdivisions sont les régions, les départements, les arrondissements, les cantons, puis les communes. En Suisse, il existe 26 cantons, eux-mêmes divisés en communes. Aux États-Unis, il sagit des États fédérés, des comtés et des municipalités. En Chine, on retrouve cette structure imbriquée avec les provinces, les préfectures, les districts, les cantons et les villages.

La subdivision administrative du territoire peut paraître bureaucratique et statique. Pourtant, elle recèle des enjeux cruciaux. Ces diverses entités forment un cadre sexercent les activités dadministration et de gestion. Selon le degré dautonomie accordé à ces sous-ensembles par lÉtat central, ils peuvent posséder leur propre système politique, économique, juridique, fiscal, éducatif, etc

Limportance de la subdivision administrative est particulièrement visible lorsquun territoire fait lobjet dun projet. Par exemple, lorsque lon parle d'aménagement du territoire, il sagit dune action qui nécessite souvent un processus préalable de subdivision territoriale. Ainsi, dans laménagement dune région, lespace disponible aura préalablement été découpé en zones constructibles, zones cultivables, zones protégées, etc. Dans ce cas, cest la subdivision administrative du territoire qui impulsera la vocation, notamment économique, du territoire donné.

Subdivision basée sur des rapports de pouvoir

Cette manière de subdiviser un territoire sinspire très largement de la géographie du pouvoir et de la géographie politique. Selon cette théorie, une entité politique peut être tentée de découper son territoire selon les rapports de pouvoir (quils soient formels ou pas) qui gouvernent la société. Avec ce genre de subdivision territoriale, il sagit avant tout dapaiser les rapports de pouvoir agissant dans la région, ou au contraire, de les amplifier. Dans ce dernier cas, la subdivision est effectuée afin que le pouvoir ayant effectué lopération renforce sa puissance, « diviser pour mieux régner »[3].

Les théoriciens qui ont pensé le lien entre lespace et le pouvoir sont nombreux. Les origines les plus lointaines remontent à Hérodote. Toutefois, cest Friedrich Ratzel (1844-1904), géographe allemand, qui va le premier théoriser le lien entre lespace, les populations, et le pouvoir, dans son livre Géographie politique, datant de 1897[4]. Ratzel voit en lÉtat lunique détenteur du pouvoir. Il lassimile à un organisme, ancré sur le sol, et qui a besoin de sétendre ou de se rétrécir afin de conquérir son espace vital, d une concurrence logique entre les États pour le contrôle du territoire. Ainsi, il est vital pour eux de bien subdiviser leur territoire afin de mieux faire face à leurs congénères.

Claude Raffestin, qui s'est inspiré des travaux d'Henri Lefebvre, a proposé une approche différente du lien entre le pouvoir et le territoire[5]. Il propose une nouvelle géographie du pouvoir qui sémancipe de lomniprésence de lÉtat et du niveau international. Selon lui, le pouvoir est partout, à toutes les échelles : à partir du moment une relation se tisse entre êtres sociaux nait une relation de pouvoir, qui peut être asymétrique (un des deux acteurs et faible, lautre fort) ou symétrique (les deux acteurs sont aussi forts lun que lautre). Ainsi, le pouvoir est omniprésent, et se cache derrière toute relation sociale. Selon Raffestin, le pouvoir que possède un être vivant est un cumul entre son énergie et linformation quil possède à propos d'une situation donnée. La subdivision territoriale devient alors nécessaire pour mettre des limites et des contraintes à l'expression de ces rapports de pouvoir au sein de la société.

Subdivision basée sur la sécurité militaire

Le pouvoir peut être tenté de subdiviser son territoire pour des raisons de sécurité. Il peut créer ou modifier un territoire pour renforcer ses défenses et être moins vulnérable face à une éventuelle menace armée de ses voisins. Dans la majorité des cas, ce sont les territoires adjacents à un (ou des) territoire(s) ennemis qui font lobjet de cette politique.

En France, par exemple, Sébastien Le Prestre de Vauban, grand architecte militaire français, a modifié les territoires français limitrophes en construisant de multiples citadelles et villes dans ces régions afin de protéger le royaume de France de ses voisins.

Subdivision culturaliste

Bosnie-Herzégovine 1991
Cette carte ethnique de la Bosnie-Herzégovine de 1991 illustre la complexité des subdivisions basées sur un critère culturel

Lapproche culturaliste propose une subdivision territoriale basée sur un critère ethnique, religieux ou encore linguistique. Elle provient généralement dune volonté de former des entités homogènes selon un, ou plusieurs de ces critères, avec le présupposé implicite que cela facilitera la cohabitation de la population. En effet, historiquement, on considère que lhomogénéité ethnique dun État-nation lui confère légitimité et sécurité. Pourtant, dans la pratique, il est très rare dêtre confronté à des populations homogènes. Ainsi, lorsquil sagit de découper des entités sur un territoire donné, le critère culturel peut savérer difficile à mettre en pratique.

Dans un article sur La diversité ethnique et le maillage administratif des États[6], S. Rosière discute de la possibilité de former une entité administrative sur un territoire ethnique. Il affirme que « (…) ce moyen de protéger légalement une minorité engendre de nouvelles minorités, suivant un processus déchelles, de territoires et de minorités emboités »[7]. Lhétérogénéité dun territoire et les contacts flous entre les ethnies rendent rarement possible de le subdiviser de façon fonctionnelle.

Certains auteurs vont plus loin dans leur analyse en indiquant que la création de sous-ensembles non-fonctionnels permet de lutter contre les séparatismes, « puisque lethnie, nation potentielle, est la base même de la création dun État »[8]. Cet aspect renvoie à la subdivision basée sur des rapports de pouvoir.

Subdivision environnementaliste

Subdiviser le territoire selon des critères environnementaux a longtemps été considéré comme une façon objective de tracer des ensembles cohérents dans lespace. La géographie physique a ainsi servi de base au découpage de la Terre et le mythe des frontières naturelles est le résultat de ce processus[9]. Ainsi, les reliefs, les cours deau, les étendues désertiques ont été autant de raisons de subdiviser le territoire, mais aussi de le revendiquer.

Plus récemment, le biorégionalisme a proposé un découpage de lespace selon les bassins versants, afin de retrouver des cadres de vie cohérents[10].

Les subdivisions territoriales dans la mondialisation

Depuis la chute du bloc de lEst et la dissolution de lURSS en 1991, la Mondialisation est au centre des enjeux pour la grande majorité des États-nations. Pour ceux-ci, il sagit de bien sintégrer sur la scène internationale dans une logique de performance économique. Hormis quelques régions pour linstant encore à la marge du phénomène, la mondialisation concerne aujourdhui tous les États du monde entier.

Dans cette logique de mondialisation, le territoire national nest plus léchelle de référence. Au contraire, on assiste à lémergence sur cette scène internationale de nouveaux acteurs infra nationaux comme les régions, les cantons, ou encore les communes. Ainsi, lÉtat central ou fédéral peut être tenté de redécouper son espace national afin que ses régions nouvelles sintègrent dans la mondialisation et y jouent un rôle important. Il sagit pour ces régions dattirer le plus dinvestissements extérieurs, dans un contexte international de plus en plus compétitif. Cest une logique que lon retrouve actuellement dans passablement de pays à travers le monde. Nombreux sont par exemple les pays européens (Danemark, Pays-Bas,...) qui ont décidé de redécouper leur territoire récemment, afin de favoriser leurs régions sur la scène internationale. LÉtat tend donc à perdre de ses prérogatives face aux acteurs infra nationaux, même si lactuelle crise économique peut contredire cette affirmation. A linverse, on constate une émergence du couple mondial/local [11]. En effet, plus la mondialisation saffirme et monte en puissance, plus le local tend à saffirmer en réaction pour ne pas être marginalisé. On constate par exemple un phénomène de spécialisation des régions. On peut donc dire que la mondialisation influence directement la montée du régionalisme[12].

Toutefois, ce processus prend une forme totalement différente selon le continent étudié. En Europe, il sagit dun système de gouvernement régional à niveaux multiples. En Amérique du Nord, au contraire, il sagit dun système centré autour des États-Unis et pratiquant la division du travail entre les États. En Asie et en Océanie, les États se fondent sur un système de coopération régionale naissant, et donc pas encore totalement développé, centré essentiellement autour du marché[13], qui organise les rapports territoriaux.

La problématique de la subdivision territoriale en Suisse

En Suisse, la problématique de la recomposition des territoires prend la forme de plusieurs projets de redécoupage des cantons. Plusieurs auteurs ont suggéré de mieux découper le territoire helvétique en vue de mieux valoriser les grandes villes suisses et intégrer ces nouvelles régions dans la mondialisation. Malgré tout, cette problématique est très peu développée dans ce pays, par manque de volonté politique avant tout. Ainsi, ces projets ne sont restés que lettres mortes pour linstant, et aucune réforme territoriale conséquente na lieu pour linstant en Suisse.

La problématique de la subdivision territoriale en France

La France, quant à elle, a gardé une organisation territoriale héritée du passé, et qui ne correspond pas aux défis territoriaux du futur, selon de nombreux auteurs[14]. Nayant pas entrepris de réforme territoriale en profondeur, elle se retrouve prisonnière de ses anciennes structures, et notamment de la multiplication des divisions territoriales (régions, départements, arrondissements, cantons, communes). Ces structures obsolètes sont héritées de la Révolution Française de 1789, qui avait permis une refonte territoriale de la France. Il est intéressant de noter quà lépoque, des plans tracés à la règle avaient été proposés, le territoire aurait été subdivisé en plusieurs carrés parfaitement égaux, et qui faisait fi de toutes les données humaines ou des contraintes du relief. Mais ces plans égalitaires ont très vite été oubliés pour privilégier des approches plus pragmatiques.

Actuellement, en France, un double phénomène peut être constaté. Dune part on peut observer une forte dispersion des territoires locaux, mais aussi dautre part une très grande concentration des pouvoirs, quils soient économiques, politiques, ou culturels, principalement à Paris. Ainsi, comme en Suisse, nombreuses sont les voix qui demandent un réaménagement du territoire français pour faire face aux nouveaux défis de la modernité.

Lexemple de LUnion Européenne

NUTS 3
Les NUTS 3, une subdivision territoriale fine de l'UE

Lexemple de lUnion Européenne est particulier car il sagit, à ce jour, du seul organisme supranational qui a pu subdiviser son territoire, en étroite collaboration avec ses États membres. Ces découpages sont appelés « NUTS » (nomenclatures dunités territoriales statistiques en français), et ont été établis par Eurostat (loffice statistique de lUnion Européenne) en 1981.

LUnion européenne a divisé les pays de lEspace Economique Européen (membres de lUnion Européenne et pays de lAELE) en régions appelées NUTS. Il existe trois étages, soit les NUTS 1, 2 et 3. Il sagit avant tout dun découpage à usage statistique (pour récolter des données sur ces régions), ils nont donc aucune utilité sur le plan administratif ou dans dautres domaines. Les NUTS 1, soit les plus grandes entités, doivent comprendre entre 3 et 7 millions dhabitants. Les NUTS 2, catégorie intermédiaire, englobent entre 800'000 et 3 millions dhabitants. Les NUTS 3, quant à elles, sont comprises entre 150'000 et 800'000 personnes. Malgré tout, ces catégories restent très contestées, car dans les faits, ces critères ne sont pas respectés. De plus, les États influencent très fortement le découpage des NUTS et peuvent aisément manipuler la répartition territoriale, et donc les statistiques qui en résultent, afin dattirer déventuels investissements de lUnion européenne dans certaines de leurs régions.

L'exemple de Berlin après la Seconde Guerre Mondiale

Le cas berlinois après la seconde guerre mondiale est un très bon exemple de ce que peut être la subdivision territoriale.

En 1945, alors que l'Allemagne nazie vient d'être vaincue, se pose la question allemande. Que faire de ce pays que les alliés (États-Unis, France, Grande-Bretagne, URSS) occupent? Doit-on redonner une autonomie plus ou moins grande à l'Allemagne?

Berlin occupée et divisée
Division de Berlin après la seconde guerre mondiale, selon les rapports de pouvoir entre États

Lors de son abdication l'Allemagne est partagée entre quatre zones d'influence, dirigées chacune par une grande puissance. A Berlin, en pleine zone d'influence soviétique c'est exactement la même situation qui se produit. Cette division du territoire est donc particulière : l'URSS contrôle les territoires qu'elle a occupés, alors que les autres alliés se partagent leur conquête. Berlin, elle, est partagée artificiellement entre les Alliés pour que chacun ait une emprise sur la capitale, et donc sur l'Allemagne.

Le découpage de Berlin, et de manière plus générale celui de l'Allemagne, est la conséquence territoriale directe du début de la guerre froide. Les États-Unis, la France, et la Grande-Bretagne, ne veulent pas d'une Allemagne affaiblie. Ils veulent d'un pays qui puisse rejouer un rôle conséquent dans le commerce international, et surtout agir comme rempart contre le communisme. Les soviétiques quant à eux ne veulent pas partager l'Allemagne, mais veulent une nation allemande forte, qui serait sous leur influence.

Ces divergences entre l'Ouest (les pays capitalistes) et l'Est (les pays communistes) vont se matérialiser sur le territoire et ne vont que renforcer la division territoriale. Les deux camps vont progressivement couper les ponts (Américains, Britanniques et Français qui fusionnent leurs zones, émergence de deux monnaies différentes, blocus de Berlin par l'URSS, construction du mur de Berlin etc...), jusqu'à ce que finalement, les deux zones deviennent deux pays différents, avec d'un côté la République fédérale allemande, et de l'autre la République démocratique allemande[15]. Après la chute du mur de Berlin, cette subdivision territoriale na plus lieu dêtre, et tant Berlin que lAllemagne sont réunifiés dans un seul État allemand.

Dans ce cas présent, il sagit donc dune subdivision territoriale dictée par les rapports de pouvoir entre les États. Cette partition na fait que se renforcer par lomniprésence de ces même rapports de pouvoir.

Notes et références

  1. CLAVAL, P., Histoire de la géographie, Paris, PUF, 2001, pp.9-16.
  2. FOUCHER, M., Lobsession des frontières, Perrin, 2007, pp.12-17
  3. MACHIAVEL, N., Le prince, éditions Ivrea, 2001
  4. RATZEL F., Géographie politique, Paris, Éditions régionales européennes et Economica, 1988 (version française)
  5. RAFFESTIN, C., Pour une géographie du pouvoir, Paris, Litec, 1980
  6. ROSIERE, S., La diversité ethnique et le maillage administratif des États, in : Cahier de Géographie du Québec, Vol. 49, n°137, septembre 2005
  7. ROSIERE, S., La diversité ethnique et le maillage administratif des États, in : Cahier de Géographie du Québec, Vol. 49, n°137, septembre 2005, p.209
  8. ROSIERE, S., La diversité ethnique et le maillage administratif des États, in : Cahier de Géographie du Québec, Vol. 49, n°137, septembre 2005, p.221
  9. NORDMAN, D., Frontières de France : de lespace au territoire XVIe-XXe siècle, Paris, Gallimard, 1998
  10. BERG, P. et DASMANN, R., Reinhabiting California, in : The Ecologist, Vol. 7, n°10, décembre 1977
  11. GUIGOU, J-L., Une nouvelle pensée territoriale, in : Economie rurale, volume 261, numéro 261, 2001, p. 54
  12. HIGGOTT, R., Mondialisation et gouvernance : l'émergence du niveau régional, in : Politique étrangère, volume 62, numéro 2, 1997, p. 280
  13. HIGGOTT, R., Mondialisation et gouvernance : l'émergence du niveau régional, in : politique étrangère, volume 62, no 2, 1997, p. 281
  14. GUIGOU, J-L., Une nouvelle pensée territoriale, in : Economie rurale, volume 261, numéro 261, 2001, p. 54
  15. NGUYEN, E., La politique étrangère des États-Unis depuis 1945, éditions Principes, édité en France, 2004, p. 40

Annexes

Liens externes

Site officiel des NUTS: http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/nuts_nomenclature/introduction

Interview de Pierre-Alain Rumley sur la refonte des cantons en Suisse : http://www.hebdo.ch/pierrealain_rumley_le_fédéralisme_actuel_est_dépasse_page1_44905_.htm

Articles connexes

Frontière

Limite

Bibliographie

BONARD, M., Environnement construit, Le Mont-sur-Lausanne, LEP, 2006

CLAVAL, P., Histoire de la géographie, Paris, PUF, 2001

DURAN, P. et THOENIG, J-C, LÉtat et la gestion publique territoriale, in : Revue français de science politique, volume 46, numéro 4, 1996

FOUCHER, M., Lobsession des frontières, Perrin, 2007

GUIGOU, J-L., Une nouvelle pensée territoriale, in : Economie rurale, volume 261, numéro 261, 2001

HIGGOTT, R., Mondialisation et gouvernance : l'émergence du niveau régional, in: Politique étrangère, volume 62, numéro 2, 1997

NORDMAN, D., Frontières de France : de lespace au territoire XVIe-XXe siècle, Paris, Gallimard, 1998

PAGES, D., De la fin des territoires à l'ambiguïté de leur réinvention, in : Quaderni, Année 1997 Volume 34, Numéro 34

RAFFESTIN, C., Pour une géographie du pouvoir, Paris, Litec, 1980

RATZEL, F., Géographie politique, Paris, Éditions régionales européennes et Economica, 1988

ROSIERE, S., La diversité ethnique et le maillage administratif des États, in : Cahier de Géographie du Québec, Vol. 49, n°137, septembre 2005



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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Subdivision territoriale de Wikipédia en français (auteurs)

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