Rapibus

Rapibus

Le Rapibus est une route rapide réservée aux autobus qui est projetée dans le plan de développement de la Société de transport de l'Outaouais (STO) à Gatineau, Québec. Il aurait comme mission d'accélérer le service pour les passagers des secteurs en expansion du nord et de l'est de la ville, tout en réduisant la congestion sur les artères majeures en ce moment desservies par des voies réservées aux autobus.

Planifié depuis plusieurs années par la STO, le projet a reçu officiellement le feu vert grâce au financement de 146 millions $Can approuvé par le gouvernement du Québec octobre 2007[1]. La réalisation du projet doit débuter tard en 2009 ou au début de 2010, pour être complété vers l'automne 2011. On n'a pas inclus un lien direct vers Ottawa (Ontario) dans le plan actuel à cause de l'incertitude sur le développement du réseau de transport rapide actuel d'Ottawa depuis l'annulation du prolongement de la ligne de train léger O-Train[2],[3].

Sommaire

Histoire

Durant les années 1990, la STO et la Communauté Urbaine de l'Outaouais avaient travaillé sur des plans pour améliorer le transport en commun dans la région de l'Outaouais afin de pour contrer les problèmes grandissant de circulation dans plusieurs secteurs. L'est de la ville, près de l'autoroute 50, ainsi que les ponts traversant les rivières Gatineau et Des Outaouais étaient particulièrement congestionnés. À l'époque, la communauté urbaine préférait emprunter une voie parallèle aux voies ferrées existantes, comme celle du Canadien Pacifique à Hull et Gatineau, pour créer une voie rapide pour les autobus qui contournerait certains des secteurs les plus encombrés de la ville. On envisageait aussi l'amélioration de la traversée des ponts interprovinciaux vers Ottawa. En attendant l'aboutissement de ces plans, la STO ajouta plusieurs voies réservées aux autobus sur les boulevards Gréber, Fournier, Maisonneuve et Alexandre-Taché ainsi que sur le pont du Portage afin d'accélérer le service à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

Les études d'impact environnemental commencèrent au début des années 2000, mais le financement des gouvernements supérieurs n'était pas disponible pour poursuivre plus loin. En 2005, le projet s'accéléra quand Marc Bureau devint le maire de Gatineau, en défaisant Yves Ducharme, lors des élections municipales. Durant sa campagne, Bureau déclara le système Rapibus comme une de ses priorités. Quelques mois après sa victoire, des discussions entre la ville de Gatineau et le gouvernement du Québec eurent lieu visant à un accord sur la somme du financement provincial dans le projet. Quelques membres du conseil municipal de Gatineau, le maire Bureau, l'équipe administrative de la STO, des ministres du cabinet du gouvernement du Québec, dont l'ancien ministre des finances Michel Audet et le ministre du transport Michel Després, et la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, se rencontrèrent ainsi à Québec le 6 décembre 2006.

À la suite de la conférence, M. Bureau montra un certain optimisme quant à un accord futur de financement de 150 millions $Can par le gouvernement québécois. Cependant, le ministre responsable pour la région de l'Outaouais, Benoît Pelletier, dit aux journalistes en février 2007 qu'il serait difficile à réaliser le projet à court terme. Confirmant cette prédiction, aucun financement ne fut annoncé dans le budget provincial du Québec pour l'année 2007, prononcé le 20 février. Ce budget très électoral ne fut jamais adopté car le premier ministre du Québec Jean Charest déclencha tout de suite après des élections provinciales. Il promit durant la campagne électorale que le projet Rapibus serait complété en 2010 et annonça 75 millions $Can pour le projet.

En attendant le financement du gouvernement, la STO, à l'instigation de sa présidente et conseillère de Gatineau Louise Poirier, lança tard en février 2007 une campagne de promotion à la radio et la télévision à propos de projet afin de le populariser[4]. Après les élections provinciales, le gouvernement Charest réélu minoritairement déposa un nouveau budget incluant un financement important pour le projet Rapibus. Ce budget passa de justesse à l'Assemblée nationale le 1er juin 2007. Une annonce officielle fut faite le 26 octobre, durant une conférence de presse de messieurs Poirier, Pelletier, la nouvelle ministre de transport du Québec Julie Boulet et le ministre fédéral du transport et ancien président de la STO Lawrence Cannon. Le gouvernement du Québec investirait 146 millions $Can et la ville de Gatineau financerait le reste des sommes, soit 49 millions $Can. Il n'y aurait aucun financement fédéral direct pour le projet[1].

Originellement prévu pour 2007, l'ouverture de Rapibus a été repoussée à 2010 puis à 2011 à cause de divers problèmes ralentissant le processus. De nombreuses études d'impact environnemental doivent ainis être complétées sur la section de la route passant par des espaces verts comme le parc Lac Leamy, près du Casino, et le parc Lac-Beauchamp dans l'est de la ville. Les travaux de construction, qui devaient débuter à la fin de 2008, sont maintenant prévus pour la fin de 2009 ou au début de 2010, et seraient terminés à l'automne de 2011.

Caractéristiques

Le Rapibus est comparable au Transitway d'OC Transpo à Ottawa. Comme ce dernier, il sera un réseau de voies réservées aux autobus et aux autres véhicules de la STO, incluant le service du transport adapté, les inspecteurs et probablement les véhicules de secours. La route principale commencera dans l'est de la ville de Gatineau, près des boulevards Lorrain et Saint-René, longera les rails du chemin de fer Québec-Gatineau, parallèlement aux boulevards Maloney et de la Carrière, pour rejoindre le centre du quartier de Hull derrière la Manège militaire de Salaberry. Cette section se terminera juste à l'est de l'Université du Québec en Outaouais même si les plans initiaux envisageaient qu'elle se termine près de la rue Montcalm et de l'Autoroute 50. Un pont enjambant la rivière Gatineau sera élargi pour permettre le passage des voies du Rapibus ainsi que des pistes cyclables qui passent par le Lac-Leamy. Une deuxième section longera une partie du chemin de fer Hull-Chelsea-Wakefield et du boul. La Carrière jusqu'au chemin Freeman vers le nord. La distance totale parcourue par le réseau Rapibus sera d'environ 17 km et le coût est estimé à 195 millions $Can[1].

Quand le projet fut annoncé, l'administration municipale déclara que le Rapibus transformerait la ville et le maire Bureau ajouta qu'il constituerait la contribution la plus importante du gouvernement du Québec dans la région depuis longtemps. On mentionna que le projet encouragerait la construction de plusieurs projets résidentiels et commerciaux le long du trajet, qu'il réduirait sensiblement l'émission de gaz à effet de serre et qu'il augmenterait le nombre de passagers du transport en commun de 15 à 25%[1]. Divers projets ont d'ailleurs déjà été annoncés.

Plusieurs pôles d'attraction majeurs seront desservis par le Rapibus. Ils compte déjà le centre commercial le plus grand à Gatineau, les Promenades de l'Outaouais, le Cégep de l'Outaouais (campus de Gatineau), le centre commercial des Galeries de Hull, le Casino du Lac-Leamy et la Maison de la Culture. Un nouveau centre commercial, qui comprend déjà un nouveau Wal-Mart (le plus grand du Québec) auquel s'ajouteront bientôt plusieurs magasins de grande surface, se situe près de la future station De la Gappe[5]. Près de la station De la Cité, un grand complexe sportif municipal a été approuvé par l'administration du maire Bureau et sera complété en 2009, la construction étant déjà commencée après un long processus d'appels d'offre[6]. Dans le secteur de Hull, l'Université du Québec en Outaouais a l'intention de fusionner ses deux campus, Alexandre-Taché et Lucien-Brault, et de s'étendre vers l'est à proximité du terminus du Rapibus du boul. Saint-Joseph. Cette nouvelle section de l'université regroupera plusieurs facultés venant du campus Lucien-Brault vers le campus Alexandre-Taché actuel.

Arrêts du Rapibus

Selon l'Internet et le guide de l'usager de la STO, le Rapibus comprendra 12 arrêts le long de ses deux sections. Le plan initial en contenait onze, mais on ajouta plus tard l'arrêt supplémentaire Alexandre-Taché, située au sud du terminus original de la route à la station Montcalm. Plusieurs arrêts seront co-localisées avec des stationnements incitatifs Parc-o-bus afin d'encourager les banlieusards à y laisser leurs véhicules.

Circuit principal

  • Lorrain: terminus est du rapibus près du boul. Lorrain et proche de deux parc-o-bus.
  • Labrosse: près de boul. Labrosse, entre les boulevards Maloney et Saint-René, juste au sud du parc-o-bus Jean-René Monette
  • Gouin: près du boulevard Maloney, à l'est de Montée Paiement
  • De La Cité: près des boulevards Maloney et La Cité, proche du campus de Gatineau d Cégep de l'Outaouais, de la Maison de la Culture et du complexe sportif projeté.
  • Gréber: près de boulevards Maloney et Gréber, proche des Promenades de l'Outaouais
  • De La Gappe: près de l'intersection de l'Autoroute 50 et boulevard Maloney, proche du site d'un centre commercial (avec un Wal-Mart) en construction.
  • De La Carrière: à l'intersection des chemins de fer Canadien Pacifique et de Hull-Chelsea-Wakefield, à l'ouest de la rivière Gatineau
  • Casino: au Casino du Lac-Leamy
  • Montclair: près des boulevards Montclair et La Carrière, proche du centre commercial Les Galeries de Hull et de plusieurs édifices gouvernementaux.
  • Montcalm: près de rue Montcalm et A-50
  • Alexandre-Taché : terminus sud du Rapibus, il sera près des boulevards Saint-Joseph et Alexandre-Taché, juste à l'est de l'Université du Québec en Outaouais.

Circuit nord

  • Freeman: près de boul. Saint-Joseph et du chemin Freeman, proche de l'installation parc-o-bus Freeman.

Extensions futures

Du côté québécois

À long terme, il est possible que le Rapibus voie une extension vers l'ouest vers le quartier Aylmer et vers l'est vers Buckingham et Masson-Angers près d'Autoroute 50.

Le 9 décembre 2007, le conseiller gatinois Alain Riel déclara au journal Le Droit que le Rapibus devrait être rapidement étendu vers l'ouest le long du corridor du boul. des Allumettières jusqu'au boul. Saint-Raymond afin de contrer l'usage de l'automobile chez les résidents du secteur du Plateau et des secteurs résidentiels récents d'Aylmer. Il craint qu'avec l'ouverture du boulevard des Allumettières, beaucoup de ces gens délaissent l'autobus au profit de la voiture pour se rendre à leur boulot au centre-ville[7]. M. Riel n'exclut pas non plus qu'un corridor de transport anciennement proposé, appelé Viabus, soit remis à l'ordre du jour. Cette route aurait suivi une voie de chemin de fer abandonnée au sud du Chemin d'Aylmer vers le centre du quartier de Hull. Le projet fut abandonné suite à l'opposition féroce des résidents de Val-Tétrault du secteur Hull et la voie sert maintenant à une piste cyclable de la CCN entre la marina d'Aylmer et le pont Lady Aberdeen sur la Rivière Gatineau.

Lien avec le réseau d'OC Transpo

Au début des années 2000, la ville d'Ottawa avait produit un plan pour une extension de son réseau de train léger O-Train vers Gatineau, en partant de la station Bayview. Le train aurait pris le Pont Prince-de-Galles et la ligne se serait terminée au Casino du Lac-Leamy, desservant également l'Université du Québec en Outaouais. En 2007, suivant l'annulation de l'extension nord-sud du O-Train vers le centre-ville et Barrhaven Centre, une commission menée par l'ancien ministre libéral David Collenette examina l'avenir du transport en commun dans la région d'Ottawa et proposa un train de banlieue de Bayview à Wakefield via le Casino. À ce dernier endroit, on proposait une seconde ligne devant aller vers le centre-ville de Gatineau puis Masson-Angers par la voie ferrée que longe le Rapibus[8]. L'administration du maire Bureau a déclaré que la ville se concentreraient d'abord sur le développement du réseau d'autobus avant de considérer l'ajout du service ferroviaire à long terme[9]. Avec une coordination d'OC Transpo, un lien vers Ottawa près de Tunney's Pasture, est cependant considéré pour plus tard pour le Rapibus.

Le projet Rapibus débutera donc sans un lien direct vers Ottawa, bien que des études d'impact sur l'environnement par le pont Prince of Wales sont déjà prévues dans le cadre des plans examinant de futures liaisons interprovinciales entre Gatineau et Ottawa. L'étude d'un tel pont pour le transport en commun a été annulée en février 2007, suivant l'annulation du projet d'expansion du train léger, mais la ville d'Ottawa renouvela la possibilité d'une nouvelle une demande d'étude environnementale pour l'été 2007 comme faisant partie de plusieurs recommandations et demandes de financement vers les gouvernements supérieurs en vue de futures infrastructures de transport. Ces projets faisaient partie des priorités du Conseil municipal d'Ottawa et du maire Larry O'Brien. Cette possibilité refit surface dans les plans pour de nouveaux ponts pour accommoder l'accroissement du trafic de Gatineau vers Ottawa qui va augmenté de 25% au cours des dix prochaines années[10],[11],[12].

Dans un plan d'extension du transport en commun initial, la ville d'Ottawa avait prévu pour 2009 que le O-Train serait étendu vers l'est et qu'un circuit rapide d'autobus aurait relié la station Montcalm du Rapibus et la station Orléans du Transitway, ajoutant ainsi une connexion entre OC Transpo et la Société de transport de Gatineau[13].

Voir aussi

Articles connexes

  • OC Transpo
    • Réseau de transport en commun rapide d'Ottawa

Liens externes

Notes et références

  1. a, b, c et d (fr)Charles Thériault du quotidien Le Droit, « Le Rapibus est dans la poche », Cyberpresse, 26 octobre 2006. Consulté le 2008-06-08
  2. (fr)Rapibus, Société de transport de l'Outaouais. Consulté le 2008-06-08
  3. (en)Gatineau's Rapibus to go ahead, but not to Ottawa, Canadian Broadcasting Corporation, 26 octobre 2007. Consulté le 2008-06-08
  4. (fr)Capsules vidéo informatives, Société de transport de l'Outaouais. Consulté le 2008-06-08
  5. (fr) Chantiers importants - 2e trimestre 2007 : Outaouais, Commission de la construction du Québec. Consulté le 2008-06-08
  6. (fr) Complexe sportif de Gatineau, retour à la case départ, Société Radio-Canada, 3 octobre 2007. Consulté le 2008-06-08
  7. (fr)Patrick Duquette du quotidien Le Droit, « Riel veut que le Rapibus soit prolongé », Cyberpresse, 11 décembre 2007
  8. (fr)Le groupe de travail du maire sur les transports, « Carte de système 2037 », Ville d'Ottawa
  9. (fr)Dominique La Haye pour le quotidien Le Droit, « Les maires de banlieues "achètent" le projet de train », Cyberpresse, 2 août 2007
  10. (fr)Dominique La Haye pour le quotidien Le Droit, « Le train refait surface », Cyberpresse, 16 août 2007
  11. (fr)Yannick Boursier, « Deux nouveaux corridors pour le pont interprovincial », Info07.com, 23 octobre 2007
  12. (en)CBC News, « Ottawa-Gatineau transit bridge study suspended indefinitely », Canadian Broadcasting Corporation, 13 février 2007
  13. (en)Minutes du Conseil municipal, « Committee recommendations as amended », Ville d'Ottawa, 9 novembre 2005

Source


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Rapibus de Wikipédia en français (auteurs)

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