- Radio Free Asia
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Radio Free Asia est une station de radio privée financée par le Congrès des États-Unis et qui émet en 9 langues asiatiques.
Sommaire
Histoire
Radio Free Asia (R.F.A.) est fondée en 1950 par la CIA à travers une organisation appelée Committee for Free Asia (Comité pour l’Asie libre). R.F.A. émet depuis Manille (Philippines), Dacca et Karachi (Pakistan) jusqu’en 1961. En 1971 prend fin le rôle de la CIA dans cette station qui passe sous la tutelle du Board for International Broadcasting (B.I.B.)[1].
L'intérêt politique aux États-Unis d'émettre en Asie se manifesta de nouveau après la Manifestations de la place Tian'anmen à Pékin en 1989[2].
En 1994 Radio Free Asia est ressuscitée par l’International Broadcasting Act qui est voté par le Congrès des États-Unis. RFA devient officiellement un groupe privé sans but lucratif. Elle est financée par une subvention fédérale annuelle provenant du Broadcasting Board of Governors (BBG) et géré par celui-ci. Le BBG sert à RFA de bureau des directeurs, réalisant et supervisant les demandes de subvention pour RFA. La mission de BBG dans ses statuts est de « promouvoir et soutenir la liberté et la démocratie en émettant des nouvelles et des informations appropriées et objectives au sujet des États-Unis et du monde à des auditoires d'outremer ».
RFA recommence à émettre en 1996[3].
Financement
Radio Free Asia est actuellement une société privée qui, comme Radio Free Europe, est financée par le Congrès des États-Unis et se trouve sous la surveillance du Broadcasting Board of Governors[4].
Mission
RFA définit ainsi sa mission : « RFA diffuse des nouvelles et des informations à l'intention d'auditeurs asiatiques qui n'ont pas normalement accès à des reportages complets et équilibrés dans leur média nationaux. Au travers de ses émissions et des appels de ses auditeurs, RFA vise à remplir un vide important dans la vie des peuples d'Asie[5]. Le U.S. International Broadcasting Act de 1994 (Public Law 103-236, titre III) est plus explicite quant à la mission de Radio Free Asia : « La poursuite de l’existence de la diffusion internationale américaine, et la création d’un nouveau service de diffusion en direction de la République populaire de Chine et d’autres pays d’Asie, qui manquent de sources adéquates pour les informations et les idées libres, devraient mettre en valeur la promotion de l’information et des idées tout en faisant progresser les buts de la politique étrangères des États-Unis »[6].
RFA diffuse en neuf langues par ondes courtes et par Internet : en mandarin, cantonnais, tibétain, ouïghour, birman, vietnamien, laotien, khmer, cambodgien et coréen (pour la Corée du Nord)[7].
Langues diffusées Langue Date de création Volume quotidien Birman février 1997 2 heures Cantonais mai 1998 2 heures Coréen mars 1997 4 heures Khmer septembre 1997 2 heures Lao août 1997 2 heures Mandarin septembre 1996 12 heures ouïghur décembre 1998 2 heures Tibetain décembre 1996 8 heures Vietnamien février 1997 2 heures Le budget de la station diminue de 1998 à 2000, puis augmente à partir de 2001.
Évolution du budget de Radio Free Asia 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 Montant en millions de dollars 24,1 22 21,978 24,2 25,785 27,2 28,3 29 30,4 31,5 Sources : rapports annuels du Broadcasting Board of Governors de 1997 à 2007. Service tibétain
Selon le budget 2008 applicable le 1er octobre 2007, le cantonnais devrait disparaître tandis que le volume des émissions en tibétain devrait diminuer[8].
Warren W. Smith, un juriste, historien et écrivain américain, travaille pour le service en tibétain[9],[10],[11],[12].
Éloges
Lors du 15e anniversaire de la radio en juillet 2011, plusieurs personnalités politiques asiatiques dont Aung San Suu Kyi ont fait l'éloge de cette radio. Tenzin Gyatso à en outre louer les actions de la radio « pour éduquer les peuples qui n'ont pas accès à la liberté de l'information »[13].
Critiques
En 1999, la station de radio fut qualifiée de « gaspillage d'argent » par Catharin E. Dalpino de la Brookings Institution. Celle-ci déclara qu'elle considérait, au vu de la lecture des enregistrements, les reportages de la station comme étant partiaux : celle-ci s'appuie fortement sur des rapports faits par des dissidents en exil ou traitant de ces derniers, on ne parle pas véritablement de ce qui se passe dans le pays ; souvent, on a l'impression d'un manuel sur la démocratie mais même pour un Américain, cela fait propagande. Elle ajoute que la plupart des gouvernements autoritaires en Asie réussissent un brouillage radio d'environ 50%[14].
Voir aussi
Bibliographie
- Helen Laville, Hugh Wilford, The US Government, Citizen Groups And the Cold War. The State-Private Network, Routledge, 1996, (ISBN 0-415-35608-3)
- Tom Engelhardt, The End of Victory Culture. Cold War America and the Disillusioning of a Generation, University of Massachusetts Press, 1998, (ISBN 1-55849-133-3)
- Daya Kishan Thussu, International Communication. Continuity and Change, Arnold, 2000, (ISBN 0-340-74130-9)
- Andrew Defty, Britain, America and Anti-Communist Propaganda, 1945-53. The Information Research Department, Routledge, 2004, (ISBN 0-7146-5443-4)
Liens externes
- Site officiel
- Programmes en ondes courtes
- Radio Free Asia, Legal Information Institute
- ClandestineRadio.com: nouvelles
- China Can't Stop Its Youth Learning About the Massacre, par Jennifer Chou, Directrice du service en mandarin de RFA, 2 juin 2004.
- Broadcasting of Radio Free Asia and Voice of America is Pulled in Cambodia: communiqué de presse du département d’Etat
- Par Nancy Pelosi, 23 juillet 1996
Notes et références
- (en) Laville/Wilford, p. 215 ; Engelhart, p. 120 ; Thussu, p. 37.
- (en) Susan B. Epstein, Radio Free Asia, CRS Report for Congress (PDF).
- (en) Mann, After 5 Years of Political Wrangling, Radio Free Asia Becomes a Reality, The Los Angeles Times, September 30, 1996.
- (en) [1] et International Broadcasters.
- (en) « RFA broadcasts news and information to Asian listeners who lack regular access to full and balanced reporting in their domestic media. Through its broadcasts and call-in programs, RFA aims to fill a critical gap in the lives of people across Asia. »
- (en) Public Law 103-236, titre III : « the continuation of existing U.S. international broadcasting, and the creation of a new broadcasting service to people of the People's Republic of China and other countries of Asia, which lack adequate sources of free information and ideas, would enhance the promotion of information and ideas, while advancing the goals of U.S. foreign policy. »
- (en) Annual Report, 2005.
- (en) Broadcasting Board of Governors reorganization of U
- (en) US Congress to investigate China's theft of Tibetan art (TT).
- (en) Warren Smith's profile on Guardian.
- (en) Source Material for the Study of Tibet. Consulté le 2009-02-24 : « The author is a well-known independent scholar, currently working for the Tibet Service of Radio Free Asia ».
- (en) The Tibet Journal, Winter 2003, v. XXVIII, no. 4. Consulté le 2009-02-24.
- Welcome to Radio Free Asia’s 15th Anniversary Website sur RFA15, 2011. Consulté le 8 octobre 2011
- (en) Dick Kirschten, Broadcast News, May 1, 1999 : « Dalpino [...] said her forthcoming book will be quite critical of Radio Free Asia, which she regards as "a waste of money" [...]. Dalpino said she has reviewed scripts of Radio Free Asia's broadcasts and views the station's reporting as unbalanced. "They lean very heavily on reports by and about dissidents in exile," she says. "It doesn't sound like reporting about what's going in a country. Oftentimes, it reads like a textbook on democracy, which is fine, but even to an American it's rather propagandistic. [...] she says, "most of the authoritarian governments in Asia are at least 50 percent successful in jamming the broadcasts." ».
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