Épicéa commun

Épicéa commun
Aide à la lecture d'une taxobox Picea abies
 Epicéa commun, port isolé.
Epicéa commun, port isolé.
Classification classique
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Coniferophyta
Classe Pinopsida
Ordre Pinales
Famille Pinaceae
Genre Picea
Nom binominal
Picea abies
(L.) H. Karst, 1881
Classification phylogénétique
Ordre Pinales
Famille Pinaceae
Synonymes
  • Pinus abies (L.)
  • Pinus excelsa (Lam.)
  • Abies picea (Mill.)
  • Pinus picea (L.)
  • Picea excelsa (Link.)
  • Picea vulgaris (Link.)
  • Picea alpestris (Stein.)
  • Picea montana (Schur.)
  • Picea rubra (A.Dietr.)
  • Picea obovata (Ledeb.)
Statut de conservation UICN :

LC  : Préoccupation mineure
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'UICN.

Retrouvez ce taxon sur Wikispecies

D'autres documents multimédia
sont disponibles sur Commons

L’Épicéa ou Épicéa commun (Picea abies (L.) Karst. ou Picea excelsa (Lam.) Link) est un arbre résineux de la famille des Pinacées et du genre Picea.

Sommaire

Synonymes

Sapin rouge, Sapinette, Épinette de Norvège, Faux sapin, Épicéa à poix, Pesse, Sérente, Pin pleureur, Sapin du Nord, Gentil sapin.

Description

Caractères biologiques

Cet arbre mesure généralement de 35 à 40 mètres de hauteur, mais il peut dépasser en bonne station 50 mètres ; certains spécimens mesurent 60 mètres[réf. nécessaire] en Europe de l’est. Le tronc de l’épicéa ne dépasse que rarement 1,5 m de diamètre.

L’épicéa commun peut vivre jusqu’à 400 ans, voire plus, mais ne dépasse que rarement 500 ans[réf. nécessaire]. En 2008 on a pourtant trouvé, en Suède à 950 mètres d'altitude, un bosquet d’épicéas communs de deux mètres de haut dont l'âge a été estimé par la technique de datation au carbone 14 à environ 5 000 ans et le plus âgé, selon les sources, de 7 890[1] à 9 550 ans[2],[3]. Il s'agirait ainsi du plus vieil arbre vivant au monde.

Caractères botaniques

Appareil végétatif

Le port de l'arbre est le résultat de différentes composantes : un tronc droit, une cime conique, large en basse altitude et étroite en haute altitude et en régions nordiques[réf. nécessaire].

L'Épicéa commun possède un bois blanc, lustré, sans aubier distinct, doté de petits canaux résinifères odorants, et aux cernes nets. Son écorce est brun-rougeâtre, finement écaillée dans le jeune âge, devenant ensuite brun-gris et aux écailles plus épaisses, se détache de l'arbre par morceaux plus ou moins gros[4].

La racine est traçante.

Les rameaux, de teinte brun-rouge, sont longs et pendants en basse altitude (dits « en draperies »), courts et rigides en haute altitude (dits « en brosse »)[réf. nécessaire]. Les aiguilles sont insérées sur le rameau au niveau d'un coussinet.

Les aiguilles sont disposées en brosse sur le rameau. Elles sont piquantes et leur section transversale est quadrangulaire. De couleur vert foncé sur toutes les faces, elles mesurent entre 15 et 30 mm de longueur. Les stomates, blancs, sont uniformément répartis. Ces aiguilles sont persistantes et peuvent durer environ 5 à 7 ans[réf. nécessaire].

Appareil reproducteur

L'espèce est monoïque, avec les cônes mâles distincts des cônes femelles, mais les deux sexes sont présents sur le même individu.

Les cônes mâles apparaissent sur le rameau de l’année précédente, en fuseaux ovales, jaune-orangé (15-25 mm)[réf. nécessaire].

Les cônes femelles apparaissent en position de bourgeon terminal. D'abord dressés, de couleur verte ou rouge-carmin (20-40 mm)[réf. nécessaire], ils deviennent pendants une fois fécondés. Ils deviennent alors bruns et grandissent jusqu'à atteindre entre 10 et 16 cm de longueur en septembre ou octobre. Les écailles sont losangiques, peu épaisses mais coriaces, et la forme de leur extrémité varie selon les races (arrondies ou en double-pointe). A maturité, les écailles s'écartent pour laisser tomber les graines, mais ne se désarticulant pas. Le cône finit par tomber en hiver.

Les graines sont petites, brunes, munies d’une membrane ailée, et le tout mesure environ 5-6 mm[réf. nécessaire].

Espèces similaires

Facilement reconnaissable par son port, son feuillage et ses cônes, l’épicéa est parfois confondu avec le sapin blanc, avec qui il diffère cependant en de nombreux points. Par exemple les aiguilles de l'épicéa n'ont qu'une seule pointe à leur extrémité tandis que le sapin blanc en arbore deux. Cette différence peut être vérifié à l'œil nu. Un autre moyen pour les distinguer est l'orientation des fruits (cônes). Ceux de l'épicéa descendent alors que ceux du sapin blanc montent. Une des manières pour s'en rappeler est d'imaginer le cône descendant en enfer donc sapin rouge (épicéa) et pour l'autre qu'il monte au paradis donc sapin blanc.

Répartition et habitat

Pessière en Norvège.

Exigences

D'un tempérament robuste, cette espèce est plutôt héliophile, mais tolère temporairement un ombrage dans sa jeunesse. Très résistant au froid (-35°, -40° C)[réf. nécessaire], c'est un arbre qui craint peu les gelées printanières en raison de son débourrement tardif (contrairement au sapin qui, lui, les craint beaucoup). Il préfère les sols frais et acides, mais accepte aussi de pousser sur sols calcaires. Il tolére les sols superficiels en raison de son enracinement traçant, mais il est alors en conséquence sensible aux chablis. Une forêt où les épicéas sont majoritaires est appelée "pessière".

Distribution

L’épicéa commun est propre à l’Europe, on le retrouve à l’ouest dans les Alpes, le Jura, les Vosges, en Allemagne, en Pologne, en République Tchèque (massifs montagneux) ; au sud-est des Balkans, les Carpates, au nord-est des Pays baltes jusqu’à la Scandinavie et la partie européenne de la Russie.

Selon Vidakovic (1991)[réf. souhaitée], il existerait trois zones distinctes, correspondant aux différentes variétés :

  • Zone alpine : Jura, Vosges, Alpes, Alpes dinariques, à partir de 400-800 mètres jusqu’à la limite supérieur de la forêt (jusqu’à 2 200 mètres d’altitude dans les Alpes) ; où il forme des peuplements en mélange avec le hêtre et le sapin à l’étage montagnard et un peuplement dominant à l’étage subalpin, où se mêle parfois d’autres conifères tel le mélèze ou quelques pins.
  • Europe centrale : Carpates, reliefs allemands (Bavière, Thuringe, Sudètes), tchèques, Tatras, Bohème, Transylvanie (à partir de 800-900 mètres d’altitude) ; où il se mélange surtout avec le sapin pour devenir plus haut un peuplement pur, en Europe de l’est, l’épicéa commun dépasse 60 mètres, des spécimens de 69 mètres ont déjà été attestés[réf. nécessaire].
  • Zone septentrionale : Pays Baltes, Nord de la Pologne, Biélorussie, Russie européenne, Finlande, Suède, Norvège où il se mêle à l’aire de Picea obovata par des formes de transitions. Il forme des peuplements purs en basse altitude jusqu’à la limite supérieure de la forêt, les arbres de cette zone ne dépassent que rarement 35-40 mètres de haut.

En France, l’épicéa commun peuple spontanément les Vosges (entre 600 et 1 424 mètres), le Jura (entre 800 et 1 700 mètres) et les Alpes du Nord (de 300-400 mètres jusqu’à 2 200-2 500 mètres) et localement dans les Alpes du Sud. Il a largement été introduit en plaine, mais surtout dans les Pyrénées, le ((Massif Central)) et la Corse. Ses plus beaux peuplements se situent surtout en zone spontanée, dans les Vosges (en particulier la Forêt Domaniale de la Haute-Meurthe), le Jura (Second Plateau, à partir de 1 000 mètres environ) et quelques hautes vallées des Alpes.

Pathologies

Rouille vésiculeuse.
Galles-ananas sur des rameaux d'épicéa commun
Epicéas tués par des pluies acides

Dues aux parasites

L'épicéa est sensible aux attaques de champignons, notamment de Fomes annosus ("maladie du rond") et de l'Armillaria gallica, transmise par les racines. Plusieurs sortes de rouilles peuvent attaquer cet épicéa, comme par exemple la rouille vésiculeuse (due à Chrysomyxa ledi var. rhododendri, sur les aiguilles de l'année) ou la rouille annulaire (Chrysomyxa abietis, sur les aiguilles formées l'été précédent)[5].

L’épicéa commun craint également les attaques de différentes espèces d’insectes, notamment des coléoptères comme les scolytes (quatre espèces s'attaquent à cet arbre, notamment le bostryche typographe (Ips typographus) et le scolyte chalcographe (Pityogenes chalcographus)), ou l'hylobe. La galle-ananas sur les rameaux est provoqué par un puceron (Sacciphantes viridis).

Dues à des pratiques culturales

L’épicéa craint les grands vents, qui peuvent provoquer un chablis, mais aussi la sécheresse et la pollution.

Les épicéas poussant en lisière de coupe-rase craignent un stress hydrique, et surtout des coups de soleil, favorisant alors la pullulation de scolytes. Les blessures peuvent également altérer le bois et provoquer des pourritures.

Systématique

Taxonomie

L’épicéa est un Pinaceae appartenant au genre Picea (Lindl.) (sous-genre Picea, section Picea) ; outre la proximité de l’espèce avec Picea obovata (Ledeb.), il est admis généralement que l’espèce est proche de l’épicéa de Chine, Picea asperata (Masters) et de l’épicéa de l’Himalaya, P. smithiana (Wall.).

L’épicéa est apte à pousser sur de nombreux types de sol (même sur du calcaire et de la tourbe) et à différentes altitudes, l’aire de répartition de l’espèce est très vaste, si on rattache l’épicéa de Sibérie (Picea obovata) à l’épicéa commun, on obtient le conifère ayant l’aire de répartition la plus étendue, depuis l’Europe occidentale jusqu’au fin de la Sibérie. On en résulte chez Picea abies différentes variétés et formes. Ainsi, en Europe, on trouve les fleurs femelles fécondées, avant de murir, de différentes couleurs :

En basse altitude : f. chlorocarpa (Purk.) : Cônes immatures verts.
En haute altitude : f. erythocarpa (Purk.) : Cônes immatures rouges.
Forme intermédiaire : f. dichroa (Domin.) : Cônes immatures vert-rougeâtres.

Sous-espèces et variétés

Les scientifiques modernes acceptent deux sous-espèces d’épicéas, l’une croissant sur la partie orientale de l’aire, de la Finlande jusqu’à la Mer d’Okhotsk, nommé Picea abies subsp. obovata (Ledeb.), considéré parfois comme espèce à part entière (Épicéa de Sibérie) et l’autre poussant sur la partie occidentale de l’aire, en Scandinavie, en plaines Baltes et massifs européens, nommé Picea abies subsp. abies, une forme hybride stabilisée croit à la limite de l’aire de répartition des deux sous-espèces, Picea abies nothosubsp. fennica (Regel.), considéré tantôt comme variété de P. abies subsp. abies, tantôt comme une de P. abies subsp. obovata.

Outre la différence de couleur des jeunes cônes, variant avec les régions et l’altitude, la grande variation de forme et de taille de cônes a conduit les scientifiques à créer une douzaine de variétés, dont trois sont actuellement reconnues comme valides (M. G. Tjoelker, A. Boratynski, W. Bugala, 2007) :

Cônes de var. europaea.
Picea abies subsp. abies var. europaea (Tepl.) [syn. Picea excelsa (Link.), var. germanica (Lindq.), var. vulgaris (Loudon), var. nigra (Loudon), var. montana (Asch. & Graebn.), var. carpathica (Loudon), var. communis (Loudon)] : Cône de 12-18 cm, écailles différant selon l’altitude, pointe bombée en basse altitude, plus arrondie en haute altitude. C’est la variété « type », trouvable dans une grande partie de l’Europe, en montagne à l’est et au sud-est et en plaine au nord-ouest, Scandinavie.
Picea abies subsp. abies var acuminata (Beck.) : Cônes généralement plus longs (15-20 cm). Écailles formant un long bifide recourbé vers l’intérieur. Variété trouvable en Europe de l’Est (Balkans, Carpates) jusqu’en Allemagne de l’est[6].
Picea abies subsp. abies var alpestris (Bruegger) [syn. Picea alpestris (Stein), Picea obovata var. alpestris (Brügger)] : Cônes trapus, assez courts (8-12 cm). Écailles arrondies. Rameau de l’année précédente légèrement pubescent. Aiguilles quadrangulaires bleutées en raison de la forte concentration de stomates. Variété relique de l’époque glaciaire des Alpes suisses (Oberland Bernois, Grisons), autrichiennes (Tyrol), des Sudètes et des Carpates (entre 1500 et 2200 mètres d’altitude), dont le bois est d’excellente qualité. Variété parfois considérée comme plus proche de la sous-espèce obovata, semblable à Picea fennica[7].
  • Formes naturelles
f. virgata.

En raison de la grande étendue de l’aire de répartition de Picea abies subsp. abies, on trouve différentes formes naturelles d’épicéas, en voici quelques-unes, assez fréquentes :

f. columnaris : Épicéa columnaire : 20-25 m maximum, branches courtes, denses, plaquées au tronc[8].
f. pendula : Épicéa pleureur : Port très variable, dense en pendant[9].
f. globosa : Épicéa en boule : Port « normal » jusqu’à la cime, qui est dense, en « boule »[10].
f. nidiformis : Épicéa en nid : 1 mètre maximum, très dense, en boule[11].
f. viminalis : 20-30 mètres, fréquent dans les régions nordiques et en montagne, branches horizontales, feuilles dispersées sur le rameau, feuillage donc très clair[12].
f. virgata : Épicéa-serpent : Proche de la forme précédente, feuillage clair, pendant[13].

Utilisations

Sylviculture

Epicéas en monoculture.

L’épicéa fournit un bon bois, c’est pour cela qu’il est largement planté dans toute l’Europe en futaie régulière pour la production. En montagne, il est traité en futaie irrégulière (parfois jardinée) ayant pour rôle la production et la protection des milieux (avec d’autres essences), en zone touristique, il est dit que les forêts peuvent servir de recréation pour le paysage, ce qui influence la sylviculture sur plusieurs points.

Bois

Le bois d’épicéa est blanc, il sert en basse qualité surtout au bois d’industrie (pâte à papier, panneaux de fibres, emballage, coffrage), mais si les accroissements sont fins et le bois tendre, de haute qualité, il servira à la charpente, à la menuiserie, au placage, au déroulage, à la fabrication de poteaux et de perches, mais aussi à la lutherie pour les plus beaux bois.

Pharmacopée

Sapin de noël.

L’épicéa a des propriétés antiseptiques, balsamiques, expectorantes, sédatives, antiphlogistiques et antibiotiques. La poix de bourgogne est obtenue par incision du tronc (résine). La distillation de la poix fournit l’essence de térébentine qui sert à la préparation d’onguent topique.

Ornement

L’épicéa commun est souvent utilisé en ornement, les différentes formes naturelles ont été sélectionnées pour former des cultivars, dont les plus fréquents sont ‘cupressina’, ‘inversa’, ‘argentea’, ‘aurea’, ‘cranstonii’, ‘nana’, ‘pyramidalis’… On recense actuellement près de 150 cultivars valides.

Traditions

On utilise traditionnellement l’épicéa commun comme sapin de Noël, pourtant, l’épicéa perd ses aiguilles rapidement, ce qui le désavantage par rapport aux sapins.

Notes et références

Voir aussi

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Épicéa commun de Wikipédia en français (auteurs)

Игры ⚽ Нужно сделать НИР?

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Epicea commun — Épicéa commun Picea abies …   Wikipédia en Français

  • Epicea — Picea Épicéa …   Wikipédia en Français

  • Epicéa — Picea Épicéa …   Wikipédia en Français

  • Épicéa — Picea Épicéa …   Wikipédia en Français

  • Épicéa de Serbie — Picea omorika Picea omorika …   Wikipédia en Français

  • Épicéa noir — Épinette noire Épinette noire …   Wikipédia en Français

  • ÉPICÉA — n. m. T. de Botanique Sapin de haute taille, très commun dans les Vosges et dans le Jura …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • Hêtre commun — Hêtre commun …   Wikipédia en Français

  • Picea abies — Épicéa commun Picea abies …   Wikipédia en Français

  • Picea — Épicéa …   Wikipédia en Français

Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”