- Camille Bombois
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Camille Bombois est un peintre naïf, né le 3 février 1883 à Venarey-les-Laumes (Côte-d’Or) et mort le 11 juin 1970 à Paris XXe.
Biographie
En raison du métier de son père, manœuvrier sur une péniche du canal de Bourgogne, il passe plus de temps sur les chalands qu’à l’école. Valet de ferme à 12 ans, il décide d’aller à Paris pour devenir artiste.
Camille Bombois est obligé de travailler très dur, d'abord comme valet de ferme, puis lutteur dans un cirque, marin, ouvrier de tunnel au métro de Paris. Finalement, il peut obtenir un travail de nuit dans une imprimerie de journaux, ce qui lui laisse quelques heures par jour pour sa peinture. Pendant sept ans il vit cette vie difficile, mais c'est durant cette période qu'il acquiert un style et une technique bien à lui. A cette époque personne n'est encore intéressé par ses tableaux.
Camille Bombois se marie en janvier 1911, à la mairie du XVIIIe avec Eugénie Christophe. Mobilisé pour la Première Guerre mondiale, il est cité trois fois pour son courage dans les combats. Quand il rentre à la maison, il découvre que son épouse a réussi à vendre plusieurs de ses peintures pour quelques francs. Cela l'encourage. Il revient à la routine de travailler la nuit et de peindre le jour.
De taille moyenne, mais de carrure herculéenne, à la fois tendre et brutal, le regard clair et franc, il est effectivement un des premiers de ces peintres amateurs qui ont su séduire les collectionneurs, si le Douanier Rousseau est hors concours dans cette catégorie. Auteur du tableau “le Sacré-Cœur et le square Willette” qui est conservé au Musée Beaubourg.
En 1922, il fait une exposition de ses toiles en plein air à la Foire aux Croûtes de Montmartre, et en appelle au "jugement des foules", selon sa propre expression. L'exposition est un succès et ses peintures trouvent acheteurs. Des critiques et des collectionneurs s'intéressent à lui, comme Wilhelm Uhde en 1924.
L'œuvre de ce maître de l'art naïf est l'un des plus authentiquement et des plus savoureusement populaires, même si, la célébrité venue, il a un peu trop cédé à la tentation de se répéter et de s'imiter lui-même. Peu enclin au rêve exotique, Bombois puise son inspiration dans l'expérience quotidienne. En souvenir de son enfance batelière, il s'est plu à peindre l'eau avec tous ses reflets et tous ses miroitements. Il excelle dans les scènes de cirque, qui évoquent, non sans quelque nostalgie, ses années d'existence foraine, et dans les nus, où le sens du monumental s'allie à une sensualité candide. Latent ou larvé chez la plupart des peintres naïfs - qui reculent presque toujours devant le tabou de la nudité féminine -, l'érotisme, ici, semble s'épanouir sur un mode triomphal.
Camille Bombois a été exposé dans les Galeries des Quatre Chemins, en 1927. Ses travaux ont également été inclus dans l'importante exposition Les Maîtres populaires de la réalité (1937) et en 1944, première exposition en solo à la Galerie Petrides. Pendant les années 60, sa réputation devint mondiale.
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