Saimiri boliviensis

Saimiri boliviensis

Saïmiri de Bolivie, Singe-écureuil de Bolivie, Sapajou à tête noire

Aide à la lecture d'une taxobox Saïmiri de Bolivie
 Saimiri boliviensis
Saimiri boliviensis
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Primates
Famille Cebidae
Sous-famille Cebinae
Genre Saimiri
Nom binominal
Saimiri boliviensis
I. Geoffroy Saint-Hilaire et Blainville, 1834
Répartition géographique
Saimiri boliviensis distribution.svg
Statut de conservation UICN :

LC  : Préoccupation mineure
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'UICN.

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Le Saïmiri de Bolivie (Saimiri boliviensis) est une espèce de primate de la famille des Cebidae. Elle est appelée aussi Singe-écureuil de Bolivie[1] ou Sapajou à tête noire[1].


Sommaire

Autres noms

Black-capped squirrel monkey. Bolivian squirrel monkey (S. b. boliviensis), peruvian squirrel monkey (S. b. peruviensis). Frailecillo (Pérou). Tsigeri (ethnie matsigenka du parc national de Manú, Pérou). Mono amarillo ou chichilo (Bolivie).

Distribution

Bolivie, Pérou (haute Amazonie) et ouest du Brésil.

Sous-espèces

Le nombre de sous-espèces est incertain (2, 3 ou 4 selon les auteurs:

  • Saïmiri de Bolivie (S. b. boliviensis: Bolivie (nord, centre et est) sur la moitié de la superficie du pays (Pando-Beni-Santa Cruz, au nord jusquau bassin du haut Rio Madeira), sud-est du Pérou (dans le bassin du Río Ucayali entre 50 et 500m daltitude), nord-ouest du Brésil entre les Rios Juruá et Purús. Apparemment, ferait une incursion dans le sud-est du Rondônia (Pimenta Bueno) alors que partout ailleurs dans le reste de cet État le Saïmiri à dos doré (S. ustus) est attesté, si bien que la Sierra de Pacaas Novos pourrait jouer un rôle de frontière naturelle entre ces deux espèces.
  • Saïmiri du Pérou (S. b. peruviensis: Centre-nord du Pérou (entre le Río Huallaga à louest, le Río Tapiche à lest, le Río Marañon au nord et 8°S au sud au-delà du Río Abujao), entre 90 et 800m daltitude.

Deux sous-espèces controversées sont endémiques de louest du Brésil entre les Rios Juruá à louest et Purús à lest :

  • S. b. pluvialis dans la région du Rio Juruá ;
  • S. b. jaburuensis dans la région du Rio Purús, que Groves synonymise à S. b. boliviensis.

Habitat

Forêt pluviale, primaire et secondaire. Affectionne la proximité des cours deau.

Sympatrie et association

Sassocie avec les sapajous et les capucins (Cebus spp.).

Description

Dessus gris agouti. Avant-bras et extrémité des membres jaune doré brillant. Poitrine blanchâtre. Queue grisâtre, chamois agouti ou noirâtre. Les spécimens de (S. b. pluvialis) seraient plus sombres mais les individus à tendance mélanique existeraient un peu partout sur laire de distribution. Couronne et tache préauriculaire noirâtres chez les deux sexes (pour S. b. boliviensis), agouti chez le mâle et noirâtres chez la femelle (pour S. b. jaburuensis), agouti et parsemées de poils noirs chez le mâle et noires ou agouti noirâtre chez la femelle (pour S. b. peruviensis). Oreilles touffues. Larche au-dessus des yeux est de type Roman (arrondi) alors quelle est de type Gothique (en pointe) chez le saïmiri commun (S. sciureus). Les mâles jeunes ont de 6 à 8 ans, ils sont sveltes et élancés ; les mâles dans la force de lâge ont entre 8 et 12 ans, ce sont les plus étoffés physiquement ; les vieux mâles (au-delà de 12 ans) sont parfois maigres, ont une démarche raide et leur front est grisonnant.

Mensurations

Corps : 31cm. Queue : 36cm. Poids de 0,963 à 1,088kg (M) et de 0,7 à 0,9kg (F). Caryotype : 2n = 44.

Domaine

Saïmiri de Bolivie; Madidi National; Bolivie

De 2,5 à 5km² (sud-est du Pérou).

Densité

De 151 à 528/km² (sud-est du Pérou).

Locomotion

Quadrupède.

Comportements basiques

Diurne. Arboricole.

Activités

Budget dactivités (PN de la Manu, sud-est du Pérou: recherche dinsectes (50%), consommation de plantes (11%), déplacements (27%), repos (11%), grooming (<2%).

Alimentation

Frugivore-insectivore. Consomme beaucoup de chenilles. Budget dalimentation (PN de la Manu: insectes (82%), fruits et graines (18%). Durant la saison sèche, il se concentre sur les figues. Bien quil soit supplanté par le capucin brun (Cebus (S.) apella) dans la compétition alimentaire qui lévince des riches sites fruitiers, il sassocie fréquemment avec cette espèce parce quelle est la seule capable douvrir les noix de palme. En période de pénurie, les saïmiris sont bien contents de pouvoir profiter des noix rejetées par leurs concurrents.

Dans le PN de Pacaya-Samiria (Pérou), il consomme les fruits du mombin (Spondias mombin), dune anone (Annona sp.), dun poivrier (Xylopia sp.), dun pouroumier (Pourouma sp.), de deux espèces dinga (Inga spp.), dun gnetum (Gnetum sp.), du charichuelo (Rheedia acuminata), dun matapalo (Coussapoa sp.) et de trois espèces de figuiers.

Taille du groupe

De 50 à 70 (PN de la Manu). 48 (de 40 à 57), dans les Sierras de Contamana, Pérou (daprès Aquino et al.).

Structure sociale et système de reproduction

Groupe multimâle-multifemelle. Polygamie. Sex-ratio : 2,5. Clubs de célibataires de 2 à 10 membres, composés exclusivement de mâles adultes dâges divers mais le plus souvent jeunes. Ces clubs se tiennent en périphérie de la troupe sauf lors de la saison de reproduction.

Hiérarchie

La hiérarchie de domination est linéaire et marquée chez les mâles, les femelles aussi ont chacune leur rang mais la hiérarchie paraît moins marquée. La très grande majorité des interactions mâles sont de type agonistiques (défis ou attaques), surtout à la saison des amours, alors que les femelles sont plus tolérantes entre elles, on les rencontre volontiers se reposant ensemble, le corps ramassé, tête baissée, la queue enroulée sous le corps autour du dos. Chez le saïmiri de Bolivie et le maki catta (lémurien de Madagascar), les femelles dominent comportementalement les mâles durant une grande partie de lannée et la saison de reproduction savère très courte. Pareille synchronisation entraîne la création de classes dâge.

Dispersion

À peine ont-ils acquis leur indépendance locomotrice, les juvéniles mâles nés la même année tendent à se regrouper en petits clans de jeu unimâles. À létat de subadulte, entre 4,5 et 5,5 ans, les mâles émigrent de leur troupe natale, les femelles étant philopatriques. Ils le font par paire ou en mini-groupe dindividus familiers voire apparentés (car il arrive certaines années quun ou deux mâles fécondent la majorité des femelles) et ces associations démigration constitueront le noyau des clubs de jeunes adultes célibataires. Lémigration simultanée de frères ou de demi-frères de la même classe dâge est appelée dispersion parallèle. Au début de leur vie dadulte, les saïmiris ne sont donc pas encore intégrés dans une troupe mixte et doivent attendre quelque dix mois avant dy accéder et de devenir des mâles résidents. Pour se faire, comme lors de leur première émigration, les jeunes mâles adultes forment des alliances de 2 à 4 individus pour tenter de pénétrer la troupe mixte. Lirruption de membres dun club de célibataires occasionnent moult vocalisations chez les individus de la troupe mixte. Les femelles profèrent des cris de menace spécifiques qui sollicitent laide des mâles résidents. Ces derniers approchent et pourchassent les intrus. Avant, durant et après ces pourchassements, les résidents ligués émettent en chœur des vocalisations plaintives spécifiques baptiséeswhine-chaun-chaunpar Mitchell. Ils produisent également des démonstrations génitales à plusieurs, un comportement typique des saïmiris. Les mâles résidents changent plusieurs fois de troupe mixte au cours de leur vie, toujours par minigroupes dindividus du même âge et de rang hiérarchique équivalent. Ces migrations sexpliquent par la volonté daméliorer leur statut ou dintégrer une troupe plus prometteuse ( la majorité des femelles entrent en œstrus).

En conclusion, chez le saïmiri de Bolivie, les mâles dune même classe dâge se réunissent donc en alliances restreintes (2 à 4 individus) mais de longue durée. En sassociant, les mâles ligués luttent en interne pour un meilleur accès aux femelles réceptives, améliorent leurs chances dintégrer un nouveau groupe et diminuent les risques de prédation lors des migrations. Dautres primates mâles transfèrent par jeunes du même âge lors de leur première migration (vervet, macaque crabier, babouin) et sallient bien que non apparentés (hurleur roux, macaque bonnet chinois) mais loriginalité sociale de cette espèce tient dans ce que la stabilité des coalitions intermâles se perpétue sur plusieurs migrations à la manière de petits gangs en déplacement.

Reproduction

Rien ne peut sopposer à lincrustation des célibataires lors de la saison des amours. Cette période des amours savère dune grande violence avec une escalade physique qui entraîne des morsures sérieuses parfois fatales. Les mâles dassociations différentes saffrontent impitoyablement, à un contre un, pour laccès aux femelles en chaleur. Les célibataires profitent de lépuisement des résidents pour les renverser. On rapporte le cas dune alliance de quatre jeunes célibataires ayant pris le pouvoir (les quatre plus hautes places) dans une troupe mixte durant la période de reproduction et layant gardé deux ans de suite. Les vieux mâles, pour leur part, son hors jeu : ils se reproduisent peu, leur immigration solitaire ne suscite guère de trouble social, ils sont en fin de carrière reproductive voire en fin de vie. Les accouplements ne sobservent quentre mars et mai et les mises bas se déroulent sur un mois autour doctobre.

Communication orale

Appelgirrenpropre à cette espèce.

Menaces

Trafic. Utilisé pour la recherche médicale et spatiale.

Conservation

P. municipal de Pimenta Bueno, SE de la Serra dos Três Irmãos (Brésil). PN de Pacaya-Samiria, PN de Tingo María, PN de la Manu, R. nationale du Tambopata et PN de Bahuaja-Sonene, Zone réservée du haut Río Purús (Pérou). RE du Río Tahuamanú, R. nationale de Manuripi , R. des Rios Blanco y Negro, PN dAmboró et R. de la Biosphère du Béni (Bolivie).

Notes et références

  1. a et b (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. ISBN 0444518770, 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Saimiri boliviensis de Wikipédia en français (auteurs)

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