Folknam

Folknam

Créée en 1995, Folknam est l'Association des principaux groupements historiques et traditionnels de Namur[1]. Elle s'est donnée pour mission de faire revivre, défendre et protéger le patrimoine folklorique par la sauvegarde des groupements traditionnels de Namur.

Son comité, très actif, aide aussi à la restauration de groupements disparus tels qu'ils existaient dans le cortège marial, les ducasses passées, lors de la féerie de juillet au début de ce siècle ou dans les traditions séculaires.

D'importantes reconstitutions d'éléments du folklore local ont ainsi été réalisées depuis sa création. Entre autres : la remise sur pieds des géants Goliath et sa dame, ainsi que les Alfers -joueurs de drapeaux- (1996), l'Escorte de Don Juan d'Autriche (1997), le cheval Bayard et les chevaux Godins (1998), Sergent Benoit & Carême (2003), Blanche de Namur, Marie d'Artois et Magnus Erikson (2005).

Chaque année, Folknam organise la Journée du Folklore et des Traditions. Elle se déroule le troisième samedi d'avril sur les places et dans les rues de notre belle cité. À cette occasion, FolkNam découvre le prestigieux passé historique de sa ville lors d'une journée d'animation et de cortège.

2004 a vu la création d'une branche de musique traditionnelle : Folknam Musique Trad avec à son actif la sortie de plusieurs CD, selon ce même esprit de sauvegarde du patrimoine -musical cette fois: Elles dansent nos racines (2004), Viv' Nameur Po Tot (2005), Rues de Namur (2006), Li Bia Bouquet en 10 versions (2006).

En 2006, pour l'anniversaire de ses 10 ans, un spectacle son et lumières a été produit, intitulé : Namur à Fleur d'Histoire.

De nombreux projets sont encore dans les cartons et attendent des mécènes.

La place d'Armes envahie, Journée du folklore à Namur
Les Alfers, Journée du folklore à Namur
Le bragard, descendant de Jean Bietrumé Picard, Journée du folklore à Namur
Le Bataillon des Canaris, Journée du folklore à Namur
Le groupe de danse "La Caracole", Journée du folklore à Namur
Le cheval Bayard et les quatre fils Aymon, Goliath et sa dame, Journée du folklore à Namur
La Malemort, Journée du folklore à Namur
Le 1er Régiment des États Belgique Unis, Journée du folklore à Namur
Le Bataillon des Canaris de Dumonceau, Journée du folklore à Namur

Sommaire

Les membres de Folknam

  • Accordance
  • Les Alfers
  • Les Bragards
  • Le Bataillon des Canaris de Dumonceau
  • La Caracole
  • Le char de Belgrade
  • La Compagnie franche
  • Les géants namurois
  • La confrérie du Grand feu de Bouge
  • La confrérie de la Malemort[2]
  • L'escorte de Don Juan d'Autriche
  • La Marche saint-Eloy de Vedrin
  • La Société Royale Moncrabeau (les 40 molons)
  • Le Musée des traditions
  • Le 1er Régiment des États Unis Belgique
  • Sergent Benoît et Carême
  • Folknam Musique Trad

Ancrage historique

Blanche de Namur

Fille aînée du Comte Jean Ier de Namur et de Marie dArtois, Blanche de Namur fut couronnée reine de Norvège, de Suède et de Scanie le 24 juin 1336, après quelle eut épousé Magnus IV Eriksson. Elle est toujours très populaire en Suède, on lui accorde l'introduction de la culture française. Elle développa notamment son goût pour l'art en invitant à sa cour poètes et artistes.

Au sein du cortège namurois, Blanche de Namur, accompagnée de Magnus IV Eriksson son époux, parcourt la ville montée en amazone sur un fier étalon. Quand ils sont en nombre, quelques figurants, montés eux aussi sur leurs destriers, représentent la cour de Suède accompagnant le couple royal.

Goliath et sa dame, les Géants namurois

Figurant parmi les plus anciens géants de chez nous, le « Goliath namurois » est déjà mentionné dans la procession annuelle de la « Ducasse » de 1458, en lhonneur de la Vierge (sortie processionnaire, le 2 juillet, fête de la Dédicace).

A. Colard rapporte une étude de Jules Borgnet dans un article qu'il signe dans le « Guetteur Wallon » (no 4 de 1934): « Au XVIe siècle, les processions deviennent de plus en plus brillantes, et la présence des Géants est encore signalée dans le cortège. Borgnet énumère les différents groupes qui participent à la procession, et voici comment il s'exprime au sujet du groupe qui nous occupe : "Goliath, géant d'osier revêtu de toile peinte en rouge et noir (couleurs de la ville) et garnie de gros boutons dorés. Il porte une perruque en mousse. "La femme de Goliath portant une perruque du même genre. "Les porteurs de falots, les ménestrels et les guisterneurs ou joueurs de guitares, marchant devant le groupe des géants. "Les cinq gardes du groupe des géants. Ils servent à diriger les porteurs cachés dans l'intérieur des machines, à abaisser et à relever celles-ci aux passages des portes de la ville. "Le géant, la géante et leurs quatre enfants. Ils sont vêtus d'habits de toile peints et portent des fraises empesée et des ceintures rouges, sa femme a une chaîne dorée"

Au fil du temps, le groupe se transforme et au dix-septième siècle, le père des géants apparaît; il est armé d'une épée; un des enfants a disparu; Goliath a abandonné la hallebarde pour l'épée également, "il est vêtu d'une robe de toile, avec collier et manchon d'étoffe dorée... la géante porte une chaîne, une fraise empesée, un rabat bien paré et monté; leurs deux filles avec des rabats; leur petit garçon avec un escoussoir (fouet), un mouchoir et un collier"

Pourtant, au XVIIIe siècle, les « Aurjouwants » (ce qui signifie « Géants » dans le dialecte local) avaient été exclus des processions et avaient fini par disparaître définitivement des cortèges vers 1862. Voulant renouer avec sa tradition patrimoniale et folklorique, cest en 1906 que la Ville de Namur fera reconstruire ses anciens géants, à linitiative du peintre namurois Henry Bodart qui en réalisera dabord des dessins en se fondant sur la documentation fournie par A. Oger.

Si les « Goliath » (le nom générique désigne lensemble de la famille) étaient initialement 5 (pour rappel donc, Goliath, sa dame, deux filles et un fils), il nen subsiste aujourdhui plus que le couple parental. À ce duo, sajoutent le cheval Bayard et les quatre fils Aymon issus de la légende de Bayard, ainsi quune cohorte de chevaux Godins, personnages burlesques, porteurs de « chevaux à bretelles » (encore appelés chevaux-jupons), dont la mission est à la fois de tenir le public hors de lespace de progression des géants mais aussi de taquiner celui-ci en donnant régulièrement limpression de foncer sur la foule, pour changer de direction à la dernière seconde.

Lescorte de Don Juan dAutriche et la Reine Margot

En 1577, le roi dEspagne, Philippe II, fait appel à son demi frère Don Juan d'Autriche pour combattre les États généraux de Guillaume Ier d'Orange-Nassau, rétablir son autorité sur le territoire quil possède et surtout préserver la religion catholique contre les protestants. Il le nomme donc Gouverneur des dix-sept provinces des Pays-Bas. Don Juan a fort à faire pour mener à bien sa mission. Sil reconquiert la Citadelle de Namur en 1577 et repousse les États Généraux jusquau-delà de Gembloux quil libère en 1578, cest finalement à Bouge, sur les hauteurs de Namur, vraisemblablement à la Ferme du Quartier, quil se retire, atteint du typhus quil a contracté au cours dune campagne militaire. Il y décède le 10 octobre 1578, à lâge de trente ans.

Dans le folklore namurois, l'Escorte de Don Juan d'Autriche rappelle cet épisode de notre passé militaire et représente le peloton de hallebardiers wallons au service de l'Espagne.

Marguerite de France, appelée aussi la Reine Margot, épouse dHenri de Navarre, futur Henri IV, roi de France est associée à cette occasion, puisquelle a rencontré Don Juan dAutriche à Namur, alors quelle est en déplacement au sud des pays-Bas, à la recherche dappuis politiques pour son frère cadet.

Le folklore historique dune ville ayant aussi pour mission de rappeler les faits saillants de son histoire et les personnages emblématiques qui marquèrent son passé, il est normal que cette rencontre (fut-elle anecdotique) sur l'île de La Plante, de deux figures aussi importantes ait abouti à la création dun groupe de reconstitution historique.

Les Alfers namurois

Cest durant la période des Pays-Bas espagnols (1555-1715) que le jeu de drapeaux aurait été introduit chez nous, soit par des soldats espagnols en garnison dans nos contrées, soit par danciens soldats des Gardes Wallonnes au service du Roi dEspagne. En effet, le terme « Alferez », utilisé au-delà des Pyrénées, désigne le porte-étendard. Le jeu de drapeaux est donc bien un jeu militaire, puisque sur les champs de bataille, les drapeaux étaient utilisés pour communiquer des ordres aux troupes dispersées.

Dans la tradition folklorique de nombreuses villes de Belgique, le jeu de drapeaux a, bien sûr, pris une connotation moins belliqueuse pour sorienter vers un superbe spectacle sur fond de musique dépoque , quand la sonorisation est possible. Si les Alfers exécutent solennellement des mouvements dans un bel ensemble harmonisé, il est aussi surprenant dassister aux lancés de drapeaux dans les airs, figures toujours plus risquées notamment lors de vents perturbateurs.

Le « Sergent » Jean-Charles Benoît

Chansonnier populaire baptisé à Namur le 12 septembre 1707, Jean-Charles Benoît est le premier auteur wallon namurois dont le nom soit parvenu jusquà nous. Il na en effet pas été écrit de pièces en wallon avant cette date en la ville mosane. De lhomme qui fut sergent de ville en 1754, d son nom de « Sergent Benoît », on ne sait que peu de choses. Il fut marié deux fois. Sa première épouse sappelait Juliette Walteer. Elle décéda en 1766, le 21 juillet. Cest alors avec Marie-Christine Defays quil convola en juste noce. On comptait pourtant dans le répertoire de notre chansonnier un air intitulé « Dja one feume comme on houzard (Jai une femme comme un hussard) » dont Marie-Christine fut peut-être linspiratrice. Mais cela ne la pas retenu. Veuf, le Sergent Benoît fut recueilli à lHospice Saint-Gilles (lequel abrite aujourdhui le Parlement wallon) et y mourut le 12 janvier 1784. Dépourvu dinstruction, lhomme fut pourtant admis dans les rangs de la police, car, à cette époque, aucune compétence particulière nétait exigée.

Le chansonnier composait ses textes pour quils soient interprétés sur des airs connus du répertoire populaire de lépoque. Comme il ne chantait pas lui-même, il avait recours à son camarade Carême, son secrétaire et impresario. Ce solide gaillard qui exerçait le métier de portefaix devait sans doute son surnom au fait quil était très peu pratiquant du jeun et de labstinence. Cest juché sur une table quil trimbalait avec lui quil interprétait les textes du Sergent de ville.

Aujourdhui, lors des manifestations folkloriques, le souvenir de ce duo pittoresque est honoré par la présence dans le cortège de deux silhouettes emperruquées. Cest quand le rondeau final samorce que nos compères prennent alors la parole. Aux textes chantés, ils préfèrent la présentation au public des divers groupes qui égayent la place namuroise. Mais qui sait si ne leur reprendra pas un jour lenvie de chanter.


Folknam Musique Trad

Folknam Musique Trad est la branche musicale de Folknam (Namur)

L'Association de musiciens et danseurs, Folknam Musique Trad ASBL. créée en janvier 2004, s'est donné pour mission de sauvegarder et d'assurer la visibilité de cette partie importante du patrimoine culturel local : la musique et la danse traditionnelle sur des airs de terroirs[3].

Membre de l'Association Folknam[1], elle en constitue la branche musicale.

À ce titre, elle participe chaque troisième samedi d'avril, à la Journée du folklore et des traditions de Namur.

Depuis sa constitution, l'association concentre ses efforts dans la production discographique d'œuvres collectives témoignant de la richesse et du dynamisme du monde folk en terre namuroise. Si les années 1975-79 ont été marquées par l'organisation du "Temps des cerises" de Floreffe, il ne serait pas correct de penser que ce petit monde du folk, peut-être un peu trop underground, a cessé toute activité depuis cette date. Pour preuve, la sortie en 2005, d'un premier double opus : Elles dansent nos racines, qui retracent 25 ans de musique folk à Namur, depuis le "Temps des cerises". Album collectif auquel participèrent une soixantaine de musiciens folkeux, membre de 19 groupes existant ou ayant existé et qui se sont reconstitués pour la circonstance.

Un second volume a été produit en 2006, qui évoque la figure et le répertoire méconnu d'un violoneux namurois de la fin du XVIIIe : Joseph Gaspard Wandembrile. Intitulé Rues de Namur - 1776-2006, l'opus comporte non seulement des pages enregistrées par des groupes de la place namuroise mais est aussi l'occasion d'enregistrements entre musiciens membres de différents groupes réunis en "Association de fêtes". C'est en effet dans cet esprit de convivialité et de rencontre que l'association conçoit son travail de sauvegarde patrimonial mais aussi d'animation des temps de fêtes de sa ville.

Reconnue pour la qualité de son travail artistique et ses compétences, l'Association culturelle s'est vu confier par le collège communal la production d'un album souvenir à l'occasion du 150e anniversaire du choix de Li Bia Bouquet comme Hymne national de la ville. Œuvre de Nicolas Bosret, membre de la Société royale Moncrabeau (les 40 Molons), cet air populaire constitue le chant de ralliement de la population, en toute occasion festive. L'album produit a donné l'occasion d'une dizaine de versions, véritable carte de visite des genres musicaux présents à Namur : interprétation traditionnelle par la Société des Molons, version carillonnée au clocher de la cathédrale Saint-Aubain, version à quatre voix interprétée par le Centre de Chant Choral de Namur, versions plus osées ensuite : musique mécanique (Albert Roulive), de variété (William Dunker), blues new Orleans (Les Croques Noires), rock (Compost Binde), et même jazz (bossa-nova) par le Vincent Antoine Quartet.

C'est la seconde production dont Folknam Musique Trad assurait la direction artistique, puisque cet opus faisait suite à la sortie d'un 8 titres reprenant les principaux airs du folklore wallon de Namur (Airs de batterie des groupes militaires, trois airs du répertoire des Molons, l'air des brandons de la Confrérie du Grand Feu, l'air de parade des Alfers (jeu de drapeaux) et la chanson populaire de Joseph Detry ayant donné son titre à l'album : Viv Nameur po tot.

Le Bataillon des Canaris de Dumonceau

Le bataillon des Canaris de Dumonceau est une unité de folklore militaire qui représente des volontaires namurois de la révolution Belgique (1789-1790)[4]. Il a été reconstitué en 1972 et est fort aujourd'hui d'environ 20 personnes. Le bataillon est un groupe de folklore et d'histoire reconnu par la ville de Namur. Au son du fifre et des tambours, il propose au public des salves, charges à la baïonnette, duels au pistolet ou encore son fameux bivouac.

Notes et références de l'article

Voir aussi

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