Sigale

Sigale

43° 52′ 24″ N 6° 57′ 55″ E / 43.8733333333, 6.96527777778

Sigale
Sigale
Sigale
Administration
Pays France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Roquestéron
Code commune 06135
Code postal 06910
Maire
Mandat en cours
Arnaud Prigent
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes de la Vallée de l'Estéron
Démographie
Population 208 hab. (2007)
Densité 37 hab./km²
Gentilé Sigalois
Géographie
Coordonnées 43° 52′ 24″ Nord
       6° 57′ 55″ Est
/ 43.8733333333, 6.96527777778
Altitudes mini. 327 m — maxi. 1 108 m
Superficie 5,62 km2

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Sigale (ou, jadis, Sigalle; en italien Cigala ou Sigala) est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont les Sigalois.


Sommaire

Géographie

Économie

Histoire

Commune d'origine gréco-romaine, peut-être razziée par les Sarrasins entre le VIIIe et le Xe siècle, puis inféodée aux comtes de Provence, Sigale se dédie librement en 1388 au comte de Savoie (dédition de Nice à la Savoie), qui confirme ses privilèges, ses franchises et ses droits. Administrée jusqu'en 1775 par trois consuls élus, un Conseil ordinaire (de douze membres), un bayle (c'est-à-dire d'un "bailli", juge de basse et moyenne justice, librement élu par le Conseil à partir de 1471), assisté d'un lieutenant-bayle, et par divers autres officiers municipaux (trésorier, regardateurs, pacificateurs, etc.). Des premières magistratures (consuls et bayle) émergera peu à peu une sorte de "noblesse de cloche", dont, à travers les délibérations communales et actes de justice, on peut suivre l'évolution entre 1640 siècle et la première moitié du XVIIIe. À partir de la réforme sarde de 1775, la charge de consul (syndic), d'une durée de six mois à un an, ne sera plus dévolue qu'à une seule personne, choisie par ordre d'ancienneté dans le Conseil; le premier magistrat sera assisté de deux conseillers, d'un secrétaire et d'un lieutenant-juge.

Pour renflouer les caisses de l’État et renouveler la noblesse nissarde, Victor-Amédée II réévalue les impôts municipaux des communes du Comté (inchangés depuis la Dédition) et va inféoder celles qui sont incapables de racheter leurs droits. Sigale est ainsi inféodée en 1651 au sénateur Jean-Baptiste Blancardi (d’une famille originaire de Sospel), puis érigée en comté en faveur du capitaine Annibal Lea en 1664. En 1722, c'est le chevalier Ottavio Maria Blancardi qui devient comte de Sigale. Après être revenue au domaine royal, le fief est enfin vendu en 1760 à Giuseppe Vittorio Martini Ballayra di Cocconato, censeur de l’Université de Turin (dont la famille laissera quelques traces, notamment architecturales, à Turin, sous le nom de Martini di Cigala, qu’elle porte toujours). Mais ces inféodations, purement nominales, ne changeront rien aux libertés et aux impôts de la commune. De même le château restera possession du pouvoir central et le bayle continuera de rendre la justice au nom du souverain.

Poste avancé des États de Savoie-Piémont puis de Sardaigne face à la France, Sigale fut, entre le XVIe et l'extrême fin du XVIIIe siècle, une petite place forte commandée par un capitaine-gouverneur. Du fait de sa position, elle fut plusieurs fois envahie par les Français. Outre les deux occupations qu'elle subit sous Louis XIV, la bourgade fut notamment mise à sac un jour et une nuit en 1793 par le 2e régiment des Volontaires de Lozère [1], lors de la conquête du comté par les troupes révolutionnaires françaises.

La bourgade, bien plus étendue qu'on ne le croirait aujourd'hui, était également le centre administratif et religieux de sa région, dite la Vallée de Sigale. Elle était à l'origine dotée de deux châteaux (Sigale et Sigalon), d'un ouvrage fortifié et d'une enceinte dont les vestiges permettent de se représenter l'extension. Le château était confié par le pouvoir central à un "Capitaine". La commune se dota dès 1583 — c'est-à-dire vingt ans à peine après Nice — d'un système d'adduction d'eau couronné par une belle fontaine gothique, érigée par les consuls A. Michaelis, Gabriel Orcel et Gabriel Thomel (voir "Monuments"). Elle possédait un mont granatique (prêt d'argent aux paysans pour l'achat de grains), un "Hôpital de charité" et une confrérie de Pénitents blancs. Au XVIIe siècle, on dénombrait à Sigale plusieurs ecclésiastiques, un maître d'école, deux ou trois notaires, un médecin ou un chirurgien (tous deux formés par la Faculté de Nice) et plusieurs artisans (forgeron, maçon, etc.). En 1701 le rapport statistique de l'Intendant Mellarede dénombrait à Sigale 197 chefs de famille, soit entre huit cents et mille habitants.

Contrairement à ce qu'on peut lire ici et là, Sigale ne fut pas incorporée à la France lors du Traité de Turin en 1760. La commune resta sarde jusqu'au rattachement définitif de 1860.

Administration

Liste des maires et syndics depuis la Révolution
Période Identité Qualité
1792   Jean-Baptiste Collomp    
An IV   Louis Dalmassy    
An VIII   Dominique Barlet    
An XI   Jean Roustan    
1808   Pierre Antoine Dalmassi    
1814   Pierre Alphonsi   Syndic
1815   Jean-Baptiste Chabaud   Syndic
1816   Paulin Dalmassy   Syndic
1818   Jean Roustan   Syndic
1820   Jacques Dalmassy   Syndic
1821   Dominique Barlet   Syndic
1826   Jacques Alziari   Syndic
1830   Paulin Dalmassy   Syndic
1833   Honoré Geoffroy   Syndic
1834   Célestin Roustan   Syndic
1845   Jean Chauvin   Syndic
1849   Rocco Miquelis   Syndic
1854   Antoine Dalmassy   Syndic
1857   Joseph Orcel   Syndic
1860   Antoine Roustan    
1865   Jean Dalmassy    
1888   Honoré Blanc    
1892   Jean Pellegrin    
1904   Victorin Montessan    
1925   Joseph Lions    
1931   Joachim Faletti    
1938   Joseph Blanc    
1945   Timothée Passeron    
1965   Louis Gioanni    
1995   Ginette Pellat    
2008   Arnaud Prigent[2]    

Démographie

Évolution démographique
1701 1754 1790 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007
980 ca 450 550 138 112 155 145 160 181 205 208
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments

  1. Église paroissiale Saint-Michel : bel édifice roman (XIIe s., inscrit aux MH), auquel fut ajoutée une nef parallèle, achevée en 1520. Renferme notamment un Rosaire probablement dû à Giovanni Rocca (1650 ca), de beaux reliquaires baroques, une émouvante vierge "primitive" en bois polychrome et une délicate statue en bois doré représentant la Vierge à l'Enfant (probablement milieu du XVIIIe). Le maître-autel a malheureusement été gâté par l'intervention d'un ancien maire.
  2. Église Notre-Dame d'Entrevignes[3] (IMH), à quelques kilomètres avant l'entrée du village : a été reconstruite au XVIe siècle et ornée de fresques de "primitifs niçois" (date ultime : 1536). On y distingue deux manières, dont l'une est de grande qualité et rappelle lointainement l'influence de Giotto, le tout revisité naturellement par la peinture piémontaise. Ces peintures murales sont les dernières de celles qu'on peut rattacher aux peintres primitifs niçois.
  3. La Fontaine municipale, érigée en 1583 (inscrite aux MH), et portant l'inscription : "Hic fons factus fuit regnante Carlo Emmanuele duce Sabaudiae, consulibus A. Micalis G. Orcel Gabr. Tomel. 1583" ("Cette fontaine fut érigée en 1583 sous le règne de Charles-Emmanuel duc de Savoie par les Consuls A. Michaelis, G. Orcel, Gabr. Tomel"). Une autre épigraphe, sous la précédente, rappelle que cette fontaine fut restaurée en 1811 par P. A. Dalmassy, maire et officier public de l'empire français.
  4. A l'entrée même du village, jolie chapelle rustique, dite de Saint-Sébastien, qui abrite un tableau d'autel représentant le couronnement de la Vierge.
  5. Vestiges des remparts et du château haut, une porte gothique, restes de quelques façades anciennes dont une s'ornant d'une fenêtre à meneaux, etc. La tour de l'horloge, qui s'élève à l'emplacement du second château, date du XIXe s. Le mécanisme d'horlogerie est d'origine.

Personnalités liées à la commune

  • Victor-Amédée II de Savoie : Le duc Victor-Amédée II de Savoie, inspectant les frontières du comté avec la France, fit halte à Sigale en 1689. Dom Jacques Faissole, alors vicaire de Saint-Michel, en a laissé un beau témoignage dans le registre paroissial. Le voici, transcrit sur l'original : "L’an mil six cents huitante neuf et le vingt quatrième jour du mois de Maÿ, S. A. R. Victor Amédée second est arrivé en ce lieu de Sigalle a huit heures de matin, venant du Puget, ayant passé par St Pierre, accompagné de cinquante cavaliers ou environ. Il avait ici à sa suite Monsr le Marquis de St-Georges, gouverneur du château de Nice, Monsr le Marquis de Lapierre et autres seigneurs, tout son (...) train où il y avait 48 mulets. Et ses garde corps ont reculé par Le (...). Ladite A. R. monta d’abort au château ou elle demeura environ demi heure. Avec grande familiarité après, ce bon prince vint a la place qui est devant l’église paroissiale ou il recevoit agréablement ceux et celles qui venaient l’embrasser ou baiser la main. J’étois toujours auprès de Luÿ et de têms en têms (il) me faisoit des demandes. Je lui présentoïs du pain, et il me dit, Coupés, Monsieur, et après que je lui en eus coupé une petite pièce, Il prit le pain Luÿ même et avec les mains, sans coûteau, il en coupa une grosse pièce, et commença à manger, étant monté a cheval. Après Il s’addressa à moÿ et tira le chapeau en disant Monsr je vous remercie, et prit son chemin du côté de La Rocque..."
  • Charles Barlet, chevalier de Malte : Issu d’une vieille famille d’Aiglun en partie transplantée à Sigale, c’est à la place de son frère Pierre, avocat à Nice, que le noble Charles Barlet, chevalier de Malte, tint en 1674 sur les fonts baptismaux de la paroisse la petite Jeanne Garin, fille de Me Pierre Garin.
  • R. P. Edmond Chabot (Marseille, 1874-1962) : Originaire de Metz par son père, il était sigalois par sa mère, Rose Antoinette Orcel, dont la famille s'était établie à Marseille après l'annexion du Comté. Ayant eu notamment pour maîtres Henri Messerer, du Conservatoire, et le bénédictin Dom André Mocquereau, il devint maître de chapelle de la cathédrale de Marseille et chanoine du chapitre de cette ville. Spirituel autant que pédagogue, il a laissé une œuvre abondante (messes, oratorios, pièces liturgiques, etc.), tous ouvrages édités par Publiroc à Marseille.
  • Baron Jean-Baptiste Dalmassy (1759-1828) : Issu par Me J.-B. Dalmassy, son grand-père, d'une famille de notaires remontant au moins au XVIe siècle, il naquit à Langres, où son père Honoré s'était établi. Avocat, fonctionnaire de l'Empire (ministère de la Guerre), il se rallia à la Louis XVIII, qui le fit successivement chevalier puis officier de la Légion d'honneur et enfin baron.
  • Dominique Durandy (Nice, 1868-1922) : C’est à cet avocat, homme politique et journaliste niçois, qu’on doit d’avoir révélé, dans Mon Pays (Bruxelles, 1918), la scandaleuse situation de Sigale, contrainte depuis plus de cent vingt ans, et malgré le rattachement de 1860, à payer des intérêts de la contribution de guerre de quinze mille livres qu'avaient levée les troupes françaises en 1793 (v. "Histoire").
  • Giacomo Michaelis : Né au début du XVIIe siècle dans une famille notable de Sigale, il devint « conseiller, médecin de Son Altesse Royale et de la cavalerie de Savoie ». Pour récompense de ses services, il fut anobli en 1647 par lettres patentes de la duchesse régente Christine de France, dite Madame Royale.
  • Ernest Michel (Nice, 1837-1896) : Voyageur et camérier secret du Pape Léon XIII. Né à Nice, mais sigalois par son grand-père paternel Jean Baptiste Michel et par sa mère Virginie Seranon, il fit ses études de droit à Turin, où il se lia d’amitié avec Don Bosco. Avocat au barreau de Nice, il abandonna cette profession pour assouvir sa passion des voyages; il tira notamment deux relations de ses tours du monde. De retour à Nice, il se consacra autant à ses affaires qu’aux œuvres charitables et au développement des établissements salésiens.

Voir aussi

Bibliographie

  • Imbert (Leo), Sigale au Moyen-Age in "Nice Historique", 1949.
  • Orcel (Michel), De quelques recherches touchant à l'histoire et aux institutions de Sigale in "Nice Historique", n° "L'Estéron, terre de frontières", décembre 2008.
  • Thévenon (Luc), Églises romanes de la vallée de l'Estéron et Le Patrimoine religieux de la vallée de l'Estéron in "Nice Historique", n° cité ci-dessus.
  • Barbès (R.), Inscription de l'église de Sigale, 06910 in http://www.archeo-alpi-maritimi.com
  • Archives Départementales des Alpes-Maritimes (registres paroissiaux, délibérations communales, actes de justice, etc.)
  • Archives familiales (Dalmassy, Michel, Orcel).

Articles connexes

Liens externes

Sources

Notes

  1. J. Combet, La Révolution dans le Comté de Nice..., libr. F. Alcan, Paris, 1925, et D. Durandy, Mon Pays (cf. « Personnalités liées à la commune »).
  2. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  3. Notice no PA00080858, sur la base Mérimée, ministère de la Culture : Chapelle Notre-Dame d'Entrevignes

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Sigale de Wikipédia en français (auteurs)

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