- David di Nota
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David di Nota est un romancier, essayiste et dramaturge français. Après des études de Danse classique à l'Opéra de Paris et de philosophie à la Sorbonne, il publie son premier roman, à 20 ans, chez Gallimard. Egalement diplômé de l'Institut français de géopolitique, il est actuellement doctorant en Sciences Politiques.
Ses ouvrages abordent une grande variété de sujets. En premier lieu, la ville de Paris (Festivité locale, 1991) et l'art de la haute couture (Apologie du plaisir absolu, 1993). Suivront un petit traité sur l'élégance morale (Traité des élégances, 2001), puis un roman-hommage à Mai 68 Projet pour une révolution à Paris (Gallimard, 2004). Ce livre semble s'inscrire dans le sillage ludique du « Nouveau roman » français (l'influence de Toussaint y est sensible), bien que l'auteur ajoute au sein de ce mouvement une dimension ouvertement politique. Un tournant confirmé avec la parution du roman J'ai épousé un Casque bleu, suivi d'un court essai sur la guerre de Bosnie, Sur la guerre, violente missive contre le néopacifisme européen. (Ce livre fut d'ailleurs placé dans la liste des lectures obligatoires au concours 2008 des officiers de l'Armée de l'Air).
Remarquée par Jean-Luc Godard et Milan Kundera, sa démarche a reçu le soutien de plumes célèbres (Neuhoff, Duteurtre, Sollers[1]) mais également la vive critique d'autres personnalités (Lançon, Donner).
Ce dernier roman a donné lieu à une pièce de théâtre intitulée Têtes subtiles et têtes coupées (tragi-comédie en deux actes avec morale à la fin), ainsi qu'à une enquête littéraire sur le bombardement de Belgrade de 1999, deuxième volet d'un cycle balkanique voué à la description des « vraies-fausses guerres » européennes.
Sommaire
Citations
- Sur l'ONU et les opérations de maintien de la paix : « Deux États qui s'unissent pour faire le Bien, voilà bien quelque chose d'étrange. Trois États qui s'unissent pour faire le Bien, voilà une occasion de se méfier. Mais une organisation mondiale qui s'unit pour faire le Bien, alors voilà une occasion mondiale de se méfier. »
- Sur la propagande : « Tout ce qui éloigne l'Histoire de la tragédie est un mensonge. »
- Sur la Realpolitik : « Il paraît que la Realpolitik est un crime. Si j'en crois l'opposition entre le Droit et la force, nous devrions remplacer la Realpolitik au bénéfice d'une vision juridique des rapports internationaux. Mais le Droit international ne fait que déplacer le problème, puisqu'il est, et restera, entre les mains des plus forts. Mieux vaut donc habituer les plus faibles à ne rien attendre du Droit international. Ce n’est pas protéger le plus faible que de le bercer de balivernes juridiques, c’est ajouter au plus fort le prestige d’une bonne conscience qu’il ne mérite pas. »
- Sur la démarche scientifique: « Le sociologue n'est pas plus objectif face au monde que les différents acteurs qu'il se plait à décrire. Il est simplement plus complexe dans sa partialité. »
- Sur la profession politique : « Les hommes politiques sont des professionnels et les professionnels agissent d'une façon étonnante. Par exemple, entre une action efficace qui met un terme au service et une action inefficace qui relance la nécessité du service, le professionnel choisira toujours la deuxième solution. La justice sociale est un problème dont les hommes politiques raffolent, non parce qu'ils sont particulièrement concernés, mais parce que le problème de la justice sociale, comme le sentiment d'insécurité, renforce la demande du politique. Pour cette raison même, il n'est pas du tout certain qu'ils aient un intérêt quelconque à le résoudre »
- Sur l'absurde : « Le caractère absurde de la vie me réconforte. Sans l'absurde, ma vie n'aurait aucun sens. »
Bibliographie
- Festivité locale, Gallimard 1991.
- Apologie du plaisir absolu, Gallimard 1993.
- Quelque chose de très simple (nouvelles), Gallimard 1995.
- Traité des élégances, Gallimard 2001.
- Projet pour une révolution à Paris, Gallimard, Paris, 2004.
- J'ai épousé un Casque bleu, suivi de Sur la guerre, Gallimard, coll. « L'Infini », 176 p.[2]
- Bambipark, suivi de Têtes subtiles et tête coupées, (théâtre) Gallimard, 2009.
- Pour saluer Jonathan Swift, essai (à paraître)
Sous le nom de David Lévine:
- Le Christ s'est arrêté à Bagnolet (et autres récits improbables), Puf, Perspective critique, n°3.
Traduction
Os privilegios, poésie de Marcelin Pleynet, traduction en brésilien, Ironie, 2011.
Notes on the other (Apuntes sobre el otro), film de Sergio Oksman sur Ernest Hemingway, version française. Pantalla Partida, Documenta Films, 2009.
Prix
- Prix Mousquetaire Les stylistes de la vie 1999 pour Traité des élégances, I
- Prix Amic de l'Académie Française pour l'ensemble de ses livres, 2008.
Notes et références
- [1] cf. Sollers : "La connerie se porte bien" cliquer sur le numéro:
- Christophe Donner, « Stylo sans cartouche », Le Monde 2, nº 209, semaine du 16 au 22 février 2008, p. 10. Critique par
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